Grande Gascogne ou petit Sud-Ouest. Histoire, géographie, langue, chant, architecture...

Au temps des Gaulois : L’Aquitaine avant César
par Vincent P. le 20 octobre 2012

http://www.amazon.fr/Au-temps-Gaulois-LAquitaine-avant/dp/287772512X/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1350732888&sr=8-1

Livre intéressant sur les Gaulois d’Aquitaine : on apprend plus notamment que l’antiquité de Bordeaux est très mal connue.

Ce que l’on sait de Bordeaux, c’est que jusqu’au Vème avant JC, les objets trouvés sur le site de Burdigala sont apparentés à l’art aquitain méridional, notamment aux Pyrénées.

C’est à partir du IVème siècle avant JC que l’on voit apparaître l’art celtique, dont on peut reconstruire qu’il est d’origine santonne. Il semble assez clair aujourd’hui que ce peuple celtique à une certaine époque, a contrôlé l’estuaire de la Gironde.
Comme quoi, les phénomènes migratoires "gavaches" ne sont que la suite de mouvements millénaires.

Quid des Bituriges ? Ils n’apparaissent qu’au Ier siècle après JC ! En fait, il est aujourd’hui admis que Rome aurait fixé cette peuplade du Berry moderne sur l’estuaire, dans le but de casser la domination des Santons.
Il faut rappeler que la guerre des Gaules a eu pour origine la volonté de peuplades helvètes de venir coloniser l’Atlantique. L’installation des Bituriges correspond à une accroissement de la population notable que l’archéologie de l’ancienne Burdigala tend à corroborer.

Dans tous les cas, on voit bien que cette Gascogne septentrionale a été au croisement de nombreuses migrations et d’influences étrangères dès les origines. Ce qui pose la question de la genèse du parler roman gascon en ces terres.




  • par PJM le 24 octobre 2012

    L’Aquitaine est l’un des grands seuils européens, pas ce cul-de-sac que veut en faire la logique administrative française (c’est une quasi-maladie).

    Relativement peu touchés par le courant néolithique côtier, l’intérieur des terres et les Pyrénées ont dû conserver longtemps le mode de vie des chasseurs et cueilleurs, et leur(s) langue(s).
    Les porteurs du Campaniforme et les Celtes qui les ont suivis (voire se sont développés à partir d’eux sur la façade atlantique beaucoup plus tôt qu’on ne le croyait), ont laissé des traces en Gascogne, y apportant des innovations culturelles et des toponymes, sans effacer les autochtones.

    Un fait qui va dans ce sens : Michel Lejeune considère comme un "aquitanisme" l’évolution en /au/ de la diphtongue (celtique) /ou/ de ô :
    En vx-Ct. ’tewtâ > toutâ’ "peuple, communauté", mais en Aquitaine -au, /aw/. (Je n’ai pas retrouvé la référence.)
    Effet de la langue indigène possible.

    Le nom de ’gaulois’ est toujours très en faveur dans l’Hexagone et fait même un retour dans les expositions et les catalogues. Incapacité française à prendre la "Gaule" pour ce qu’elle fut : une partie du monde ’celtique’ continental qui couvrait les deux tiers de l’Europe.
    Pourtant : aucun rapport étymologique entre ’Gallia’, mot celtique, et ’gaulois’, adjectif roman d’oïl (de l’Est), issu d’un germanique *walhisk (lui-même emprunté au celtique Volc-) pour désigner les étrangers d’autres langues, et notamment les Gallo-romains. D’où "Welch, Wallon, Valaque, Vlakhi, welsh", etc.

    Nous espérons encore d’une archéologie celtique et gallo-romaines qui auraient plus de moyens à leur disposition.

