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MotsPrenomsNomsBanèrasGrans de sauLigams
Blayais Gascogne bordelaise
Sent Pau de Blaia

en graphie "franco-phonétique" :
Sen-Paou de Blaÿe
Village gagné par la langue d'oïl mais la toponymie est encore à dominante gasconne : Le Barrail, La Carabette, Cazeau, Courtebotte, Au Mayne de Coux, Goblangey (?), La Grela, Haugmas, Les Jaugats, Les Jonqueyres, Peyronnat, Poncla, La Pouyade, Caseau Renaud, Les Rocs, Tasta, ...
Nous sommes pourtant au Nord de Blaye : cela remet pas mal en cause les modèles de francisation du Blayais, il se peut qu'elle ait été très tardive.
[Vincent.P]
 
Avec "la Grela", on doit avoir une de ces mauvaises coupures si irritantes : "l'Agre(u)lar", non ?
Auteur : Tederic
09/09/09
Permettez moi de m'inscrire en faux : St Paul n'a jamais fait partie de la Gascogne !!
Et cela de source très sure puisque mon amie viticultrice dans cette commune et donc la famille y est presente depuis plusieurs siecles ne parlent pas un traitre mot de gascon !
Toute cette partie du Blayais etait autrefois rattachée administrativement et culturellement a la Saintonge.
Un erudit local a il y a plusieurs années publié une petite étude de la commune de Saint Paul où il mentionne tres bien ce fait.
Il faut aussi se défier des noms de lieux dits qui pour certains ont evolué au gré des differents propriaitaires, ou fermiers.
Que certains apports "gascons" soient envisageables du fait d'une immigration constante, surtout au 19eme des contrées gasconnes du fait d'un exode rural dû comme on le sait a la tradition du droit d'ainesse qui etait de rigueur chez nous.
Ma famille étant "bordelaise" suite a cette coutume, qui par contre ne semblait pas elle toucher les pays du nord Gironde.
La langue parlée a Saint-Paul il y a quelques années de ça serait plutot du type gabaye, et je peut vous affirmer qu'ils ne comprennent pas le gascon !
Auteur : Bouilhet
06/11/09

Réponse de Gasconha.com :
Aussi bien Vincent.P que moi-même savons bien que Saint-Paul n'est pas, au moins depuis des siècles, de langue gasconne, mais "gabaye", c'est à dire d'oïl saintongeais.

Je reconnais à cet égard que le classement de Saint-Paul en "Gascogne bordelaise" sur Gasconha.com peut prêter à confusion.
Je me suis d'ailleurs posé la question lorsque j'ai validé ce "lòc".
Mais il y aurait un problème de cohérence et aussi de lisibilité à créer une zone géographique "gabaye" sur Gasconha.com.
Le même problème se pose avec les lòcs du Pays basque qui sont sur Gasconha.com (mais eux sont étiquetés "Pyrénées", ce qui évacue le problème !).
De même, nous pourrions avoir des lòcs du Pays de Foix (plutôt languedocien) étiquetés "Gascogne toulousaine", mais là aussi, l'étiquette "Pyrénées" nous sauve...

En attendant qu'une solution soit trouvée, je vous prie d'accepter que tout lòc qui a un rapport (toponymique par exemple) avec une des zones gasconnes définies par Gasconha.com puisse être étiqueté au nom de cette zone.
[Tederic, webmestre]
Cette commune est en Bordelais depuis les temps immémoriaux (au moins depuis la cité des Bituriges), elle n'a jamais fait partie de la Saintonge (contrairement au Vitrezais autour de Saint-Ciers où on ne détecte justement aucun toponyme gascon), toute sa toponymie ancienne est en effet gasconne (la liste des toponymes que j'ai cités est sans appel, très majoritaire et transparente pour toute personne au fait des langues romanes de France).

Il s'agit de toute évidence d'un village oïlisé probablement aux temps modernes via Blaye, en tout cas parallèle aux cas des Gavacheries de l'Entre-Deux-Mers et dissemblable du cas du Vitrezais, vieux pays saintongeais.
On ne peut pas expliquer une telle prédominance des toponymes gascons à Saint-Paul d'une autre manière.
Je rappelle que les édiles de Blaye recevaient les directives de Bordeaux en gascon au Moyen-Age.

Il y a eu recul de la langue gasconne sur quelques communes en Blayais : on peut supposer que le gascon s'étendait autrefois jusqu'à une ligne Anglade-Saugon-Saint-Yzan.

