Fezensac Gascogne médiane

Lannepax

- Tederic Merger


 

Colombages et embans / Colanars e embans / Coulanàs é embans


Ce 14 juillet, j’ai préféré éviter Eauze de peur d’avoir l’impression "ville morte".
Mais à Lannepax, j’ai trouvé un "bourg mort".
Il s’en est fallu de peu que je photographie la même maison que Vincent. A y bien regarder, ce n’est pas la même.
Maison à colombages au bourg

Quand je photographiais la maison ci-dessus, j’entendais des éclats de voix en anglais venir d’une maison voisine.

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Lannepax - Maisons à colombage et emban sur la place centrale
En 2016, la première maison se loue pour des séjours touristiques, si j’ai bien compris.
Tederic M.

 

Grans de sau

  • Assez étrangement, j’ai toujours trouvé cette micro-région de l’Armagnac, entre Eauze et Vic-Fézensac, voire jusqu’à Jégun, plus mortifère et triste que le reste du Gers, très varié au demeurant (il n’y a pas grand chose en commun entre les larges arribères de l’Astarac et le moutonnement de la Lomagne).

    Plus de fermes abandonnées, une architecture vernaculaire moins enthousiasmante et en mauvais état, des bourgs qui me paraissent moins animés, voire moribonds. Ce n’est qu’une sensation mais elle est prégnante depuis aussi longtemps que je fréquente ces endroits au gré de périples.

    Cela colle assez avec les maigres notes en vis-à-vis des points d’étude de l’ALG dans cette partie de l’Armagnac, comme si les paysages reflétaient cette perte identitaire.

    Dému :
    « Vitalité du dialecte faible, la population autochtone se raréfie. »

    Jégun :
    « Vitalité du dialecte faible, immigration nombreuse. »

    Nogaro :
    « Le bourg (centre commercial d’eaux de vie) n’est plus gasconisant que pour un quart. »

  • Que vous ne mettiez pas d’accent sur Éauze peut s’expliquer, c’est une majuscule au début d’un nom propre, mais pourquoi mettre un accent sur le premier "e" de Vic-Fezensac ?

    • Je ne sais pas, peut-être juste que je n’ai pas fait attention et que je l’ai écrit ainsi que je le prononce, mais je comprends, il était primordial de corriger cette erreur.

    • Si on veut coller à la prononciation gasconne, comme on n’est pas en pays negue, on devrait plutôt recommander "Fézensac".
      A prononcer d’ailleurs "Fézénsac".
      Certes la graphie officielle est "Fezensac", qui a dû déteindre au fil du temps sur la prononciation ; les textes anciens ne notaient pas beaucoup ce genre d’accent, si ?
      Et maintenant, si on prononce en français avec le é, on risque d’être repris par des locaux, et je me rappelle précisément que j’en ai été témoin au restaurant D’Artagnan (très bon, mais je ne sais pas s’il existe encore) lors d’une réunion du Conservatoire de Gascogne...
      Quant à "Eauze", il vaut mieux mettre l’accent, mais là, c’est surtout un problème de clavier.

    • Fezensac est invariablement mal prononcé "Feuzansac" alors que la bonne prononciation gasconne est Fézénsac. Donc, encore mieux que Fézensac, on devrait écrire Fézénsac.

    • Tederic, si tu te sers du clavier occitan (panOccitan.org), aucun problème pour l’accent sur le É (alt Gr+Majuscule+touche é).
      Très facile à installer ne fait qu’ajouter de nouvelles possibilités et conserve le comportement du driver standard français.
      Pour télécharger le logiciel pour Windows, cliquer sur kbdoc.msi, ouvrir le fichier d’installation et suivre les instructions.
      Quant à la prononciation pour ma part je dis Fezensac et pas Fézénsac, car je l’ai toujours entendu prononcé comme cela. Mais il faudrait demander aux locaux,car je pense que la solution leur incombe..

    • Inconnu du 3 quelles sont vos sources ? Je ne demande qu’à vous croire, mais pourquoi ?

