Grande Gascogne ou petit Sud-Ouest. Histoire, géographie, langue, chant, architecture...

Les baïnes
par Tederic M. le 21 août 2012

("petite bassine" en gascon) nous dit "La Rép"
Va-t-il falloir se réjouir de leur existence parce qu’elles popularisent le gascon ?-)
Elles figurent dans un mini-lexique landais, plutôt de bon aloi d’ailleurs, du Conseil Général des Landes :
"Adishatz, Pastis, Feria, Bandas, Barthe, Baïne… ces mots landais vous intriguent"
http://tourismelandes.com/fr/1323/pages/d/le-bien-vivre/mots-gascons-landes-adishatz/page/0

Mais pour revenir à "baïne", j’ai toujours eu un doute sur sa prononciation : diphtongue "aï" comme "aïe-aïe-aïe" ou a-i bien séparés ?.
Il me semble qu’on l’entend prononcer plutôt a-i, et d’ailleurs quelqu’un l’a envoyé à Gasconha.com sous la forme "bahine".

Pourtant le "Tot en gascon" de P. Mora l’écrit sans tréma ("baina"), ce qui suggère en graphie alibertine une diphtongue.
Il dit aussi que c’est une petite "baia" (baie).
Ne serait-ce pas alors à l’origine un "baiina", le premier "i" venant de "baia" et le second du suffixe "ina" ?
Dans ce cas, on pourrait écrire "bayine" en franco-phonétique ?

Prumèr diccionari tot en gascon : lo de Pèir Morà !




  • par Vincent.P le 23 août 2012

    J’ai le même problème avec Baïse. J’ai toujours entendu Ba-ï-ze, et non Baÿze. Mais ce n’est pas une rivière béarnaise ... Comment dit-on dans le Gers ?

    Les attestations anciennes montrent qu’il y a eu chute du n intervocalique (cf les rivières Banise en France).
    Quel est le devenir phonétique du groupe a(n)i ?

    La rivière Bahus donne la solution en tout cas pour a(n)u : on a bien Ba-ü-ss et non pas Bawss.

  • par Lo Pèir le 23 août 2012

    A perpaus de la "Baïse" qu’avi tostemps audit (o pensat) : ba-i-ze ! dinc a qu’un gent de l’Albret e’m disossi "Baisa" (afrancesat en "Bayse").
    Qu’es pr’amor de ’quò que hens lo diccionari èi metut "Baina", per la famosa arressega de la premsa : "Baïne" pr’amor que n’èi pas audit jamès atau en gascon, e que’m semblava afranchimandit sos aquera fòrma.
    Damòra qu’èi enqüèra quauque dobte. E se un gascon deus peluts e’ns sabè trencar sus aquesta famosa : Baina/bajina, be’n serí urós.
    Lo dobte qu’èi, qu’es enter Baina (pr’amor "Baisa") et "Bajina" (petite baie), diminutiu de baia (baie).

  • par Tederic M. le 23 août 2012

    Jo, dens la familha (de Labrit / d’Albret) qu’èi totjorn entenut, en francés, "Bé-i-se" e pas "Ba-i-se".
    Sur le modèle de "pays", mais c’est peut-être l’orthographe française qui a déterminé cette prononciation, et il sera maintenant bien difficile de trouver une prononciation gasconne authentique.

    "bajina" (prononcé, donc, "bayine") me plait. Je le sens bien, et ça me parait compatible avec la prononciation française "baïne".
    Cela correspond à "baiina" (petita baia...) en évitant le double i.

  • Traduction ?
    par Landeche le 26 août 2012

    Je cherche la traduction de cette phrase trouvée dans une légende recueillie dans le Médoc :
    "Toujoun lou drey
    Camin sag-rey"
    pouvez vous m’aider ?


    Réponse de Gasconha.com :
    Totjorn lo dreit camin seguirei / Toujours le droit chemin je suivrai" ?
  • "baÿne" ou "ba-i-ne", le mystère demeure
    par Tederic M. le 31 juillet

    Wikipedia va dans le sens d’une graphie "baina" correspondant à la prononciation du Marensin :

    "Le mot « baïne » est d’origine gasconne. Il est mentionné « bayne - dépression parallèle au rivage » dans le dictionnaire de Simin Palay. Cette graphie correspond à la prononciation qui était en usage en Marensin jusque dans les années 1960 : [’bajn ?], et non [ba’in ?] comme actuellement.

    Ce mot pourrait venir du mot baja, graphié baye par P. Rectoran, ou baia, qui désigne une baie, auquel s’ajoute le suffixe diminutif -ina : bagina/baïna soit petite baie."

    Reste que cette prononciation cadre mal avec l’explication donnée parallèlement du suffixe -ina sur "baia".

  • Rapprochement avec le "bainu" basque ?
    par Tederic M. le 4 août

    Et personne n’a envisagé une racine latine "bain" mise à la sauce basque ?
    Pour une espèce de baignoire naturelle, ce serait envisageable, et le Marensin n’est pas loin du pays basque.
    "bain" se dit "bainu" en basque, avec donc cette diphtongue "ai".
    Il faudrait chercher d’autre cas d’évolution en "ain", en gascon, à partir d’une racine latine qui a "aneum" comme dans "baneum".

  • bainu/bañu
    par Vincent P. le 4 août

    Il semble néanmoins que ce que les Basques écrivent désormais bainu se prononce bañu, et que c’est pour eux la façon de se débarrasser de la tilde, trop espagnole.

    Je ne sais pas si cette graphie représentent un état ancien de la langue, probablement d’ailleurs, comme dans le suffixe -ain des toponymes navarrais, mais alors, je pense que le gascon aurait connu la même évolution que le basque et aurait quelque comme bagnou, accentué sur l’initiale, si l’étymon est bainu.

  • La Baye à Tarnos
    par Lo Pèir le 5 août

    Je découvre dans les plans de Tarnos, (à proximité de l’Adour, et de son ancien coude qui allait vers Capbreton, et donc de l’Océan), une avenue "de la Grande Baye", et une impasse "de la Baye". Dommage qu’il n’y est pas eu aussi la "petite Baye", ou "Bayine", qui aurait pu intéresser tout le monde.
    Néanmoins on attend des tarnosiens quelques éclaircissements au sujet de "baye"...parmi les locuteurs du gascon.
    Celà mettrait à mal ma proposition de "Baina", s’il s’avère que la fameuse "Baïne" du français est en réalité la bajine, mais si on approche de la vérité, j’en serais très heureux.

  • Nombreuses baynes/baÿnes
    par Tederic M. le 5 août

    Finalement, l’IGN donne pas mal de "Bayne", "La Bayne", et aussi "Baynette" (St Antonin - 32) et "les Baynottes" (Layrac - 47).
    Le "Bayne" le plus proche de l’océan est à Assat (Béarn) près du Gave de Pau, et le cadastre napoléonien donne "chemin de Baÿne".
    Les "Bayne" et dérivés forment une concentration du côté de la Lomagne, mais on en trouve aussi en domaine d’oc hors Gascogne.

    Finalement, cela, joint à l’affirmation de Wikipedia sur la prononciation ancienne en Marensin, me fait pencher pour la graphie "baina" en alibertin, correspondant à "baÿne", donc celle du "Tot en Gascon" (e non "Tot en Camon" !-)).
    Mais alors la racine "baia" ne tient plus guère, selon moi.

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