VIELH
NAVÈTH
Tonneins / Tonens
Bordeaux / Bordèu
Pays de BuchLang-Baz*
*Langonnais-Bazadais
pour les intimes
mot : La
Résultats par types de document :
748 mots
134 prenoms
1110 noms
4892 lòcs
404 banèras
1149 grans de sau
661 ligams =====>
Annuler la sélection
Cercatz ! Cherchez !
Tapez un mot (ou un tròç de mot) :
Recherche par Google

dans Gasconha.com
dans Internet
Cherchez par aire géographique ou par thème dans les ligams :
aire géo :
Toutes !
Gascogne bordelaise
Gascogne médiane
Gascogne toulousaine
Lande-Adour-Chalosse
Landes-Adour-Chalosse
Pays Basque
Pyrénées
thème :
Tous !
Langue
Cuisine
Jòcs, hest@s, heir@s
Musique
Architecture
Histoire
Vasconie
Ecologie
País
Technique de bâtiment
Prospective
(Aucune aire géographique ni thème recherché)
Pour recevoir les navèras (nouvelles) de Gasconha.com : courrier
Cliquez ici pour vous inscrire à G(V)asconha-doman
Cliquez sur le logo pour vous inscrire
à G(V)asconha-doman
(forum par e-mail sur la Gascogne d'hier à demain)
Écrivez-nous !
Code HTML pour les webmestres :
Lo
Au centre de la gascosfèra.
LEXILOGOS
LEXILOGOS
mots & merveilles des langues d'ici et d'ailleurs

MotsPrenomsNomsLòcsBanèrasGrans de sau

mot = La
Architecture
Pyrénées
Béarn-Bigorre.
"J'ai le souvenir précis d'entrepreneurs il y a 20 ans qui refusaient à leurs clients des modèles qui par trop se distinguaient des canons régionaux.
Aujourd'hui, la relation s'est inversée, c'est le client qui impose sa fantaisie à des entrepreneurs qui n'ont plus conscience de leur responsabilité identitaire.

La page réalisations est claire : aux pauvres le pavillon méditerranéen, aux riches la néo-pyrénéenne (quand ceux-ci ont du goût).

www.residencesdumidi.fr/realisations_maisons.html

NB : Depuis quand le Béarn et la Bigorre sont-ils le "Midi" ? Une fois de plus, l'occitanisation sentimentale."
Moi, je suis pret a bruler un drapeau occitan sur la place du Capitole. En plein centre de Pau ou bien encore de Bordeaux. Qui me suit ?
Auteur : P.Lartigue
10/08/10
Comme je l'expliquais dans le lòc sur Saint-Selve, il y a bien des maires pour signer les permis.
La mise en place des Plu a donné la possibilité d'imposer des constructions dans un cadre bien défini.
Il suffit d'y ajouter dans les règlements des zones, les caractères architecturaux que l'on veut voir sur sa commune, tout cela afin de préserver une architecture régionale.
L'uniformisation est un danger énorme !
Chaque région doit garder sa spécificité, c'est un devoir non seulement culturel mais aussi technique car nos anciens, si ils ont choisi un style de bâti, c'est essentiellement pour s'adapter à leur environnement et au climat.
Si nos constructeurs et maires étaient bien conscients de ça, cela éviterait des accidents souvent mortels (effondrement de toit par la neige, glissement de terrain, inondations et j'en passe)
Auteur : Tédéric D.
10/08/10
Les maires n'ont pas le bagage identitaire et culturel minimal.
Quelque chose s'est perdu depuis une dizaine d'années à savoir qu'il y a eu évaporation totale de la culture populaire et de ses codes tacites par non-transmission.
Dans des villages que je connais, c'est le maire lui-même qui a construit un mas provençal ...
Je suis aujourd'hui persuadé que la centralisation avait du bien à savoir que l'on pensait pour nous. Et on pensait généralement bien.
Il y a 25 ans, il était interdit dans le Béarn rural de construire une banale maison basque (qui a pourtant bien plus sa place) ! C'était avant les lois de décentralisation de la compétence en matière d'urbanisme.

Quand les maires ont une fibre régionale, ils se retrouvent dépourvus face à aux actions individuelles des propriétaires dès le moment que le PLU a été mal ficelé.
Et les mairies ne sont pas encouragées par les organes départementaux à aller en justice, car cela contredit la politique démographique des entités décentralisées.

Je pense qu'une solution pour les 20 ans à venir, avant le point de non-retour, c'est réfléchir à un patriotisme gascon qui peut encore séduire, quitte à ce qu'il soit un peu ombrageux.
Je mise beaucoup pour ma part sur une alliance avec les Basques de France, qui trouveront dans la Gascogne au fond leur extension naturelle.
Quant à nous, nous serons en contact plus étroit avec notre vieux fond ethnique et de manière plus prosaïque avec ce qui séduit dans le Sud-Ouest.
Le préambule sera de tuer l'occitanisme en ses bastions gascons, quitte à jouer au con.
Je pense par exemple qu'il va y avoir un tremblement de terre prochain quand le Conseil constitutionnel aura à trancher sur la loi en préparation.
Je pense que cela peut aller jusqu'à une censure de la loi sur le terme d'occitan. Je rappelle que tout un chacun est libre d'envoyer des mémoires au CC.
Auteur : Vincent.P
10/08/10
Euh, pour l'histoire du drapeau c'est une blague hein ! Je ne brule rien.
Auteur : P.Lartigue
10/08/10

Réponse de Gasconha.com :
Ouf !
Vincent,

Une alliance avec les Basques est quelque chose qui me seduit enormement, et depuis longtemps.
Les questions sont :
Veulent-ils de nous ? Savent-ils qui nous sommes ?
Ne serions-nous pas un poids mort pour eux ?
Je fais ce que je peux pour leur faire connaitre l'Histoire de la Vasconie et les relations profondes que nous avons.
Ceux du Sud ecoutent poliment. Certains sont parfois veritablement interesses.
Je vais en parler ce WE a ceux que je vais rencontrer a Iruina et a Orreaga.
Mais ceux la sont deja pas mal convaincus.
La semaine derniere, j'ai rencontre le pretre qui est depositaire de la plus grande bibliotheque basque a Lazkao.
Il veut bien que je lui envoie le petit livre qui va etre edite.
Le fait de parler basque aide beaucoup, c'est aussi pour ca que je l' ai appris.
Tuer l'occitanisme ne sera pas necessaire, il va mourir de sa belle mort.
Et puis il y a des gens de qualite chez les occitanistes, peut-etre arriverons-nous a en convaincre certains.
Avec les autres, c'est perdu d'avance et il est inutile de gaspiller de l'energie pour ca.
Jouer aux cons peut etre amusant mais je crois sincerement qu'en Gascogne et en Bearn, ils vont se saborder gentiment sans l'aide de personne.
Auteur : P.Lartigue
10/08/10
Tu peux nous en dire plus sur la loi en préparation, Vincent, nouvelle loi sur les langues régionales ?
Auteur : Tédéric D.
11/08/10
Je crois que les Basques d'Espagne ont un vrai intérêt pour la Gascogne.
J'ai par exemple déjà deux Basques inscrits sur mon blog "Discover Gascony !" dont l'un est un commentateur réputé de la blogosphère basque.
Sur de nombreux forums espagnols, on parle "Gascuña". Si tu vas dans les librairies Elkar, tu remarqueras de nombreux ouvrages sur la grande Navarre ainsi qu'ils appellent la Vasconie.
Dans un livre plus récent sur les grands lieux historiques du Pays Basque, tout un article sur ... Akize.

Maintenant, c'est souvent pour des raisons peu avouables : la Gascogne permet aux Basques d'Espagne de regarder ailleurs qu'en Espagne. Un peu le même genre d'attitude qu'ont certains Catalans avec l'Occitanie : c'est le "Lebensraum" foklorique qui éloigne de la Meseta. C'est l'évasion familière avec la touche française.
Car ne nous leurrons pas : ce que les Basques espagnols peuvent aimer de la Gascogne, c'est ce qu'elle a de française (art de vivre, villes policées et calmes, proprettes, l'ennui au fond).

Pour ce qui est des Basques de France, c'est à la fois plus simple et plus compliqué. Plus simple car in fine, nous en sommes au même stade d'acculturation à l'identité Sud-Ouest, même si les Basques se maintiennent un peu mieux (usage de la langue, culture populaire un peu plus vivace, ...) sauf en Soule qui confirme son tropisme béarnisant ancien.
Plus compliqué justement car dans un état général de délabrement, les Basques de France profitent de la moindre distinction pour l'élever en gouffre infranchissable.
Bref, ils pensent que chanter l'hymne de la Peña Baiona (Vino Griego ...) les rend irréfutablement originaux.
Et puis il y a les basquisants purs et durs qui de toute façon n'ont d'intérêt que pour leur village.

