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mot = La
Tounnaouto so, la timido Bourgougno
Extrait de la chanson "A l'Armagnac" (paroles de G. d'Almeïda, musique de Mme A. Brigaudet) :

"Fier Armagnac, nosto bèro Gascougno
Qu'et diou à tu rede de soun renoun,
Tounnaouto so, la timido Bourgougno,
Qu'a de boun bin, mè nou baou pa lou toun.
Qu'éro dou toun qu'a noste Henri Quouate
Hascoun tyuca en d'ou seca las plous,
Taben jamai digun ou pousquout batte
Qu'aouè poupat de toun bin generous."

E adaro, a la critico !-)
- L'assimilation Armagnac-Gascogne ("Armagnac, nosto bèro Gascougno") réduit la Gascogne !
- La comparaison de la Gascogne avec la Bourgogne, "Tounnaouto so" (ton auta sòr / ton autre soeur) est pertinente, mais chauvine.
- Henri IV a donc "poupat" de l'Armagnac... d'autres disent que c'était du Jurançon.
Toujours cette référence à un roi qui a certes vécu une partie de ses jeunes années en Gascogne, mais n'a pas été un patriote gascon, même s'il a eu d'autres qualités, dont le courage, l'intelligence politique et une certaine tolérance (ses descendants n'ont pas été à la hauteur)...
Auteur : Tederic M.
21/09/12
Afficher Tounnaouto so, la timido Bourgougno en particulier, et peut-être donner votre avis...
Il ne faut peut-être pas exiger trop de cohérence d'une chanson.
Mais à la relecture, il semble que "Tounnaouto so" s'applique au "Fier Armagnac".
Alors, la comparaison avec la Bourgogne parait disproportionnée, sauf si on réduit la Bourgogne à son vignoble.
Et s'il y a une "aouto so", quelle est la "prumèro so" ?
Auteur : Tederic M.
22/09/12
Il n'est pas certain que le texte réduise la Gascogne à l'Armagnac, on ne le dirait pas de quelque chose qui dirait "Ma belle Normandie, France éternelle" par exemple, l'Armagnac est sous-entendu comme étant l'incarnation de la belle Gascogne.

Du reste, il faut exiger de belles paroles, il n'y a aucune raison de tolérer des mièvreries sous le prétexte du populaire.
Il en va autrement de la cohérence des chansons populaires, car souvent le sens a pu se perdre, des paroles de chansons ont été fusionnées, ...

Pour ma part, je suis en désaccord sur deux choses : le mépris pour la Bourgogne et la référence à Henri IV.

Je ne comprends pas ce qui fait dire "timide" la Bourgogne. Il existe une vraie verve oïlique que trop souvent, nous, les gens du Sud hexagonal, méconnaissons.
Pour ma part, j'ai toujours trouvé les Gascons, je fais un peu de la psychologie des peuples, beaucoup plus austères et durs que les gens d'oïl, du moins ceux de l'Est (Bourgogne, Franche-Comté, ...) qui ont une vraie volubilité, celle qu'on dit gauloise, et qui est absente de Gascogne. Mais tout ceci s'évanouit.

Quant à Henri IV, si je comprends la chose, il s'agit tout de même des restes de la propagande de la Restauration, mais enfin, il est vrai que l'on tient la figure d'un roi gascon, et pas seulement béarnais. Tout comme Jeanne d'Albret, de Nérac à Pau.
Auteur : Vincent P.
22/09/12
La Bourgogne n'est là que pour la rime. Le vin, ça tombe très bien, sans plus.

Les représentations scolaires françaises ont complètement façonné l'imaginaire de nos régions. Le cliché régional devenu imagier national-étatique a complètement effacé ce qui restait des savoirs d'avant 1887. Henri IV a pris place dans la galerie. (Mais la France c'est d'abord Richelieu, Robespierre, L'abbé Grégoire, Gambetta et Clémenceau.)
Auteur : inconnu
06/10/12
La bouchère culbutée
je cherche la partition de la chanson de Pierre Lesca "la bouchère culbutée" merci !
Auteur : jean pierre barneix borde
17/09/12
Afficher La bouchère culbutée en particulier, et peut-être donner votre avis...
La langue d’oc à la fois une et diverse ?
Je n'ai jamais été bon au catéchisme, je ne comprenais absolument pas comment Dieu pouvait se trouver à la fois dans le Christ et dans l'Esprit Saint.

Je dois dire que je suis tout aussi interloqué face à cette pétition : "la langue d’oc est à la fois une et diverse".

La seule chose que je remarque, c'est que cela fait penser à "España una, grande y libre" le slogan franquiste ou au concept d'indivisibilité jacobin de l'Etat français.

http://www.petitions24.net/manifeste_affirmant_le_caractere_un_et_divers_de_la_langue_doc
Auteur : Vincent P.
15/09/12
Afficher La langue d’oc à la fois une et diverse ? en particulier, et peut-être donner votre avis...
Cette pétition, c'est encore une fois un exposé-rengaine qui mêle des vérités, des demi-vérités ou des demi-mensonges et de poncifs.

L'"unité dans la diversité" est un topique usé jusqu'à la corde, une figure rhétorique de la conciliation par laquelle on évite une analyse de fond. Reste à savoir si le divers doit être subordonné à l'un, s'il doit y revenir ou pas, "e patali e patalaute".

La langue d'oc, c'est ici l'occitan. La question est alors de savoir si la notion est pertinente, s'il y a une langue ou plusieurs. C'est là que la pétition se fait... pétition de principe et invocation. Je ne suis pas sûr, Vincent, que tu seras convaincu.

On passe aussi de la notion de langue une à celle de culture d'oc une (et variée par concession). Ad libitum.

En évacuant tous les éléments extra-linguistiques qui font le sentiment de langue et la conscience de peuple, on en revient toujours au Midi de la France et aux Méridionaux.

Que les méchants se taisent et que les bons se rassurent  : aujourd'hui tout est "un et varié"... en attendant que le renard mange les poules et mette fin à la divesité si enrichissante du poulailler.

Cathéchisme :
1) Dieu est partout, donc il est ausi dans la garbure et le jurançon.
2) Le Saint-Esprit n'est pas toujours invité.
Auteur : PJM, un, grand et varié
15/09/12
Pardon pour l'orthographe : catéchisme.

Je poursuis :

1) Le titre de la pétition en question surprend. Il n'y est question qu'incidemment de la situation dramatique de la langue. L'objet est sa définition même : il faut rétablir "des faits sur lesquels une certaine confusion est parfois entretenue" par "des groupuscules" contre le "consensus" des scientifiques et des autorités.
Ceux qui ne reconnaissent pas l'unité de l'occitan au-dessus de ses "parlers ruraux" sont au moins des marginaux et des ignorants qui, de plus, s'opposent au sens de la renaissance occitane et méconnaissent le glorieux passé de la culture d'Oc.

Le ton du texte n'est pas agressif et joue sur deux appellations : 'langue d'oc et 'occitan', la première faisant passer la seconde.

2) À qui s'adresse cette pétition ?
Sans doute d'abord aux écrivains membres du PEN-international et aux milieux de la culture en général. Quand on défend une langue on ne saurait en effet négliger les divers secours qu'elle peut recevoir.
Dans ce contexte les porteurs privilégiés de l'occitan sont les écrivains, artistes et "acteurs" de la culture, comme on dit dans ce pays (la caste).

3) Pour autant l'objet de ce texte n'est pas de rappeler la situation dramatique de la langue mais de réaffirmer la définition d'une langue, l'occitan synthétique (ou plutôt le 'pan-occitan').

4) On dirait une mesure préventive pour éviter des formulations déviantes ("langue gasconne", "langue occitane" au sens de "languedocien", etc.).
Est-ce pour peser sur une hypothétique signature de la 'charte des langues régionales' par l'Etat français ? Par crainte que 'l'occitan' ne soit pas seul mentionné ? Ce n'est pas expliqué.
Pourquoi ce besoin d'affirmation s'il y a un vaste consensus d'intelligences en faveur de l'unicité occitane ?