Je ne cherche nullement à travestir l'histoire particulière du Blayais, faite d'une rencontre intéressante entre cultures d'oïl, limousine et gasconne, seulement à établir une vérité historique.

www.ruesdemaville.com

NB : Pourquoi passé gascon spécifiquement et pas limousin par exemple ? Pour la simple et bonne raison que Campugnan serait alors Champugnan, Saint-Martin-Lacaussade serait Saint-Martin-Lachaussade alors que justement si Etauliers avait un passé gascon, on aurait Estableys.
De la même manière, Laruscade serait plutôt Laruchade avec un passé limousin, Cavignac Chavignac, Camps Champs et inversement dans la Double, Porchères serait Porqueyres, Chamadelle Camadelle, ...

On peut grâce à la toponymie tracer au hameau près la vieille différenciation entre Gascons et "Limousins" (qui oïlisés sont devenus des Poitevins-Saintongeais).

Une dernière chose : les érudits locaux, avec tout le bonheur que j'ai à les lire, n'ont généralement qu'une maîtrise parcellaire de certains problèmes historiques.
Ne parlons pas de la mémoire populaire qui n'a généralement jamais plus de 30 ans.
Auteur : Vincent.P
06/11/09
L'étude des patronymes est également intéressante (je n'ai pris que ceux attestés au XVIIIème) :

Carreau : patronyme du Blayais très localisé. Impossible de savoir s'il est une ramification des Carreau de l'Anjou et de l'Orléanais ou c'est si une variante orthographique du gascon Carrau.

Dupuy : indistinct mais a son maximum en France en Gironde et Dordogne.

Lorteau : très localisé en Blayais et Vitrezais, il y a également une souche en Pays de Retz. Oïl.

Sauzeau : très nettement poitevin, probablement des migrants d'oïl. Virtuellement absent de Saintonge et de l'Angoumois. D'où l'hypothèse d'un migrant.

Eymas : patronyme très localisé, a des apparences d'oc, probablement un dérivé du prénom germanique Aimar.

Recappé : très localisé encore, énigmatique. Mélange gasco-limousin pour "réchappé" (gascon pour le maintien de c, limousin pour l'effacement de s puis francisation de la finale) ? Recaperayre à Beychac-et-Caillau en Médoc.

Pauzet : patronyme d'oc surtout limousin.

Videau : c'est évidemment une forme de Vital, mais connue aussi bien en Saintonge qu'en Bordelais gascon. Difficile à dire.

Broquaire : gascon.

Fabre : oc.

Dubreuil : indistinct mais surtout limouso-poitevin.

Ribberie : oc.

Noanin : forme de Jean ? Disparu en tout cas.

Casibon : ça sent la déformation du gascon Casaubon.

Davanseau : plutôt écrit Davanceau aujourd'hui, très localisé, présent depuis le XVIème siècle, ça sonne gascon.

Romfort : patronyme poitevin.

Faure : oc.

Gagnerat : existe en toponyme à Carcans en Médoc. Enigmatique.

Glemet nbsp;: oïl.

Jeantet : oc.

Maynieu : gascon

Pouzet : poitevin.

Vigé : oïl.


L'étude montre tout de même une majorité de patronymes "gavaches" au sens large (c'est-à-dire à la fois limousins et poitevin-saintongeais). Il semble cependant que quelques patronymes gascons subsistent. Notons que ces régions ont depuis longtemps également connu des migrations vendéennes (surtout au XIXème).
Difficile parfois de démêler. En tout cas, la situation patronymique contraste un peu avec la situation toponymique.
Auteur : Vincent.P
06/11/09
Recapet est un patronyme girondin du Bourgeais et du Libournais.
Auteur : Vincent.P
10/11/09

Votre avis sur le lòc "Saint-Paul [commune]" ?
Lacquy
Landes-Adour-Chalosse
Lo Gran Joanporquèr

en graphie "franco-phonétique" :
Lou Gran Jouanpourquè
[Vincent.P]

Joanporquèr = Jean porcher
[Tederic]
 

Votre avis sur le lòc "Le Grand Jeanpourqué" ?
Gascogne médiane

Vialambits
A la frontière entre Rustan et Astarac, c'est sans-doute comme l'a vu Grosclaude un toponyme militaire villa ambitus, très fréquent en Gascogne, même s'il reste à expliquer le maintien de "mb" en gascon.
Attesté "Balambidz" en 1177, "Biele Embiz" en 1260, "Vielambit" en 1283 ce qui atteste de l'évolution hésitante de la finale (même s'il est possible que z représente le son dz/tz).