Pour ce qui est de l'occitanisme, je crois au contraire que plus la langue meurt, plus il sera facile pour eux de rester en place comme la voix officielle de l'expression d'une vague identité régionale. Qu'on le veuille ou non, en Béarn, quand il n'y aura plus les vieux "cons" de l'IBG, il n'y aura plus d'opposition légitime et désagréable.
Auteur : Vincent.P
11/08/10
Je ne sais trop si ce serait là trahir des secrets d'"Etat" dans la mesure où c'est via Jean Lafitte que j'ai pu lire le texte en préparation, qui se fera censurer très sévèrement d'ailleurs. (Je peux envoyer les docs mais ce serait bien qu'il s'exprime sur la question sur la liste).
Auteur : Vincent.P
12/08/10
Tiens tu parles de l'IBG .
Pouvez vous m'expliquer pourquoi d'un coté ils entendent défendre la langue et la culture béarnaise et gasconne en invitant à les rejoindre tous ceux qui parlent gascon et béarnais, et de l'autre ils font signer une pétition qui demande une reconnaissance de la langue "au niveau du département des Pyrénées Atlantiques"... et les autres alors !
Alors chacun dans son coin donc chacun chez soi. C'est du style : les autres n'ont qu'a faire comme nous.
Ce n'est pas à Mr Castaing qu'il fallait envoyer la pétition, c'était au conseil régional d'Aquitaine pour une reconnaissance sur la Gascogne et donc de par ce fait le Béarn et le Bas Adour !
Auteur : Tédéric D.
12/08/10
C'est politique en fait. L'IBG a plus de chances de convaincre une assemblée locale Modem-UMP qu'une assemblée locale PS, généralement plutôt acquise aux occitanistes.
Or les Pyrénées-Atlantiques sont le seul département qui relève de la majorité nationale (du fait en partie du vote basque).
Ensuite, il y a bien évidemment le tropisme béarnisant.
Ne serait-ce que l'intitulé de l'organisation m'agace : pourquoi "béarnais et gascon" à toutes les sauces ?
Auteur : Vincent.P
12/08/10

Réponse de Gasconha.com :
Oui, l'emploi de l'expression "béarnais et gascon" suggère que le béarnais n'est pas gascon.
Les occitanistes tombent aussi dans ce travers. Voici ce qu'on trouve dans la présentation de Hestivoc 2010 :
"Le festival rassemble donc des artistes venus de toute l'Occitanie : Béarn, Gascogne, Languedoc, Provence, Bigorre, Val d'Aran, ou encore les vallées italiennes du Piémont..."
La déduction de cette formulation, c'est que le Béarn, la Bigorre et le Val d'Aran ne font pas partie de la Gascogne ! On aimerait que ceux qui insistent sur l'unité occitane fassent attention de ne pas démembrer la Gascogne.
[Tederic]
Une pétition pour le Gascon et le Béarnais envoyé au conseil régional à Mr Rousset partira directement à l’Amassada où son responsable vous enverra un très joli courrier vous expliquant que vous n’avez rien compris et que des professionnels s’occupent très bien de ces questions.
Par contre une pétition signée par 1500 personnes dont des maires et des conseillers généraux des PA a plus de chance de ne pas finir dans un tiroir du CG.

Quand à l’IBG, j’ai connu l’association par ses cours. J’y ai rencontré des bénévoles ne comptant ni leur temps ni leur énergie pour le Béarnais et le Gascon.
Le tropisme Béarnais ? Il y a plus de Béarnais et de Gascons des PA que du reste de la Gascogne, effectivement, créée à Pau, son aire de diffusion avec des moyens humains et financiers restreints ne peut être que locale.
Pourtant son travail ne me paraît pas être fait par des Béarnais pour des Béarnais, pour exemple les méthodes d’apprentissage du Chalossais et du Bigourdan en cours.
Bonne soirée.
Auteur : didier D.
13/08/10
Jòcs, hest@s, heir@s
… Le rugby est Basque et béarnais… normal pour Nadau.

[Tédéric D.]
Pyrénées
Aran.
Jòcs, hest@s, heir@s - Architecture
Landes-Adour-Chalosse
A vélo.
Le paysage de la côte landaise et ses pistes cyclables ne trouvent pas grâce aux yeux du randonneur.
Le pays basque (et charnègue), avec ses frontons et ses fêtes, si !-)

Il y a bien un problème, et Gasconha.com a raison de s'y intéresser !
[Tederic]
Il a malheureusement un peu raison. Nos décideurs massacreurs de paysages devraient écouter ce Bourguignon.
Je suis triste parfois. C'est vrai qu'après le Bassin, c'est l'horreur. Il faut vraiment être né là.
Avant le bassin, c'est pas toujours jojo non plus. Il faudrait faire des pistes dans la zone dunaire. Sinon, c'est vrai que ce doit être d'un chiant !
Auteur : P.Lartigue
20/07/10

Réponse de Gasconha.com :
"après le bassin" ? En allant dans quelle direction ? Soyez précis svp !-)
Allons Tederic ! Après le Bassin en venant des Landes bien sûr, le Médoc donc.
Auteur : P.Lartigue
21/07/10
L'internaute décrit avant tout une côte landaise surpeuplée pendant l'été (c'est vrai) et un paysage "déso-lande".
Sur ce dernier point, je ne suis pas d'accord, surtout sur la côte : il y a peu d'endroits en France aussi agréables que la lande sous les pins en plein été.
Cette sensation, toutes les stations balnéaires de France ont tenté de l'émuler, que ce soit le Touquet et sa forêt de pins ou les stations charentaises.
Idem en Bretagne où l'on a planté du pin maritime dans les Landes du Morbihan (vers Port-Louis).

Un écho parallèle et distinct par un autre baroudeur du net :

www.allersretours.com/index.php?page=epj02

www.allersretours.com/index.php?page=epj03
Auteur : Vincent.P
21/07/10
Est-on bien touristifiés dans les Landes ?
Franchemnet on s'en fout.
Que ces gens ne reviennent plus me fait plaisir.
La beauté n'est pas une obligation pour aimer un pays.
Je n'ai jamais recommandé à personne de venir en vacances ici.
La lande et la pinède ont pour moi une beauté secrète.
Elle n'est pas faite pour des vacances commerciales que tous nos édiles s'efforcent de promouvoir.
Le résultat est quasi nul, puisque à défaut d'en promouvoir l'âme on en détruit le décor, la seule chose qu'en perçoit le touriste !
Auteur : Lo Pèir
21/07/10
Pèir. Il faut rendre la Lande à la Lande. La forêt sur le littoral, dans les Montagnes et le long des cours d'eau.
Stop au maïs, stop à ces horribles asperges (les pins) qui tombent par millions au premier coup de vent.
Exemple de Biscarrosse : Une forêt dunaire magnifique avec des arbres qui ont très bien résisté, la lande avec ses pins-asperges qui sont tombés comme à Gravelotte.
Arnaudin avait raison.
Oui, la lande ça devait être beau. Les alignements de la forêt industrielle, c'est très laid, c'est désespérant, j'y étouffe.
Avec la forêt, les Landais ont perdu leur langue, leur paysage, leurs maisons vernaculaires (j'en sais quelque chose à Biscarrosse, où on voit très bien les strates chronologiques) leur âme.
Et tout ça au profit de qui ? Les pins ? La plus scandaleuse affaire de spoliation du XIXe siècle.
Auteur : P.Lartigue
22/07/10
"Merci pour ces lignes de poésie et de révolte. Je n'ai fait que traverser ton pays en un jour ou deux à l'heure du grand cirque touristique et dire ce que je ressentais de cette traversée ainsi que des rencontres.
Heureusement qu'il a y ces rencontres pour rompre l'impression de monotonie.
Dans une autre vie tu me promèneras quelques jours dans ton pays (en hiver) afin que je le connaisse mieux et en apprécie les beautés secrètes.
Ce qu'il y a de sûr, même si Lo Pèir estime que le résultat est "quasi nul", c'est que les Landes sont fréquentées en été, certainement au bénéfice financier des landais et de ceux qui y investissent."

Telle est ma réponse au commentaire posté sur mon blog réponse à laquelle j'ajouterai 3 points :

1- le texte évoqué est à resituer dans le cadre du récit d'un tour de la France en bicyclette par côtes et frontières en autonomie complète et 42 jours pour 5400 km ;
la perception des régions traversées ne se fait qu'au travers de sensations primaires (kinestésiques, olfactives, et visuelles principalement) et rapides (1 jour dans les landes).

2- notre vielle France parie sur son attrait touristique pour ramener des devises et compenser son incapacité à entretenir une activité artisanale ou industrielle, du coup elle fait plus ou moins le tapin pour racoller le touriste.
Les landes "vendent"-elles autre chose que du soleil, du sable fin, de l'océan, et ce qui va autour de ce que cherchent la majorité des touristes paresseux ?