5) Le texte reprend le discours occitaniste habituel, sans inflexion aucune :
- élaborer une langue de grande culture et y intégrer la diversité ;
- une langue ouverte sur le monde,
- digne de succéder à la prestigieuse langue médiévale
- grâce à un processus de renaissance qui se parfait aujourd'hui.

6) On réaffirme que le projet historique des Occitanistes vise à l'"unicité" de la culture d'Oc et se déroule dans une "ambiance" d'unité.

7) Rien n'est dit du peuple, des peuples réels, de leurs histoires, des paysages, des nationalités d'oc, de tout ce qui ne relève pas de la construction occitaniste (et des milieux qui la font). On est ici dans la langue pure. Culture hors-sol 'à la française' ?

La discussion qui pourrait s'engager à l'occasion de cet appel est pourtant sérieuse (et ici même a donné lieu et donnerait encore lieu à des échanges parfois vifs) :
- un occitan, un occitan dialectalisé, des dialectes de l'occitan, des dialectes occitans ? des langues d'oc ? le 'gallo-roman méridional', un pseudo-groupement ?
- continuité transfrontalières des isoglosses (f > h, arr-), place de l'arpitan, du frioulan, de l'aragonais...)
- importance des critères extra-linguistiques pour définir "objectivement" une langue (d'oc) ?
- lien entre langue et identité vécue : les peuples d'Oc.
- existence ou possibilité d'une 'nationalité occitane' ?
- l'occitan : un projet linguistique unitaire  ?
- fonction des régions administratives françaises dans l'imposition de l'occitanisme à des populations culturellement lessivés ?
etc.

Ces questions ne sont pas closes, cette pétition même le fait sentir.
Le ressassement de la vulgate occitane ferme la porte à la réflexion. C'est dommage.

Ce que je pressens c'est que nous n'avons pas intérêt à nous enfermer dans l'alternative Ocn -anti-Ocn, à nous définir en fonction de ses discours.
Auteur : PJM
16/09/12
La Gascogne aussi, est une et diverse !-)
Auteur : Tederic M.
16/09/12
De plus, toute langue est 'une et diverse' (même le français).
Ce qui montre que le maniement de notions telles que l'unité et la diversité tourne à vide quand on ne détaille pas le contenu, quand on ne précise pas le rapport entre les termes.

Ne faisons pas dire à cette pétition ce qu'elle ne dit pas. Concernant explicitement tous les pays d'Oc, elle admet aussi que la langue d'Oc possède des "variantes" et des "dialectes" "non hiérarchisées".
Le fond du propos est cependant bien de renforcer la notion d'une langue pan-occitane... et de discréditer les autres choix possibles, préventivement ?

Rien n'est dit sur les graphies. Dans le climat qui entoure cette question, c'est peut-être mieux ?

Le mot 'Occitanie' n'est pas employé.

Le texte insiste sur la solidarité des créateurs, qui répondrait à un vaste public transrégional, sur la nécessité d'un consensus culturel. L'idée d'une coopération inter-occitane est exprimée de façon assez lyrique. Elle ne concerne pas, apparemment, ceux qui se "recroquevillent" sur leurs particularismes et ne sont pas touchés par le mouvement occitan.

Bon, et la Gascogne dans tout ça ?
Auteur : PJM
16/09/12
@PJM : où avez-vous "l'occitan synthétique" dans cette pétition.
L'occitan standard existe dans certains crânes d'œufs point barre. Ici en Béarn, j'ai toujours entendu les occitanistes parler béarnais...

@Vincent : effectivement, un Dieu en trois personnes, c'est un truc fumeux, c'est pour cela que je ne crois pas en la Trinité.
Mais les faits sociaux ne sont pas des personnes et sont donc divers par nature.
Prenons un exemple simple : croyez-vous que l'on parle le français de façon identique à Paris et à Montréal. Si votre réponse est "non", alors le "québécois" n'est pas du français ?
Auteur : ltrobat
16/09/12
L'argutie de la différence d'accent entre français du Québec et français de France est un topos occitaniste éculé M. Trobat. Ce n'est pas digne de vous.
Il s'agit bel et bien de la même langue, crois-je savoir.
Entre le gascon et l'occitan languedocien, puisqu'il se cache derrière le vilain, il y a suffisamment de différences lexicales, phonétiques, syntaxiques et verbales pour parler de deux langues différentes.
Questions directes :
Peut-on apprendre le gascon avec une méthode d'occitan languedocien ? Sont-ce les mêmes dictionnaires qu'on va utiliser ?
Peut-on apprendre le québécois avec une grammaire française ? Un dictionnaire français ?
Je suis absolument certain que vous allez trouver un moyen de ne pas répondre ou bien de répondre à côté, ou avec beaucoup de mauvaise foi.
Faites-moi donc mentir, pour une fois.
Auteur : Maudit Français!!
17/09/12
@Itrobat  :
En effet, l'occitan synthétique n'est pas mentionné dans cette pétition et j'ai cité précisément le texte dans mon dernier post pour indiquer qu'il reconnaissait "les dialectes" (réduits aussi à "des variantes", ce qui n'a pas du tout la même signification ni la même portée).

Le texte déclare précisément ceci : "Cette aventure culturelle a contribué à refaire de la langue d'oc moderne une langue de civilisation et de culture à part entière (...) qui se base sur la grande richesse de ses variétés locales, dans une perspective d'unité de cet ensemble" ; "la langue et la culture d'oc manifestent leur unité."
C'est l'affirmation de la notion d'occitan "une seule langue" en progrès, (comment est-ce possible sans un diasystème commun ?) fondé sur une culture une.
Comment alors faut-il comprendre "la perspective d'unité de cet ensemble" ? Est-ce un front commun de résistances, un concert de revendications coordonnées contre Paris, un projet unitaire plus contraignant ?

L'objet de la pétition n'est pas la situation respective des nationalités d'Oc, dont la gasconne. Il est avant tout, dans des formes modérées, de prévenir d'éventuelles dissidences ou contestations sur les notions de langue et de culture "occitanes".

Le fond de la question n'est pas seulement ni même principalement une affaire linguistique. C'est la notion d'"Occitanie" et les définitions possibles qu'on en donne qui sont en cause.
Ces questions ne seront pas résolues, si tant est qu'elles doivent l'être, par des glissements sémantiques dialecte > variante > variéte locale, etc.

P.-S. : Je n'ai pas parlé de l'enseignement et n'oublie pas que le mouvement occitan a eu la volonté de fonder des écoles par immersion pour donner à la langue la dignité qui, peu à peu, lui avaient été retirées, et le statut que devrait recevoir toute langue européenne dans un pays civilisé (même dans l'Etat français).
Les maîtres des écoles béarnaises sont très attachés au gascon, qu'ils enseignent (ainsi que les chansons anciennes et modernes). Il y en a de nombreux exemples.
Cela n'efface pas la question gasconne, bien au contraire.

Pour le français du Canada, une question discutée est celle d'un standard québécois ou franco-canadien que certains prônent pour transcrire une langue populaire qui est très éloignée du français commun (officiel) par le vocabulaire, la phonologie voire la syntaxe (écho évolué des anciens parlers d'Oïl, moribonds en France même). Langue largement incompréhensible à un français ordinaire.
Quelle serait la capacité de résistance de cette langue patrimoniale face à l'anglais ? Quelle est a contrario sa valeur d'enracinement ? Je ne sais pas où en est cette affaire.
La culture actuelle du Québec s'aligne de plus en plus sur les habitudes "nord-américaines" (d'autant que leur démographie déclinante n'aide pas les francophones).
Auteur : PJM
17/09/12
Pour moi cette phrase est très claire, et je ne vois le rapport ni avec le catéchisme ni avec le slogan franquiste (c'était histoire de faire un point G ?).

La devise de l'Union Européenne est 'Unie dans la diversité'. Il me semble que cela évoque le fait de construire ensemble tout en respectant la culture de chacun. Personnellement je ne trouve pas ça sorcier à comprendre.

Quand à critiquer une certaine unité des dialectes d'oc ça me semble difficile. Si un gascon est capable de discuter avec un languedocien, c'est bien qu'ils parlent la même langue.

