L’urbanisme sur dalle presque démantelé


L’urbanisme sur dalle, en vogue un peu partout dans les années 1960 (Paris la Défense, Bordeaux Mériadeck...), avait pour but de séparer le trafic automobile du trafic piéton, en les mettant sur deux niveaux différents : les piétons sur la dalle, les autos en dessous... Pour que les uns ne gênent pas les autres... des cyclistes, il n’en était plus guère question.
On en est revenu :
La vie urbaine ne s’est pas bien épanouie sur dalle :
– l’accès à la dalle, la circulation entre les différents niveaux et avec les quartiers voisins, ne sont simples ni pour les piétons, ni pour certains véhicules, de secours par exemple, qui ont quand même besoin d’accéder à la dalle piétonne.
– il fallait apprivoiser une complexité foncière nouvelle : à qui appartient l’espace public, et qui entretient quoi ?
– il fallait aussi accepter une architecture novatrice...
Et puis (reproche qui curieusement ressort moins), un univers automobile en souterrain est-il vivable ?
Au Mirail, les renouvellements successifs ont fait fi de la dalle d’origine, dont on voit des restes ici et là.

On distingue aussi, sauf erreur, deux coursives qui communiquent avec une tour (d’ascenseur ?), dans le cadre d’un ré-aménagement.
A noter :
– 50 ans plus tard, dans une réalisation comme Terres neuves à Bègles (métropole bordelaise), la place de la voiture semble restreinte, et une paix relative garantie aux piétons, sans dalle ! le vélo (souvent électrique) a sa part, comme d’autres véhicules électriques (trottinettes, scooters...) ; il y a aussi le tram et les bus, et l’esprit "place de village" semble émerger ; a-t-on trouvé la solution que cherchait Candilis ?
Les énormes tripodes d’habitations menacés de démolition
Certains ont déjà été démolis, d’autres vont l’être, sauf retournement de dernière minute.
C’est encore plus choquant à un moment où on prône le recyclage !
Pourtant, ces solides bastisses (on dit qu’elles ont mieux résisté que d’autres à l’explosion d’AZF), dans l’esprit du Corbusier, ne sont pas sans qualité : on reconnait la valeur de leurs appartements spacieux, lumineux et traversants, et même de leur forme de tripode.
Une de leurs particularités était aussi les coursives, qui étaient prévues comme de petites rues (conviviales !) à certains étages ; on peut les distinguer de l’extérieur ; je n’ai pas bien compris ni comment ça fonctionnait exactement, ni pourquoi elles ont posé problème au point qu’on les a bouchées. [1]

En 2025, on cherche à faire partir les derniers propriétaires ou locataires.
André Messager est un musicien né au 19e siècle.



"bâtiments écoconçus de 6 étages maximum"
Mais l’écologie, c’est d’abord savoir faire avec l’existant...

Une population à dominante musulmane
Candilis, un grec né à Bakou, et qui avait aussi travaillé dans le monde arabo-musulman, était-il à l’aise avec la coexistence urbaine de plusieurs communautés ethno-religieuses ?
Aurait-il infléchi son projet s’il avait su qu’une vague nord-africaine musulmane allait arriver au Mirail (après une vaguelette de rapatriés d’Algérie) ?
Le programme du Mirail était moderniste, unificateur ; et les noms de musiciens donnés aux voies (Cheminement [2] Jean Wiener, Cheminement Christophe Gluck, Cheminement André Messager...) signent à Reynerie un univers mental français (mais Place de Tel-Aviv, aussi !) ; aucune touche régionale, gasconne ou d’oc, ou même "méridionale", n’est a priori perceptible.
Alors une touche nord-africaine ?
Les maisons-patio de Candilis au Mirail allaient pourtant en ce sens. Quel destin ont-elles eu ? [3]

Photographies aériennes de la région Midi-Pyrénées réalisées pour la Documentation française > Occitanie. > Haute-Garonne.
Cote 10 FI DK 241 - 242

Par la suite, lors des opérations de renouvellement urbain, a-t-on pris en compte cette spécificité musulmane de la population ? Que’m estoneré ! jacobinisme français...
D’ailleurs, quelles particularités urbaines pourrait-elle désirer ? ce serait aux urbanistes d’enquêter... mais on ne va pas le faire : on va plutôt promouvoir "la mixité", ce qui revient à diluer ailleurs au moins une partie de la population musulmane, plutôt que de la laisser bâtir sa ville...
Le lac ou étang - l’Estang ! - de Reynerie
« Ce lac artificiel n’est en fait que le résultat de la remontée des eaux d’une nappe phréatique dans la zone creusée pour obtenir le gravier nécessaire à la fabrication du béton pour la construction des immeubles de 3 quartiers : Bellefontaine, Reynerie et Mirail -Université. »
https://ma-ville-rose.eklablog.com/lac-de-la-reynerie-a105945770


L’après-midi au coeur de Reynerie - là, pas de photos !
"ça craint" (comme disaient les jeunes de mon temps) ?
– Bagarre sur la place centrale de Reynerie, pendant que je m’imprégnais de la vue de l’estang...
– Face à face entre la police municipale et les jeunes, rue de Kiev ; je suis passé entre les deux, profil bas, comme une femme voilée...
Un site sur Reynerie : Reynerie Miroir - Le journal des habitants
– Eux aussi croient que Mirail veut dire Miroir..., alors que c’est possiblement plutôt Mirador ! miralh = miroir, tour d'observation
– "les habitants"... la vidéo ci-dessus, "Quartier impopulaire" en donne une autre vision !

Le Mirail #1 Un projècte gigantàs