3- merci pour votre travail
(désolé Vincent, mais dire "il y a peu d'endroits en France aussi agréables que la lande sous les pins en plein été", voyage un peu, mais rassure-toi il y a pire que vos forêts d'asperges !)
Auteur : L'auteur de "Du pays Basque à la Pointe de Grave"
24/07/10
"Le coste gascoune" n'est pas seule dans la tourmente.
Ce matin, à l'émission "Terre à terre" de France Culture, Jean-François Bernardini, chanteur d'I Muvrini et président de l'association pour une Fondation de Corse, nous le disait.
Il a parlé d'un déferlement de vulgarité, de la culture de spectateur, de consommateur et de commentateur qui s'impose, de la perte des habitudes de solidarité...
Il parle aussi de l'étouffement de la langue corse.
Ces choses se lisent dans le paysage, en Corse comme en Gascogne.
Escotar l'emission (2e partie de l'émission pour Jean-François Bernardini, mais la 1e partie est intéressante aussi).
Auteur : Tederic M.
24/07/10
Je maintiens ce que j'ai écrit : depuis Moscou jusqu'à Barbezieux, il n'y a qu'une longue plaine agricole et quelques lignes de coteaux agrémentées de clochers, la lande est le premier paysage original que l'on rencontre.
Hier encore, j'étais sur la Bordeaux-Bayonne et je ne me souviens pas avoir vu en France un paysage aussi grisant (je n'ai pas dit beau) que ce désert de sable vers Magescq encadré de maigres pins faméliques, dominés à l'horizon par le bleu de La Rhune.
Je connais assez la France, la Bretagne, la Normandie, la Champagne, les Ardennes, la Picardie, ... tout cela est souvent pittoresque, propret, français en fait.
La lande telle que je l'idéalise, fruit d'années à l'arpenter, n'est ni pittoresque ni proprette, elle est irréductiblement autre chose loin des canons esthétiques classiques de la France.
La lande, c'est déjà les Bardenas.
Auteur : Vincent.P
24/07/10
Les grands pins sous la chaleur d'été, au sommet d'un tuc qui surplombe un étang ou l'océan, le long de la Leyre ou autre petit cours d'eau au tapis de sable blanc, un airial avec ses chênes séculaires.
Ca, vraiment, j'adore. Mais encore une fois, les alignements symétriques d'asperges, les champs de maïs qu'on arrose 24h/24 pendant deux mois et demi (quel sera le prix écologique de la culture intensive de cette saloperie de maïs ?) ça, je déteste vraiment.
Tout va de pair. D'abord l'essence d'un pays qui disparaît, la lande.
Au profit de qui ? Quelques hobereaux locaux qui ont eu les moyens de racheter, de spolier, les communaux.
Quelques bourgeois bordelais qui ont flairé la bonne affaire, ont exploité les sauvages de la lande avec des contre maîtres locaux, en restant bien prudemment dans leurs maisons des Chartrons.
Et puis les peigne-culs de Landais, qui n'ont plus eu la pelagre, certes, mais qui ont perdu leur âme.
Etions-nous heureux avant les pins ? A vous de voir.
Auteur : P.Lartigue
24/07/10
Vincent, je te recommande la bicyclette et les petites routes blanches sur nos cartes Michelin qu'elles soient bordées de vert ou non plutôt que la "Bordeaux - Bayonne", et si le coeur te dit de promenades autour et au coeur de la France : f6mig.over-blog.com
Auteur : Francis
24/07/10
Je suis né dans un pays où il est impossible de faire 2km sans monter une côte de 4ème catégorie : ou bien naissait le nouvel Alberto Contador, ou bien comme mes semblables j'ai trouvé que la voiture était une fantastique invention.
Je n'ai ainsi aucun blocage particulier à l'égard de la route, mieux je pense aujourd'hui qu'il vaut mieux une belle autoroute et de grandes artères que le petit monde étriqué des pavillons, ses pistes cyclables, ses trottoirs de 10 mètres de large. :)

Plus sérieusement, le vélo est une formidable invention pour les petits trajets, la découverte touristique, le sport.
Mais je pense qu'il en coûte trop cher aux écologistes de s'opposer idéologiquement à la voiture et autres moyens de transport rapides.
Il suffit de voir en Aquitaine de quelle manière le boboïsme a été puni aux dernières élections régionales.

Etant béarnais, je n'en reviens toujours pas de constater combien les Bayonnais sont proches de Bordeaux en temps quand partir de Pau vers la capitale régionale reste un périple interminable et dangereux. C'est une autre discussion.

Et je maintiens une nouvelle fois : la Bayonne-Bordeaux qui traverse notre désert landais est géniale. Appréhender un pays par l'autoroute est chose fascinante qu'il s'agisse de l'entrée en Lot-et-Garonne depuis Bordeaux en allant vers Toulouse avec en arrière-plan les collines de l'Agenais, de la plongée en Comminges après le plateau de Lannemezan depuis Pau avec Saint-Gaudens en point de mire, de l'enchainement magique Pont d'Aquitaine-Pont de Cubzac pour dire adieu à la Gascogne.
Auteur : Vincent.P
26/07/10
Merci à ce Bourguignon voyageur de nous permettre de nous chamailler un instant entre nous gascons, mais n'est ce point là notre particularité…
Monsieur Lartigue, Tiges ou pas tiges, je les aime moi ces pins…
Ces maisons vernaculaires ont su s'adapter au nouveau paysage, il faut passer dans ces airials où il fait bon vivre, où tous les sens olfactifs sont en émois avec ses senteurs multiples : en toutes saisons

Et puis j'aime aussi ce coté chiant d'alignement de pins parce que la lande à l'infini il y a 150 ans elle n'était peut être pas chiante non plus ?
Il faut lire les carnets de voyage de l'époque pour voir que 150 ans plus tard d'autres personnes cette fois ci à vélo peuvent trouver la traversée des Landes très monotone… et alors on s'en fout.
Vincent a raison La forêt landaise est unique en Europe de l'ouest (la seule que je connaisse bien) on ne trouve pas ce type de paysage ailleurs même à Fontainebleau où c'est là qu'ils ont fait les premiers essais avant de planter en Gascogne ! !

Et dire que les Landais ont perdu leur âme... non ce n'est pas la foret qui leur a fait perdre leur âme, car ils avaient su s'adapter aux nouveaux besoins (lire Sargos).
Plus de Berger certes, mais ils n'avaient pas prévu l'évolution technologique et que le pin ne servirait plus que pour du bois de placage et pour abriter les campings sur la cote.
Auteur : Tédéric D.
28/07/10
Je suis d'accord avec Lo Pèir : la magie secrète de la lande, il faut peut-être y être né pour la ressentir.
Mais une fois qu'on a senti en soi opérer le charme, c'est pour la vie.
Et la mort, comme Manciet, qui voyagea loin et encore plus dans sa tête, mais insista pour reposer dans un trou de sable, sans autre aménagement.

Oui, les longues barres des pins, qui s'arrêtent brutalement, mais se poursuivent dans le lointain, se découpent sur des ciels souvent grandioses, tourmentés, baroques, avec de longues pluies, avec les fougères rousses, avec l'odeur des cèpes, avec les taches mauves de la bruyère, oui, il monte de ces paysages une magie que je n'ai jamais - jamais je dis bien - retrouvée ailleurs.
Est-ce parce que j'y suis né ?
Peut-être... Je suis né à Pessac, au commencement - lo cap deu bòsc, ça ne s'invente pas - avant de grandir entre le Bazadais et la Grande-Lande, vers Moustey et Liposthey.
Mais on n'aime pas forcément l'endroit où on est né ! Moi, par exemple, je n'ai jamais aimé le vignoble bordelais.

Il y a dans la lande, surtout en hiver, une magie un peu sombre et mystérieuse (comme une cape de berger) qui sort de sous les pins avec un son de boha.
Je ne fais pas de poésie de Prisunic, j'essaie de dire avec mes mots cette atmosphère, mais je n'y arrive pas.
Je ne sais pas beaucoup d'adversaires de la forêt landaises qui aient pu demeurer insensibles à ce charme.
Auteur : Dàvid
29/07/10
Si si Dàvid tu retranscris très bien cette atmosphère avec tes mots, cette magie secrete fait que l'on se laisse emporter par une poésie que cette forêt nous communique.
Auteur : Tédéric D.
29/07/10
Je pense qu'il y a 2 attitudes face à la lande : un ennui profond, une "absence", un vide qui ne se comble pas de "l'extérieur". Il ne se comble que de "l'intérieur".
C'est d'abord une nostalgie, une tristesse même, que l'on repousse, ou qui vous envahit, et qui ne vous quitte plus désormais.
J'ai profondément aimé ce pays, chose que je n'ai jamais osé dire à quiconque tellement celà pouvait paraître étrange.
Mais aujourd'hui ce pays est "dépeuplé" de son enchantement, de ses habitants profondément gascons, et tellement abandonnés culturellement de nos "élites" qui sont dans un "renoncement" criminel j'oserais dire.
Auteur : Lo Pèir
29/07/10
Mercés, Tederic  !
Aquò’s un país qu’es tant car a mon còr...
Auteur : Dàvid
29/07/10

Réponse de Gasconha.com :
Quin Tederic ? Cau precisar, adara !-) O los dus ?-)
Je trouve remarquable que dans ces grans de sau, déjà cinq personnes ont exprimé leur amour des landes.
Avec moi, ça fait six !
Je n'y suis pas né, je n'y ai pas vécu autrement qu'en vacances, mais la forêt landaise m'a marqué pour toujours.
Odeur, sable (qui fait que les rivières landaises ne me font pas peur), toute cette végétation qu'on ne trouve que là : brana ("e abranon", dirait ma mère), heuguèra, nhèsta, gavarra...
Avez-vous remarqué que, même dans des pinhadars très récents, il y a ce tapis végétal... qu'on ne trouve pas dans les champs de maïs ou de panneaux voltaïques.