  • par G S-G le 25 octobre 2012

    Dans le magazine "Archeologia" d’octobre, un article de Stéphane Pidda "L’Aquitaine des Gaulois, le Grand Sud-Ouest avant César" commente l’exposition du Musée d’Aquitaine à Bordeaux appelée, elle, "Au temps des Gaulois, l’Aquitaine avant César" (jusqu’au 13/3/2013, nous avons tous le temps de la voir !).
    L’article est intéressant bien sûr et l’exposition sans doute aussi mais il surfe en permanence sur les ambiguités, sa tonalité d’ensemble faisant des Aquitains des Gaulois et jouant sur la définition même de l’Aquitaine entre celle d’aujourd’hui, qui englobe des territoires au nord de la Garonne donc issus de populations autrefois gauloises, celle du temps d’Auguste (jamais nommé puisqu’on parle du temps de César) qui englobait Aquitaine première, seconde et Novempopulanie (l’ensemble allant jusqu’à Bourges,terre bien gauloise !) et enfin, l’Aquitaine de César.
    Là l’auteur oublie que la phrase célèbre des Commentaires de celui-ci précisait que "Garumna flumen Gallos ab Aquitanis dividit" c’est à dire qu’il y avait bien deux peuples différents des deux côtés (en gros) de la Garonne.
    Au lieu de celà, l’article écrit d’entrée que "l’Aquitaine était une des trois Gaules telles que définies par César, avec la Celtique et la Belgique"(d’accord pour ces deux là mais je crois bien que la troisième était la "Gaule narbonnaise" et sûrement pas l’Aquitaine.
    Bref cela sent un peu au tour de passe-passe, volontaire ou pas.
    Espérons que les objets de l’expo et ses explications de texte rachètent ces curieuses approximation !

  • Couches migratoires du peuplement de l’Europe occidentale
    par Vincent P. le 29 octobre 2012

    Article que j’ai écrit en anglais avec commentaire en français :

    http://anthroeurope.blogspot.fr/2012/10/dienekes-globe10-calculator-my-results.html

    Mon génome est grosso-modo constitué de 3 couches migratoires, qui illustrent assez bien l’histoire du peuplement de l’Europe occidentale :



    - 76% "Atlantic-Baltic" : c’est ce qui reste de la variabilité génétique des chasseurs-cueilleurs du Paléolithique supérieur pour lesquels cette composante constituait près de 100% de leur variation génétique, comme par exemple le montrent les restes du Mésolithique trouvés dans la grotte de La Braña dans la province de León.

    Les populations baltes sont les populations européennes qui sont restées les plus isolées des migrations ultérieures : c’est donc chez elles que cette composante est la plus importante (jusqu’à 85%).



    - 21% "Southern" : cette composante était absente des chasseurs-cueilleurs, elle se trouve présente par la suite parmi leurs descendants du Néolithique débutant (par exemple, les restes de Gok4, l’agricultrice du Néolithique en Suède méridionale) et elle est aujourd’hui concentrée en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

    C’est donc là la trace des migrations des premiers agriculteurs en provenance du Moyen-Orient, qui ont donc touché jusqu’aux populations du Pays Basque actuel qui montrent à cet égard un "métissage" de l’ordre de 21-24%.

    Les populations les moins touchées par ces migrations sont donc les populations du Nord de l’Europe (cf le tableau type Excel dans l’article).



    - 1% "West Asian" : cette composante, d’origine irano-caucasienne très probablement, est ce qui distingue les Basques (ainsi que les populations sur substrat basque dont je suis une illustration) et les Sardes des autres populations européennes ; elle est probablement liée à la diffusion des langues indo-européennes lors de l’Âge de Bronze.

    Les Basques montrent 0% de métissage "West Asian" alors que les Français presque 9%, les Espagnols en moyenne 6% (c’est assez variable : presque 10% dans les Baléares mais seulement 4% en Cantabrie). Les habitants de Sardaigne ont été peu affectés par cette dernière vague migratoire (2%) ce qui confirme leur caractère "vieil-européen" commun avec les Basques (déjà corroboré par la toponymie pré-indo-européenne sarde).


    Il semble dès lors raisonnable de dater l’ethnogenèse "vasconne" des migrations indo-européennes qui n’ont donc pas touché les populations basques. Avant cette date, les populations basques étaient comme le gros des Européens, un métissage de chasseurs-cueilleurs du Paléolithique supérieur et d’agriculteurs du Néolithique.

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