Cela étant dit, chacun est libre d'interpréter le texte et d'y voir derrière des manoeuvres politiques.
Auteur : Desman
17/09/12
Stendhal comprenait les paysans béarnais via l'italien ...

L'intercompréhension, c'est subjectif, fonction des capacités linguistiques de chacun, de la volonté de faire un effort, du champ lexical utilisé.
Je défie les locuteurs de languedocien de comprendre de vieux locuteurs de gascon.
Perso, je comprends un mot sur deux, et le plus dur à mon sens, c'est engager la conversation, car immuablement, le locuteur ne comprend pas ce qu'on lui raconte. Je me rappelle de ma grand-mère qui ne comprenait pas ce que disait "Joan de Nadau".

De toute façon, l'intercompréhension a surtout été rendue possible parce que le français a francisé les dialectes non-franciliens partout en France.

Du reste, faire la comparaison avec l'UE est ridicule : la devise de l'UE entend faire l'unité de peuples en respectant leur diversité. Il ne s'agit pas de dire que les peuples européens sont "un", ce qui d'ailleurs ne serait pas faux pour tout dire.

De toute façon, il n'y a pas beaucoup d'exploit à dire que ladite langue d'oc est une : la base est la même, le latin. J'affirme que le gallo-roman, d'oc ou d'oïl, est un et divers. Qu'on aille me contredire.
Auteur : Vincent P.
17/09/12
@Desman
Oui, on n'a jamais intérêt à surinterpréter. Il ne faut sans doute pas chercher de manoeuvres politiques derrière ce texte (elles seraient bien faibles !).

Ce qui surprend plutôt ici, ce n'est pas un argumentaire somme toute bien connu, c'est de pétitionner sur un sujet qui échappe d'ordinaire à ce genre de sanction.
C'est cela qui a fait réagir.

Mais la question du peuple gascon, de sa spécificité, de son destin, reste posée.
Auteur : PJM
17/09/12
Sans langue une et unique l'Occitanie n'existe plus. Les crânes d'oeuf qui ont inventé l'Occitanie savaient-ils ou non ce qu'ils faisaient ?
Auteur : Javière
17/09/12
Je crains que la théologie trinitaire et la linguistique ne ressortent de catégories bien différentes !
Il me parait difficile d’attendre de celle-ci qu’elle réconcilie les contraires pour conduire à la perception d’une réalité supérieure et …unifiée.

En effet la langue d’oc est une ou ne l’est pas et le critère invoqué par le manifeste du PEN en faveur de l’unicité de la langue d’oc, celui de l’intercompréhension,me parait aujourd’hui d’un maniement délicat, pour ne pas dire impossible.
On faisait jadis souvent état de l’intercompréhension entre conscrits « occitans » de divers domaines linguistiques au temps où beaucoup provenaient de milieux ruraux et pouvaient être considérés comme des locuteurs natifs, parfois encore quasiment monolingues malgré l’école de la IIIè République. C’était dans la première moitié du siècle dernier ; je ne sais si des universitaires firent alors des études sérieuses à partir de ces témoignages.
Aujourd’hui, alors que les locuteurs natifs, capables de parler une langue encore bien structurée, ne sont plus très nombreux, je doute que ce critère puisse encore être utilisé.
Il faudrait savoir si l’intercompréhension supposée ne provient pas d’une commune maitrise du français imprégnant une langue déstructurée ou d’une pratique en quelque sorte « supradialectale » des « dialectes » (un occitan plus ou moins de référence sur lequel seraient appliqués quelques critères discriminants entre eux lesdits dialectes (les 11 ou 12 séparant le gascon du languedocien, les 5 ou 6 du même et du provençal,etc…) ou encore de réminiscence d’autres langues latines plus ou moins maitrisées…
D’ailleurs, la thèse de l’absence d’intercompréhension ne me paraitrait pas davantage probante pour des raisons presque identiques.
Bref, pour affirmer que la langue d’oc est une ou ne l’est pas, il faut maintenant trouver autre chose …et en définitive reconnaitre que le meilleur critère est la conscience qu’ont les locuteurs eux-mêmes de ces réalités, ce qui ne nous avance pas beaucoup non plus car nous allons retrouver, au niveau du gascon lui-même, à une échelle plus réduite,un problème presque analogue.
Simplement il semble que le risque de non intercompréhension (ou d’erreur) soit bien moindre en raison même de cette échelle plus rapprochée.
Auteur : Gérard Saint-Gaudens
17/09/12
@Vincent P.
C'est pas moi qui ai défini ce qu'est une langue. Si des individus arrivent à communiquer entre eux c'est qu'ils parlent une langue commune. Cela étant posé il y a toujours des situations marginales, inclassables.
En biologie si deux êtres vivants peuvent se reproduire c'est qu'ils appartiennent à la même espèce. Mais si on arrive pas à croiser un yorkshire avec un dobermann ce n'est pas pour autant qu'ils n'appartiennent pas à la même espèce.
Donc personnellement je trouve plutôt malicieux un argument du type 'Je défie les locuteurs de languedocien de comprendre de vieux locuteurs de gascon'.
Et moi j'aimerais bien voir un jeune parisien lâché au fin fond de la Normandie ou du Cher, ou un français moyen (donc monolingue) dans la campagne québécoise (non ce n'est pas une légende).
Et comme le mentionne Gérard Saint-Gaudens dans la fin de son message (à laquelle je souscris totalement) : si on met un gascon bigourdan avec un gascon du Couserans et qu'ils se comprennent pas ? Ah ben merde alors ?
Où commence et où finit la gasconnité ? Vaste débat...
Mais si on commence à tracer une limite bien nette entre le gascon et le languedocien, on risque bien de sentir un effet boomerang un jour ou l'autre.

PS  : 'Du reste, faire la comparaison avec l’UE est ridicule : la devise de l’UE entend faire l’unité de peuples en respectant leur diversité. Il ne s’agit pas de dire que les peuples européens sont "un", ce qui d’ailleurs ne serait pas faux pour tout dire.'
Mon argument est ridicule mais in fine tu es d'accord avec. Faudra m'expliquer. ;)
Auteur : Desman
23/09/12
Allez, je me jette dans l'arène, parce qu'il y a -pas ceux de Desman, lisez plus loin- des arguments qui frisent la malhonnêteté !

Les critères de définition d'une langue sont complexes. L'intercompréhension n'est ni nécessaire ni suffisante.
Pour les sous-ensembles d'une même famille lingüistique qui ont un continuum territorial entre eux le choix est en partie politique.
J'aime rappeler la maxime "une langue est un dialecte avec une armée".
Le portugais est considéré sans discussion comme une langue distincte du castillan, et pourtant j'ai oui dire que les locuteurs du portugais comprennent les locuteurs du castillan (ce n'est pas forcément réciproque).
Ce qui compte, c'est surtout que le portugais a été langue d'Etat depuis des siècles.
Si ça avait été le cas du gascon, on ne ne se demanderait pas si c'est une langue.

Pour ce qui est des jeunes parisiens lâchés dans le Berry (je traduis "le fin fond du Cher" par "le Berry !), ils n'auraient maintenant aucun problème de langue avec les jeunes berrichons, un peu plus peut-être avec les très vieux, mais au fond guère de problème quand même.
On ne peut pas échapper aux observations de distance lingüistique : le français parlé de nos jours (mettons même vers 1950) à Marseille ou à Lille, c'est toujours du français, même avec un accent fortement différent et un vocabulaire en partie différent.
Sur ce point, l'argument des occitanistes qui comparent la différence français de Lille / français de Marseille à la différence entre gascon et languedocien est de l'enfumage, à mon humble avis.
Comme analogie de la différence (ou de la distance) languedocien/gascon, je suggère plutôt la différence picard (ou chti)/francien (en considérant que le francien, oïl d'Ile de France, a donné le français officiel).
C'est donc beaucoup plus (que ceux à qui l'exemple du picard ne parle pas me pardonnent, j'espère qu'ils me croiront : j'ai vécu en Picardie et appris un peu la langue) que la distance entre un français régional de Lille et un français régional de Marseille.
Concernant la distance français du Québec/ français de France (qui est aussi comparée par les mêmes occitanistes à la distance gascon/languedocien, là aussi c'est pour moi de l'enfumage : le français du Québec est bien du français, il suffit de lire un journal québécois pour en être sûr. (au contraire, dès la première phrase écrite, je distingue le gascon du languedocien).
Bien sûr, si on va chercher le "joual" ou des parlers québécois plus éloignés (je suppose) du français officiel, on se rapproche peut-être de la différence gascon/languedocien.
Mais quand les occitanistes invoquent le français du Québec dans leur communication grand public, ils savent que ce dernier va simplement penser à du français avec l'accent québécois et quelques mots typiques... donc pour eux le tour est joué : si la différence gascon/languedocien est aussi petite...