Maisons isolées sur l'airial...
Dès qu'on met des mots, on a l'impression de ne pas être à la hauteur.
Manciet m'agace un peu, pour ce que j'ai lu, par son acharnement à brouiller plutôt qu'à tenter d'expliquer.
Mais je perçois qu'il était des nôtres !-)

Alors, quand quelqu'un exprime son mépris de ce que nous aimons, c'est dur !
Un peu comme un sacrilège.

J'ai aussi vécu la démolition d'une maison landaise qui avait cristallisé mon sentiment, où j'étais allé quelque fois chercher le lait étant petit, à travers prés et bois (capvath prats e bòscs) : la Parguère. Je prends un peu ma vengeance sur le web.

Francis le bourguignon, qui a mis le feu aux poudres en parlant de "désolandes", comprendra tout ça, parce qu'il exprime les mêmes sentiments par rapport au Jura de ses vacances d'autrefois.
Et s'il venait une fois dans la lande profonde, peut-être succomberait-il.

Adara, que har ?
D'abord continuer à dire notre sentiment.
Ensuite, c'est plus difficile, essayer d'agir pour sauver ce que nous aimons.
Nous pouvons le faire ici par Gasconha.com, mais il y a bien d'autres moyens !
Les landes ne resteront pas figées aux images de notre enfance, mais... nous qui les aimons, nous avons le devoir de mettre notre gran de sau sur leur devenir.
C'est comme pour la Gascogne.
Auteur : Tederic M.
29/07/10
Je te comprends, Tederic, mais Manciet est un poète, pas un théoricien.
On ne demande pas à Mallarmé ou à André Breton de parler comme des guides Michelin !
On peut ne pas aimer Manciet (moi, j'adore) le trouver pompeux, lourd, obscur voire obscurantiste.
Moi, je le trouve génial, à cause des images qu'il fait naître dans ma tête (c'est un merveilleux peintre impressionniste) et à cause de son génie à mêler le local et l'universel, le petit monde gascon de la route Bordeaux - Sabres, et le grand monde des régimes et des mythes.
Je l'aime enfin pour l'extraordinaire qualité de sa langue, celle d'un locuteur naturel d'un gascon moins pur que riche, qui fait la fusion entre le neugue presque girondin (souche maternelle) et le parler clair du Marsan (souche paternelle).
Auteur : Dàvid
29/07/10
Et puis, la lande, son génie est peut-être aussi d'avoir autant de visages !
L'été, elle est vacancière, superficielle, les pins évoquent quelque pays d'été et de jeunesse. Ce n'est qu'une fête, tout au long des stations balnéaires, de Soulac à Anglet.
Ce n'est pas l'aspect que j'aime le plus chez elle, loin de là, quand les grands pins prennent des airs de cocotiers. Mais la lande en été, surtout vers la côte, peut avoir un tel air de vacances... Même pour nous, autochtones.
Puis elle se fait noire et vert sombre, c'est la lande d'octobre : celle des palombières, des planches noires au coeur des airials, des bérets, des vols bleus sur les ciels nuageux, des terrains de rugby au coeur des villages, le dimanche vers 16 heures...
C'est là que la lande prend son génie, son mystère : les sous- bois de fougère s'envahissent de brume, l'air sent le champignon, la caluna, la fumée... C'est le temps des cruchades... Les hommes redeviennent aulhèirs taiseux.

Rien n'est folklorique, dans ce que je dis : je l'ai vu, je l'ai vécu, je le vivrai encore ! Il y a sur cette terre plus de bérets, plus de frontons, plus de ballons ovales que partout ailleurs.
Et les golfs (ah, un pratice sous les pins, fin août, à Lacanau ou à Biscarosse !).
Et pourtant, je le dis de suite, je hais la corrida. Je ne cours pas après les bandas et les peñas.
Je hais la première par convictions intimes (j'en ai vu). Le reste, c'est parce qu'elles relèvent d'une autre forme de colonisation, selon moi, laquelle, bien que consentie, n'en est pas moins une.
Mais je sais que cela fait partie du décor, et je m'y résigne.

Par contre, j'aime la course landaise, son agileté, son courage dépouillé de sang ou de voyeurisme.
C'est un jeu qui ressemble aux Gascons : fier sans nulle arrogance castillane, physique et endurant, joyeux sans vulgarité...
Auteur : Dàvid
29/07/10
David, je suis suis profondément imprégné par cette Grande Lande où j'ai grandi.
Par les sonorités des voix du parler neugue, par les courses landaises que j'allais voir depuis tout petit à Parentis, par les odeurs et les couleurs de la forêt ou des bords de Leyre suivants les saisons, par le plaisir des premiers champignons, par les palombes et les bécasses.
J'ai aussi gravé dans ma mémoire les saveurs et les odeurs des tues de cochons, l'odeur du maïs que ma grand-mère faisait chauffer devant la cheminée avec un peu de graisse pour gaver les canards.
Toutes ces choses et beaucoup d'autres encore ont permis d'éveiller mes sens, et ont très fortement contribué à forger ma sensibilité.

L'autre élément important qui a développé ma sensibilité c'est la corrida.
Découverte en fin d'adolescence, elle m'a passionné au point d'essayer de pratiquer à un petit niveau.
Je ne pourrai jamais savoir si c'est le fait d'être landais qui m'a permis d'aimer les toros, ou si c'est ce que m'a apporté la pratique de la tauromachie qui m'a permis de ressentir les choses de la Lande avec encore plus de force.
Cependant il ne me viendrait jamais à l'idée pour expliquer ce que je ressens pour les Landes de parler de corrida.
La corrida ne fait pas moins (ni plus) partie du patrimoine landais que le rugby (que j'apprécie énormément) dont vous parlez.
Quand à la "colonisation" par les bandas (qui n'ont jamais prétendu jouer de la musique gasconne), elle est pour moi beaucoup moins réelle et sournoise que la "colonisation" occitane qui fait passer beaucoup de choses par l'école et par les médias sans que personne (à part sur ce site) ne puisse apporter de contradiction.

Pour terminer, quand vous liez le fait d'aimer la lande à votre haine de la corrida, vous me faites penser aux animalistes qui ont infiltré les partis nationalistes catalans (côté espagnol), ou à Renaud qui allait sur tous les plateaux télé où il était invité pour parler d'Ingrid Bétencourt avec un tee-shirt "corrida non-merci"...
Auteur : Christophe
30/07/10
>Est-on bien touristifiés dans les Landes ?
Franchement on s'en fout.
Que ces gens ne reviennent plus me fait plaisir.
La beauté n'est pas une obligation pour aimer un pays.
Je n'ai jamais recommandé à personne de venir en vacances ici.
La lande et la pinède ont pour moi une beauté secrète.
Elle n'est pas faite pour des vacances commerciales que tous nos édiles s'efforcent de promouvoir.
Le résultat est quasi nul, puisque à défaut d'en promouvoir l'âme on en détruit le décor, la seule chose qu'en perçoit le touriste  !
Auteur  : Lo Pèir 21/07/10
**************

La petite landaise

Je te salue Ninou, ma petite landaise
le Bon Dieu est avec toi
tu es bénie parmi les angelots
et ta présence est bénie
dans mes rêves de Paradis.

Demain dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne
je partirai, joyeux, dans le soleil levant.
J'irai par la forêt, des châteaux en Espagne
pour écouter les chants, chuchotés par le vent.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
attentif aux oiseaux, guettant le moindre bruit,
seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
à l'affût de ta voix, le jour comme la nuit.
Tu resteras toujours, libre et souveraine
en te foutant, pas mal, de ce tourisme infâme,
et moi j'écouterai la douce voix sereine
de ton patois landais, qui enchante mon âme.
******************
Bie£s mé tenden hardits !
Ke soun biws... l'amne d'ou cos !
Vieux mais sans cesse aventureux !
On est vivant... l'âme du corps !
******************
Je pense à toi quand je m'éveille
et de loin, je te suis des yeux,
je te revoie quand je sommeille,
dans un songe mystérieux.
Le seul bonheur auquel mon coeur aspire
c'est d'écouter tes refrains les plus doux.
Voilà, voilà, ce que je veux te dire,
mais hélas, je mélange tout !