    • Règles élémentaires de phonétique diachronique gasconne mon cher Jean-Pierre Watson. C’est tout simplement parce que l’étymon latin est Fidentiacus . Le groupe consonatique NT induit une prononciation dentale et non vélaire, encore moins une assimilation N > SS. Je vais vous dire un secret. On devrait même écrire, en gascon, Fesençac [fézénnssak] parce qu’en écrivant Fesensac en graphie normée, ça doit se prononcer [fézéssak] (assimilation) ou [fézéngsak] (vélarisation). En Gascogne de l’ouest, comme le D étymologique est resté intact, on aurait même eu Fedençac [fédénnssak].
      PS : Il ne s’agit pas de me croire moi mais de faire confiance à la phonétique historique de la langue gasconne dont les règles sont constantes.

    • J’ai demandé à mon père comment il prononçait la ville du Gers, où il y a des ferias à Pentecôte, "Vic, Vic, Vic comment" ? Fézansac, pour lui, ce qui explique donc la raison pour laquelle je prononce le premier e fermé [é], et ce qui constitue, pour la seconde syllabe, une adaptation au français local assez attendue. Ma mère, à ses côtés, confirme. C’est donc l’usage en français régional du Béarn oriental.

      Pour le reste, j’adhère à la démonstration de l’intervenant en 6 ci-dessus : le son eu du français de toute façon n’existe pas en gascon de l’est (c’est bien différent en gascon de l’ouest), dont relève Vic-Fezensac, et comme la première syllabe n’est pas tonique (c’est toujours sur la finale -ac), ce ne pouvait pas être un e ouvert [è], qui aurait été de toute manière très aberrant.

      Bref, quand je prononce Fézensac, je n’y peux rien, c’est le substrat gascon de mon Béarn qui me fait prononcer correctement. Que les autochtones, par influence de la forme officielle écrite, ait développé peut-être depuis déjà de nombreuses décennies un usage en français régional, je veux bien le croire, et c’est aussi notre rôle d’en prouver le caractère récent, et contraire à la phonétique gasconne.

      J’ajoute, à la suite de l’intervenant 6, que la graphie occitane, telle que pratiquée, n’est en effet pas toujours cohérente sur ces questions de n intérieur, et ce n’est pas un point mineur de phonétique : il conviendrait clairement de différencier un n intérieur à tendance vélaire d’un n dental.

    • Mais même si les autochtones se trompent depuis des décennies, ne faut il pas respecter leur écriture et prononciation ?
      En tout cas pour l’intervenant 6, votre explication et démonstration de « phonétique diachronique gasconne », même si elle est techniquement exacte et intéressante, me fait un peu sourire car elle impose un gascon uniformisé tant pour l’écriture que pour la prononciation (un peu à la manière des occitanistes).Je n’en demandais pas tant. De plus, vous qui n’avez même pas de pseudo évitez d’en affubler les autres. Ce n’est certainement pas de cette manière que vous encouragerez les néolocuteurs.
      La réponse de Vincent P. est beaucoup plus nuancée et compréhensible et me convient parfaitement.

    • Nous devons bien sûr respecter les autochtones et ne pas les accabler de ce que nous pensons être des erreurs de leur part, erreurs favorisées par un système général d’uniformisation française.

      Mais nous ne devons pas respecter les erreurs elles-mêmes ! Simplement dire en l’expliquant ce que nous croyons juste.

      Une question me hante : devons-nous accepter une prononciation complètement française des noms de personnes et de lieu gascons, ou tenter de sauver, même dans l’usage français - qui est désormais quasiment le seul usage qui persiste - le plus possible de traces de la prononciation originelle gasconne ?
      Eh bien, à cette question, je réponds oui !

      Exemples :
      J’entends des gens venus d’ailleurs (mais présents quand même depuis 10, 20 ans...) prononcer "Lapèrad", "Guèz", "Caubèr" pour Lapeyrade, Gueyze, Caubeyres...
      A la longue, si nous ne tentons rien, c’est la prononciation venue d’ailleurs qui l’emportera, parce qu’elle est soutenue par le système français.
      Je considère que Gasconha.com est une tentative de résistance.

