Madiran : la coulée des grands terroirs Une voie royale du vin et de la gastronomie sur la ligne de crête entre Cannet et Madiran

- Tederic Merger

Je connais assez mal le vin, et j’ai une image un peu confuse où se mélangent Madiran, Plaimont... mais, il y a longtemps, j’avais remarqué sur une nappe de restaurant que ces vignobles communiquaient par une carte qui ressemblait à la Grande Gascogne.
Une fois, au festival des bandas à Condom, des jeunes de Madiran m’ont parlé avec enthousiasme de leur vin (le tannat...) et se montraient intéressés par la Gascogne...

Maintenant, par des articles de la "Nouvelle République des Pyrénées", je découvre avec intérêt ce projet de "voie royale" qui veut articuler le vin à d’autres "produits d’exception", et aussi à l’art et aux paysages :

Mais cette phrase « Au nord du département, il nous faut un produit solide qui fédère Pyrénées et Gascogne. »...
D’abord quel département ? Avant d’entrer dans la cosmogonie (très !) départementale-65 de la NRP, et ne me rappelant plus que Madiran n’était pas "dans le 32", je croyais qu’il s’agissait de ce dernier département, et non du 65...
Ensuite, "fédérer Pyrénées et Gascogne"... on fédère des éléments distincts, et non un élément avec son ensemble d’appartenance : on ne peut donc pas fédérer les Pyrénées gasconnes à la Gascogne !

Un peu plus loin - là, c’est le journaliste qui écrit : « un territoire en passe d’être repensé entre Gers, Pyrénées, Gascogne et Bigorre ». Je comprends après coup la vision du journaliste, mais aussi peut-être de la population locale, et même d’Alain Brumont : elle est obnubilée par cette frontière départementale entre Gers assimilé à la Gascogne et (Hautes) Pyrénées assimilées à la Bigorre.
Quand on vit dans les hautes cimes de la Gascogne MGM (Mar-Garona-Montanha), la chute est dure !
Sans parler de l’intervention de l’élu départemental et régional qui voudrait mettre la Région ("Occitanie" donc !) dans le coup... Aïe... surtout pour une zone frontalière avec l’autre Région qu’on s’apprête sans doute à ignorer royalement !

D’où ma première réaction Twitter, au nom de ReGasPros :

Bon, malgré tout, ça doit aller dans le bon sens : une des voies de renouveau de la Gascogne, c’est l’exaltation de ses terroirs, avec leurs produits en synergie, en créant une imagerie. Les basques l’ont fait avant nous. Il n’est pas trop tard pour s’y mettre, mais à notre manière, pas exactement comme les basques, parce que la Gascogne est une immense mosaïque de terroirs dont il faudra savoir montrer l’articulation et l’unité !

Ici, une imagerie haut-de-gamme : mais le luxe et la simplicité du terroir se rejoignent, comme l’a écrit Christian Millau :
"Et si le vrai luxe avait tout simplement changé de cap ?
Je sais à présent où le trouver : dans quelques campagnes où la
simplicité, la générosité et la pureté font encore barrage à ce faux
luxe insupportable.
Une salade de haricots verts du jardin, un confit sorti de la cave ou
un chou farci, rencontrés au hasard d’une ferme, d’une maison noble
ou d’un bistrot de village, sont pour moi les derniers refuges de ce
vrai luxe qui est en train de nous échapper."
La Gascogne, le pays imaginaire du vrai luxe !

Voir en ligne : Brumont veut faire un Guggenheim du vin

Grans de sau

  • Le site La Rivière Basse en Gascogne a le mérite de trancender les limites départementales.
    Il nous souhaite « la Bienvenue au coeur de la Gascogne aux confins de l’Armagnac, de l’Astarac, du Béarn et de la Bigorre ».
    Rivière basse et Pardiac

    Dommage que la carte de Gascogne où il inscrit le Pays de Rivière Basse soit réductrice au point d’’exclure tout le Bordelais-Bazadais, mais aussi le Pays de Born, l’Albret-Queyran (ce qui fait que mon village maternel ne serait pas gascon ; patatras !), une partie de la Lomagne... par contre le département 64 y est tout entier avec le pays basque ; bref, la carte est complètement fausse !