Adiw Ninou, bisou bisou !
Auteur : Garluche de le Lëyre
30/07/10

Réponse de Gasconha.com :
Ce ne sont donc pas six, mais, avec Garluche de le Lëyre, sept amoureux des landes qui se sont manifestés ici !
Je ne lie pas mon amour de la Lande à ma haine de la corrida, j'aime la Lande et je hais la corrida, c'est tout.
Je suis bien un animaliste, le terme qui se veut blessant me va très bien. Corrida, non ! Et pas merci.
Et c'est un fils d'aficionado, lui-même ancien spectateur del Juli, de Julian Lescarret et del Fandi qui parle !
Le prétexte esthétique est devenu impuissant à excuser le voyeurisme quasi-pathologique de la tauromachie.
Ce n'est que mon avis.
Auteur : Dàvid
30/07/10
Ah ! Je trouve bien jolie cette ode aux landes, si on utilise la métaphore, déjà postée sur le blog de "Du pays Basque à la pointe de Grave "
Il y a deux tédéric, pour éviter les confusions je vais utiliser un autre pseudo : "Cornalis"
C'est le nom d'un lieu près de Morcenx qui depuis que je suis tout petit ne m'a jamais quitté.
Pour deux raisons : d'une part parce que j'avais des cousins qui vivaient au quartier "Cornalis" et d'autre part parce que c'est un lieu symbolique pour les bergers de la Lande (on comprendra pourquoi, petit, je voulais faire berger) qui se regroupaient à cet endroit avant de monter aux pyrénées pour la transhumance.
Ce lieu a été immortalisé par une photo d'Arnaudin où l'on voit une croix de chemin au milieu de nulle part.
Je me réjouis que les Landes ne laissent pas indifférentes.
Je préfère parler de la surface originelle des landes et non pas de l'erreur révolutionnaire lors de la création des départements : c'est un autre débat...
Mais ces landes dont nous parlons, elles partent de la Chalosse jusqu'aux limites du vignoble en Gironde.
Je vais peut être attiser d'autres réactions mais je ne vois pas de différences pour les ambiances et les images entre la région d'Hostens ou de Mios et celle de Labrit ou de Pontenx si ce n'est que l'architecture des habitations possède des différences.
Vous avez tous exprimés ce sentiment d'amour des Landes comme un sentiment caché et très personnel, je pense que ce qu'elles évoquent surtout c'est l'âme gasconne et si nous réagissons si fortement, c'est que nous avons tous le sentiment (à l'unanimité) que cette âme est fragile et peut disparaitre.
Lo Pèir l'a très bien dit "un pays dépeuplé de son enchantement… abandonné culturellement de nos élites"
Je reste quand même persuadé que des actions sont menées dans le bon sens notamment par le Parc des Landes et de Gascogne mais est-ce que ce sera suffisant ? N'ac sèi pas.

Le paysage change, les gens changent, nous sommes en période de mutation sociale, la mobilité est plus importante qu'autrefois.
Comme le dis Tédéric M, nous avons le devoir de mettre notre gran de sau sur le devenir des Landes mais aussi de la Gascogne, mais nous devons aussi être acteur et proposer des idées, des choses même si c'est minime mais mettre un petit grain de sable plus un autre à terme nous aurons une dune !
Bernard Manciet était une connaissance de ma famille maternelle (Sabres oblige), c'était un personnage il faut le dire passionné avec ce petit grain de folie gentillette qui caractérise ces poètes qui parlent avec leurs tripes, c'était sa façon géniale de nous communiquer son amour pour ce pays comme vous tous qui avez aussi différentes façons de l'exprimer mais ce qui compte au fond c'est le résultat :
Nous sommes des amoureux de notre pays gascon et de notre culture.
Amistats a touts
Auteur : Tédéric D. (Cornalis)
30/07/10

Réponse de Gasconha.com :
Nous passons donc du "gran de sau" au "gran de sable" !-)
D'ailleurs, je suis d'accord avec vous : le rugby est un apport extérieur, et ne relève pas des traditions landaises.
On ne peut toutefois pas y voir un outil de colonisation britannique en Gascogne...
Je ne pense pas qu'on parle beaucoup anglais autour des terrains de Tyrosse, Soustons ou Captieux.
Par contre, la "sauce" espagnole des peñas, bandas et autres bodegas couvre mal une misère culturelle, celle de l'identité et des traditions gasconnes qui se sont évaporées.
L'occitanisation... Je ne reprendrai pas le débat (Philippe Lartigue est en vacances) mais je crains fort que même elle soit impuissante à enrayer la francisation qui fait des villes comme Vieux-Boucau, Hossegor ou encore Mimizan des jardins pour Parisiens en goguette.
Auteur : Dàvid
30/07/10
Landes.
On ne trouve l'équivalent de cette forêt bordée d'océan nulle part en Europe (à part peut-être au nord de la Pologne ou de l'Allemagne mais là-haut, c'est pour de bon très triste, quoique beau aussi).

J'admets qu'aimer cette vastitude (Arnaudin) aux chemins désormais bordés de tas de bois à 2 Euros le stère, réclame un élan du coeur que tout le monde n'a pas.
On est libre de ses sentiments et il ne faut surtout pas se forcer.
Mais les Landes sont aussi une part atlantique d'un pays nommé France, pays dont je ne connais pas de semblable au monde.
Et au point où nous en sommes de notre longue histoire et de notre présence sur ce drap hexagonal, je recommande à tous ceux qui chipotent sur les asperges, les pins, les longues dunes, le silence, les couleurs du ciel et de la terre, la solitude, l'ennui, les chenilles urticantes, les bérets, entre autres détails, je recommande donc à ceux-là de bien réfléchir sur les éléments fort différents composant ce qu'il est convenu d'appeler un pays.

Comme un chien a besoin de sa queue et un chat de ses moustaches, la France à besoin, pour être elle-même, de la diversité de ses paysages.
Il en est de riants, d'autres, moins. Il en est de luxuriants, d'autres moins. Il en est d'opulents, et d'autres, moins.
Il en est de majestueux par leur simple uniformité et par l'impression (fausse) d'austérité qu'ils dégagent.
Les Landes sont de ceux-là mais pour le ressentir, il faut se donner la peine de regarder sous le toit sans fantaisie de la forêt, là où tout se passe pour qui veut simplement regarder.
Il faut traquer la courbe sous la ligne droite, le vallon où coule le ru, la vie et la couleur, intenses, sous la fougère.
Il faut voir l'océan furieux donner l'assaut à la masse de la forêt ployée par le vent et, lorsque la paix est revenue, s'émerveiller de leur coexistence pacifiée.
Il faut, entre autres voyages, aller sur le courant d'Huchet, longer la Leyre, il faut s'enivrer de platitudes, observer jusqu'à la fascination les faîtes des arbres s'entremêler dans la brise.
Il faut se donner le temps. Je vous jure que c'est possible, même en 2010.

Landes.
Elles furent une des plus importantes usines de France, où les hommes sortis d'un isolement millénaire s'affrontèrent aux sociétés industrielles.
Elles furent (et sont toujours), sous leur paisible apparence, le théâtre de tragédies immenses, un champ de ruines inlassablement relevées par le tenace enracinement de leurs habitants.
Cette fois encore, elles trouveront le moyen de se relever. Par amour de leur singularité, sans doute.


PS  : "de Moscou à Barbezieux... " Mon aïeul de Hagetmau fit le voyage aller-retour dans la Garde Impériale.
Ses écrits semblent indiquer une assez grande variété de paysages. Mais c'est vrai qu'à pied et en sortant des nationales, on a le temps de saisir les nuances.
Quant au retour à la lande d'Arnaudin, c'est un assez joli fantasme. Comme la bergère et ses moutons, l'échassier dominant le marais, la borde, les petites fées, les "oeils" magiques, etc.
Mais on ne vivait guère vieux dans ce désert sublime et beau.
Trente cinq ou quarante ans en moyenne. Bon, d'accord, la médecine a fait des progrès depuis, mais tout de même, "lou larzac-landès" , jouable, vraiment ?
Auteur : Alain Dubos
30/07/10

Réponse de Gasconha.com :
Note au gasconha-naute :
Alain Dubos est l'auteur de "Le Seigneur de la Haute Lande" qui a décidé bon nombre de parents (également amis des landes de Gascogne, on peut le supposer) à prénommer leur nouvelle née Linon, un des prénoms les plus commentés sur Gasconha.com.
Messieurs (et Mesdames ?), je vous laisse ; le débat semble bien lancé, largement au delà de ce mot "déso-lande" qui a mis le "feu au sable".

J'aime vous entendre parler de votre pays avec passion et raison, j'aime moins les propos suffisants, et définitifs donc méprisants.

Notre pays, notre Europe, notre monde n’est pas un puzzle à 2 pièces, les Landes et le reste : « longue plaine agricole et quelques lignes de coteaux agrémentées de clochers ».
Pour fabriquer un champion cycliste il faut autre chose que des côtes de 4ème catégorie les plus faciles ; pot belge, EPO, génodopage…
Je parcours environ 10 000 km de vélo par année, dont 1/10 pour aller et revenir du travail (au-boulot-a-velo), je suis très affligé de compter le nombre d’automobiles ne transportant que leur conducteur chaque jour pour aller au travail ou en fin de semaine pour aller au pain.

Pour conduire une pensée ou un effort, faire vivre un pays, il faut autre chose que des grandes artères autoroutières, vous en apportez la preuve culturelle.
« Déso-landes », je me permets de me citer :
« Petit vent du nord, route des landes jetée sur le terrain comme une chaîne d'arpenteur aux maillons longs de 12 kilomètres. Lever du jour toujours magnifique, heureusement c'est au moins ça de pris, car en matière de paysage, l'étape sera "déso-landes", rien ne venant distraire le cyclo, sinon les traversées des rares agglomérations et la lecture assidue de la carte à l'affût du moindre petit croisement. Peu de monde. Maintenant qu'ils ont trouvé leur location, ils sont tous à la plage, ou à Andernos que je traverse à 10h50. Quelques kilomètres sur pistes cyclables, mais pas trop, car la succession des bosses et des stops devient à nouveau très vite lassante. »
L’adjectif bricolé ne se rapporte qu’au paysage de l’étape. L’accueil d’un touriste aussi atypique qu’un cyclo randonneur dans les « hypermarchés du tourisme » n’est pas désolant que chez vous, ce jour-là et sur cet itinéraire.

