Grande Gascogne ou petit Sud-Ouest. Histoire, géographie, langue, chant, architecture...

Des résidus à l’engrais organique
par Gérard Sent-Gaudens le 14 février 2012

Dans la dernière lettre d’APESA (bureau d’étude établi dans la plaine de Pau), cette initiative remarquable d’une petite entreprise gasconne :

Des granulés biocombustibles à base de graisse de canard pour se chauffer écologiquement !

Avec l’assistance technique de l’APESA, la société Labat Assainissement, basée à Aire sur Adour, a développé, breveté et testé à l’échelle pilote un granulé biocombustible constitué de résidus végétaux et d’un liant riche en énergie issu de la transformation de graisses animales.
Ces granulés utilisables en chaufferies collectives ou individuelles offrent des performances énergétiques et une qualité de combustion similaires voire supérieures à celles des granulés de bois.
Leur composition originale permet de valoriser des déchets verts et autres résidus végétaux actuellement sans autre débouché que la transformation en compost.
Reste aujourd’hui à franchir la barrière réglementaire pour passer à la phase industrialisation et développement !

>> Lire l’interview de Xavier Labat

Pour ses travaux dans le domaine des biocombustibles solides, la société LABAT a reçu en 2011 le premier prix national du concours « Stars & Métiers » catégorie Innovation Technologique (concours organisé par la Chambre des Métiers et de l’Artisanat, sous le haut patronage du Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie).

BIOMASSE - COMPOSTAGE - METHANISATION - SOLS - EFFLUENT




  • par Tederic M. le 15 février 2012

    1) Bon exemple de créativité issue du terroir gascon, et non parachutée par un groupe mondial (cela dit par rapport au débat en cours sur "Les dynamiques territoriales et urbaines du Grand Sud Ouest").

    2) La présence en quantités suffisantes de ces résidus, notamment animaux, est probablement liée à l’élevage industriel, qu’on peut critiquer par ailleurs.

  • par GSG le 1er mars 2012

    C’est bien de l’"économie circulaire" qui sait utiliser positivement ses déchets, donc d’une certaine façon minimiser ses bêtises. Pas tan pèc qu’aquo, non ?

  • Valorisation des déchets de graisses par "Labat assainissement" (suite)
    par Charles L. le 30 avril 2012

    Le précédent post de Gérard Sent-Gaudens ne traite qu’une partie de la filière dans laquelle Xavier Labat, patron de Labat Assainissement et Agraval Environnement, investit de façon importante sur le territoire d’Aire sur l’Adour et Duhort Bachen.

    Labat assainissement est la suite depuis 1992 d’une entreprise familiale de vidange démarrée en 1942 et qui dessert les départements 32, 40, 64 et 65.
    Elle traite aujourd’hui 12 000 t /an de graisses animales (conserveurs, abattoirs, cuisines centrales, lavage des plumes....) ainsi que les déchets nouvellement apparus en quantités significatives ( résidus légumiers, périmés des grandes surfaces, déchets des coopératives céréalières....).
    Toutes ces biomasses sont aujourd’hui sans réel débouché et leur coût de traitement est significatif.

    L’investissement qu’entreprend Labat Assainissement à Aire-Duhort est dimensionné pour 50 000 t de graisses, susceptible donc d’accueillir des produits collectés par ses confrères.

    La valorisation de ces déchets et graisses se fera au travers de deux filières distinctes mais complémentaires présentes sur le même site :

    - Une valorisation par méthanisation (fermentation) au sein de silos fermés permettant d’une part de fabriquer à partir de tous les intrants correctement homogénéisés (vidanges, boues, lisiers, graisses, marcs,GMS, IA )
     a.. des galettes de graisses séchées entre 40 et 60% ( procédé utilisé par l’entreprise depuis 2007)
     b.. et d’alimenter par le gaz produit un groupe électrogène fournissant 500 kwh, vendus à EdF ( l’équivalent de la consommation d’un lotissement moyen).
     c.. Les effluents sont utilisables en fertigation (liquides) ou compost, épandage agricole car quasiment-exempts de métaux lourds.

    - Une valorisation par production de granulés bio-combustibles.
    Les galettes de graisses séchées issues du premier process sont mélangées à des déchets verts, paille, sciure, marc de raisin agissant comme substrat. Après broyage, il en sort un granulé combustible , supérieur de 10 % environ au pouvoir calorifique du granulé bois, et dont le prix de revient devrait être inférieur de 20%.
    Les essais menés à ce jour montrent la compatibilité avec les normes et la plupart des chaudières à granulés. Le brevet en est déposé depuis 2011 pour une durée de 20 ans.

    L’intéret de ces deux process est leur complémentarité : par exemple, la chaleur fournie par la fermentation-méthanisation concourt au séchage des plaquettes de graisse.

    Pour terminer, je partage tout à fait le commentaire de Tédéric qui appréciait que l’on sache faire en Gascogne ce que nous n’avons nul besoin d’importer ou de nous faire imposer !
    L’esprit pionnier se perpétue ... ici dans le secteur de l’environnement et du développement durable.

Proposez un gran de sau !
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