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Armagnac & Condomois

Gascogne médiane

Condom

L’école de Grazimis

Le soleil était caché quand j’ai pris la photo, ce qui n’arrange pas les choses.
Cette école désaffectée est de style néo-basque, c’est surtout manifeste par le fronton avec faux colombages et faux corbeaux* qui ne soutiennent pas grand chose.
On voit mieux le couple de corbeaux de chaque côté du fronton sur la vue arrière de l’école, et sur la maison voisine de même style (la maison du régént et de la régénto ?) :

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Cette dernière, "retapée" au contraire de l’école, est hélas un peu affadie par sa couleur uniforme.
Cette ancienne école (pourquoi iz-y font pas une calandreta ?-)) sert au moins pour des repas de chasse. Les associations de chasse contribuent à maintenir une vie collective dans ces hameaux, anciens villages menacés de déshérence...
Grazimis, qui figurait en gros sur la carte de Cassini, a disparu de la carte actuelle de l’IGN ! Le destin qu’auront certaines communes supprimées de nos jours ?

Le nom - ça arrive assez souvent pour les macrotoponymes (noms de villages et non de bordes isolées) - ne semble pas directement explicable par le gascon, même s’il a probablement évolué depuis son origine selon les règles du gascon.
Graziac existe aussi dans la commune de Condom, et des noms Grazidos, Gradide, Grazide, Grazian, ici et là en Gascogne.
La terminaison -is peut cacher un -ins comme, pas loin, Stauzis pour "Los Tausins".
Il y a aussi dans le coin le joli Escrimis (qui a sans doute peu de rapport avec l’escrime ni avec le crime), Lizaris, Ciprionis...

Certaines attestations anciennes écrivent Grazimy voire Grazymy :
Le Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et ..., Volume 3 y dénombre « 60 feux ».

* corbeau : il ne s’agit pas de l’oiseau noir de nos campagnes (même s’il est bien à l’origine du mot en architecture), mais d’un élément qui soutient l’encorbellement (une poutre qui permet une avancée à l’étage, comme c’est fréquent en ossature bois).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Corbeau_(architecture)

prepausat per Tederic Merger



Grans de sau

  • Le maire motive la vente de l’école de Grazimis :
    "Concernant de possibles travaux, le maire a expliqué que la commune avait d’autres priorités et que le coût d’une mise aux normes serait élevé."
    https://www.ladepeche.fr/article/2017/12/19/2707122-le-maire-motive-la-vente-de-l-ecole-de-grazimis.html
    https://www.ladepeche.fr/article/2017/12/02/2696262-la-commune-met-en-vente-l-ancienne-ecole-de-grazimis.html

  • Au moins Tederic, tu peux être sûr que la famille anglaise qui retapera cette bâtisse le fera dans le style du pays et participera par là même à la préservation de notre patrimoine gascon.
    Chose que n’auraient certainement pas fait des locaux, triste à dire, mais tant de fois démontré !

  • Adiu Florent !
    Que les "locaux" prennent moins soin de notre/leur patrimoine que les "anglais", c’est aussi une facette du problème.
    Sur cette école néo-basco-landaise, je pense qu’il faudrait surtout ne toucher à rien sauf refaire les peintures et soigner les boiseries.
    Même le changement de la porte d’entrée risque d’être terrible ; et je suis d’accord, Florent, le risque est plus grand avec une famille locale qui a en moyenne moins de moyens que des étrangers du nord, mais surtout baigne dans un climat général d’oubli ou de mépris des styles régionaux.

    Mais si cette ancienne école était restée propriété communale, on aurait pu imaginer une rénovation qui préserve le style d’origine.
    On en a des exemples assez nombreux ; mais probablement aussi des contre-exemples.

    Au delà de cette problématique de respect du patrimoine, il y aussi la privatisation d’un lieu collectif emblématique : l’ancienne école, qui servait maintenant, par exemple, à l’association des chasseurs.
    Et aussi la question de la disparition d’une communauté locale, Grazimis, autrefois commune indépendante, je suppose, et qui perd ainsi un de ses derniers attributs d’indépendance par rapport au grand Condom.
    A ce sujet, je reproduis ici une réaction de Pedro32 sur le forum de l’article de la Dépêche en lien plus haut :
    « Il est regrettable que les différentes municipalités aient laissé se délabrer par manque d’investissement et de volonté l’ancienne école de Grazimis, bâtiment public. Désormais, les usagers de Grazimis et environs devront prendre les véhicules pour se rendre Espace Rive Gauche, à la condition que la salle soit disponible... Quant à la dernière solution, on ferme une ancienne école, on rénove une salle attenante à l’église...bonjour le symbole ... »
    Soyons juste : les usagers de Grazimis prenaient déjà leur bagnole pour venir à l’ancienne école, vu le "tout automobile" qui règne dans nos campagnes...
    Mais enfin, c’est encore un cas de délocalisation qui doit interpeler les gasconhautes !

    En décembre 2017, la presse relatait une fronde des habitants de Grazimis et un recours contre la vente à la famille anglaise au motif du non respect d’une servitude de passage à l’intérieur du domaine de l’ancienne école...
    A suivre !


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