Grande Gascogne ou petit Sud-Ouest. Histoire, géographie, langue, chant, architecture...

On ne dénoncera jamais assez le système de la mobilité dans la fonction publique...
par Vincent.P le 23 juillet 2012

... (institutionnalisée dans la nationale, masquée en territoriale) qui a mis sur les chemins de l’exil des milliers de Gascons tandis qu’ils étaient remplacés par d’autres sur leur lieu de naissance.

www.sudouest.fr—la-tete-a-paris-le-coeur-dans-le-sud-ouest

C’est aux âges où l’on est muté que se forgent les existences : le mariage notamment.
La France a mis en place un système de création d’un peuple français.




  • par Sébastien F le 23 juillet 2012

    bonjour,
    tout à fait d’accord avec l’article de Vincent P dénonçant le système des mutations dans le secteur public.
    C’est mon cas, c’est très difficile en particulier au début, mais c’est surtout le fait de savoir que c’est pour nous remplacer par d’autres venus d’ailleurs.
    Les Corses ont des points bonus pour renter chez eux pourquoi pas nous ??

  • par Vincent.P le 24 juillet 2012

    La seule solution, c’est qu’il faut refuser de servir l’Etat ...
    Mais le secteur privé est également organisé en référence à Paris, les opportunités de carrière passent par un exil ailleurs.

    Bordeaux et Toulouse peuvent compenser, à la marge.

  • par Vincent.P le 24 juillet 2012

    Dans tous les cas, ce qui est certain, c’est que le combat culturel n’est jamais que le corollaire d’un combat socio-économique, sans faire de marxisme de bas étage.
    C’est seulement si la Gascogne possède une activité économique endogène apte à embaucher les gens du pays que l’on pourra ancrer quelque chose de culturel.

    En l’état, je suis très pessimiste, c’est pourquoi je pense que l’exil sur Bordeaux ou Toulouse est un moindre mal.

  • par Sébastien F le 24 juillet 2012

    Personnellement, c’est l’éloignement qui m’a fait prendre conscience de beaucoup de choses.
    Le monde moderne ne fait que "diluer" l’ensemble des cultures régionales dans une globalité où personne ne sait en réalité où il va !

  • par Vincent.P le 24 juillet 2012

    Je crois que l’on sait où l’on va : nous allons vers la constitution d’un citoyen mondial.
    Première étape, un citoyen européen, dans l’hypothèse où la crise de l’Euro ne mettrait pas à mal le projet européen de libre-circulation des individus, des capitaux, des marchandises.

    Que faire ? Je ne sais pas.
    Espérer que cette culture mondiale uniforme s’attache avant tout à se déployer dans les villes, tandis que nos villes moyennes développeront une activité parallèle.
    Chez nous, ouste Toulouse et Bordeaux.
    Non pas que nous devons rester indifférent au sort de ces deux grandes métropoles, certainement pas même, juste que la culture vernaculaire n’a pas plus de légitimité qu’une autre pour s’y exprimer, c’est trop tard.

    Pour ma part, j’ai intériorisé assez jeune le fait que la fonction publique signifierait une vie d’exil.
    J’ai un projet de vie depuis longtemps, celui de faire mon trou dans mon pays.
    Parfois, je regrette aussi les opportunités manquées, bouger tous les 5 ans, découvrir d’autres coins de France, d’autres gens, d’autres univers.
    La mobilité n’a pas que du mal, c’est une ouverture sur autre chose. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.

    Il est très décevant que la jeune génération occitaniste aille faire les profs d’occitan loin de leurs terres gasconnes.
    Et miser sur la territoriale est également une faute : les postes-clés sont trustés par un classement national qui ne dit pas son nom, avec le superstrat induit par la cooptation politique qui est la règle en FPT.

    Dans tous les cas, je suis assez malheureux de me rendre compte que les félibres avaient raison, eux qui misaient sur une prise de conscience des artisans, des paysans, des professions libérales, plutôt que sur l’armada des fonctionnaires en gestation.
    Tout l’occitanisme gascon est une histoire de fonctionnaires, du pays ou étrangers.

    Mais bon, c’est comme ça, on ne décrète pas l’émergence de notables gasconophiles, pas plus d’une activité économique locale patriote.
    Mais on peut toujours donner le vocabulaire d’un combat qui mettra un siècle.

  • par Sébastien F le 24 juillet 2012

    "o ma lande ! ma terre chérie ! je ne te savais point cet étrange aspect et des larmes montent malgré moi à mes yeux"
    C’est en voyant le paysage landais de son enfance bouleversé par les plantations de pins que Félix Arnaudin prononça cette phrase.
    Un siècle et demi après, je la reprends voyant notre paysage d’enfance bouleversé par la frénésie des promoteurs immobiliers, faisant pousser des lotissements comme des cèpes sous les pins de plus en plus rares autour de nos villages !

  • par Castèths le 25 juillet 2012

    Broya analisa Vincent. Qu’es lusent.
    Aunestament, que cau estar capborrut en lou mounde noste per vouler parlar ua lenga regiounala quen èm en ua tempourada de barrey de les populacioûns...
    Ço que vòu díser lou dialècte locau que va desaparéxer, lou dialècte mèy espandit taben, de segur, e l’accent dou sud-oèst a le hèyta fîn, taben.
    Que’s patàcam contra moulîns, contra ûn sistème que’ns vòu har pérder l’identitat...

