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Navèth nom !

 

Queyran

Gascogne médiane

Sainte-Marthe

Mimaud / Mimaut

En "normalizat" :

Mimaut
Adaptation probable du NP poitevin Mimaud, devait être prononcé (...)

Suu pradàs, ua bòrda beroiassa !

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J’aurais aimé faire le doublet habituel borde vasconne / nom gascon, mais Mimaut, attesté anciennement sur place, et aussi comme nom de famille, semble d’origine poitevine.
Il a pu cependant - on aimerait le savoir - être prononcé à la gasconne, "Mimàwt".

prepausat per Tederic Merger



Grans de sau

  • On trouve Mimaut à Cestas (33) mais il ne paraît pas sur la carte d’État-Major du 19ème siècle, laissant penser que le toponyme est récent, probablement formé sur un nom de famille, probablement le même attesté en Lot-et-Garonne.

    Geopatronyme montre nettement l’ancrage du patronyme Mimaut, localisé rive gauche de la Garonne dans le Lot-et-Garonne moderne.

    L’on trouve donc le lieu-dit Mimaud à Sainte-Marthe (47), en illustration, qui doit en être la variante, et peut-être la forme originelle, car dans ce cas, en effet, Mimaud semble être un patronyme poitevin d’entre Loire et Gironde, dont l’on constate comme un foyer annexe toujours rive gauche de la Garonne autour du Mas-d’Agenais.

    Les indices semblent donc assez concordants pour y voir un vieux patronyme de migrant poitevin, ce qui n’est pas chose rare dans ce secteur. Maintenant, la migration a des siècles derrière elle, probablement du fait d’un seul migrant d’ailleurs qui a fait souche (le patronyme reste concentré autour de Caumont et du Mas-d’Agenais), elle a eu lieu dans un secteur qui a toujours été très gasconophone, de telle sorte qu’il fait peu de doute que l’on prononçait "Mimàwt".

    Ce qui pose la question, par ailleurs, de savoir comment les migrants prononçaient la diphtongue dans leur patronyme : comment cela se fait-il que les Gascons adaptaient -eau en -éou et -aud en -àwt si les migrants prononçaient comme en français moderne -ô ? C’est que la diphtongue, à cette époque, devait encore avoir lieu, en français de l’époque, comme dans le poitevin-saintongeais natal de ces migrants.

    Mais plus que la diphtongue, quid du -d final, refait -t ? Lui devait pourtant être muet depuis longtemps en français comme en oïl local d’entre Loire et Gironde : l’influence de l’écrit ? La réfection sur d’autres termes type Arnaud/Arnàwt ?

    NB : Pour toutes ces raisons, je pense que l’on peut créer un nom normalisé Mimaut, qui indique "Adaptation probable du NP poitevin Mimaud, devait être prononcé Mimàwt".

    [Hèit !
    Tederic]

  • Geneanet donne une Judith Mimaut à Montpouillan vers 1620-1640, ce qui fait déjà remonter jusque là pour l’implantation des Mimaut ou Mimaud au sud de Marmande.
    Il est possible, comme le dit Vincent, qu’à cette époque la diphtongue de au ait encore eu lieu en poitevin-saintongeais, et donc que le gascon n’ait pas eu de mal à apprivoiser ce nom.
    Même question que Vincent pour le d final...

    Je vois par Geneanet des Mimaud avant 1600 avec la mention "protestants" à La Rochelle et Ruffec.
    Une hypothèse : que l’immigration d’un Mimaud au sud de Marmande soit liée au réseau protestant qui avait des places fortes aussi dans ces terres garonnaises...

  • J’ai été impressionné par cette maison qui est bien conservée et comme congelée, en exposition, seule sur un plateau bocager (peut-être une nauze*, un espace humide), sans bâtiment plus récent qui lui ferait ombrage.
    Il n’y a que le puits... et un poteau électrique qui montre qu’elle a été habitée au 20e siècle.
    Je remarque aussi qu’elle n’a pas de tuiles canal ; ça, c’est rare pour ce genre de maisons, et ça montre que la couverture a été refaite, aussi au 20e siècle probablement.
    Heureusement, c’est la seule chose qui ait été touchée à l’époque moderne : le petit appentis devant à gauche de la maison figure déjà, il me semble, sur le cadastre napoléonien !

    La vie s’est arrêtée ici brusquement, comme terrassée par les "trente glorieuses".

    * Derrière Mimaud, sur le même plateau maintenant herbeux, la carte d’état major donne "Lanauze", et il y a d’ailleurs toujours un château du même nom.

  • A noter que Judith est un prénom biblique on ne peut plus usité par la communauté protestante, donc cela se tient : on a là une marque probable d’une migration individuelle d’un protestant du Poitou ou de l’Aunis vers des terres garonnaises acquises à "l’hérésie".

    Quant à la maison, elle est magnifique, par elle-même, par son isolement, par son absence de restaurations lors des Trente Glorieuses (ciment et compagnie) : c’est là un bien qui mériterait un rachat par une collectivité territoriale pour la conserver sous forme d’un petit musée ethnologique, qui serait une sortie privilégiée des classes des alentours !

    Je rêve un peu, mais je crois que le destin du bâti ancien encore beau, quand il ne peut faire l’objet d’un rachat privé par quelqu’un qui a l’argent de l’entretenir, doit changer de vocation. Le public, avec appel à contribution du privé, pourrait y participer.

  • Pour l’instant, c’est le château de Lanauze, qui est derrière, qui est inscrit aux Monuments Historiques.
    Je me demande si Mimaud n’a pas fait partie de son domaine.
    Heureusement que Gasconha.com est là pour montrer le patrimoine populaire ! Ce n’est curieusement pas si populaire de s’y intéresser.

    Il n’y a pas que les trente glorieuses qui ont gâché ces maisons vasconnes : au cours de mes explorations du côté de Sainte Marthe, j’ai vu que nombre d’entre elles sont endommagées esthétiquement par des aménagements récents.
    Parfois, c’est seulement une clôture et un portail inadéquat, parfois c’est l’emban lui-même qui est gâché par de nouvelles huisseries hors contexte, en PVC etc.
    Parfois c’est un désastre complet.

    De plus, il me semble que la proximité de l’échangeur d’autoroute de Samazan-Marmande, et la proximité de Marmande, ont amené dans ces maisons une population péri-urbaine, très souvent munie de chiens méchants, et donc (d’un côté c’est préférable) enfermée dans des barrières ou des murs hérmétiques et derrière des portails automatiques qui sont à l’opposé de l’esprit airial.

    J’ai pour principe de montrer plutôt ce qui est bien que ce qui est mal. Il se peut cependant que je montre quelques cas discutables, tout en restant courtois...


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