Le côté est beaucoup moins majestueux que la façade.
Le rajout au toit à une pente, derrière le parallèlépipède de la maison principale, est une figure qu'on trouve très souvent en Val de Garonne, au moins jusqu'en Agenais.
Cette photo laisse penser que le rajout est d'origine (pierres identiques).
Si c'est le cas, c'est encore plus grave : on intégrait dès l'origine un rajout inesthétique et qui privait le corps principal de lumière sur tout l'arrière.
Cette vue de côté est maintenant en façade de la route principale ex nationale 113.
C'est l'indice qu'à l'époque de la construction de la maison, la route principale ne passait pas là, mais devant l'auguste façade de la maison.
C'était donc, semble-t-il, encore l'antique route de l'Arruan, appelée en certains endroits la Caminasse.
Elle desservait donc, à la sortie de Bordeaux, Villenave-bourg, Cadaujac-bourg, Saint-Médard d'Eyrans, Ayguemortes, et sortait ici du bourg de Beautiran.
Ces maisons bordelaises sont fascinantes par leur pierre blonde. Les façades font très cossu, dans leur symétrie (presque*) parfaite, genre Château de Versailles.
Mais... voir la photo de la même maison vue de côté...
* Il semble qu'une transformation avait rompu la symétrie en déplaçant une fenêtre du rez-de-chaussée vers la gauche et en créant une porte (celle qui est photographiée sur la photo "d'avant" et qui n'est pas celle photographiée ici (excusez-moi de ne pas présenter deux photos qui ont un cadrage identique...).
[Tederic]
Ces maisons avaient-elles vocation à être pierre nue ? Il me semble que celles-ci sont recouvertes d'un enduit, généralement blanc.
A titre personnel, le blond m'étourdit un peu, surtout dans le vieux Bordeaux qui ressemble aujourd'hui à une allée cirée.
Par contre, avec le temps, dans les vieux bourgs du Cernès ou dans le Bordeaux des boulevards, cela confère immédiatement une vraie classe.
La route nationale rive gauche de Langon à Bordeaux est très agréable : le pignada si proche lui confère un charme que n'a pas la rive droite, plus encaissée, plus classique (c'est du Gers translaté au Nord).
Auteur : Vincent.P
22/05/10
Pourquoi aurait-on fait l'effort de faire la façade, et seulement elle, en pierre taillée, si ça avait été pour l'enduire ?
Auteur : Tederic
23/05/10
Je ne suis pas en expert en enduits mais j'ai remarqué dans certains villages médoquins (Beychevelle par exemple) comme un léger enduit blanc qui laisse transparaître la pierre de taille.
Cela pose la question de la restauration à Bordeaux des bâtiments militaires de la place Tourny et de la polémique qui a suivi entre les habitants et l'architecte des monuments historiques qui a imposé l'enduit, du fait de témoignages écrits et d'anciennes représentations.
Je me demande aussi en quel matériau sont construites les maisons vendéennes qui sont au fond des parents proches des maisons girondines et qui sont souvent blanchies sur la côte.
Auteur : Vincent.P
23/05/10
Dans le même ordre idée, Toulouse, avant d'être la ville rose, était une ville blanche, à savoir que toutes les maisons étaient enduites.
En Gascogne toulousaine, les enduits ont bien résisté aux modes, alors qu'il me semble qu'en Lauragais par exemple, la "grande pélère" a assez sévi. Cela dit, c'était peut-être traditionnel, si on a une vision d'ensemble des enduits, on voit qu'ils sont plus typiques de la façade atlantique, du Portugal à la Cornouaille.
camo en 1337, camoo en 1690. Un moulin de la commune s'appelle "Kanboko eihera" ("le moulin de Cambo") : on a la preuve de l'équivalence Cambo/Camou. En basque, le village se dit Game, probablement tirée d'un étymon gamoa réduit par diphotngaison (gamue puis gamee). Source : Orpustan.
La situation du village, qui n'a rien d'un méandre, donnerait à penser au professeur Orpustan qu'en pays aquitains, la base celtique, reprise par le latin, cambo, s'est spécialisée dans le sens d'eaux curatives, car le ruisseau de Camou forme un petit bassin dans une grotte à ciel ouvert, propice à l'activité thermale (sur la carte IGN : "Source thermale", cf Gamarde-les-Bains).
Pas de toponymie gasconne dans le Censier gothique de Soule du XIVème siècle, mais des toponymes basques gasconnisés à l'écrit comme 'miasabau' (qui est Miñazabal).
C'est une région restée très fidèle à la culture basque et au pastoralisme.
La fermeture annoncée de l'école primaire qui dispense ses cours à mi-temps en basque met à mal cet état de fait. [Vincent.P]
Il existe une forme secondaire Gamere en basque, tirée ainsi que le suppute JB Orpustan de la fore *gamee avec insertion de r comme dans Sibas non loin (Ziboz, parfois dit Ziborotz).
Le gentilé basque "Gamuar" est plus proche du terme initial tel qu'adapté par le basque ("Gamu").
Près de Duras, tout-à-fait à la limite de la Gascogne.
Ce nom m'a interpellé, parce que ma mère aimait mentionner le nom (apparemment un chafre) d'un homme de son village (Réaup, donc environ 75 km plus au sud) : "Cocutsauta" en notant sa prononciation en normalisé.
"Tè, lo Cocutsauta qu'é vengut !"
Je crois que cet homme boitait, mais il faut que je redemande... Ma mère ne sait plus, mais c'était, semble-t-il, un travailleur de la forêt qui vivait dans une maison isolée dans la forêt, "du côté de la Hargue".
Peut-il y avoir un rapport entre les deux ?
Sinon, on peut imaginer pour le début du nom du lieu (Cocu) la même origine que pour Cocumont, donc le sens de "colline". Mais Cocussaute de Saint-Pierre-sur-Dropt est apparemment au fond de la vallée...
Vous avez remarqué des rues, des édifices, des maisons isolées, des coins de campagne (etc...) qui :
sont injustement menacés,
méritent d'être connus (par exemple pour leur architecture, d'hier ou d'aujourd'hui),
sont chargés d'histoire (même d'une histoire très locale),
portent des noms que tout le monde ne sait pas décrypter ou prononcer (des noms gascons, ou "patois", par exemple),
donnent des idées pour l'avenir,
etc...
Proposez-les ici, avec une photo* et le commentaire qui permettra au public de partager votre passion !
*Les photos doivent être envoyées séparément, par e-mail.
Attention :
Les lieux proposés doivent s'accorder avec "l'esprit" de Gasconha.com, et son domaine géographique : la grande Gascogne, entre la mar, la Garonne et les Pyrénées, et même, au Sud des Pyrénées, le reste du domaine vascon...