Et quand on analyse la distance gascon/languedocien, ce n'est pas la distance entre deux villages frontaliers et voisins pris dans ces deux domaines !
C'est au minimum la distance entre le languedocien moyen (mettons celui de Millau) et le gascon moyen (mettons celui d'Aire sur Adour).
Or, par exemple, le gascon moyen a l'énonciatif "que" qui, à lui seul, transforme tellement les phrases qu'il crée une étrangeté généralisée :
Ex :
que'vs disi (gascon - prononcer "kep dizi" ou même "kédzé dizi" dans mon pays d'Albret) / vos disi (languedocien - prononcer "bous dizi")
Auteur : Tederic M.
23/09/12
Je suis d'avis que les anciennes langues d'oïl étaient des langues distinctes, donc l'argument du francilien plongé en pleine Normandie tombe.

Au demeurant, ma position est claire : je pense que la langue n'est qu'un indice de l'ancienne étendue d'un peuple.
Pour dire la vérité, je crois tout autant en l'existence d'un ensemble de parlers centraux autour de Toulouse, qui va de Pau à Montpellier, les cartes isoglossiques sont assez claires sur la profondeur de l'influence toulousaine sur les parlers est-gascons et de toute évidence, les parlers de la Gascogne centrale sont à mi-distance des parlers languedociens du Tarn et des parlers noirs de la lande gasconne.

Peu importe au fond, je crois dans un continuum néo-latin, tout comme il importe peu que l'on parle la même langue de Vitoria à Cadix.
Là où le gascon est intéressant, ou tout du moins l'espace des parlers de matrice gasconne, c'est que ses caractéristiques irréductibles signent une ancienne aire ethnique, tout à la fois parce qu'elles collent à d'anciennes frontières de peuples antiques et parce qu'elles ancrent la Gascogne dans le monde basco-roman.
Au fond, les parlers de la Gascogne toulousaine pourraient être généalogiquement tirés du languedocien et syntaxiquement ne différer en rien, il n'en resterait pas moins que la seule répugnance du f nous transporte tout de suite ailleurs. L'altérité.
Auteur : Vincent P.
23/09/12
Pour dire les choses simplement, je n'ai aucun problème à faire état du fait que probablement depuis un millénaire, les parlers romans de la Gascogne orientale subissent l'influence "médiane" des parlers languedociens, depuis les textes médiévaux, c'est l'évidence même.

Je pense par exemple, ainsi que les cartes de l'ALF l'ont montré récemment, qu'en prenant par exemple Mont-de-Marsan comme référence, la Gascogne existe, et le faisceau isoglossique de la Garonne a une réelle importance, car il sépare des dialectes qui partagent encore des traits définitifs du gascon avec d'autres qui les ont tous perdus.

Mais depuis Léguevin, tout n'est pas si simple, car les parlers gascons des lieux partagent des affinités non moins importantes avec les parlers languedociens du Lauragais par exemple.

La différence ? D'un côté, des traits linguistiques phonétiques décisifs, quasi-ethniques, immuables le long d'un faisceau qui va de Cordouan à Aulus. De l'autre côté, des convergences sur des faits tout aussi importants, grammaticaux ou syntaxiques assez souvent, mais dont le caractère d'exotisme est moindre.

Au final, on en revient à la recherche de la gasconnité. Où la chercher ? Dans les parlers pyrénéens ou dans la lande ?
La réponse est complexe, car les deux domaines ont subi des interactions, de telle sorte que le gascon idéal est à inventer, certainement pas en piochant dans un parler naturel central, mais au contraire, en allant chercher dans les parlers périphériques, les caractères que nous savons les plus archaïques.
Auteur : Vincent P.
24/09/12
Tederic, "vos disi" est la forme garonnaise, bazadaise, etc. , sans compter "vos didi" (Médoc, Bordelais), "ves diuc" (Lande girondine, Buch ?)
Donc la division binaire que tu proposes devient bancale........
Auteur : Gaby
25/09/12
Les langues d'oïl, quand elles sont (, ou étaient), parlées d'une façon intègre, étaient largement incompréhensibles à un francophone parisien (y compris les vestiges du francien rural).
Il en est autrement quand la langue se réduit à un français plus ou moins coloré de restes dialectaux (processus d'assimilation débuté, selon les aires, du XVIIe au milieu du XXe s.). Un exemple de résistance a été le picard, un autre encore plus fort le wallon.
Dans l'ensemble ce sont les langues d'Etat et d'enseignement qui s'imposent.

Les "accents régionaux" d'aujourd'hui ne peuvent fournir un exemple de distance dialectale car ils affectent un français uniformisé, médiatique, imposé, scolaire et unitaire.
Des isolats pouvaient subsister naguère à la campagne (Morvan, Vosges lorraines), ou même peuvent se créer en milieu urbain (par exemple intonation dite, à tort, "de banlieue" dans les écoles, vocabulaire spécifique ou nov' langue influencée par des apports multiples). Mais ce ne sont pas des faits dialectaux.
De plus, la distance entre parlers doit s'évaluer en prenant la mesure de tous les traits phonétiques, lexicaux, syntaxiques, comme tente de le faire la dialectométrie (il est difficile d'être objectif, car on est alors tenu de faire abstraction de la réception de la langue en situation : un tel ne comprend pas le patois du village voisin, tel autre comprend tout.
C'est dans la société monolingue qu'il eût fallu évaluer les distances. Même là on aurait eu des surprises.)
Toutefois l'intercompréhension ne suffit pas à définir une langue.

Une autre notion, celle de "facilité d'apprentissage" joue à l'intérieur d'une famille de langues (ici les langues latines).

Une culture orale favorise l'intercompréhension des langues proches, par adaptation de l'oreille et analyse spontanée. Cette grande réceptivité aux nuances des parlers, renforcée par la transmission des savoirs et des expériences, fait défaut aux modernes.

De toute façon, le premier matériau d'étude du linguiste, ce sont les parlers. la notion de langue est bien plus subjective. Elle fait intervenir la compréhension relative supposée, la graphie, la tradition administrative, des préjugés récents entretenus par l'école (comme celui des limites 'départementalo-linguistiques') et, sous-jacente quand même, la conscience d'appartenance. C'est ce qui fait la notion de "langue provençale" par delà le clivage phonologique entre sud-occitan et provençal alpin, rebaptisé 'gavot'.
En outre une langue est assez largement indissociable de ce qu'elle exprime, de son contenu.

Le poids du sentiment d'identité est déterminant. Ainsi l'urgence a poussé à un code commun, à un standard (pour le basque, le néerlandais de Belgique, le catalan). Des inhibitions politiques entretenues contribuent parfois aussi à empêcher le recours à une haute langue de référence (cas de l'Alsace, etc.). Mais nous ne sommes plus là dans la description, nous sommes dans la politique linguistique.

L'image de la langue n'est donc pas toujours en accord avec sa description stricte (et réduite aux mesures rationnelles, en vase clos, ce qui doit aussi compter dans l'évaluation).
Cela dit, et contrairement à certaines propositions sociolinguistiques, une langue se définit aussi par des critères objectifs.

La définition du gascon s'appuie sur des traits distinctifs mesurés, mais aussi éprouvés par les locuteurs et les voisins, ce qui explique en partie pourquoi l'emploi du terme 'occitan' apparaît comme une surimposition.
Qu'on l'appelle dialecte ou langue, le regroupement cohérent de parlers gascons génétiquement cognats est une réalité. Le reste (codification, intégration lexicale, choix d'un gascon de référence, établissement de licences dialectales, bref tout le travail qui se fait pour toute langue vivante) ressortit à la politique de la langue  ; et il y a bien des choix possibles.