Je terminerai en me citant à nouveau : « … j'apprécie une région plus qu'une autre  ?
relief, couleurs, roches, luminosités, odeurs, volumes, architecture, couvert végétal, activité humaine et productions, gastronomie, histoire.
… je n'ai pas envie de séjourner, mais plutôt de fuir un endroit ? bétonnés, sur-fréquentés, pollués, surexploités, surexposés ; ils en deviennent à la fois fades et écœurants ; miroirs aux alouettes de nos instincts de consommateurs.
voyager à bicyclette permet de s'imprégner pleinement d'un pays. Tous les sens sont sollicités 24 heures sur 24. Nos mémoires jubilent comme des enfants à l'école et en récréation. Elles retrouvent, comparent, apprennent, jaugent, et retiennent odeurs, couleurs, goûts, luminosités, déclivités, températures, rencontres humaines. On retiendra d'autant plus ces leçons, qu'on est allé les chercher soi même, à l'aide de ses propres capacités, sans polluer, sans déranger.
Le cheminement impose des traversées non désirées. On ne s'échappe pas comme ça du laid, de l'ennuyeux, aussi facilement qu'un bouchon sur autoroute qui se dilue. Il faut pédaler, vigilant à tout instant, gagner lentement sa sortie, faire "contre mauvaise fortune, bon cœur", puis, malgré soi, petit à petit, trouver intérêt aussi à côtoyer ce qu'à priori on n'aurait pas goûté.

De Nice à 19 heures, de Grau du roi un jeudi, de la nationale 112 d'après le Castellas, je garderai, entre autres :
les souvenirs de ce " kéké " et de sa poule paramétrant son GPS en obstruant une file de circulation devant un feu tricolore pourtant bien vert ;
cet arrosage continu du terre plein central d'une route de front de mer ombragée de pins parasols majestueux ;
ces deux jeunes européens de l'est, peut-être sans papiers, réveillés par la circulation sous leur pont squatté me saluant de leurs cris. »

Adi, wédersah, ikus arte, kenavo, salutu, adessiatz, … Francis
Auteur : Francis
31/07/10

Réponse de Gasconha.com :
Adiu Francis ! (je pense que nous pouvons nous tutoyer entre lecteurs de paysage et découvreurs du monde)

Merci pour ton "grain de sable" qui a lancé un débat fondamental pour les Landes de Gascogne.
Le vélo devrait être un moyen idéal dé "traquer la courbe sous la ligne droite, le vallon où coule le ru, la vie et la couleur, intenses, sous la fougère" selon les mots d'Alain Dubos.

Je souhaite que tu reviennes un jour et envoies à ton blog des échos plus favorables, soit que les Landes auront changé, soit que tu les traverseras autrement.

[Tederic lou webmèste]
Tu as tout à fait raison Tédéric, et avec l'énergie qui se dégage dans ces grans de sau, tout ça est bien prometteur.
Auteur : Tédéric D.(cornalis)
02/08/10
Oui, merci. Voilà un beau prétexte qui nous a été donné de dire l'amour de notre terre.
Dommage, justement, qu'il nous faille un prétexte pour ça :/.
Celui qui, ayant beaucoup voyagé (comme ce monsieur, comme Manciet, comme je l'ai un tout petit peu fait aussi) et qui dit son amour charnel de sa terre,
Est-il forcément un lyrique illuminé ou un poujadiste à l'esprit étroit ?
Non ! Car nous avons tous laissé notre coeur
[pour la suite du gran de sau, reportez-vous au nouveau fil de discussion sur les landes]
Auteur : Dàvid
02/08/10

Réponse de Gasconha.com :
David et les autres, pardonnez-moi : pour des raisons de mise en page, j'ouvre un nouveau fil, dont ce gran de sau sera le premier.
Le débat sur les Landes doit continuer, ici et ailleurs. Comment est-il possible qu'il ne se tienne pas ailleurs, ou si peu ?
Comme pour la Gascogne, nous devons être ambitieux et exigeants pour les Landes de Gascogne !
[Tederic]
J'aimerais savoir quelque chose.
Quelles sont les methodes modernes de nos sylviculteurs ?
Quelles varietes ont-ils plante pour que ce soit si laid, que ca creve et que ca tombe aussi facilement ?
Ce n'est pas une blague, je suis vraiment beotien dans ce domaine.
Auteur : P.Lartigue
10/08/10
Pyrénées
Labourd.
Extrait de la série classique "Euskal Herria - La Mirada Mágica" de ETB.
Est traitée la partie gasconophone de la côte labourdine, de Biarritz à Anglet.
Impossible de trouver sur le net l'émission consacrée au Bas-Adour qui traitait largement de pays gasconophones.
Langue
Vous trouverez divers enregistrements de la Parabole de l'Enfant Prodigue, notamment en Gascogne.
Une mine pour retrouver les accents locaux.
Je disais notamment, c'est essentiellement à vrai dire. Ce sont les enregistrements préalables à l'édition de l'ALG.

Tous les départements gascons sont traités  : 09, 31, 32, 33, 40, 47,
64, 65, 82.
Auteur : Vincent.P
29/11/08
Merci Vincent et merci à ceux qui ont fait le travail de numérisation.

J'ai été très ému en entendant ces voix, Jean Lafargue de Biscarrosse qui était mon voisin et Jean-Baptiste Léglise de Parentis qui était le demi-frère de mon grand-père paternel.
C'est exactement le gascon que j'ai toujours entendu.
C'est celui que j'ai étudié pendant des mois et des années.
Les détracteurs de l'ALG, je pense notamment à "David en colerassa", devraient écouter ces enregistrements et se faire une idée de la fiabilité ou non de l'ALG.
L'enquête Bourciez est très fiable, preuve par 9.

C'est vraiment très émouvant.
Auteur : P.Lartigue
01/12/08
Remarquable ! J'ai ecouté l'enregistrement d'Arguenos (Haut-Comminges).
On aimerait entendre plus souvent une langue d'une telle qualité !
Auteur : inconnu
01/12/08
Extraordinari !! :D
Auteur : Hlo
12/12/08
Bien évidemment on ne peut que remercier Vincent pour cette remarquable contribution, tout en précisant que, ce faisant, on ne court pas le risque sur Gasconha.com de se faire descendre en flammes...
Encore merci à lui et aussi à Tederic.
Auteur : Daniel Séré
15/12/08
Je viens de découvrir votre site et notamment, ces superbes car authentiques enregistrements de "l'enfant prodigue".
J'ai pu ainsi avec bonheur entendre la voix de mon parrain, Jean Laffargue de Biscarrosse, mais aussi tous les accents et nuances que l'on rencontre dans notre Belle Gascogne.
Bravo à tous ceux qui ont réalisé ce superbe travail.
"Adichats e merci hort".
Auteur : Jean-Claude SAINT-JOURS
16/12/08

Réponse de Gasconha.com :
E be oc, cau diser "bravo" ad aquestes "cercaires de lenga" qui an hèit un trabalh rigorós de memòria dens las annadas 60, e tanben aus qui, 45 ans aprèps, an sabut utilizar las navèras tecnologias entà partatjar aquò.
Beròi trabalh de transmission !
Remirable, l'utilizi en cors dens una fòrma...
Remirable, l'utilizi en cors dens una fòrma braca e en MP3, los liceans son atentius.
Los hèi causir una comuna sus una lista de 59 dens los 9 departaments, an senglas mapas e localizan lo lòc collectat.
Mercé deus bèths au qui revelè aqueste tribalh de 50 ans a.
Signat un lèd professor d'occitan.
Mes non, un gascon garonés qui ensenha la lenga nòsta.
Auteur : Eric Astié
16/01/09
Pour ceux qui seraient curieux, le premier enregistrement d'Arrens est du fait de Camelat, le grand écrivain bigourdan et date de 1947 (la comparaison avec le second locuteur un peu moins de 20 après est sans appel sur la dégénérescence du gascon, pas vraiment dans ce cas précis pour la syntaxe, mais surtout sur l'accent et la prononciation). Ce qu'en dit l'ALG :

"695 0 Arrens Hautes-Pyrénées Cton Aucun Août 1946
Miquèu Camelat, 75 ans + (Note : la croix signifie "natif"), épicier,
dialectologue aux méthodes scientifiques et écrivain gascon illustre,
note son propre parler.
A Arrens, la vitalité et la pureté de la langue gasconne sont
remarquables. Sifflantes sensiblement chuintées."

