Grande Gascogne ou petit Sud-Ouest. Histoire, géographie, langue, chant, architecture...

Quelques réflexions autour de Julien Lescarret
par Gérard S-G le 2 septembre 2012

www.sudouest.fr/2012/08/25/I-approche-du-depart803351-727.ph.p
« je suis un Gascon,un Aquitain » dit Lescarret, « …né à Bordeaux ...élevé à Pissos, je vis depuis plusieurs années dans les Pyrénées atlantiques : je n’ai pas de port d’attache ; je me revendique comme un homme du Sud-ouest ».
Lescarret sent et dit ce que sentent et vivent beaucoup (la plupart peut-être) des habitants de nos régions :
Aquitain et Gascon sont à peu près synonymes, ce qui n’est pas le cas entre « midi-pyrénéen » et gascon …
Ce qui me fait de plus en plus penser que l’Aquitaine est un possible Piémont-Sardaigne (pacifique, plan segur !) pour la Gascogne, en quelque sorte.
Que pensent Gersois et Bigourdans d’un changement de rattachement régional ?
Je sais, il y a les habitudes prises depuis 60 ans mais l’inertie en cette matière n’est pas forcément définitive (cf la Loire atlantique).
Par ailleurs l’attachement exclusif, une vie durant, à un terroir de la taille d’un « pagus » romain, voire même d’un département, ne correspond plus à ce que vivent la majorité des Gascons : à garder constamment en tête quand on parle de langue, par exemple.
Enfin, Lescarret évoque plus loin la place de la culture taurine en Gascogne, au Pays Basque et au-delà sans doute dans une bonne part du domaine occitano-catalan :
« Saint-Sébastien, comme le Pays Basque, a un passé et une tradition taurine. Elle fait partie de la culture et c’est pour ça que je demande à tous les spectateurs de ma dernière corrida à Bayonne de venir coiffés d’un béret… A Mimizan (corrida du 25 août) je veux donner un côté gascon à la course, avec présence du sauteur landais Nicolas Vergonzanne »…

Je sais que la question taurine est appréciée diversement parmi les lecteurs et contributeurs de Gasconha.com.
Je voudrais simplement attirer l’attention sur le fait qu’il n’est pas si facile que ça de séparer les deux versants de la tradition taurine dans nos pays : la course landaise et la corrida à l’espagnole ; pour ma part je pense qu’elles font partie toutes deux de nos traditions gasconnes en ce début du XXIè siècle.




  • par Vincent P. le 2 septembre 2012

    Je suis pour ma part contre tout abandon des terres gasconnes de Haute-Garonne (bien 75% du département) et d’Ariège et reste persuadé que l’Aquitaine administrative est l’ennemie de la Gascogne, diluée dans une sorte de néo-guyennisme mauriacien.

    La seule solution passe par une collaboration d’Aquitaine et Midi-Pyrénées, puis à terme l’exfiltration des métropoles bordelaise et toulousaine de cet ensemble.

    Quant à la culture taurine version corrida, je suis circonspect : je n’ai rien contre, j’apprécie même ce qu’il y a autour (notamment la musique), elle s’inscrit bien dans une tradition vasconne du jeu avec les taurins mais il me semble quand même que tel que codifié, ce loisir exprime avant tout la culture du Sud de l’Espagne (Andalousie, Valence, Murcie, ...) et que les Catalans et les Basques ne s’y trompent pas quand ils s’en prennent à elle.

    Après, je trouve que c’est aussi ridicule que de s’en prendre aux hamburgers par haine de l’Amérique.
    Je préfère qu’émergent des modèles locaux concurrents inspirés des anciennes traditions plutôt que la censure.

  • par Tederic M. le 2 septembre 2012

    Je continue aussi à penser que ce qui bouffe maintenant la Gascogne, c’est le couple métropolitain Toulouse-Bordeaux, avec leurs deux régions respectives, qui sont en fait à leur service.
    Donc nous ne pourrons guère éviter une opposition frontale avec la région Aquitaine, le jour où nous serons assez forts pour que cette idée ne paraisse pas ridicule...
    Rappelons-nous que cette Aquitaine met dans le même sac le Périgord limousin et le pays basque... Son seul ciment, c’est Bordeaux.
    Je pense, dans le même ordre d’idée, qu’il ne faut pas considérer "les gersois" en bloc : à l’est d’Auch, les gersois sont maintenant dans l’aire urbaine de Toulouse.

    J’ai bien aimé le terme "exfiltration" utilisé par Vincent...

  • par GSG le 4 septembre 2012

    La réaction de Tederic et Vincent ne m’étonne pas.
    Elle présente une hypothèse possible encore que je ne crois guère à l’"exfiltration" de Bordeaux ou de Toulouse de leur cadre régional pour en faire des villes "Laender" à l’allemande (je m’en suis expliqué par le passé).
    Une autre hypothèse (plus ou moins crédible, je n’en sais rien) est bel et bien qu’une Aquitaine regasconnisée par l’entrée, si ces derniers le veulent bien, de la Bigorre et du Gers, ne finisse par ...exfiltrer le Périgord guyenno-limousin.
    L’irrédentisme gascon pourrait bien ensuite récupérer Comminges et Couserans, toujours si ceux-ci le souhaitent.
    Il serait intéressant de voir quelques lecteurs "midi-pyrénéens" de gasconha.com s’exprimer à ce sujet !