Passé le stade de la decription, le débat porte aussi sur la nature des locuteurs, et s'étend nécessairement à leur conscience d'appartenance.

Anecdote  : le Catalan Arthur Comte, ancien directeur de l'ORTF en des temps bien révolus, se plaisait à rappeler qu'il ne révait qu'en catalan, sa langue maternelle, et que la langue qu'il comprenait le mieux, sans l'avoir jamais apprise, n'était ni le franç&is ni l'espagnol mais l'italien.
Auteur : PJM
25/09/12
mescladis e cops de gula
Je recommande la lecture de la tribune libre de M.Joan Peire Cavalier dans le blog titre de mon post, daté du 21/9 : j'y suis tombé dessus par hasard et y trouve l'écho de notre échange et de quelques autres.
Je ne souhaite pas (re)lancer l'éternelle polémique entre occitanistes et anti-occitanistes mais je crois que chacun pourra tirer un réel profit de ces propos intelligents et lucides.
Il s'agit du rapport occitan "central"/limousin et on y retrouve bien des points communs avec ce qui nous occupe en Gascogne.
Bona lectura,amics !
Auteur : Gérard S-G
25/09/12
Adiu Gaby !
La "division binaire" que je propose, c'est tout simplement un exemple de distance lingüistique entre le gascon moyen (de Nogaro, par exemple) et le languedocien moyen (de Rodez, par exemple).
Le fait que tu avances montre qu'il peut y avoir aussi une différence lingüistique importante entre des pays gascons.
Je le constate moi même entre mon Albret maternel, qui a le "que énonciatif", et le Tonneinquais où j'habite, qui ne l'a pas :
si je tente de parler comme j'ai appris, avec le "que énonciatif" et les agglutinations autour de lui, le vieux locuteur de base du Tonneinquais, donc gascon garonnais, ne me comprend pas.

Conclusion :
Même à l'intérieur du domaine gascon, je ne dirai jamais qu'il n'y a pas plus de différence que "entre le français parlé à Lille et le français parlé à Marseille".
Alors, quand certains occitanistes le prétendent pour l'ensemble du domaine occitan, je dis que c'est soit du mensonge soit de l'ignorance.
Auteur : Tederic M.
27/09/12
Adiu Tederic !
Je suis heureux de constater que tu me rejoins sur un point sur lequel je me suis naguère exprimé dans Gasconha-doman, à savoir l'affirmation de certains occitanismes qui tracent une parallèle entre la fragmentation dialectale de l'ensemble occitan et la diversité régionale du français standard.
Pour moi il est évident qu'une telle affirmation est, au moins du foutage de gueule, au plus de l'idéologie pure badigeonnée d'une bonne couche de malhonnêteté intellectuelle.
Auteur : D. Séré
26/01/13
Merci Danièu per la toa aprobacion !
Pour que notre courroux soit "largement" compris, je précise que "la diversité régionale du français standard" n'est pas la diversité des dialectes d'oïl (francilien, gallo, normand, picard, wallon...) ; cette dernière est semblable à la diversité du domaine d'oc, et elle est infiniment plus forte que la diversité du français standard selon qu'il est parlé à Marseille, Lille ou Paris, et qui ne diffère/différait que par l'accent et quelques tournures ou mots venant des anciens dialectes.
Je ne sais pas si je suis clair... Relisez attentivement si nécessaire !-)
Auteur : Tederic M.
26/01/13
Mais, Tederic, c'est parfaitement clair (pour moi du moins). C'est bien pour ça que je parle de "français standard", les dialectes/langues d'oïl n'étant du français que dans un sens linguistique très large synonyme de "gallo-roman septentrional" ou de "gallo-roman français". Comme il n'existe pas à ce jour un standard occitan reconnu de manière incontestable, comparer l'"occitan", ensemble hyper-dialectal aux allures de sous-famille de langues romanes, au français ou à toute autre langue-standard, ne plaide vraiment pas en faveur du sérieux des adeptes d'un tel sophisme.
Comme tu peux voir, Tederic, je viens d'ajouter quelques précisions à tes propres précisions afin, que comme tu le dis si bien, notre courroux soit "largement compris. Personnellement je parlerais plutôt de ras-le-bol lorsque je lis ou que j'entends proférer ce genre d'absurdités qui n'engagent que leurs auteurs mais qui ont l'insigne désagrément de nuire un peu plus à un mouvement qui n'en a guère besoin de nos jours, à savoir l'occitanisme.
Auteur : D.Séré
26/01/13
Pau : non au scénario touristique
Si je suis d'accord avec la nécessité d'une alliance avec Tarbes ainsi que de voir de l'autre côté des Pyrénées, le scénario "touristique" me semble dramatique.
http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2012/09/10/,1096923.php

"La situation géographique de Pau, au pied des Pyrénées, permettra d'attirer de plus en plus de retraités, à fort pouvoir d'achat. Pau retrouve alors sa vocation de ville anglaise et le pyrénéisme est remis à l'honneur. C'est donc une spécialisation accrue dans l'économie résidentielle avec de nouveaux emplois dans le tourisme, les services à la personne, la construction… Un peu à l'image du Périgord noir. Ce peut être une sorte de redécouverte du territoire. Ce n'est pas dramatique, c'est simplement autre chose qu'aujourd'hui."
Auteur : Vincent P.
12/09/12
Afficher Pau : non au scénario touristique en particulier, et peut-être donner votre avis...
J'aime bien cette phrase : "Si j'étais Palois, je serais autonomiste."
Et cet ensemble que Pau formerait avec Tarbes, le "troisième pied du trépied du grand sud-ouest", c'est tout simplement le noyau dur de la Gascogne, le lieu où l'influence de Bordeaux et Toulouse est résistible, le pôle qui peut rayonner à nouveau jusqu'à Dax, Mont de Marsan, Eauze, Mirande, Saint-Gaudens... (pas Auch, quand même, avant longtemps) ! Quant à Pau de nouveau à la mode, et attractif pour les retraités ou les touristes, oui, ce serait bien, mais un pays ne doit pas vivre que comme une attraction touristique : il doit vivre par et pour lui-même, et s'il vit bien, l'attrait touristique vient en plus et ne tord pas tout.
Auteur : Tederic M.
12/09/12
Fondamentalement, se redessine le projet des années 70 d'une région administrative "petite Gascogne" autour de Pau qui comprendrait 64, 65, 40 et 32. Les Pays de l'Adour dont parle Delfaud (accessoirement il a été mon prof d'éco à Bordeaux) qui semble aimer tant ce nom.
Auteur : Vincent P.
12/09/12
Ce modèle "Pays de l'Adour" est du reste le retour d'un cas de figure plus ancien : celui de la "petite Gascogne" (avec, il est vrai,le Béarn en plus), celle des Intendants basés à Auch au XVII et XVIIIè siècles.
Leur oeuvre n'a pas été nulle, il s'en faut mais ce modèle abandonne pour la gasconité tous les territoires du Nord (Gironde, Agenais, sans doute nord des Lande), ce à quoi mon tropisme bien connu aquitano-gascon a du mal à se résoudre.
Quant à l'hypothèse numéro 2 (Pau devenu asile de vieillards et réserve touristique de l'Europe), il fait carrément froid dans le dos à tous égards bien que J.P.Delfau (qui fut aussi mon professeur, il y a plus longtemps) la trouve pas si dramatique que ça : les économistes ont parfois de ces insensibilités plutôt inquiétantes ...
Auteur : Gérard S-G
13/09/12
Oui, on dirait qu'ils (les économistes) ne se rendent pas compte que ce serait désastreux que des pays comme le Béarn, le Gascogne, la France... ne sachent plus produire autre chose demain que la mise en scène de leurs paysages, et peut-être de leur culture passée.
En tout cas pour la Gascogne, ne l'acceptons pas !-)
Et quelle contradiction avec "l'autonomisme" défendu dans le même article par Delfaud !
Auteur : Tederic M.
14/09/12
Encore faudrait-il que Pau soit attractive pour des retraités ... Il y a quand même des alternatives à Pau, je pense notamment à la façade atlantique.
Il pleut la moitié de l'année à Pau, il ne s'y passe pas grand chose, la ville n'est absolument pas attractive pour les retraités ...

