Lòcs (toponymie, paysage...) de Saint-Ciers-de-Canesse

Bourgeais, Cubzaguais, Fronsadais Pays gabaye

Saint-Ciers-de-Canesse

Lescat

Palay indique qu’en Médoc (ce qui signifie Bordelais, en fait), escat signifie écaille. Difficile de savoir ce qu’il en est dans ce cas d’espèce. Ce qui est assuré, c’est que l’on trouve "Les Lescats" à Vendays (33), et Lescat, homonyme exact donc, à Auch (32).

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Plétane

"Pletanne" sur la carte d’état-major, et quelque chose d’illisible chez Cassini, peut être quelque chose comme "Pelletau", "Pelletane" chez Belleyme.

Pelletane est un patronyme que l’on trouve à date reculée en Limousin, autour d’Ussel (19). On le retrouve également sur les bords de la Dordogne, entre Bordelais, Agenais et Périgord, avec le Pays Foyen comme épicentre.

Alors, trace de migration limousine ? C’est possible. On pense aussi au patronyme Pelletan, très fréquent dans cette zone, et de possible souche poitevine. On peut toujours envisager une formation locale. Dans tous les cas, limousine, poitevine ou nord-gasconne, on doit être face à un dériver de "peler". Reste à élucider "tan". Est-ce tout simplement l’écorce du cuir ?

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Repimplet

Palay indique dans son dictionnaire repimpéte "femme coquette, en style badin, corruption plaisante de redingote", sans localiser le terme précisément.

Ce lieu-dit Repimplet tourne-t-il autour de la même racine, quasi onomatopéique, si l’on comprend bien ? On ne lui trouve aucun équivalent en toponymie, dans tous les cas.

Et même si une explication oïlique pourrait être cherchée, il n’en reste pas moins que le toponyme a des sonorités plutôt gasconnes, d’autant que les maisons avoisinantes ont également des noms gascons : La Grave, Castanet, Buscateau, ...

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Picapau

en graphie alibertine :

Picapau

pau / poteau, pieu

Prononcer "paou" (ou "aou" est une diphtongue).
diminutif : palòt

picar / couper

Prononcer "picà".
Semble avoir été beaucoup utilisé pour "couper des végétaux" :
picar aubres : couper des arbres
picar toja : couper de la "touye"

Le mot semble être passé au basque, avec le même sens ("pikatu" - mais le basque a aussi "trenkatu").

La maison Picapau n’est pas visible depuis la route, il faudrait être invité pour la prendre en photo, alors va pour le portail d’entrée !

Nous avons discuté, déjà, de ce nom Picapau, dans une conversation sur les toponymes gascons du Nord-Gironde oïlisé.

Il ne peut s’agir d’autre chose que d’un toponyme gascon, proche parent de Phiquepal, présent sur Gasconha.com : pica "martèle" + pau "pieu".


Phiquepal

Reste la question du toponyme de Haute-Saintonge "La Piquepauderie". La formation en -erie montre déjà que cela peut signifier "chez la famille Piquepau(d)". Il y a des familles agenaises du nom de Piquepau (on retrouverait cette tendance à introduire un -d- non-étymologique pour dériver) : une migration vers la Saintonge ?

Dans tous les cas, la Haute-Saintonge a perdu l’usage de l’oc très tardivement, le parler d’oïl de cette contrée a pu connaître des mots également connus en limousin périgourdin ou en nord-gascon. Un spécialiste du monde gabay (car La Clotte en relève) saurait nous dire.

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Les Sclaponniers

Il est assez évident que nous avons là un toponyme gascon déformé, ce qui n’a rien de surprenant dans cette zone frontalière. C’est évident, car le groupe scl- à l’initiale est impossible en oïl. On a fatalement une mécoupure de quelque chose qui doit être L’Esclaponier. En oïl, escl- donne ecl-. Donc, c’est bel et bien un toponyme gascon.

Reste à l’élucider, tant il est déformé. La carte d’état-major indique "Sclaponiers", sans article, et Cassini ... "Lesclapon" ! Que s’est-il passé ?

