Grande Gascogne ou petit Sud-Ouest. Histoire, géographie, langue, chant, architecture...

Eymet
Eymet

Eymet / Eimet

Commune hors-Gascogne, en Périgord, à la limite de l’Agenais, dont la commune a pu relever à d’autres époques, en Guyenne en tout cas.

Je propose le lieu pour la photo de la place centrale avec notamment cette maison avec colombages qui me fait diablement penser aux maisons béarnaises type Couloumère, et constitue probablement un type autrefois répandu dans les campagnes dont les maisons classiques bordelaises ou périgourdines (qui se font concurrence) ont probablement pris la suite.

prepausat per Vincent.P


  • par Vincent.P le 2 août 2012

    Je dis qu’Eymet a probablement relevé de l’Agenais car le Dropt est agenais dans tout son parcours, sauf à cet endroit.

    Enfin bon, tout cela a peu d’intérêt, la vérité c’est qu’il n’y a pas de frontière entre Agenais et Périgord, ce sont les mêmes paysages, les mêmes parlers, les mêmes gens.

    J’avais vu un reportage sur le marché d’Eymet il y a quelques années, les habitants regrettaient que l’on ne parle plus "gascon". Preuve de l’usage assez étrange de ce terme en Guyenne, probablement par l’entremise du français qui voulait que Jasmin parle gascon.

    Eymet n’est pas très loin des terres gasconnes de Duras.
    La toponymie est cependant bien guyennaise : chute du n final (Bretou, Baillou, Carreyrou), suffixe -ière/a (Galinière), maintien du l final (Berbol, Titel, Cluzel, Montauzel, ...).

    Des toponymes plus mystérieux : "Les Bourbennes" semble montrer que l en contact avec b s’est rhotacisé (ce devrait être "boulbenne").

    "La Pourcaud", qui doit être "La Porcau", semble montrer une possible vocalisation de l final comme en gascon (en limousin, ce serait Pourchau, en guyennais, plutôt Pourcal). Idem Sauban (on attendrait Salban).

    On trouve un lieu-dit Lanusse, purement gascon, dont je pense qu’il atteste du repeuplement de la zone par des migrants (on sait qu’une partie de l’Agenais a été repeuplé au Moyen-Âge par des migrants gavaches mais aussi gascons, notamment béarnais, c’est le cas de la ville d’Agen).

  • par Tederic M. le 2 août 2012

    A la transhumance estivale que nous faisions, avec mes parents, jadis, entre Champagne et Gascogne, nous passions par Eymet, au début (après, on a pris l’itinéraire bis qui nous faisait passer par Sainte Foy la Grande).
    Ma mère prononçait "Eÿmét" en faisant entendre le "t" final, et j’étais persuadé comme elle que c’était la prononciation autochtone.
    Je pense d’ailleurs que ma mère, dans son affirmation gasconne (qui a quand même pour conséquence lointaine que je fais Gasconha.com), aurait été intraitable à ce sujet...
    Mais Eymet n’est pas en Gascogne, et "Eymet" ne se prononce pas "Eÿmét", mais peut-être même "Èmé" (à confirmer), et sans qu’une francisation récente en soit la cause (à discuter aussi).
    Longtemps après avoir découvert l’Occitanie, puis la Gascogne, j’ai découvert la Guyenne ! Mais où sont les guyennistes ?

  • par Vincent.P le 2 août 2012

    La Guyenne a subi de plein fouet les modernisations du 19ème siècle (l’exemple de Fumel), puis les migrations du 20ème, Dardy le dit bien dans son introduction, la francisation a joué très fort, plus que sur le plateau landais dont relève l’Albret.

    Bien vu sinon Tederic, les sonorités limousines du guyennais n’ont pas de secret pour toi :

    http://communes-oc.cg24.fr/cantons/eymet/EYMET.htm

  • par Vincent.P le 2 août 2012

    Sinon, je ne vois pas pour quelle raison les occitanistes écrivent "Aimet" pour ce qui est prononcé
    [ɛj’me].
    On sait qu’en limousin et en guyennais, l’opposition entre e fermé et e ouvert n’est pas efficiente (ce qui rend le limousin difficile à graphier ... et les leçons de morale occitanistes sur la distinction é/è inapplicables).

  • par Gaby le 3 août 2012

    Mais où sont les guyennistes ?

    Je le serais volontiers !

    J’ai des ancêtres du Pays Foyen et de la région de Vélines. Sans compter, bien sûr, que je viens moi-même de la Guyenne gasconne comme vous savez.

  • par Vincent.P le 3 août 2012

    Le problème en Guyenne, c’est l’absence totale de substrat identitaire un peu vivace.
    Il n’y a même plus d’accent à Bergerac par exemple.
    C’est l’atonie profonde, que ce soit à Villeneuve-sur-Lot ou à Sarlat. Pire, la Guyenne est l’image de la France rurale éternelle de nos jours.

    La Gascogne a la chance d’un certain exotisme encore un peu présent.

  • par Vincent P. le 5 août 2012

    La parabole de l’enfant prodigue du village de Douzains (47) ne doit pas être loin du parler d’Eymet :

    http://fedora.tge-adonis.fr:8090/fedora/get/CRDO-Paris:144845/DEPOT_47-DOUZAINS_22km.wav

    On constate que les consonnes finales (s,t, ...) sont systématiquement éludées. Par contre, il y a des palatisations sh comme en gascon. La forme "vòste" aussi. j est prononcé z à la limousine.

    A mon sens, le guyennais est un vrai espace de transition entre gascon, limousin et languedocien, une grande zone d’interférence.

  • par D.Séré le 10 février 2013

    Vincent a écrit :

    "A mon sens, le guyennais est un vrai espace de transition entre gascon, limousin et languedocien, une grande zone d’interférence."

    Une meilleure définition serait difficile à formuler. Bravo, Vincent.
    Cela dit, j’en suis à me demander ce qui, au sein de l’espace linguistique roman dans son intégralité, ne constitue pas une zone interférentielle plus ou moins étendue.

  • par D.Séré le 10 février 2013

    Vincent a écrit : "Sinon, je ne vois pas pour quelle raison les occitanistes écrivent "Aimet" pour ce qui est prononcé
    [ɛj’me].
    On sait qu’en limousin et en guyennais, l’opposition entre e fermé et e ouvert n’est pas efficiente (ce qui rend le limousin difficile à graphier ... et les leçons de morale occitanistes sur la distinction é/è inapplicables."

    Je peux comprendre que les occitanistes écrivent "Aimet" au lieu d’"Eimet" à cause de l’alternance phonétique [aj-/ɛj-] qui affecte la diphtongue "ai", selon que la syllabe qui la porte est tonique ou atone.
    Cette caractéristique se retrouve plus ou moins sporadiquement dans tous les parlers d’oc.
    Elle est même d’un emploi très courant en provençal et en nord-occitan, et également courant quoique peut-être moins systématique et plus ou moins lexicalisé en guyennais et en nord-gascon garonnais.
    C’est un phénomène analogue à l’alternance [aw/ow] de la diphtongue "au".
    Quant à l’opposition [e/ɛ], elle n’est pas non plus très efficiente en nord-gascon garonnais où des mots comme "eu" (oeuf), "beu" (boeuf) ont un e plutôt fermé, tandis que "nèu" (nouveau) a un e plutôt ouvert alors que la diphtongue de ces trois mots provient du même &#335 ; latin.
    Un vrai casse-tête (un de plus) pour une transcription "crédible" en graphie classique...

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