De ce que je constate, Pau est une ville attractive pour les Parisiens et autres Français du Nord qui peuvent assez facilement faire leur trou dans une ville abandonnée des Béarnais autochtones qui vont faire leur vie à Bordeaux ou Toulouse. Je constate le phénomène un peu dans toutes les professions.
Auteur : Vincent P.
15/09/12
Entre Pau d'un côté et Bayonne ou Bordeaux de l'autre, je pense que toute personne sensée a vite fait son choix.
Auteur : inconnu
17/09/12
Et ce n'est pas la merveilleuse et malgré tout désespérément vide autoroute Langon-Pau qui va y changer quoi que ce soit.
Auteur : inconnu
17/09/12
Fêtes de Cazaubon 2012
Leur présentation par le maire de Cazaubon, sur Radio Voix de l'Armagnac  :
"une fête à la gasconne, avec raison".

Extraits du programme :

- "avec le groupe de rock basque "Ikstoak"" (c'est ce que j'ai entendu ; après vérification - je me doutais bien qu'il y avait du "x" basque dans l'air - c'est "Xitoak", que les initiés savent prononcer "Shitoak"

- bodéga...

- Animation avec les "Gascoun power"
( http://www.myspace.com/gascounpower )
- David Olaizola

Dans le même genre d'annonces et sur la même radio, j'ai aussi entendu "déjeunade". Avec les sardinades, escargolades..., le suffixe "ade" continue à vivre.
Auteur : Tederic M.
11/09/12
Afficher Fêtes de Cazaubon 2012 en particulier, et peut-être donner votre avis...
il n'a pas prononcé le "x" à la basque donc ?
Dommage et regrétable
Auteur : julian
13/09/12

Réponse de Gasconha.com :
Mais enfin Julian, il faut être initié pour le savoir !
La Gascogne profonde fait de la Vasconie comme Monsieur Jourdain faisait de la prose (il n'y a qu'à voir la sur-représentation des musiciens et chanteurs basques dans les petites fêtes gasconnes), mais ne sait pas que le "x" basque se lit "sh".
Comment le saurait-elle ?
[Tederic M.]
Rectification : le "x" basque se dit "ch", alors que le "s" se dit "sh"... La nuance est cependant quasi inexistante aujourd'hui.
Auteur : P. Dibon
14/09/12
Tédéric, si le maire a participé à la programmation ou à l'organisation des fêtes, il a parlé avec les membres de Xitoak, et a donc entendu la prononciation exacte.

mais bon, aquo raï.
Auteur : julian
14/09/12
La heste dous pitchouns
On va peut-être réussir à sauver le mot "heste"...
http://gabarret.blogs.sudouest.fr/archive/2012/08/31/la-heste-dous-pitchouns.html
Auteur : Tederic M.
11/09/12
Afficher La heste dous pitchouns en particulier, et peut-être donner votre avis...
"Empreintes Landaises"
Adishatz a tots
L'institut National de l'Audiovisuel a mis en ligne en collaboration avec le Conseil Général des Landes + de 300 vidéos (des reportages) du début du 20ème siècle à aujourd'hui sur les Landes. C'est passionnant !
Je vous recommande entre autres celle sur le congrès de la forêt landaise dans les années 30 (film muet) où les idées du laboratoire de Pierroton pour améliorer l'industrialisation de la forêt ne manquent pas d'imagination.
http://www.ina.fr/fresques/landes/accueil
Auteur : Tederic D
07/09/12
Afficher "Empreintes Landaises" en particulier, et peut-être donner votre avis...
Super  ! C'est vraiment passionnant. Cela participe à la redécouverte des Landes, malheureusement départementales ici, depuis une dizaine d'années.

Ce qui serait beau, ce serait un musée landais, que n'est ni Marquèze (trop ethnographique), ni le Musée d'Aquitaine, ni le Musée basque (qui dans ses collections déborde pourtant sur la lande aturine).
Auteur : Vincent P.
07/09/12
Remarquable, merci d'avoir mis le lien.
Auteur : Dominique
08/09/12
fantastique !!!
le reportage muet de 1921 est extraordinaire !
Auteur : Christophe L.
10/09/12
Alors là merci du fond du coeur !
Je regarde mes Landes depuis Bilbao, dans ma petite salle des profs d'un collège maintenant déserté. Le petit reportage sur l'inauguration du canal transaquitain par Chaban. J'y étais ce jour là, j'avais six ans.
Et je viens d'écouter Manciet, et je suis si heureux et si fier d'être de son pays et de sa langue neugue. Et je suis si heureux de l'entrendre parler de son gascon, de sa langue gasconne, sans mentionner une seule fois le qualificatif occitan.
Messieurs les exégètes au travail ! Qu'est-ce que ça peut bien vouloir signifier. Pourquoi le plus grand auteur de langue d'oc se refuse-t-il à dire "occitan". Un oubli ?
Certains se rassureront en le pensant et en s'efforçant de le croire. Je sais lesquels, ils sont si prévisibles.
Auteur : inconnu
18/09/12
Pardon pour le dernier message, oublié de signer, l'émotion. C'est Lartigue Philippe depuis la Biscaye. Mais ses amis et ainsi que ceux qui ne l'apprécient pas outre mesure l'auront bien reconnu.
Auteur : Philippe Lartigue
18/09/12
Ces images ne sont pas du révolu, ni du périmé. Mais il y a eu dépossession et déformation.

Urgence de collecter tout document un peu ancien (et l'ancien commence maintenant avant 1980 !) sur la vie ordinaire du pays : photos de famille, extraits de films tournés en Gascogne, journaux, lettres et papiers (comme ces livrets militaires de 1914 qui mentionnent le chafre avec le patronyme), etc.

Quelqu'un pourrait-il rechercher le moyen-métrage "Les fêtes d'Arzacq" qui fut projeté dans quelques grandes salles (même en zone nord), en complément de programme, au début des années 1940 ?

Ce n'est qu'un exemple entre cent de ce qui reste à découvrir.
Auteur : PJM
19/09/12
Leur Occitanie : c'est Midi-Pyrénées
Qu'est-ce que cela signifie quand Auch retire son drapeau de l'Armagnac pour le drapeau occitan ?

J'ai longuement décrit le phénomène de midi-pyrénéisation, il est aujourd'hui très puissant ...

Les occitanistes auront réussi l'exploit de créer leur Occitanie : c'est Midi-Pyrénées.
Pour ce faire, ils ont eu besoin de faire le sacrifice d'une moitié de Gascogne. Qu'ils soient remerciés.
Auteur : Vincent P.
07/09/12
Afficher Leur Occitanie : c'est Midi-Pyrénées en particulier, et peut-être donner votre avis...
Adiu Gascougne
J'attends avec impatience les commentaires à ce nouveau billet sur l'invasion du pseudo drapeau occitan du Comté de Toulouse-Languedoc...

Pour illustrer et compléter ma réponse voici un court extrait d'un poème d'un Gascon des Landes, Isidores Salles (Edition de la Société de Borda-Dax 1930) qui y dénoncait la francisation à la mode de Paris. Les vers choisis peuvent aussi illustrer le commentaire de Vincent :

Adiu Gascougne

L'ancien parla que hèy bergougne,
E so que manque à le Gascougne,
Diu me-dau ! que soun lous Gascouns !

(quatrième et dernier vers)

L'Armagnac et la Gascogne ont leurs drapeaux que l'on peut mettre sans bergougne !

