Village gasconophone souletin dit Ozarain(e) (mais probablement anciennement Osarain ainsi qu'en atteste Lhande), géographiquement en Béarn, sur la rive gauche du Saison.
Il est séparé de la Soule par la ligne de coteaux occidentale qui délimite la vallée du Saison.
Il s'agit donc d'une avancée extrême de la Soule sur la vallée du Saison, peu avant le confluent avec le Gave d'Oloron.
Le Pont d'Osserain était le passage principal pour atteindre la Basse-Navarre d'où son importance stratégique.
Selon Orpustan, le village est un ancien castrum, siège d'une seigneurie. Il s'agissait de défendre Saint-Palais. D'ailleurs, la zone sauvage de coteaux entre le pays de Mixe et le bourg d'Osserain est dite "Burgeincy", qu'Orpustan analyse comme burgu-aintzin "avant du bourg".
L'histoire particulière du village colle bien avec sa supposé étymologie, à savoir une formation anthroponymique sur le prénom basque médiéval Ochar/Ocharra, dérivé du basque otso (loup), avec finale béarno-souletine en -ain qui indique la possession. Bref, la seigneurie d'Otsar.
"Osarain" est classiquement devenu Aussaranh/Aussarenh en gascon par diphtongue récente du o initial et mouillure de la finale (n double sous-entendu).
Auteur : Vincent.P
26/12/09
Une forme "Lo Saranh" a existé par incompréhension du toponyme.
Il ne reste rien des traces de toponymie basque à Osserain : Brouquet, Bergeras, Bédat, Péhau, La Heyte, L'Oustau, Tres Cassous, Cabannes, ... sont tout à fait gascons.
Dans le Censier gothique du XIVème siècle, on détecte pourtant quelques toponymes basques altérés : Darconborde, Sohaet.
Le reste était déjà gascon : Labadie, Berger, Colac, Poey, La Cuihe, Lauguaa, Lostau Nau.
Bref, alors que les Béarnais de Lichos, Haute et Charre parlaient encore basque, les Souletins d'Osserain parlaient déjà gascon au XIVème siècle.
Auteur : Vincent.P
27/12/09
Il existait également la maison Avense sur le censier gothique du XIVème siècle, maison qui existe toujours (sous la forme Abense ou Bense), d'autres maisons sont un peu plus récentes (16 et 17ème siècles) et portent des noms Basques : Lauhire, Petry .
L'étude d'actes notariés révèle quelques toponymes Basques, très minoritaires il est vrai : Gerburu, Lauhirasse, Camou nom qui bien que présent en Béarn, l'est aussi en pays Basque cf Camou Mixe, Camou Cihique...
Toutefois les registres paroissiaux et les actes notariés existant (souvent des notaires Souletins et pas Béarnais au 17 et 18 ème) attestent de nombreux échanges entre les habitants d'Osserain et de Rivareyte, avec les communes Basques limitrophes Domezain, Etcharry, Sussaute, Sillègue, Arbérats ou Arbouet, échanges en particulier matrimoniaux et économiques.
Les syndics d'Osserain et de Rivareyte députaient un représentant de la paroisse aux états du pays de Soule alors que les états traitaient des affaires en langue Basque (idiome Souletin), de plus des habitants d'Osserain et Rivareyte sont intervenus lors de procès concernant les limites territoriales entre la Soule et le Béarn car il pouvaient justement s'exprimer en langue Basque et en Gascon.
Beaucoup de familles de ces villages avaient également des membres installés dans des fermes ou des villes du pays de Mixe et en basse Soule.
En fait rien n'est aussi simple et la toponymie ne peut balayer l'hypothèse d'un certain bilinguisme dans ces communes limitrophes du domaine Basque mais politiquement et historiquement très liées à la Basse Soule au 16, 17 et 18ème siècle.
Auteur : x Hourcade
24/08/10
Tout cela est vrai mais l'étude des registres paroissiaux des communes béarnaises voisines d'Osserain montre en même proportion ces liens entre Mixe, Basse-Soule et le pays de Sauveterre.
Auteur : Vincent.P
24/08/10
Vous avez raison mais la différence c'est que les habitants d'Osserain et de Rivareyte comme ceux de Gestas avaient conscience d'appartenir politiquement à la Soule et étaient considérés comme tel par les autres souletins et Mixains car sur les actes notariés et les registres paroissiaux on précisait toujours Osserain en Soule par exemple.
Le problème c'est que la conscience d'appartenance était territoriale et politique, on ne parlait pas à l'époque de peuple Basque au sens ou certains l'entendent aujourd'hui, c'est un long et vaste débat.
Par ailleurs une ancienne maison d'Osserain se nommait Mougni ou Mougny, cette maison existe toujours, que veut dire ce nom qui est aussi un patronyme.
Bonne continuation dans vos travaux de sauvegarde de notre patrimoine.
Auteur : x Hourcade
24/08/10
Il existait en 1414 et jusqu'au 19ème siècle une maison Burgu à Sussaute, maison citée par Le professeur Orpustan, par contre je ne sais pas si cette maison était située sur la colline de Burgeincy, je ne l'ai pas trouvé sur le cadastre Napoléonnien mais elle ressort sur les registres paroissiaux de Sussaute et sur les registre d' état civil.
Pour l'anecdote un des mes ancêtre a épousé une Burgu de Sussaute.
Auteur : x Hourcade
24/08/10
Je suis d'accord avec vous : l'appartenance à la vicomté de Soule était bien plus importante que la question linguistique.
Dans les disputes entre Soule et Béarn au sujet du Barlanès, les gasconophones de Montory étaient opposés aux gasconophones de Lanne.