  • par Gérard S-G le 28 juillet 2012

    Comme l’a écrit Vincent, je pense qu’on ne peut faire une croix sur Bordeaux et même sur Toulouse, gasconne dans ses faubourgs ouest et du fait de sa nombreuse immigration gasconne au fil des siècles.
    Pas seulement comme un moindre mal mais parce qu’elles influencent fortement pour le bien comme pour le mal tout leur arrière -pays et aussi parce qu’elles peuvent avoir un véritable effet d’entrainement.
    C’est bien sûr un sujet débattu, incertain et dans les conditions d’aujourd’hui les deux métropoles donnent bien l’impression de chercher à tirer au mieux leur épingle du jeu de la mondialisation en se moquant du reste.
    Voila qui vaudrait bien un "hiu" à lui tout seul.
    Regasconnisons nos capitales !

  • par inconnu le 1er août 2012

    Les Corses ont obtenu des points aux barêmes des mutations.
    Ainsi les titulaires du Capes ne quitteront pas l’île, pénalisant des compatriotes partis depuis longtemps et qui n’atteindront jamais les barres excesives pour renter dans leur académie natale.
    Il faut accepter les règles des concours publics. Ou bien fonder des écoles corses privées et hors-contrat pour rester chez soi. Mais un tel mouvement de refus, on n’en voit pas se dessiner. Trop exigeant, bien sûr.

  • par inconnu le 1er août 2012

    On ne peut pas être à la fois fonctionnaire de l’Etat français et avoir ce genre d’exigences.
    Si vous voulez rester par chez vous alors faites autre chose que fonctionnaire.
    Créez une entreprise par exemple.
    Comme tous ces occitanistes, fonctionnaires pour la plupart, qui dénoncent le méchant Etat colonial français mais vivent de ses prébendes.
    On ne peut pas vouloir le beurre, l’argent du beurre et le c... sourire de la crémière.
    Je trouve ce passe-droit pour les Corses, un de plus, totalement aberrant. Et en plus ils crachent sur la main qui les nourrit. Bande de rigolos !

  • par Vincent.P le 1er août 2012

    La fonction publique territoriale était là pour être un compromis entre la volonté d’agir pour le bien public local et les exigences de service.

    Elle a depuis longtemps perdu son sens d’être et n’est plus, elle aussi, qu’une machine dépendantes des concours, avec en prime l’horreur du piston.

  • par ltrobat le 15 août 2012

    On va un peu vite en besogne quand on critique les corses et leur "exception" territoriale.
    L’universalisme républicain c’est bien joli, mais il faut intégrer des données géographiques de base : un corse travaillant en région parisienne et rentrant chez lui doit se taper un Paris-Marseille par autoroute puis 7 heures de traversée en bateau (et encore en hydroglisseur).
    C’est autre chose qu’un Paris-Bordeaux par autoroute un vendredi soir pour assister à la communion du petit neveu...
    Pour un corse, bosser à Paris est effectivement une forme d’exil.
    Ensuite ce qu’on obtenu les corses en terme de mobilité (ou plutôt d’immobilité) révèle en creux la pusillanimité des gascons dans la défense de leur langue, leur culture et leur territoire.
    Volem tribalhar au pais disait-on dans les années 70, et alors ?
    Au moins les corses se bougent pour défendre leur territoire et leur identité.
    D’ailleurs en Corse, les corses se sentent pleinement corses, alors que la Gascogne, pour reprendre une expression de Philippe Lartigue (à tout seigneur tout honneur) est plus peuplée de français du Sud-Ouest que de gascons.
    Avant de râler après les corses, rappelons-nous qu’on n’a que ce qu’on mérite...

  • par Vincent P. le 15 août 2012

    Personne ne râle contre les Corses, il était fait allusion au fait que le système actuel rend impossible le retour des Corses du continent, exilés avant la mise en place dudit système.
    Mais on fait pas fonctionnaire si on ne veut pas ça.

    Du reste, la situation ethno-linguistique en Corse est beaucoup plus précaire qu’on ne le dit, pour partie de la faute de la France (réimplantation des Pieds-Noirs qui constituent la moitié de la population de l’île, en tout cas dans les villes), pour partie par inertie naturelle.

  • par ltrobat le 16 août 2012

    Certes, le dispositif est injuste pour les corses travaillant sur le continent avant sa mise en place, mais il en va de même pour tout dispositif de ce type : il y a un avant et un après, avec les inconvénients que ça implique.
    Ensuite, on ne va pas recenser les enseignants "corses" bossant sur le continent avant la mise en place de ce système pour leur permettre de rentrer chez eux, ce qui s’apparenterait à du fichage "ethnique"...

    Je veux bien croire que la situation en Corse soit précaire du point de vue ethno-linguistique. Mais j’ai pu y constater que la langue y est présente socialement et que les groupes musicaux chantant en corse sont légion et parfois très jeunes (en plus ils savent faire autre chose que de l’electro-trad...).
    Enfin en passant devant l’IUFM d’Ajaccio, j’ai vu que le panneau apposé sur la façade était en corse, on est loin de tout ça nous ici...

  • par Lo Pèir le 4 septembre 2012

    Pleurer parce que l’on est muté fonctionnaire au loin ?...
    Personne n’es tenu à devenir fonctionnaire, et si c’est le cas, on sait très bien quelles sont les conditions.
    Le statut de fonctionnaire a (avait) des avantages et des inconvénients.
    C’est pour les avantages qu’on les choisit, et l’on découvre ensuite les inconvénients.
    Je pense qui si l’on en parle ici, il y a des raisons sociologiques : l’occitanisme est surtout implanté chez les dits fonctionnaires.
    Mais il me semble qu’il y a bien plus de départs pour des emplois privés, ce qui a bien plus d’inconvénients pour revenir car certaines spécialités d’emploi sont introuvables dans nos régions.
    Comment développer les emplois industriels (hors l’aviation). Est-ce le souci de nos élus, eux-mêmes fonctionnaires pour la plupart, ou médecins ou avocats, l’industrialisation n’est pas leur tasse de thé, hélas !

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