Grande Gascogne ou petit Sud-Ouest. Histoire, géographie, langue, chant, architecture...

Hestes de Dax...
par Tederic M. le 17 août 2012

"Je reviens des hestes de Dax et je ne retiens qu’odeurs d’urine, de vomi, d’alcool mais aucun signe de gasconité, le rouge et le blanc d’ici se mélange avec ceux des bodegas du midi (on rencontre d’ailleurs les mêmes foulards et tee-shirt).
En ce moment à ARCACHON, ce sont les fêtes de la mer et foulards jaunes et aucun signe de gasconité non plus"
écrit Tederic D. dans le forum du Manifeste gascon.

Je ne vais pas parler ici des fêtes d’Arcachon, pour lesquelles je crains le pire.
Mais sur celles de Dax, où j’ai fait deux incursions cette année, j’ai un ressenti différent.
Je n’ai aucun souvenir d’odeur d’urine ou de vomi, mais je reconnais que la gasconitat ne s’y exprime pas d’une manière évidente.

Essayons d’analyser...
ll y a encore en Gascogne une gasconité spontanée, résiduelle, évanescente dirait Vincent.P, et parfois déguisée en basqueries ou espagnolades.
Elle est présente aussi aux fêtes de Dax (accent, quelques habitudes culinaires, aficion taurine, vague conscience d’appartenir au "sud-ouest" et d’avoir des liens avec le pays basque ou l’Espagne...).

Il y a aussi une gasconité volontariste, comme celle que porte Gasconha.com.
Aux fêtes de Dax, celle-ci était surtout portée par les occitanistes (avec le "Café gascon", l’estanquet "Au pit"), avec, et c’est peut-être nouveau, l’appui des organisateurs dacquois des fêtes (qui ont entre autres introduit le mot "hesta" dans le programme officiel, et aussi (à vérifier) remplacé "l’Agur" par "l’Adishatz" pour les cérémonies de clôture (quel symbole, si c’est vrai !).
Entre la gasconité spontanée et non assumée, et la gasconité volontariste, je place une gasconité un peu hésitante, mélangée de bascophilie* et d’espagnolades, celle des "Cantadores" de la "bodeguita" du Cercle choral dacquois, qui ont commencé, en tout cas lundi, leur programme du soir par deux chansons basques puis "l’Encantada" (avec des paroles opportunément en franco-phonétique dans le livret).

On peut maintenant se composer un parcours gascon à Dax, j’en ai fait l’expérience, et j’ai pu y chanter cette année une grande partie du répertoire gascon que je connais, entre le Café gascon de la journée landaise, le repas qui suit avec les Esclatats d’Ondres et autres cantaires de la région.
L’Adishatz de la journée landaise s’est terminé par "L’encantada" chantée avec une banda, sur l’empont, par ceux qui voulaient, dont j’étais...
"Au pit" organisait des moments "cantèra" tous les jours.
Et puis dans la rue, on fait ce qu’on veut... dès lors qu’on est au moins deux pour chanter en gascon, on n’est pas ridicule, bien au contraire. J’ai chanté "Lo Vielh Sent Esprit" (Merci Vincent) avec un pilier de Gasconha.com...
En dehors du chant, il y a aussi, par exemple, les "quilhaires", ceux qui jouent aux quilles, et ce n’est pas du tout artificiel ! ce sont des restes de culture traditionnelle qui sont présents aux hestes de Dax.

Elles me plaisent aussi par ce qui est le plus décrié : le fait qu’elles attirent des hordes de jeunes qui les voient comme une sorte de Woodstock.
Moi, quand je vois des jeunes immatriculés 86 (des poitevins donc) qui viennent camper, je trouve ça positif.
Ils coucheront près de l’Adour, ils arpenteront les rues d’une ville gasconne devenue pour le coup une capitale de la jeunesse (où les moins jeunes ont aussi leur place, comme au merveilleux bal sous les ombrages de la Potinière).

A nous promoteurs de la Gascogne de profiter de ce moment particulier où Dax devient une capitale !

Pour ma part, et comme animateur de Gasconha.com, ça a aussi été un moment de rencontre avec quelques gasconhautes ou acteurs du mouvement occitaniste (qu’us saludi amistosament).
J’espère que nous ferons encore mieux, à tous points de vue, l’an prochain.
Si nous sommes seulement un groupe de cinq personnes capables de chanter en gascon dans la rue, je vous garantis le résultat !

*Le basque est légitime à Dax vu la proximité, mais sa présence symbolique est disproportionnée : quand on arrive dans la ville en fête, on voit (sur des stands très commerciaux, et aussi - conséquence logique - sur les hestayres qui leur achètent) des ikurriñas mais aucun signe gascon (ni occitan d’ailleurs)...




