Toulouse a beaucoup de défauts, mais cela reste une grande ville, et toute grande ville a l’avantage de son défaut, c’est que cela peut être laid, sale, tout ce qu’on veut, cela reste vaste et d’ampleur.
Bilbao est une ville très laide par exemple mais elle vibre par sa taille.
Pour ce qui est de Pau, le malheur de la ville est d’avoir été. Car Pau a été quelque chose à une époque. Une ville coquette et pyrénéenne. On ne peut pas nier qu’il y a un problème avec les municipalités de gauche pour ce qui est de la propreté et de l’esthétique de manière générale.
Au demeurant je suis de gauche.
Il y a comme une volonté chez certaines municipalités de tout niveler par le bas, la haine du goût bourgeois je crois.
Autrefois, les valeurs fonctionnaient dans l’autre sens : le paysan se faisait construire son pavillon en imitant les maisons balnéaires des familles friquées.
Aujourd’hui, les municipalités vont jusqu’à bousiller les quartiers bourgeois pour faire du populo.
C’est de la démagogie, et une conception de la société, au fond très jacobine, on imagine que l’action publique peut tout, qu’elle change le monde.
Moi je la crois contrainte par les grands mouvements de fond économiques sur lesquels elle n’a aucune prise.
Enfin pour ce qui est du Béarn, oui, cette province se prend pour autre chose, car elle a été elle aussi.
Il va falloir que nous-autres Béarnais cessions de vivre dans un passé fantasmé et que nous regardions en face le retard pris sur les voisins basques.
Hier, à peine suis-je rentré en Béarn depuis la Soule, que je n’ai vu que chaos pavillonnaire, laideur des paysages, aménagement urbain déplorable, déliquescence totale de la culture locale en fait. Des hangars, des lotissements, ... Mais on a eu ce débat ailleurs ...