  • par Vincent P. le 4 septembre 2012

    En l’état de l’absorption d’Auch et Tarbes dans le réseau de villes-relais de Toulouse, je ne vois absolument pas quelles conditions socio-économiques autoriseraient aujourd’hui une annexion du Gers et des Hautes-Pyrénées à l’Aquitaine administrative.
    Le projet Balladur était très clair, si l’on doit annexer des départements à la région de Bordeaux, ce seront les Charentes.

    Avant l’A64, il était encore possible de dire que Tarbes regardait plus vers Bordeaux que vers Toulouse, mais la donne a changé, le nombre de Bigourdans installés à Toulouse est important et conséquent. Au demeurant, Bordeaux vient de sauver Pau avec l’A65 ...

    Quant à Auch, c’est une heure de route depuis Toulouse, quand la nationale sera doublée, ce sera moins d’une heure, tout l’Est du Gers est dans la zone d’influence de Toulouse (il suffit d’aller à Lombez par exemple qui incarne assez bien ce boom démographique induit par la proximité de Toulouse).

    Je ne crois pas vraiment à l’exfiltration de Bordeaux et Toulouse, car on ne peut pas lutter contre la réalité métropolitaine, mais je crois que c’est la seule solution pour faire en sorte d’acter le fait que ces villes ont désormais une destinée qui passe outre le petit Sud-Ouest gascon, ce qui a toujours été vrai pour Toulouse, l’était un peu moins tant que Bordeaux n’était qu’un port.

    Au demeurant, je pense qu’il ne faut pas sous-estimer l’autre ennemi de la Gascogne avec l’occitanisme midi-pyrénéen : c’est le néo-guyennisme qui ne dit pas son nom nostalgique de la grande Aquitaine artificielle jusqu’à la Loire, la région Aquitaine axe nettement sa communication sur le Périgord, la Gascogne n’est là que pour la plage.

  • par GSG le 19 septembre 2012

    J’ai plusieurs fois repensé ces jours derniers au dernier message de Vincent.
    Seul son segond point, concernant l’attraction de Toulouse sur l’est du Gers, me parait réellement fondé (cf par ailleurs sur un autre fil de discussion plus récent, ses regrets d’abandonner l’est gersois à Midi Pyrénées).
    Pour le reste, il s’agit de projets et de perceptions de politiciens locaux (également nationaux d’ailleurs).
    Dans le cas du projet Balladur de 2009, qui a tellement varié tout au long de fuites savamment entretenues, qu’on ne sait trop ce qu’en fut la version définitive, il est surtout clair que le but recherché était de faire sauter la région Poitou Charentes (et sans doute éjecter ainsi l’encombrante présidente de son siège) ; je ne crois pas que l’opinion charentaise se soit sentie concernée (ni consultée !) soit par le projet d’éclatement entre Limousin et Aquitaine soit par la fusion avec celle-ci, prônée par MM Raffarin et Bussereau.
    Quant à la communication du CR d’Aquitaine centré sur le Périgord, bien que ne la vivant pas au quotidien, je ne la repère pas particulièrement.
    Mais qu’importe d’ailleurs : c’est le choix, si ça se confirme, d’une poignée de bureaucrates bordelais et ne dit rien du souhait des populations, si elles en ont un .
    Mais par ailleurs, je ne vois toujours pas de contributeurs "est-gascons se manifester sur ces thèmes : qu’es de dou har !


    Réponse de Gasconha.com :
    Nous avons peut-être un contributeur est-gascon en la personne de "Desman".
  • par Vincent P. le 19 septembre 2012

    A l’époque, j’ai longuement arpenté le net et les habitants des Charentes semblaient largement favorables au rattachement à l’Aquitaine, d’une part parce qu’ils vont faire les courses du week-end à Bordeaux (le phénomène Ikea), d’autre part parce que les Charentais se sentent du "Sud-Ouest", au sens du Sud-Ouest français, du journal Sud-Ouest aussi.

    Il suffit de demander à Eric Nowak, le spécialiste du gabay, les difficultés qu’il rencontrer à faire prendre conscience aux Charentais qu’ils sont partie prenante d’un espace plus vaste sis entre bassin aquitain et bassin parisien : le sécessionnisme charentais n’est pas sans lien avec la sensation des Charentais qu’ils ne sont pas des gens de l’Ouest.

    On peut imaginer qu’il reste quelque chose peut-être d’un ancien passé d’avant l’oïlisation, à mon sens, c’est plutôt une construction du 19ème siècle, du chemin de fer qui a orienté profondément les Charentes sur Bordeaux, ce qu’au demeurant elles étaient déjà depuis longtemps sous le nom de Saintonge et d’Angoumois (étendue de l’architecture saintongeaise, mouvements gavaches, a contrario extension de l’architecture bordelaise, ...).

Proposez un gran de sau !
Titre :

Commentaire :

Votre adresse e-mail (ne sera pas publiée) :

Votre nom :


VIELH

Le drapeau de la Gascogne