      Dans le même ordre d’idées, j’entends maintenant des autochtones prononcer "Garbè" pour le nom de famille Garbay.
      De même, "Darsial" pour Dartial...
      Aidons les autochtones à retrouver la mémoire !

    • Tederic,ce que tu dis est vrai, mais je pense qu’il faut faire la différence entre ce que des vieux comme moi ont toujours entendu, et les exemples que tu cites, en particulier avec le « y » de « gay » ou de « peyre » qui est en effet saboté.
      Il ne s’agit pas de remonter à la nuit des temps....
      Et si la mémoire des autochtones est celle de leurs grands parents elle mérite je pense d’être accréditée..

    • Vous avez la tête bien près du bonnet Joan Pèir. C’était un peu d’humour sans agressivité aucune. Mettez de l’huile ! Le sens de l’humour, le second degré. Vous voyez ce que je veux dire ?
      Et Podensac, qu’en pensez-vous ? Vient de Potentius et , là encore, groupe NT donc N dental et prononciation [poudénnssak]. Mais il est vrai que, de pus en plus, on entend "Podansac". Vous avez raison, respectons la vox populi et disons comme ça, et aussi Pisso (Pissos), Morsan (Morcenx), Transac (Trensacq), Comansac (Commensacq), Paranti (Parentis), Tossa (Taussat), Luxé (Luxey), Nè (Nay), Labouyère (Labouheyre), Sali (Salies), Pérorad (Peyrehorade), Blè (Blaye), Aba (Habas) etc... Quand les gens disent une bêtise, même si c’est depuis longtemps et que ce sont des vieux, ça reste une bêtise.

    • lo vòste umor ne m’agrada pas. N’ei jamei entenut diser Morsan,ou Paranti ou totas autes bestiessas com dises....
      Qu’ètz un tchic pretenciós.... et en français cela peut donner quand on est ... on est ...
      Les gens qui conseillent aux autres l’humour au deuxième degré (je dis deuxième car il peut y avoir un troisième) n’ont souvent même pas conscience de ce qu’est le premier degré.
      Allez restez dans votre anonymat et votre suffisance...et au rebéder

    • Réponse à Juan-Pedro numéro 12.

      Sniff ! Que de méchanceté envers moi, qui ne suis qu’amour. Est-ce du quatrième degré cher Hans Peter ?

      Bonne nuit.

    • La Ferme du Lacaÿ en vallée du Lot a la solution pour ne pas être rabaissée au rang du laquais.
      http://www.fermedulacay.com/.
      En toute logique en français la graphie -aÿ- devrait être prononcée -a-i- et non en diphtongue -ay- , mais on est bien plus proche de la prononciation exacte, surtout si nos francimans ou gascons acculturés parlent de façon rapide ou un peu relâchée.
      Dus punts de pincèth suu panèu e l’ahèr es reglat !

      Pour Vic-Fesensac, les anciens ne disaient-ils pas simplement Vic, ce qui expliquerait que la prononciation correcte de Fesensac se soit perdue ?

    • La prononcation /mor’sã/ existe sur les annonces automatiques du TER. Elle diffère complètement des annonces faites au haut parleur par le chef de gare, qui a bien la prononciation gasconne (qui durera jusqu’à son remplacement).
      Julos est encore /3y’los/, mais le col de Socs est tantôt /soks/, tantôt /sô/.
      Pareil pour les noms de famille : la réclame impose LapeIre (auvergnat) au lieu de Lapaire (que font les deux), ce qui choque quand on déchiffre Lapeyre.
      Comment Tarasteix est-il dit par les gens du cru ? Momuy est encore mom’euy, mais le ’Luy devient le lu’i. Etc.
      Pour la diphtongue au, l’assimilation à au français écrit ô est faite.

      Dans l’aire francoprovençale le français scolaire impose chamoniX au lieu de chamoni et sandOZ pour sande (après l’intermédiaire : sando). Dans ce dernier cas, il entraîne même un déplacement de l’accent !