Le patriotisme souletin était le leitmotiv, et non pas le sentiment basque qui au fond est moderne.
Maintenant, il faut remarquer tout de même la quasi-adéquation entre les entités politiques que sont Soule, Labourd et Basse-Navarre et le domaine de la langue basque (quasi-adéquation car ces pays sont entamés par le gascon en leurs marges, parfois sur un front important). Les dynamiques linguistiques ne sont pas indifférentes aux structures administratives.
Pour ce qui est d'Osserain, il est probable que la région de Sauveterre toute entière fut à date ancienne souletine, en tout cas c'est ce que laisse penser son appartenance à l'évêché de Dax auquel la Soule appartenait primitivement. La création de la ville neuve de Sauveterre a probablement accéléré la romanisation d'un secteur très basque par sa toponymie.
Auteur : Vincent.P
24/08/10
Sur le plan linguistique je partage votre avis, mais le sentiment d'appartenance peut dépasser le fait linguistique.
La maison de gauche s'appelle Capulet et celle de droite ... Montagut (=Montaigu). [Vincent.P]
Une maison Montagut apparaît sur le cadastre Napoléonnien d' Arrast (commune d'Arrast Larrebieu), de plus il ressort des Montagut à Arrast sur le registre paroissial et d' état civil d' Arrast, ces personnes signent en général sur ces registres Montégut. Ce patronyme se retrouve également en Béarn à Barraute Camu, Montfort, Oraas, Mur, Carresse et Rivehaute, la graphie est soit sous la forme Montagut soit Montégut indistinctement et ce pour les mêmes individus.
Auteur : X Hourcade
23/08/10
On a trouvé les maisons de Roméo et Juliette de William Shakespeare.
Auteur : Franck
26/08/10
C'est vrai. Le problème c'est que Roméo s'est fait écrabouiller par une bagnole en traversant la rue.
Auteur : P.Lartigue
28/08/10
Il me semble que Roméo avait connu le train devant chez lui.
Pour une fois, une commune ne sera pas illustrée par son église !
Ce couple de maisons de deux générations différentes, situé dans le quartier de "la Gare" est aussi représentatif.
[Tederic]
J'aime assez peu l'architecture 1900.
Cela me semble trop ancré dans une mentalité "coloniale" au sens où les Landes auraient été un far-west à coloniser.
Je trouve que le pouvoir montrait plus de sympathie à notre égard quand il faisait la façade classique des quais de Bordeaux : au fond, il voulait le meilleur pour "nous", sans distinction.
C'est une pensée romaine : Rome partout. Là, avec cette architecture qui donnera le néo-mauresque et Arcachon, il y a à la fois la volonté de ne pas s'inspirer du pays (cela viendra plus tard) et la recherche d'un exotisme déplacé.
Maintenant, le manque de mise en valeur du bâtiment de droite joue énormément. Rafraichi, avec des tuiles un peu plus belles, ce peut être joli. Mais cela n'a pas la beauté immédiate du bâtiment de gauche qui même à l'état de ruine (surtout à l'état de ruine ?) sera autrement plus intéressant.
J'y suis passé hier encore et fus frappé par le caractère commun de cette partie du Comminges garonnais (31) avec certains parçans du Gers (32).
Auteur : Txatti
26/07/10
J'ai oublié de dire tout de même que Saint-Martory est l'ancienne Calagorris (Kalagorri(t)z ? "montagne rouge/aride" sur kala, variante de gara=élévation ?), homonyme de Calagurris, l'actuelle Calahorra dans la Rioja, dont le nom basque serait Kalagorria.
L'habitat ancien de Saint-Martory se situe sur les coteaux rocheux qui enserrent la ville (plus précisément à l'Escalère).
Auteur : Vincent.P
22/08/10
Moi je suis frappé par le caractère presque méditerranéen de la vue.
Auteur : Tederic M.
22/08/10
Ce caractère, c'est celui de toute cette partie du Comminges autour de Saint-Bertrand, foyer de romanisation intense.
Il en est resté cette architecture dont l'aire d'extension est assez réduite, très vite concurrencée par l'architecture pyrénéenne dans les vallées et vers Lannemezan, et par l'architecture toulousaine en plaine de Garonne.
Il y a comme un microcosme, presque géologique puisque les montagnes en cet endroit paraissent pelées.
Auteur : Vincent.P
22/08/10
Remarquez que cette colline rocheuse quasi-méditerranéenne est probablement à l'origine du nom de la ville puisque gorri pouvait signifier aussi bien jaune que rouge.
Car en Comminges, pays vert quasi violacé, un tel paysage n'est pas la norme.
Cette carte postale ancienne fait la preuve que la végétation n'a pas toujours été dense :
Vous avez remarqué des rues, des édifices, des maisons isolées, des coins de campagne (etc...) qui :
sont injustement menacés,
méritent d'être connus (par exemple pour leur architecture, d'hier ou d'aujourd'hui),
sont chargés d'histoire (même d'une histoire très locale),
portent des noms que tout le monde ne sait pas décrypter ou prononcer (des noms gascons, ou "patois", par exemple),
donnent des idées pour l'avenir,
etc...
Proposez-les ici, avec une photo* et le commentaire qui permettra au public de partager votre passion !
*Les photos doivent être envoyées séparément, par e-mail.
Attention :
Les lieux proposés doivent s'accorder avec "l'esprit" de Gasconha.com, et son domaine géographique : la grande Gascogne, entre la mar, la Garonne et les Pyrénées, et même, au Sud des Pyrénées, le reste du domaine vascon...