Dans cette région, -ps et -ks finaux donnent -ts comme en Gascogne garonnaise. Probablement conscients de cette manière de parler, les locuteurs naturels ont "hyper-corrigé" leur prononciation de telle sorte que Villambits est prononcé "Bialambik".
[Vincent.P]
 
Villembits est plus précisément en Rustan (Arrostanh en gascon, probablement formé sur Arros, la rivière qui le traverse et le suffixe ibéro-aquitain -tania, vallis Russitaniae au XIème siècle), un pays bigourdan alors que Lustar sur l'autre rive du Lizon est en Astarac, démembrement de l'Armagnac, donc dans l'ancienne cité d'Auch.
Par contre au Nord, Vidou est en Astarac également et la frontière entre Rustan et Astarac passe sur la rivière Bouès.

Villembits était donc l'avancée de la cité de Tarbes la plus septentrionale contrôlant les deux rives du Bouès au "Pas du Bouès", seule ouverture sur la rivière entre deux coteaux. Villembits était également la commune bigourdane la plus orientale.

flickr.com

Etait-ce une acquisition ultérieure ? D'où la nécessité de fortifications ? Lamarque-Rustaing laisse penser que la frontière a pu être le Bouès plus en amont.
D'ailleurs, le village n'est pas cité dans le dénombrement établi par l'évêque Pierre de Montbrun en 1342.
Auteur : Vincent.P
05/11/09
A propos de Arrostanh :
gasconha.com--mot=rostanh&tipdoc=noms
Ce serait aussi la forme gasconne d'un nom de personne d'origine germanique et présent bien ailleurs qu'en Gascogne (notamment en Provence pour la forme Roustaing).
Auteur : Tederic
05/11/09
Ce qui semble clair, c'est que le pays de Rustan ne peut pas être tiré d'autre chose que du pays de Russitania (pagus Russitanensis au XIème siècle).
C'est vraiment le pays de l'Arros (Russa fluvius en 1087).
La question qui se pose au final, c'est celle de l'étymologie de "Arros" et son lien avec l'"Arrats". Les attestations anciennes pour l'Arros ne font pas état du ar- initial avant le XIVème siècle (lo flube l'Arros) et on peut penser dès lors à un ar- prosthétique. C'était la position de Grosclaude qui reliait cette racine à un hydronyme hypothétique ros/rod qui aurait donné le Rhône également. Bof. Il y a tellement d'Arros en Gascogne. A voir.

Pour ce qui du prénom, si la forme Roustaing indique le n vélaire final, commun au gascon et au provençal, une forme Arrostanh n'est-elle pas plus difficile à concevoir ?

On sait qu'un -nh final est souvent réinterprété -ing à l'écrit, et ce depuis les textes médiévaux : Estanh donne Estaing, ce même pays de Rustan, Arrostanh en gascon, est écrit Rustaing dans Lamarque-Rustaing et Sère-Rustaing.
Ce sont vraiment des questions problématiques car le gascon fait clairement la différence entre un n mouillé final (issu généralement d'une finale latine -niu, -neu) et un n vélaire final (muet ou nasillé en Béarn). Par exemple, le domaine noble de Rostan à Bérenx est Arrostaa en 1385, Arrostanh en 1538.

Bref, on ne comprend pas pourquoi le prénom Rostan aurait eu une finale mouillée.
J'ajoute qu'on comprend difficilement également pourquoi Russitania n'a pas donné une forme féminine comme "Arrostanha" (cela rejoint la question du Lavedan, issu du Lavetania).
Auteur : Vincent.P
05/11/09

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Médoc Gascogne bordelaise

Sent Julian de Rinhac
Si l'on en croit BBF, Saint-Julien est en fait "Saint-Julien-de-Rignac", Beychevelle est le nom du château éponyme (que BBF tire du gascon vaisherèra, du latin vascellella, sur vascellum=vaisseau, autrement dit un endroit où se regroupaient les petits bateaux, c'est-à-dire nos gabarres, or justement Beychevelle est aussi un port sur la Gironde).

Je suis assez d'avis de restaurer les lieux-dits authentiques, au moins dans une version gasconne officieuse, et même à "éjecter" les noms de saints. Je pense que Rinhac tout court pourrait être le nom gascon de cette commune.
[Vincent.P]

Selon une étymologie populaire (méfiance !), "Beishavela" voudrait dire "baisse voile" et se serait adressé aux bateaux qui passaient dans l'estuaire.
[Tederic]
 

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