Vous pouvez comparer la langue très gasconne du Lavedan avec celle de l'Ossau (Aas et Bielle), de bien moindre qualité, le contact avec la plaine (dont Bordeaux) en étant la cause.
Auteur : Vincent.P
11/08/09
Ici avait trouvé place un gran de sau de Ph. Lartigue qui posait des questions sur la qualité des transcriptions, et non des enregistrements eux-même.
Cela a entraîné un débat long et passionné autour de l'occitanisme et de la Gascogne.
Ce débat alourdissait trop le "ligam de l'enfant prodigue"...
Il est désormais consultable ICI.

"Disculpeu les molésties", comme j'aime dire en catalan...
Auteur : Tederic lo webmèste
10/07/10
Musique
Mérignac
Gascogne bordelaise
"Marinhac-Bordèu
Bordalés.
Un cantaire de Reggae/Ragga originari de Marinhac, au ras de Bordèu, qu'augut l'idèia d'arrevirar son sit personau en gascon !
Vaqui un artiste qu'es completament en dehòra daus clicats ligats a la musica en Gasconha, e que pareish pas èster eishut dau mitan occitanista !
Pr'aus que dobtavan de l'espelida de la lenga en parçan bordalés, aqui una pròva !
Una iniciativa das navas !"
Architecture
Bayonne
Landes-Adour-Chalosse
Quelques oeuvres des frères Gomez, bayonnais de la communauté juive de Saint-Esprit et gasconophones (Benjamin Gomez était auteur de music-hall dans la ville et a écrit de nombreuses pièces en gascons dont "Malaye !!)".

inventaire.aquitaine.fr

Gomez déplorait la montée en puissance de l'identité basque à Bayonne face à l'oecuménisme basco-landais (source : Latry) :

"Or, comme en ce moment le Basque fait florès
Et bien qu'en maint cénacle on lui demeure hostile
Du type "Basque Urbain" on a choisi le style :
un basque ... édulcoré, très tranquille, bourgeois ;
Quelques balcons massifs, très peu de pans de bois,
Mais des corbeaux ventrus, des avant-toits rustiques
Du basque ... endimanché ... retour des Amériques."

NB : Je suis assez stupéfait par les propos de Rafael Zulaika au sujet des frères Gomez.

"Faisant partie de la communauté juive bayonnaise, on ne peut pas dire qu'ils étaient basques." www.eitb.com

Ce n'est pas parce qu'ils étaient juifs qu'ils n'étaient pas basques, c'est parce qu'ils étaient gascons ...

[Vincent.P]
Guy Latry, professeur à l'université Michel-de-Montaigne, a réalisé un article très intéressant sur l'oeuvre "lyrique" de Benjamin Gomez (dit Benja de la Revue), insistant sur l'identité gasconne - et non pas basque ! - présente dans ces oeuvres.
On y trouve des jeux de mots qui ne sont compréhensibles qu'en gascon.
Pour l'anecdote, la traductrice du Musée Basque les avait traduits en basque...ce qui ne donnait bien sûr pas grand-chose !
Latry, landais d'origine, ne s'est pas privé d'égratigner la "basquitude" prétendue de Bayonne, notamment à travers le personnage de Migueletche, berger basque qui joue le rôle de l'idiot du village dans "Malaye !".
A noter que cette dernière pièce eut deux suites, titrées toutes deux "Meusclagne" ("mêlée", avec l'accent negue).
Dans les oeuvres de Benjamin Gomez, la critique de l'impérialisme basque sur la Gascogne aturine est très aigrement présente.
Les paysans d'Urt et environs, par exemple, portent des noms gascons (Chuque-Cuye, Nas-de-Biague...) et ne rêvent que d'une chose : de partir en Amérique du Sud pour devenir danseurs de fandango...
C'est aussi l'occasion de lire du véritable gascon bayonnais, avec l'article "ibe", notamment, et les formes en "èir" que l'on croit bordelaises, qui existent à Bayonne au féminin seulement (un crabèr / ua crabèira).
Auteur : David
28/06/10
Ibe devrait s'écrire iva en graphie oficielle, car provient de iua per betacisme de u intervocalique comme dans la forme verbale sentiua > sentiva L'article ua>iua>iva.
De même, liva (lua), priva (prua), divas (duas) etc. a noter aussi que le bayonnais altère souvent la consonne f initiale sans l'aspirer : pòrt, prut (hòrt, hrut/frut) boelha (huelha) etc. un trait partagé avec le basque.
En revanche l'article feminin le devrait bien, s'écrire le et non pas la, car a tonique ne peut sonner e.
Auteur : joan.peiroton
29/06/10
Touts ne coumprenen pas "Chuque-Cuye"...
"Suce-Courge" !
"Nas-de-Biague" = "Nez-de-Vinaigre" ?
Auteur : Tederic
29/06/10
Ce /u/ intervocalique s'entend aussi en Bazadais, bizarrement, dans les formes verbales dont les radicaux sont en /u/.
En fait, c'est plus exactement un /w/ qu'on entend.
C'est le cas pour les imparfaits et les passés simples : que tuèt (il tua) se prononce "que tuouèt". De sorte que si on devait transcrire exactement la phonètique locale en graphie occitane normalisée, on écrirait "que tuvèt".
On trouve un cas de vocalisation analogue, avec l'existence non-écrite d'un iod entre le "e" et le "a" de "idea", qu'on prononce en Gironde "idèye". Moi, j'ai fait le choix d'écrire "idèia".
Auteur : David
29/06/10
Es aquò Tederic ! I en a un tresau, me rapèli pas coma s'apèra. Verificaréi.
Auteur : David
29/06/10
Les trois noms concernés sont :
Chuque-Cuye, natif d'Urt ; Justin Nas-à-Biague (et non pas "de Biague), de Tarnos ; et Célestin Cap d'Ail, de Bidache, tous trois cités comme "Gascons pur sang". (Latry, Benja de la Revue, p. 5).
Noter aussi le sabir pseudo-basque que l'on prête à Dominiché, paysan basque des environs :
Cinéma ? Cetté chambré dé mécaniqué qui tourné, biré bité, bité, bité ; achents dé bilé fairé patac, cimpi, çampa, coups dé makila Débrimisaya ; tout ça, il né baut pas iné bellé partie dé chistéra abéc saout bascoua eta irrincina.
puis
Dominiché, oui, réformé à caussé dé muet. Capitaine touchours sulé quand Dominiché arribé, alors Dominiché poubait pas pas parler troissiémé personné, puisqué capitainé touchours sans auquiné autré personné ; alors, Dominiché chamais parler, machor porter muet ; Dominiché soigné hôpital de messié Bénébolé. Auchourd’hui, Dominiché guéri… et Dominiché bénu ici.
Benjamin Gomez est aussi auteur ou co-auteur des pièces "Pot Ana" (1908), "Meusclagne" (1911), "Hougna ! Hougna !" (1913) "En cinq sec" (1915), "Bayonne à la Chine" (1916), "Un chic de luts" (1917), "Ichillik !" et "Co que dit ?" (1919), "capbreton Sketch" (1920), "Malaye !!!" (1929).

Guy Latry souligne avec finesse mais sans concession le traitement infligé par le Musée Basque et sa direction à l'identité gasconne bayonnaise...
Auteur : Dàvid
30/06/10
Le mépris de la bourgeoisie bayonnaise envers les basques n'est pas nouveeau.
Exemple du berger basque un peu niais, ou bien de ces groupes folkloriques de l'intérieur qu'on faisait venir à Bayonne et dont on moquait.
Les bons sauvages qu'on renvoie vite dans leurs campagnes.
Quand on voit la situation aujourd'hui. Qui donc est risible ? Ce sont les nullissimes "gascons" de Bayonne, d'Aci Gasconha et d'ailleurs.
Le mépris a changé de camp, un peu comme les Flamands et les Wallons. Bayonne est basque, les gascons sont morts et c'est bien fait pour leur gueule.
Quant aux occitanistes bordelais, pathétique !
Auteur : inconnu
01/07/10

Réponse de Gasconha.com :
L'histoire est faite de mouvements de balancier.
Le méprisé deviendra demain méprisant pour celui qui le méprisait.
La connaissance de l'histoire nous apprend donc la vanité du mépris, du racisme.
Elle nous permet de relativiser ce triomphe apparent, en ce début de 21e siècle, de l'identité basque à Bayonne.

La Gascogne est au plus bas. Elle ne peut que remonter.
La Vasconie réunit les basques et les gascons dans une relation dialectique.
Cultivons la Gascogne, et les basques finiront par nous respecter !

