Le dernier état de la langue d’Agen montrait clairement des traits interférentiels gascons qui ne peuvent s’expliquer que par des relations matrimoniales et ethniques, en tout cas un contact intense avec la rive proprement gasconne de l’Agenais.
Le cas d’Agen est à ce titre semblable à celui de Toulouse, même si un peu distinct (Agen n’a apparemment jamais rayonné sur une vaste zone comme Toulouse a pu le faire sur toute la Gascogne de l’Ouest).
Une grande étude sur le peuplement de la ville du Moyen-Âge jusqu’à l’époque moderne devrait être menée.
Au demeurant, le toponyme Aginnum est celte (cf Agen d’Aveyron), ce qui n’a rien d’étonnant en Agenais, gascon comme guyennais.
De nos jours, de toute façon, il serait complètement factice de proposer un projet gascon sans réfléchir à la place d’Agen.
On ne peut pas pour la peine exfiltrer cette ville comme Bordeaux ou Toulouse : Agen est partie prenante du réseau de villes moyennes de la vallée de la Garonne autour duquel on peut peut-être recréer quelque chose de plus local.
Je ne fais pas vraiment de différence entre Marmande ou Agen par exemple.
Mon opinion sur Agen est largement positive, je trouve que c’est une ville assez jolie, peu mise en valeur mais largement agréable, fonctionnelle. Le quartier de l’Ermitage en bord du Canal des Deux Mers est très sympathique, tout comme le sont les faubourgs qui ne se distinguent en rien de ceux des villes proprement gasconnes comme Dax ou Mont-de-Marsan (des vasconnes, ...).
Surtout, quand j’ai pris cette photo depuis l’Ermitage, outre que je me suis dit que la ville avait fière allure (en face, les coteaux, c’est la Gascogne proprement dite), j’ai surtout constaté que débutait là une vallée de la Garonne bordelaise. Toulouse s’évanouit.