Le Mirail #4 Le "Mirail Mirail" (quartier de l’Université)

- Tederic MERGER

Station de métro du Mirail
Station de métro du Mirail
Point d’arrivée commode depuis le centre de Toulouse.

Le "Mirail Mirail", ce sera, avec Reynerie et Bellefontaine, un des trois quartiers constitués par l’opération d’urbanisme des années 1960, dite "du Mirail" dans son ensemble ; c’est donc le Mirail proprement dit, avec le Château qui lui a donné son nom, et l’attendrissant Mirailhon, actuellement une impasse, que je vais tenter d’élever au rang de sous-quartier.

Le Mirailhon et le château du Mirail
(Toulouse)
Le Mirail

(Toulouse)
Le Mirailhon

Ce Mirailhon est en plein renouvellement !
Au début, j’ai cru que c’était une mosquée, mais c’est l’Espace Federica Montseny :

Espace Federica Montseny
Espace Federica Montseny
"Dans le cadre du projet de renouvellement urbain du quartier Mirail Université, la Mairie de Toulouse construit un équipement public qui accueillera le centre social Alliances et Cultures, un accueil jeunes et une salle de quartier."
Tolosa - au cap deu Miralhon
Tolosa - au cap deu Miralhon
Toulouse - Résidence Les Pradettes, au Mirailhon !
Toulouse - Résidence Les Pradettes, au Mirailhon !
Les Pradettes sont plutôt le quartier d’à côté, non ?
"Au coeur du grand parc Margelle de Garonne"
"Au coeur du grand parc Margelle de Garonne"
Sur le rebord d’une terrasse de Garonne, Toulouse développe maintenant un fil vert. Le château du Mirail est dessus !
En plus gascon, on pourrait dire cantère au lieu de margelle. Et Cantère de Gascogne au lieu de Margelle de Garonne ?

L’Université du Mirail...

Toulouse le Mirail - vue sur le campus depuis la terrasse du château
Toulouse le Mirail - vue sur le campus depuis la terrasse du château

... et ce qui y reste de Candilis

Comme de l’ensemble de la ville nouvelle du Mirail, l’architecte Candilis avait été chargé de concevoir les bâtiments de l’Université.
Comme ailleurs, son oeuvre a été largement détruite : l’Université a été reconstruite, malgré un mouvement d’opposition, dont voici quelques arguments, écrits par Julien Roumette :

"Une architecture universitaire originale et bien pensée.
L’université implantée dans le quartier du Mirail, construite au début des années 1970, n’a pas été conçue à la va-vite. Elle est l’aboutissement de la réflexion sur l’architecture universitaire menée par Georges Candilis et son équipe"

"On peut faire cours les fenêtres ouvertes aux beaux jours, voire s’y installer.
Les patios contribuent ainsi de façon essentielle à instaurer une atmosphère studieuse, comme autant de petits cloîtres modernes où l’on n’aperçoit que les plantations et le ciel, et où les oiseaux viennent parfois, les jours de grâce, se percher sur les branches des arbustes pour suivre les cours…"

Toulouse - Université du Mirail, un des derniers bâtiments de Candilis
Toulouse - Université du Mirail, un des derniers bâtiments de Candilis

"Les bâtiments ne nécessitent pas d’être démolis.
Le seul véritable handicap de ces bâtiments est une réalisation à l’économie lors de la construction. La conséquence en a été de nombreuses fuites, une mauvaise isolation, un chauffage déficient, qui ont rendu parfois désagréable l’utilisation des bâtiments en hiver. Ces problèmes sont remédiables. Ils ne condamnent nullement à la destruction. La solidité du « Candilis » a été mise à l’épreuve, en 2001, par la terrible explosion de l’usine AZF, toute proche, qui a soufflé de nombreuses constructions alentour. Le bâtiment a bien résisté, mieux que nombre d’autres plus récents."

"Le tort de Candilis est peut-être de ne pas avoir utilisé l’amiante… Réhabiliter son campus coûterait bien moins cher que le pharaonique chantier de Jussieu !"

"Le Mirail meurt de son originalité, présentée comme un défaut. La grande ambition de la reconstruction se limite en réalité à vouloir faire comme partout ailleurs alors qu’au contraire, cette singularité remarquable est un atout – un atout maître, en réalité, comme l’ont bien compris les Allemands de l’Université Libre de Berlin [1].
Il est toujours dangereux d’avancer vers l’avenir en niant le passé, en faisant table rase de ce qu’il a été et de ce qu’il a représenté."

Julien Roumette
Maître de conférences
Université de Toulouse Jean Jaurès – Le Mirail
Le 28 janvier 2015

Le Mirail détruit consciencieusement son patrimoine
A Toulouse, l’université du Mirail de Candilis sera-t-elle complètement rasée ? (2015)
La Dépêche - La polémique autour de l’esprit Candilis [2]

On n’a pas osé tout détruire !

Devant l’université, d’autres restes de Candilis, qui forment un vrai lieu de vie

Un lieu chaleureux, même ! [3]
Vont-ils aussi les détruire pour cause de "manque de mixité", au lieu d’en faire un entretien normal (j’ai failli trébucher sur une dalle cassée de la dalle, à l’entrée de la passerelle de Tabar qui permet de passer à Reynerie) ?
(Toulouse)
Passerelle de Tabar

Inch Allah !

Toulouse - restes de dalle au Mirail
Toulouse - restes de dalle au Mirail

Et pour lier* tout ceci, de petits quartiers de maÿsouétes !

*Enfin, est-ce que ça lie vraiment ?

Toulouse le Mirail - vue plongeante depuis la dalle centrale vers des {maÿsouétes}
Toulouse le Mirail - vue plongeante depuis la dalle centrale vers des maÿsouétes


Le Mirail #1 Un projècte gigantàs

Notes

[1l’Université Libre de Berlin, aussi dessinée par Candilis, et qui n’a pas été démolie-reconstruite, mais entretenue

[2Dans les commentaires de l’article : « L’esprit Candilis ? Le Mirailh ? La Reynerie ? Une Université qui délivre depuis plus de 40 ans des diplômes "Pôle-Emploi" ? Un peu de sérieux SVP ! »

[3Deux hommes à une terrasse de café, me voyant passer :
 (l’un) Vous cherchez quelque chose ?
 (moi) Non, je’m promène... je visite !
 (l’autre) : Bienvenue !
 (moi) Merci !

Portfolio

Vos commentaires

  • Le 30 juin 2025 à 06:06, par Tederic MERGER Le Mirail #4

    A propos de la destruction de l’Université du Mirail de Candilis, Julien Roumette, cité plus haut, écrit :
    « Il est toujours dangereux d’avancer vers l’avenir en niant le passé, en faisant table rase de ce qu’il a été et de ce qu’il a représenté. »

    J’y retrouve une idée de Pierre Corbefin, le passaire de danças qui nous a quitté récemment (il parle de la "société villageoise" qu’il a connue jeune) :
    « Une société qui était encore loin des ravages de la consommation irréfléchie, telle qu’elle a pu se développer dès la fin des années 1950. Ce qui induit des réflexes collectifs différents de ceux d’aujourd’hui. : un regard plus attentif sur les choses, sachant qu’elles ne sont pas appelées à disparaître au premier changement de mode venu. Une propension à inscrire toute entreprise dans la longue durée. Une défiance vis-à-vis de l’éphémère, de l’interruption. » Duo CORBEFIN - MARSAC

    Répondre à ce message


Un gran de sau ?

(connexion facultative)
[Se connecter]
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Ajouter un document

Dans la même rubrique :