      Poids médiatique, administratif et scolaire et influence des nouveaux venus. Peut-on dire que l’alignement sur les formes du français lu a établi des "formes françaises" ? C’est plutôt l’aboutissement d’une acculturation.
      Le y est bien utile pour rappeler la diphtongue.

      On disait certainement Vic tout court, comme /lu mun/. Les ajouts peuvent être très anciens, la forme courte suffit.

      Après tout, pourquoi ne pas employer la prononciation gasconne quand elle ne pose pas de problème ?

  • Je vais faire descendre le niveau de la conversation mais lors de vos périples vers Eauze avez vous vu les vignobles ?
    Je dis cela car j’ai trouvé en supermarché du vin à un prix "économique", du cotes de Gascogne embouteillé 32400.
    Le gout est peut être proportionnel au prix mais je fais moi aussi acte de résistance !

  • Oui, en rentrant des fêtes de Vic-Fezensac, je suis passé à travers les vignobles des côtes de gascogne (le Saint Mont, le madiran, puis le Tursan). J’ai d’ailleurs été surpris car j’ai trouvé qu’il y avait une étendue colossale de vignobles. Et puis à Riscle j’ai découvert un vignoble qui portait mon nom,"le Domaine de Peyris" (mais moi c’est tout attaché).
    Pourquoi faites vous acte de résistance ? Je ne comprend pas très bien...

  • Moi aussi je suis frappé par l’importance du vignoble dans le coin d’Armagnac (Montréal...)
    Confirmé le 14 juillet par ma virée sur la Ténarèze jusqu’à Lannepax...
    La production d’Armagnac, de floc et de vin "Côtes de Gascogne" y semble la principale activité économique.

    D’ailleurs le philloxéra a dû entraîné dans le passé une crise sévère, la fin d’une production massive et employant pas mal de main d’oeuvre, et un départ de population qu’on sent encore aujourd’hui.

    Je suis gêné parce que je ne suis pas connaisseur. Et j’hésite à promouvoir des lòcs producteurs dont je ne sais pas apprécier la qualité.
    J’attends que d’autres gasconhautes soient meilleurs que moi sur ce coup. L’idéal serait d’établir une connexion de confiance avec des producteurs, et de faire une synergie entre l’économie locale et le label Gascogne (ou le made in Gascony !).
    En plus, l’Armagnac transcende les deux régions "Occitanie PM" et "Nouvelle Aquitaine" qui montrent déjà leur incapacité de collaborer. Raison de plus pour le bichonner !

    Un peu plus loin de moi, il me semble que du côté du Tursan et de Madiran, donc en plein milieu de la Gascogne, il y a des vignobles qui pourraient jouer encore plus la carte gasconne - encore plus qu’ils ne le font.
    Je me rappelle d’avoir vu au restaurant des cartes dessinées par Plaimont (sauf erreur) et qui ressemblaient au triangle gascon...

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    Vignobles de Gascogne
    Sur une idée et un canevas de Jacques Ayrial, carte réalisée à partir de http://www.excellence-plaisirs-aromes-et-saveurs.com/i_form_oenotourisme.htm
  • =) 4 : TM a utilisé le terme de résistance que j’ai repris en l’associant au vin.
    Pour le moment je vis plutôt en Gironde et, bien que buvant peu de vin, je pourrai acheter facilement du Bordeaux mais j’ai préféré acheter du "cote de Gascogne" IGP (à moins de 3 € la bouteille). C’est même moins cher que du Tursan. Et le vin est très buvable !
    Sur la carte il manque le vin de sable (très confidentiel je reconnais)
    Je m’aperçois que je ne connais pas du tout les paysages de Gascogne et quand je serai à la retraite il faudra que je les découvre.

  • Oui, le vin de sable est très confidentiel (Capbreton, Moliets,Vielle st Girons..) et à mon avis vendu un peu trop cher...
    Mais il y a du très bon St Mont par exemple, et puis alors, pour qui aime le doux, des « Pacherenc » du vic-bilh extraordinaires....(avec un petit foie gras !)

  • Rectifier bien sûr : la réclame impose Lapaire au lieu du LapeIre auvergnat, pour le nom Lapeyre.


Un gran de sau ?

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