  • Ce n’est pas la Gascogne sur cette carte mais seulement la généralité d’Auch. C’est souvent cette Gascogne réduite qui est présentée.

  • J’ai un " faible " pour la généralité d’Auch ...et pour Auch .Même si elle ne représente pas toute la Gascogne . La Rivière-Basse : c’est pas " l’ancien " PARDIAC ?

  • La plus forte identification culturelle à l’intérieur de l’hexagone se fait aujourd’hui par département. C’est lamentable... mais c’est ainsi. Chez nous, la preuve, on l’a tous les jours en discutant. On a les Croque-maïs, les Gersois, les Girondins, le 64, le 65. Un vrai souk.

    Le premier combat est de remplacer le misérable terme qu’est Sud-Ouest par Gascogne. Cela passe par la diffusion de cartes du triangle Pyrénées - Golfe de Gascogne - Garonne. J’insiste sur le terme Golfe de Gascogne plutôt qu’Atlantique.

    Je me permets de faire une critique constructive de ce magnifique site : vu son manque flagrant de notoriété, la carte de Gascogne devrait apparaitre en grand format dès la page d’accueil du site. Qu’en pensez-vous ?

    La première question qui se pose est : quelles sont les limites de cette Gascogne ? J’insiste sur ce travail qui parait être du rabachage, mais il faut mentionner le triangle dès que possible, repréciser, le populariser.

    Et bien sûr, remplacer définitivement le terme d’Occitanie, d’occitan, de langue occitane de Gascogne, d’Occitans, par Gascogne, gascon, Gascons. Point barre.
    Ces termes, ces idées, ont eu leurs chances, et n’ont que trop peu séduits.
    Je lance un appel à chaque association mentionnant ces termes à faire de même, et à faire preuve d’objectivité quant au peu de succès populaire (étrangers pour certains) de ces termes.
    Il est grand temps d’avancer, les idées nauséabondes et jacobines du FN grignotant chaque année nos terres gasconnes.

    Siatz los de qui cau, amics de Gasconha !

  • Quite s’an desbrombat lo nòrd-Gasconha, qu’aimi hòrt la carta de l’Arribèra-Baixa !
    Un punt tad eths, pr’amor que n’i a tròp qui l’arreduseixen aus departaments 40 o 32.

  • Occitanie en pays gascons : abus de langage et de confiance permanent. Marre de se faire balader.

    Diffuser le Manifeste gascon.

    Les départements : d’autant plus pervers que pas totalement artificiels.

    Turgot constatait au XVIIIe siècle la sclérose des institutions : « Composés d’ordres dont les prétentions sont très diverses et les intérêts très séparés les uns des autres et de celui de la nation, les États provinciaux sont loin d’opérer tout le bien qui serait à désirer pour les provinces à l’administration desquelles ils ont part. » Le Languedoc et le Béarn fonctionnaient mieux, et les affaires Pontcallec et La Chalotais ont fait apparaître des résistances en Bretagne. La Guyenne fit l’objet d’expérimentations intéressantes de ce même Turgot.

    À la veille de la Révolution les revendications portaient sur la création d’un type nouveau d’assemblées fondé sur l’élection des représentants des ordres. La création des départements, qui avait l’avantage de casser toute circonscription qui eût pu faire de l’ombre à l’État central, vit le transfert du pouvoir législatif à de nouvelles élites provinciales républicaines – rapidement purgées des éléments non conformes au nouveau cours politique –, qui représentaient une faible part de la population urbaine et ne travaillaient plus désormais qu’en faveur du Centre parisien. L’uniformisation territoriale était enfin acquise et administrativement renforcée.