Haut ! Haut ! Las couloùs dera Gascougne !
Auteur : jmcasa
07/09/12
Au lieu d'une énième pique qui n'apporte pas grand chose au débat amha, j'aurais aimé plus de détails et d'information.
Pour commencer je ne sais même pas de quel drapeau on parle.
Celui qui flotte devant la mairie ? Celui utilisé dans le papier à lettres ? Pour toutes la com officielle ? Ou peut-être celui du Conseil Général ?
Auteur : Desman
13/09/12
Drapeau sur le fronton de la mairie. C'est très probablement le drapeau de Midi-Pyrénées.
D'où ma réflexion : l'Occitanie réelle, c'est Midi-Pyrénées, c'est seulement là que se développe l'imaginaire occitan, avec la complicité des occitanistes, qui ne sont pas aptes à comprendre que ce qu'ils gagnent ponctuellement maintenant, ils le perdront au centuple à long terme, avec l'impossibilité totale à laquelle ils feront face quand ils tenteront de s'étendre en Aquitaine ou "PACA".
Auteur : Vincent P.
15/09/12
Il serait intéressant de constituer peu à peu une anthologie des protestations ou simplement des regrets suscités par la dénaturation de la Gascogne avant les années 1960, avec des textes comme celui que nous transmet JMCasa.
Auteur : PJM
16/09/12
@Vincent P. : Tu oublies le Languedoc-Roussillon. Pour beaucoup l'Occitanie ça va de Montpellier à Toulouse en fait.
La Provence est à part, comme la façade atlantique et sa Gascogne 'noire'.
Le département du Gers est devenu le jardin privé de Toulouse, ou son hyper-banlieue (ne pas oublier que L'Isle-Jourdain n'est qu'à 20 min de Toulouse).

Je te rejoins sur le fait qu'il est malheureux que les frontières administratives des régions -qui ont été tracées comme on le sait- servent aujourd'hui de base pour certaines politiques culturelles.
Deux solutions : redécouper les régions, ou mettre en place une politique commune entre plusieurs régions...
Auteur : Desman
17/09/12
J'ai volontairement oublié Languedoc-Roussillon, car je ne sais pas ce qu'il en sera à l'avenir : les désirs septimaniens sont morts avec Frêche, les velléités catalanes ne sont pas absentes, à voir ce qu'il adviendra de la chose, je ne trouve pas en tout cas que Montpellier joue autant la carte occitane que Toulouse.

Pour ce qui est du Gers, tout dépend quel Gers, clairement, l'Est est la périphérie de Toulouse, plus précisément tout le Gers situé à moins de 30km de l'A64 (Lombez, ...) ou de l'A62 (Lectoure, ...).
Auch, c'est pour bientôt via la 2x2 voies. Mais dès qu'on s'enfonce à l'Ouest, c'est un autre monde, tout encore articulé autour des anciennes voies de communication vers Bordeaux.

La perte sentimentale du Gers est assez déchirante cela dit.
Auteur : Vincent P.
17/09/12
Quelques réflexions autour de Julien Lescarret
www.sudouest.fr/2012/08/25/I-approche-du-depart803351-727.ph.p
« je suis un Gascon,un Aquitain » dit Lescarret, « …né à Bordeaux ...élevé à Pissos, je vis depuis plusieurs années dans les Pyrénées atlantiques : je n’ai pas de port d’attache ; je me revendique comme un homme du Sud-ouest ».
Lescarret sent et dit ce que sentent et vivent beaucoup (la plupart peut-être) des habitants de nos régions :
Aquitain et Gascon sont à peu près synonymes, ce qui n’est pas le cas entre « midi-pyrénéen » et gascon …
Ce qui me fait de plus en plus penser que l’Aquitaine est un possible Piémont-Sardaigne (pacifique, plan segur !) pour la Gascogne, en quelque sorte.
Que pensent Gersois et Bigourdans d’un changement de rattachement régional ?
Je sais, il y a les habitudes prises depuis 60 ans mais l’inertie en cette matière n’est pas forcément définitive (cf la Loire atlantique).
Par ailleurs l’attachement exclusif, une vie durant, à un terroir de la taille d’un « pagus » romain, voire même d’un département, ne correspond plus à ce que vivent la majorité des Gascons : à garder constamment en tête quand on parle de langue, par exemple.
Enfin, Lescarret évoque plus loin la place de la culture taurine en Gascogne, au Pays Basque et au-delà sans doute dans une bonne part du domaine occitano-catalan :
« Saint-Sébastien, comme le Pays Basque, a un passé et une tradition taurine. Elle fait partie de la culture et c’est pour ça que je demande à tous les spectateurs de ma dernière corrida à Bayonne de venir coiffés d’un béret… A Mimizan (corrida du 25 août) je veux donner un côté gascon à la course, avec présence du sauteur landais Nicolas Vergonzanne »…

Je sais que la question taurine est appréciée diversement parmi les lecteurs et contributeurs de Gasconha.com.
Je voudrais simplement attirer l’attention sur le fait qu’il n’est pas si facile que ça de séparer les deux versants de la tradition taurine dans nos pays : la course landaise et la corrida à l’espagnole ; pour ma part je pense qu’elles font partie toutes deux de nos traditions gasconnes en ce début du XXIè siècle.
Auteur : Gérard S-G
02/09/12
Afficher Quelques réflexions autour de Julien Lescarret en particulier, et peut-être donner votre avis...
Je suis pour ma part contre tout abandon des terres gasconnes de Haute-Garonne (bien 75% du département) et d'Ariège et reste persuadé que l'Aquitaine administrative est l'ennemie de la Gascogne, diluée dans une sorte de néo-guyennisme mauriacien.

La seule solution passe par une collaboration d'Aquitaine et Midi-Pyrénées, puis à terme l'exfiltration des métropoles bordelaise et toulousaine de cet ensemble.

Quant à la culture taurine version corrida, je suis circonspect : je n'ai rien contre, j'apprécie même ce qu'il y a autour (notamment la musique), elle s'inscrit bien dans une tradition vasconne du jeu avec les taurins mais il me semble quand même que tel que codifié, ce loisir exprime avant tout la culture du Sud de l'Espagne (Andalousie, Valence, Murcie, ...) et que les Catalans et les Basques ne s'y trompent pas quand ils s'en prennent à elle.

Après, je trouve que c'est aussi ridicule que de s'en prendre aux hamburgers par haine de l'Amérique.
Je préfère qu'émergent des modèles locaux concurrents inspirés des anciennes traditions plutôt que la censure.
Auteur : Vincent P.
02/09/12
Je continue aussi à penser que ce qui bouffe maintenant la Gascogne, c'est le couple métropolitain Toulouse-Bordeaux, avec leurs deux régions respectives, qui sont en fait à leur service.
Donc nous ne pourrons guère éviter une opposition frontale avec la région Aquitaine, le jour où nous serons assez forts pour que cette idée ne paraisse pas ridicule...
Rappelons-nous que cette Aquitaine met dans le même sac le Périgord limousin et le pays basque... Son seul ciment, c'est Bordeaux.
Je pense, dans le même ordre d'idée, qu'il ne faut pas considérer "les gersois" en bloc : à l'est d'Auch, les gersois sont maintenant dans l'aire urbaine de Toulouse.

J'ai bien aimé le terme "exfiltration" utilisé par Vincent...
Auteur : Tederic M.
02/09/12
La réaction de Tederic et Vincent ne m'étonne pas.
Elle présente une hypothèse possible encore que je ne crois guère à l'"exfiltration" de Bordeaux ou de Toulouse de leur cadre régional pour en faire des villes "Laender" à l'allemande (je m'en suis expliqué par le passé).
Une autre hypothèse (plus ou moins crédible, je n'en sais rien) est bel et bien qu'une Aquitaine regasconnisée par l'entrée, si ces derniers le veulent bien, de la Bigorre et du Gers, ne finisse par ...exfiltrer le Périgord guyenno-limousin.
L'irrédentisme gascon pourrait bien ensuite récupérer Comminges et Couserans, toujours si ceux-ci le souhaitent.
Il serait intéressant de voir quelques lecteurs "midi-pyrénéens" de gasconha.com s'exprimer à ce sujet !
Auteur : GSG
04/09/12
En l'état de l'absorption d'Auch et Tarbes dans le réseau de villes-relais de Toulouse, je ne vois absolument pas quelles conditions socio-économiques autoriseraient aujourd'hui une annexion du Gers et des Hautes-Pyrénées à l'Aquitaine administrative.
Le projet Balladur était très clair, si l'on doit annexer des départements à la région de Bordeaux, ce seront les Charentes.