Dans cet esprit, je ne valide pas les grans de sau qui ne portent que la haine et le mépris.
Le présent gran de sau, non signé, dérape à la fin, mais mérite la validation pour le reste.
[Tederic]
Le personnage de Dominiché est en soi assez odieux, personne ne le conteste.
Il faut toutefois relativiser les choses, un des principaux collaborateurs de Benjamin Gomez étant le chansonnier basque (et bascophone) Oyarzun.
Dominiche est donc davantage un clin d'oeil - un peu acide, comme il convient entre frères - qu'un manifeste de colonialisme.
Son sabir "petit nègre" peut être en effet rapproché des clichés négrophobes style Tintin au Congo, et, de nos jours, il serait davantage maladroit qu'amusant...
Ceci dit, il n'y a dans le fait de le présenter ici nulle tentation de mépris ou de prosélytisme. C'est juste un aperçu de la réalité bayonnaise des années 10, à travers la perception de créateurs aux origines diverses : Bayonnais de la communauté juive (une des plus anciennes d'Europe), Basques, Landais...
Gascons et Basques sont voisins et frères, et partagent parfois les mêmes territoires. Ce genre de vannes entre gens qui s'aiment, je le répète, ne portent à nulle conséquence autre que d'entretenir une complicité faussement rivale.
Bayonne est bayonnaise, et sera ce qu'en feront les Bayonnais. Point.
Auteur : Dàvid
01/07/10
Une précision : le seul intérêt que je voie au sabir que l'on prête à Dominiche dans "Malaye !!!", est de permettre aux non-bascophones de s'initier à quelques rudiments de la phonétique basque.
Personnellement, ça m'a beaucoup aidé à comprendre ce qu'est en réalité l'accent basque.
Et j'y trouve d'intéressantes relations avec les prononciation du béarnais d'Aspe, par exemple."achent dé bilé" est à peu près la façon dont un natif de Cette-Eygun prononcerait "agent de ville" en français.
Auteur : Dàvid
01/07/10
Juste une remarque d'ordre linguistique sur l'intervention, par ailleurs juste, de joan.peiroton que je cite :
"En revanche l'article feminin le devrait bien, s'écrire le et non pas la, car a tonique ne peut sonner e."
Non, cela est faux car on oublie toujours que les articles, ainsi que beaucoup d'autres mots tels que "enta" ou "ta" ne portent pas d'accent tonique ! Nous autres francophones (il faut le reconnaître, nous le sommes quasiment tous) oublions trop vite ces notions que les locuteurs de langues à accent(s) tonique(s) ont intégré depuis leurs premiers mots.
C'est pour cette raison qu'il est inutile d'écrire "entà" ou "tà" avec un accent grave car c'est un mot sans accent tonique dans la phrase.
De la même manière on peut écrire les articles féminins définis "la" ou "era" qu'ils se prononcent /la/ ou /lœ/ ou bien /era/, /erœ/, /ero/ ou /er-"/, dans ce dernier cas comme pour l'article de la plaine quand il y a élision devant un mot commençant par une voyelle.
À ce sujet, faut-il rappeler que les -a finaux atones qu'on dit prononcer "o", font la liaison avec le mot qui les suit s'il commence par une voyelle et qu'il est inutile et redondant de prononcer le son.
On reconnait parfois certains néo-locuteurs à cette façon de dire, par exemple : "ua casa arroja" comme s'il fallait doubler le /o/ final atone de "casa" et prononcer aussi le "a-" initial de "arroja", tout aussi atone.
En fait il faut prononcer en gascon "cazarrOUyo" dans un seul souffle.
Par contre, je ne sais me prononcer par rapport à l'article masculin défini toulousain qui se prononce /lé/ et non pas /lou/.
Le graphier "lo" alors que nulle part dans la description d'Alibert sur la graphie qui allait devenir la graphie occitane dite 'classique' il n'est fait mention que la lettre "o" pouvait être un polymorphème, à l'inverse du "a".(*)
Me comprenez-vous ?
Mauaisit d'expliquer avec des mots simples ce qu'un seul mot savant de jargon linguistique suffit quand on en a appris et compris la définition.

(*) J'ai conversé dernièrement avec des natifs de la plaine toulousaine retranchés aujourd'hui en Ariège languedocienne qui ne comprennent pas pourquoi on les corrige quand ils vont prendre des cours "d'occitan" pour ce fameux article.
Ayant la langue en tête mais depuis leur enfance et maintenant adultes dans la cinquantaine, ils ne retrouvent pas le "patois" que parlaient leur parents et grands-parents.
Il n'y a aucune transmission en région toulousaine de cet article "lé", ni en écoles Calandretas, ni dans les cours pour adultes distillés par l'IEO, ni à la faculté ou sous une forme anecdotique en passant, ni dans les annonces dans le métro ni nulle part.
Cette perte d'identité linguistique toulousaine peut être attribuée à 75% au travail des occitanistes sur le terrain.
Je pense pour revenir à ce fil de discussion via grans de sau, qu'il en est de même à Bordeaux ?
En Bigorre, Armagnac, Comminges, il reste encore un peu quelques locuteurs dont la langue leur a été transmise peu ou prou par leurs parents ou souvent grands-parents : ils permettent de balancer les influences occitanistes standardisatrices.
Dans les zones urbaines, il n'y en a plus et la place leur est laissée libre.
Je me demande ce qu'il en est dans la vallée de la Garonne, entre Toulouse et Bordeaux ? En Médoc ? Dans le bas-Adour ?

À part leur site internet, je ne sais quelles sont les actions concrètes d'Aci Gasconha ?
En Béarn, les querelles fratricides entre béarnisants, gasconnisants et occitanisants faisant rage encore, il est difficile de savoir ce qu'il en sortira !
Auteur : Txatti
04/07/10
En réponse à Txatti, comment enseigner une langue à des adultes (par exemple) lorsque ces derniers proviennent de régions différentes ?
Doit-on enseigner "lo" (plutôt majoritaire) ou "le" minoritaire (autant en gascon qu'en languedocien ?).
Doit-on enseigner une "langue large" à des gens venant par exemple de Bigorre, Rouergue, Languedoc, ... voire du nord de la France, autre pays ou non de l'UE ?
En revanche, rien n'empêche à un étudiant de garder sa prononciation d'origine. J'ai rarement vu des profs corriger "le" pour "lo" par exemple.
Auteur : Julian
05/07/10
Je partage complètement les préoccupations ici évoquées.
Bien évidemment, le problème se pose de façon encore plus aigüe à Bordeaux, où l'on ne parle guère dans les milieux autorisés que le gascon "Per Noste" normé et monolithique :
vocalisation du "s" du verbe être, systématisation du "que" énonciatif (atau qu'ei), non-emploi des formes prétéritales et subjonctives propres au nord-gascon, grammatique béarno-bigourdane (ce n'est même pas du vrai béarnais, ce qui serait mieux...), refus de la prononciation locale fermée du /a/ (las > les) etc.

Personnellement, j'apprends autant que possible le gascon local, qui présente la double particularité de posséder assez de caractère gascon pour pouvoir être différencié, et d'avoir, d'autre part, une potentialité d'ouverture plus grande vers les autres parlers occitans, du fait de sa forte influence limousine et languedocienne.
Auteur : Dàvid
06/07/10
Ca me paraît bien académique cette querelle, et si "évoquer" les subtilités multiples aide à faire ressortir la richesse de la langue, les revendiquer n'aide qu'à la décrédibiliser et rendre impossible à enseigner.
Moi j'ai appris en oral du gascon médoquin, du lot et garonnais d'Albret et du Bazadais. Je vais aller faire un stage à Silvelade, donc du Béarnais, et je me dis que dans tous les cas j'y trouverai une base, et j'y garderai les particularités que j'estime miennes.
Mais je ne considère pas pour autant aucune variante indue, ni aucune normalisation indigne.
Moi je sais une chose, la transmission est trop importante et trop fragile pour laisser ces querelles prendre toute la place.
Auteur : lo gran stef
13/07/10
Heu... L'Orthézie est le cheval de Troie de l'occitanisation, mais on dit quand même encore Sauvelade. :D
Auteur : Vincent.P
14/07/10
100% d'accord avec "lo gran stef". Aquí que l'as tè !
Auteur : Renaud
15/07/10
Je me repete. Nous devons travailler a un gascon "hard" commun.
Les patois locaux sont les meilleurs allies de l occitanisme. Langue du vulgus pecum face a l occitan norme destine a la future elite occitane.
Les langues qui ont reussi se sont d abord dotees d un standard.
Les occitanistes l ont bien compris qui poussent a la creation d un standard occitan, a base exclusive de languedocien bien entendu.
Ils peuvent declarer ce qu ils veulent, ils n ont jamais renonce a l eviction progressive des patois, dont le gascon, au profit de la koine qu ils fomentent.
Mais les Gascons sont incapables de s entendre, depuis toujours et, en cela, sont les meilleurs allies objectifs de l occitanisme.
Auteur : P.Lartigue
09/08/10

Proposez-nous un(e)
grain de sel !
Commentaire :

Votre adresse e-mail (ne sera pas publiée) :

Votre nom :
Proposez-nous un(e)
lien !
(dans l'esprit Gasconha.com)
Attention, pour chercher, ce n'est pas ici ! Utilisez la case "Cercatz" quelque part ailleurs sur l'écran !-)
Thème :

Commune (si votre lien concerne spécifiquement une commune) :

Pays (par exemple Médoc, ou Chalosse) :

Commentaire :

Votre adresse e-mail (ne sera pas publiée) :

Titre :

Adresse du ligam (lien) :
Prepausatz ligams / Proposez des liens !
(Les images illustrant les liens doivent être envoyes sparment, par e-mail.)

Attention :
Les liens proposés doivent s'accorder avec "l'esprit" de Gasconha.com, et son domaine gographique : la grande Gascogne, entre la mar, la Garonne et les Pyrnes, et mme, au Sud des Pyrnes, le reste du domaine vascon...