    L’idéologie dont s’est dotée la France a tourné le dos à la notion d’une coordination possible de complémentaires pour choisir le carcan administratif, entraînant dans son déclin les peuples qui n’ont pas eu l’occasion de lui échapper à temps. Il ne semble pas qu’elle soit en passe de changer de conception fondamentale.

    Le conventionnel Barrère dit de Veuzac, provincial complexé et agent stipendié de l’Angleterre, l’avait déclaré sans ambages : "Nous n’avons pris ce parti [de la départementalisation] que pour effacer tous les souvenirs d’histoire, tous les préjugés résultant de la communauté d’intérêt et d’origine. Tout doit être nouveau en France et nous ne voulons dater que d’aujourd’hui." Il ne faut pas oublier non plus que la départementalisation présentait pour l’Etat français l’avantage de prévenir ces résistances provinciales dont la royauté avait eu à souffrir tout au long du XVIIIe siècle. Ce qu’elle n’avait pu faire, le zèle des députés l’a réalisé dans un délai très court (décidé par la bourgeoisie urbaine francophone). Il fallait pour cela que la nécessité administrative "rationnelle" se doublât d’une conviction idéologique bien puissante.

    Ajourd’hui les clivages pro- ou anti-identités traversent tous les partis. Clivages "tranversaux" donc. Mais ceux qui sont attachés aux peuples, aux "peuples-régions" si on peut dire, sont très peu nombreux en fin de compte.
    Nous sommes seuls.

  • Certes, je n’ai jamais dit que les idées liées au "régionalisme’ (terme à revoir) étaient majoritaires, même en Pays Gascon. A vrai dire, je me fiche de savoir quel pourcentage de la population croit en un sursaut de la Gascogne. Trop peu pour le moment, c’est indéniable.

    Si nous pensions que ce combat était perdu d’avance, ce site n’existerait pas, personne ne s’y m’exprimerais en gascon, et tout le monde adhérerait à la Nouvelle Aquitaine avec engouement. Mais ce n’est pas le cas.
    Alors, tout simplement, tout bêtement, de l’optimisme dans vos propos Messieurs !

    A l’heure du manger, du vivre, du consommer local, il est temps de montrer une image séduisante. Je n’ai aucune envie de voir des hordes de néo-ruraux à tendance boboïsée m’apprendre ce qu’est mon pays (sentimentalement parlant). Ce sursaut d’orgueil, bon nombre de personnes fréquentant ce site le ressentent.

    Aqueth manifèste gascon, perqué ne l’enviam pas per corric a cada maison comunau de Gasconha, a cada colectivitat ?

  • Bien sûr, il n’y a aucune raison de ne rien faire et de laisser aller !

    Combien coûterait l’envoi du Manifeste par courrier papier et Internet, aux mairies et à quelques journaux et revues ?

    L’idée d’une cagnotte en vue de réalisations pratiques a été émise quelquefois sur ce site.

    Mais il faut que cela soit fait sur le territoire, et par un seul responsable (une "cheville ouvrière").

    Je suis prêt à participer financièrement.

  • Belle idée ! Dommage qu’elle ne déchaine pas l’enthousiasme ! Mais bon le Gascon est un grand timide c’est connu ...Une cagnotte super ! et ...
    Pourquoi pas une association ( 1901 ) ou monter un club ? Les cotisations serviraient à éditer petites brochures , tracs , visuels à l’intentions du publique et du politique ? Peut être se réunir pour partager nos expériences , nos idées ? La Gascogne le mérite bien .

  • Faut-il créer une autre association à côté de Région Gascogne Prospective ?
    Je n’en suis pas sûr.Mais il faudrait sans doute que celle-ci se transforme en association ouverte,de type classique,avec adhérents,cotisation,AG,etc... il me semble qu’elle serait un bon vecteur pour ce que vous proposez et qui me conviendrait également.Mais bien sûr ce serait un peu plus lourd à gérer.


Un gran de sau ?

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