Avant l'A64, il était encore possible de dire que Tarbes regardait plus vers Bordeaux que vers Toulouse, mais la donne a changé, le nombre de Bigourdans installés à Toulouse est important et conséquent. Au demeurant, Bordeaux vient de sauver Pau avec l'A65 ...

Quant à Auch, c'est une heure de route depuis Toulouse, quand la nationale sera doublée, ce sera moins d'une heure, tout l'Est du Gers est dans la zone d'influence de Toulouse (il suffit d'aller à Lombez par exemple qui incarne assez bien ce boom démographique induit par la proximité de Toulouse).

Je ne crois pas vraiment à l'exfiltration de Bordeaux et Toulouse, car on ne peut pas lutter contre la réalité métropolitaine, mais je crois que c'est la seule solution pour faire en sorte d'acter le fait que ces villes ont désormais une destinée qui passe outre le petit Sud-Ouest gascon, ce qui a toujours été vrai pour Toulouse, l'était un peu moins tant que Bordeaux n'était qu'un port.

Au demeurant, je pense qu'il ne faut pas sous-estimer l'autre ennemi de la Gascogne avec l'occitanisme midi-pyrénéen : c'est le néo-guyennisme qui ne dit pas son nom nostalgique de la grande Aquitaine artificielle jusqu'à la Loire, la région Aquitaine axe nettement sa communication sur le Périgord, la Gascogne n'est là que pour la plage.
Auteur : Vincent P.
04/09/12
J'ai plusieurs fois repensé ces jours derniers au dernier message de Vincent.
Seul son segond point, concernant l'attraction de Toulouse sur l'est du Gers, me parait réellement fondé (cf par ailleurs sur un autre fil de discussion plus récent, ses regrets d'abandonner l'est gersois à Midi Pyrénées).
Pour le reste, il s'agit de projets et de perceptions de politiciens locaux (également nationaux d'ailleurs).
Dans le cas du projet Balladur de 2009, qui a tellement varié tout au long de fuites savamment entretenues, qu'on ne sait trop ce qu'en fut la version définitive, il est surtout clair que le but recherché était de faire sauter la région Poitou Charentes (et sans doute éjecter ainsi l'encombrante présidente de son siège) ; je ne crois pas que l'opinion charentaise se soit sentie concernée (ni consultée !) soit par le projet d'éclatement entre Limousin et Aquitaine soit par la fusion avec celle-ci, prônée par MM Raffarin et Bussereau.
Quant à la communication du CR d'Aquitaine centré sur le Périgord, bien que ne la vivant pas au quotidien, je ne la repère pas particulièrement.
Mais qu'importe d'ailleurs : c'est le choix, si ça se confirme, d'une poignée de bureaucrates bordelais et ne dit rien du souhait des populations, si elles en ont un .
Mais par ailleurs, je ne vois toujours pas de contributeurs "est-gascons se manifester sur ces thèmes : qu'es de dou har !
Auteur : GSG
19/09/12

Réponse de Gasconha.com :
Nous avons peut-être un contributeur est-gascon en la personne de "Desman".
A l'époque, j'ai longuement arpenté le net et les habitants des Charentes semblaient largement favorables au rattachement à l'Aquitaine, d'une part parce qu'ils vont faire les courses du week-end à Bordeaux (le phénomène Ikea), d'autre part parce que les Charentais se sentent du "Sud-Ouest", au sens du Sud-Ouest français, du journal Sud-Ouest aussi.

Il suffit de demander à Eric Nowak, le spécialiste du gabay, les difficultés qu'il rencontrer à faire prendre conscience aux Charentais qu'ils sont partie prenante d'un espace plus vaste sis entre bassin aquitain et bassin parisien : le sécessionnisme charentais n'est pas sans lien avec la sensation des Charentais qu'ils ne sont pas des gens de l'Ouest.

On peut imaginer qu'il reste quelque chose peut-être d'un ancien passé d'avant l'oïlisation, à mon sens, c'est plutôt une construction du 19ème siècle, du chemin de fer qui a orienté profondément les Charentes sur Bordeaux, ce qu'au demeurant elles étaient déjà depuis longtemps sous le nom de Saintonge et d'Angoumois (étendue de l'architecture saintongeaise, mouvements gavaches, a contrario extension de l'architecture bordelaise, ...).
Auteur : Vincent P.
19/09/12
Daunas de hum
Un excellent spectacle à Peyrehorade vendredi dernier :
Marie-Noelle Bordenave et Marie-Hélène Peyresaubes, deux béarnaises autoproclamées "daunes de hum" (dames de fumées, sorcières pour tout dire) présentaient leur nouveau spectacle appelé par elles "brouchami"(sortilège) : un mélange très déjanté d'histoires et de scènes drôlatiques, parfois un rien scabreuses, sur les pratiques plus ou moins magiques du vieux Béarn (voire de l'actuel, disent-elles).
En tous cas elles ont un talent monstre et leur spectacle est comme tissé de chants gascons traditionnels magnifiquement interprétés par elles à deux voix.
Les textes sont en partie tirés de vieux manuels populaires mais aussi sont en partie leur création ou repris de Marilis Orionaa ou Pierre Bourdieu (le "bal des célibataires").
Dommage tout de même qu'elles aient présenté le "béarnais" comme "une langue proche du gascon (ah, ça oui, pour le moins !) appartenant comme lui à l'occitan, etc... sauf une possible ironie dans ce discours contradictoire conçu comme a priori agréable tant aux béarnistes qu'aux occitanistes...
Dommage aussi que la communication des horaires dans Sud-Ouest ait été erronée et que le spectacle ait commencé avec 20 mn de retard : une bonne communication aiderait pourtant à la popularisation de ce groupe qui présente en plus l'avantage de rééquilibrer un peu l'offre artistique, trop massivement masculine en Gascogne, semble-t-il !
Auteur : Gérard Saint-Gaudens
27/08/12
Afficher Daunas de hum en particulier, et peut-être donner votre avis...
Luenh deus uelhs...
Je souhaiterai avoir la confirmation d'une phrase traduite en Gascon :
Luenh uns uelhs, au ras de mon còr
Loin des yeux, près de mon coeur
C'est bien ça ?!
Merci
Auteur : meg
27/08/12

Réponse de Gasconha.com :
Il y a une coquille :
ça doit être "Luenh deus uelhs". Le reste peut aller.
Personnellement, "Luenh deus uelhs, au ras deu men còr" me sonnerait plus gascon.
Quant à "au ras" pour traduire "près", ce n'est pas mauvais, mais il y a sans doute d'autres façons de le dire.
[Tederic M.]
Afficher Luenh deus uelhs... en particulier, et peut-être donner votre avis...
Pour dire "loin des yeux, loin du coeur", en Bordelais, nous avons cet intéressant proverbe :
Qui ren n'i vei, lo còr n'i crèba.
Auteur : Gaby
31/08/12
Traduction ?
Je cherche la traduction de cette phrase trouvée dans une légende recueillie dans le Médoc :
"Toujoun lou drey
Camin sag-rey"
pouvez vous m'aider ?
Auteur : Landeche
26/08/12

Réponse de Gasconha.com :
Totjorn lo dreit camin seguirei / Toujours le droit chemin je suivrai" ?
Afficher Traduction ? en particulier, et peut-être donner votre avis...
Luenh deus uelhs...
Je souhaiterai avoir la confirmation d'une phrase traduite en Gascon :
Luenh uns uelhs, au ras de mon còr
Loin des yeux, près de mon coeur
C'est bien ça ?!
Merci
Auteur : meg
27/08/12

Réponse de Gasconha.com :
Il y a une coquille :
ça doit être "Luenh deus uelhs". Le reste peut aller.
Personnellement, "Luenh deus uelhs, au ras deu men còr" me sonnerait plus gascon.
Quant à "au ras" pour traduire "près", ce n'est pas mauvais, mais il y a sans doute d'autres façons de le dire.
[Tederic M.]
Afficher Luenh deus uelhs... en particulier, et peut-être donner votre avis...
Pour dire "loin des yeux, loin du coeur", en Bordelais, nous avons cet intéressant proverbe :
Qui ren n'i vei, lo còr n'i crèba.
Auteur : Gaby
31/08/12

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