  • Commentaire sur les hestes de Dax
    par tederic.D le 17 août 2012

    Je voudrais répondre à tederic que si j’ai été un peu virulent concernant les fêtes de Dax c’est que de part la famille côté mon beau père je connais très bien les fêtes du sud est et que durant les fêtes de Dax je n’ai pas vu grande différence, j étais à Arles ou à Nîmes !!!
    Tout de même de belles choses ont eu lieu aux Arènes (magnifiques) c’est certain, mais quand on passe dans les rues vers la cathédrale et que d’un côté il y a le bar et de l’autre les pissotieres à 15 heures les têtes remplies d alcool (le mal de notre société actuelle) je me sens un peu dans le midi, où se trouve la Gascogne dans tout ça ?
    En tout cas les ventes dans les stands ne parlent pas de la Gascogne ni des gascons... Suis je à Arles ou Nîmes ? Mais oui nous sommes en Occitanie ! Voilà ce que je retiens.
    Celà faisait une éternité que je n’y avait pas mis les pieds mais je pense que lors de ces deux jours j’avais l’oeil d’un touriste gascon qui cherchait un peu de son identité deu pais gascoun.

  • par Vincent P. le 18 août 2012

    On ne peut pas demander aux Gascons d’aujourd’hui de se démarquer sur tout de la culture méridionale française : nous partageons avec les Languedociens cette culture de la fête, dont on peut dire tant de mal mais qui exprime quand même quelque chose d’un peu local.

    Les Basques ne s’en distinguent pas non plus d’ailleurs, sauf que parallèlement à ces "fiestas" de plein air, survivent les manifestations culturelles authentiques.
    J’étais à Ascain jeudi, c’était dingue, les gens dansaient sur la place sur les indications toutes en basque de l’animateur.
    Pour autant je pense que dans la soirée, vers 1h du mat, ce n’était pas différent de Dax.
    Le tout est dans la diversité de la fête, or en Gascogne, cela s’est un peu perdu.

  • par Vincent P. le 18 août 2012

    Ce serait marrant que "Lou Bieulh Sent Eusprit" devienne une chanson reprise par les chorales locales du fait de Gasconha.com. J’avais pris la partition dans un vieux livre sur Bayonne, c’est le pendant de "Salut Bayoune".

    Il faut bien dire que le plus irritant de nos jours, c’est que le répertoire est majoritairement en français, mais ça encore, c’est surtout que c’est du Michel Sardou !
    Il suffit de voir par exemple les rares CDs qui sortent encore par des chorales ou groupes locaux : les Beatles, la variétoche française, pour le gascon, juste du Nadau.
    Au Pays Basque, chaque village possède son artiste qui compose, écrit, chante, ... Argh.

  • Que pena
    par jorge le 18 novembre 2012

    Qu’es pas facil d’aprenèr o de parlar lo gascou a Acqs. ço que coneixèn pas l’historia de gasconha creien que las lanas son francesas de sempre. FAUX.
    Per què los estranjers que vienen aqui continuen a parlar la seua lengua e los gascous no ?
    S’escolta més portugués a Dax que gascou o euskara que son lenguas historics de la nosta ciutat romana...

  • par Vincent P. le 18 novembre 2012

    Parce que les étrangers sont organisés en communautés au sein desquelles la langue d’origine possède encore une fonction sociale, fonction sociale qui s’évapore à la seconde génération qui adopte alors les codes français médians, avec plus ou moins de bonheur selon les communautés et le degré de distance de la culture d’origine avec la culture occidentale selon le moule français (contrairement à ce que l’on dit, les communautés asiatiques sont probablement les moins intégrées, car lesdites communautés sont renouvelées par un apport nouveau de migrants en provenance du pays d’origine, là où d’autres communautés, comme la maghrébine par exemple, ont depuis un moment coupé les liens véritablement intimes avec le territoire d’origine).

    Dans tous les cas, le gascon est une langue morte, parlée par d’honorables grabataires et maladroitement singée par de pauvres gamins que leurs parents ont mis dans des classes bilingues dans l’espoir vain d’une meilleure réussite scolaire, à défaut d’un cursus anglophone.

    C’est fini. On peut encore travailler la matière, par exemple en introduisant dans notre français régional l’accent ou quelques mots, ou en chérissant les sonorités des lieux-dits. Mais il n’y a plus rien à faire.

    Quant au basque, il faut le sauver là où il se parle encore quotidiennement par la jeunesse.
    Le basque pourrait éventuellement servir de marqueur identitaire en Gascogne, comme gadget touristique en somme, généraliser sa connaissance est impossible, c’est une langue trop difficile, et quand on voit les difficultés des Basques d’Espagne à récupérer leur langue dans leurs villes comme Bilbao ou Saint-Sébastien, il n’y a aucune raison d’espérer quoi que ce soit en ce sens en Gascogne, pardon, dans le Sud-Ouest de la France.
    Il restera la typographie basque pour les logos de restaurants.

  • par Gerard S-G le 19 novembre 2012

    En attendant... amic Jorge, que’vs esperem tà las Hestas de Dacs qui vienen entà parlar e cantar enter "grabataris"(?).
    Si non m’engani pas, qu’atz d’abord a traversar l’Atlantic, non ?

Proposez un gran de sau !
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