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La classe créative et les grandes métropoles

Tederic M.

lundi 10 août 2015, par Tederic Merger

http://www.franceculture.fr/emission-l-invite-des-matins-d-ete-zones-a-defendre-de-la-contestation-territoriale-au-terrain-de-co

Je transcris ici ce qui m’a paru important pour l’avenir de la Gascogne.
C’est Jean Viard, sociologue, directeur de recherches au Cevipof et au CNRS, qui parle (environ à 08:21) :
« L’emploi se crée dans les grandes métropoles et au coeur des grandes métropoles.
On est dans une nouvelle période où on a une classe créative, pour le dire comme ça, qui mélange aussi bien des ingénieurs, des enseignants, des gens de culture etc, et on voit le coeur des métropoles, partout, devenir le coeur de la création de l’emploi.

C’est vrai en Europe, c’est vrai aux Etats Unis ; donc on a une modification, c’est plus la classe ouvrière qui est le coeur de la création de l’emploi ; le métier ouvrier est de plus en plus automatique ou en partie à l’étranger [...].
On a un bouleversement, c’est cette construction, des gros centres où il y a beaucoup d’hommes qui se brassent et qui sont les grandes métropoles.

Et même en France on voit très bien qu’il y a des territoires qui reculent dans toutes les régions parce qu’au fond ils sont trop loin des grandes métropoles.
Donc on a un vrai problème, y compris d’équilibre, entre les grandes métropoles qui accumulent la création d’emploi et la richesse, et puis les territoires en crise, certains - on l’a bien vu avec les crises bretonnes etc. - où y a vraiment des enjeux difficiles.
On a cette réorganisation du territoire de la production. »

Jean Viard parle aussi de cette économie métropolitaine : « société de services, d’innovation, de collaboration... »
Pour lui, Nantes et Rennes (j’ai compris qu’il en vient) sont des exemples de ces "grandes métropoles".

Mon commentaire :

- la "classe créative (pour le dire comme ça)"
L’expression me fait un peu mal, et je remarque qu’il a eu une petite réticence à la prononcer ; c’est comme si on parlait d’une classe intelligente... et les autres ? des rebuts ?
Quelle condition faut-il remplir pour en faire partie ? des diplômes ? et aussi être dans le bon réseau métropolitain, je suppose...

- Et pourquoi - si cette classe créative existe - ne peut-elle s’épanouir que dans les "grandes métropoles" dont Jean Viard fait si grand cas ? Question de seuil quantitatif sans doute, mais où se situe le seuil ?
Si Rennes convient, pourquoi pas Montpellier, qui n’a pourtant pas été retenue comme métropole régionale dans la réforme actuelle ?
Par contre, Pau-Tarbes-Bayonne, le seul pôle gascon qu’on pourrait imaginer résister à Bordeaux et Toulouse, ne pouvant prétendre au titre de "grande métropole", semble irrémédiablement recalé, malgré l’Université des Pays de l’Adour et la présence d’industries qui semblent encore prospères...
Je me rappelle aussi qu’il n’y a pas si longtemps, Bordeaux était recalée par certains de nos experts en aménagement, qui ne retenaient dans notre région que Toulouse... comme quoi, ne pas désespérer...

- la diminution de l’emploi hors "grandes métropoles" n’est pas seulement, il me semble, celle de l’emploi ouvrier : j’ai à l’esprit par exemple la réduction du tissu hospitalier, sa centralisation dans les CHU... et aussi le regroupement de services administratifs dans des unités plus grandes souvent localisées dans les grandes villes...

- quelles solutions proposerait quelqu’un comme Jean Viard, qui reconnait un "déséquilibre" ?
L’émission ne portait pas exactement là-dessus, mais je suppose qu’il préconise la mobilité, puisqu’il n’y a selon lui aucun espoir de création d’emploi hors "grandes métropoles" : permettre aux gens d’y déménager, ou d’y aller travailler chaque jour.
Et aussi, peut-être, de pousser, par de grosses infrastructures, les villes qui ne sont pas tout-à-fait à la bonne taille, mais presque... ou de mettre en réseau plusieurs villes assez proches pour qu’elles fassent "grande métropole"...

- Et les nouvelles technologies de communication (qui me permettent d’écrire en ce moment, depuis Tonneins, une ville garonnaise de 10 000 habitants, ce gran de sau destiné à la Gascogne et au reste du monde l) ?
Bizarre que ces penseurs de la nouvelle économie de la connaissance ne pensent pas qu’elles puissent nous libérer en partie des contraintes de concentration géographique...

- En conclusion :
Restons sereins, gardons l’esprit critique, méfions-nous des affirmations des experts, continuons à réfléchir !



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