Il faut comprendre l’apparition d’un suffixe d’abord : pourquoi le lieu-dit "Lesclapon" est-il devenu "Les Esclaponniers" ? On peut supposer que les gens prirent l’habitude de nommer ce lieu-dit en fonction de ces habitants, "ceux de Lesclapon", d’où apparition du suffixe. On peut supposer aussi que Cassini a omis le suffixe, par erreur.

Quelles sources pour élucider le toponyme ? Si la forme de base est L’Esclapon, il convient de trouver le sens de ce mot, que l’on retrouve en toponymie en Provence, et qui doit être un dérivé du verbe esclapar "écraser".

Il est possible que la forme de base ait été L’Esclaponèir (ou Los Esclaponèirs), l’on tourne autour des mêmes interrogations, sauf que l’on a là, peut-être, un nom de métier. Bref, c’est très difficile à dire sans une connaissance pointue du nord-gascon, et de son vocabulaire technique, peu présent dans les dictionnaires de référence à ma disposition.

Dans tous les cas, remarquons combien un toponyme immanquablement gascon a pu revêtir un aspect simili-d’oïl, par déformation.

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Le Brandar

en graphie alibertine :

(lo) Brandar
"Brandar", qui se prononce "Brandà", est la forme nord-gasconne (...)

brana / brande

Prononcer entre "brane" et "brano".
branda (prononcer "brande") existe aussi en Gironde.
dérivés :
branar (prononcer "branà") : lòc plantat de brana
abranon : petite bruyère

"brana" existe aussi en basque.
branèira (prononcer "branèÿre") est probablement un synonyme de "branar".

Il y a incertitude sur ce toponyme, en une zone aux implantations d’oïl importantes.

 Ou bien il s’agit d’une forme archaïque, avec maintien du -r final du suffixe botanique -ar (prononcé -a) : on trouve "Branda" à La Lande-de-Fronsac (33), qui est une forme "moderne", et évidemment, en Gascogne plus méridionale, les innombrables "Brana", avec simplification -nd- > -n-.

 Ou bien c’est un parent des toponymes saintongeais "Le Brandard", qui semblent faire état de l’utilisation du suffixe péjoratif que l’on retrouve dans de nombreuses langues romane.

Alors ? Fossile nord-gascon ou toponyme d’oïl ?

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Tioudat

Dans une commune aux implantations gavaches importantes, a priori, ce toponyme sonne totalement gascon, mais je ne trouve aucune référence pour ce mot.

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Buscateau


Un toponyme compliqué : il est clair que la racine buscat- est gasconne, à tout le moins d’oc. A noter d’ailleurs que l’on retrouve un toponyme Buscateau homonyme en Médoc, sur l’autre rive de l’estuaire, à Ordonnac (33).

Reste à expliquer la finale en -eau, qui en Bordelais, et parfois bien au-delà, par l’effet d’une francisation plus poussée, et du contact plus ancien avec les populations d’oïl, ce qui est a fortiori d’autant plus vrai à Saint-Ciers-de-Canesse (33), qui touche aux premiers hameaux gabays de la Grande Gavacherie, peut représenter tout et n’importe quoi.

Mon hypothèse dans le cas d’espèce, c’est qu’il s’agit du suffixe -èu, fait sur le diminutif français -eau (du latin -ellu), ou pris au guyenno-languedocien -èl, puis vocalisé.

-ellu donne selon les règles de dérivation classiques du latin vers le gascon -èth, mais ce dernier a subi la concurrence assez précoce de -èu, qui est devenu un suffixe à part entière en gascon. Une vraie étude manque.

Dans tous les cas, Buscateau, qui serait donc Buscatèu selon moi, serait ainsi le pendant du languedocien Bouscatel, Boscatèl en normalisé.

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Scots

Cad. napo. (Section A feuille unique : Le Laurier) : au Scots
FANTOIR : Scots
Ne peut être qu’une mauvaise coupure : aus Còts ?


 

 
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les Heaumes

en graphie alibertine :

L'Òm
L’Orme.

olom, alom, aulom, om / orme

Prononcer "ouloum".
Variante : om (prononcer "oum") ; peut-être aussi òm (prononcer "om") ?

omet, aumet : ormeau

Berganton (p. 91) donne "oumerac" (omerac) pour ormaie, en considérant un suffixe -ac au sens collectif.

IGN : les Heaumes
FANTOIR, IGN 1950, Cad. napo. : Les Hommes