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Le mal qui grignotte lentement nos territoires
Désolé d'apporter une note grave voire un peu pessimiste en ces temps de fêtes mais je conseille l'article du journaliste Jean-Laurent Cassely "Que faire des territoires perdus de la mondialisation ?" (www.slate.fr/story/66125/mondialisation-territoires-perdus)

ainsi que la contribution du lecteur aveyronnais qui suit(Larrynautik) et dont j'ai repris le titre du post.
Voir aussi le livre cité de Laurent Davezies "La crise qui vient"(encore désolé !).

Mieux vaut garder quand même les yeux ouverts devant ce qui nous guette pour essayer de prendre et recommander les bons virages,quand on peut les prendre ...

Bona fin d'annada a tots, totun !
Auteur : G S-G
27/12/12

Réponse de Gasconha.com :
Merci Gerard, pensi que l'an ne s'acaba pas mau ende Gasconha.com (ende la Gasconha, qu'es auta causa...), e sajeram de héser miélher enqüera, e de gahar o crear las escasenças de'ns amassar fisicament !
[Tederic M.]
Votre avis ?
J'ai lu l'article de Cassely.
Parallèlement, je reviens ce soir de Sos, petite bourgade entre Albret et Armagnac, où la maison de retraite semble la locomotive économique... alors qu'autrefois il y avait une scierie, d'abord bien raccordée à la voie ferrée près de la gare de Sos, puis au bord de la route, à "Las Pusoques" quand la route a eu supplanté le rail.

Pour juger du devenir économique de nos régions, et dans notre cas, de la Gascogne, soyons modestes intellectuellement parce qu'il est très difficile d'embrasser la totalité du problème, restons calmes et rationnels parce que le catastrophisme ne favorise pas l'analyse, soyons imaginatifs et indépendants d'esprit !

Bon, que'm lanci !
En économie, et sur la localisation des activités, les coûts de production jouent un rôle important.
Si nos territoires ne sont pas compétitifs, c'est en partie parce que le coût du travail y est élevé, alors que le coût de l'énergie, qui joue beaucoup sur le coût des transports, favorise l'arrivée de produits depuis des pays qui ont des coûts moindres.
Je doute de toute réflexion prospective qui ne prend pas en compte les paramètres du coût du travail et du coût de l'énergie.

Ensuite, à coûts du travail et de l'énergie égaux, certains s'en sortent mieux que d'autres, par exemple la sidérurgie allemande mieux que la sidérurgie française, pour des raisons politico-culturelles qui viennent de loin.

Un des commentaires à l'article de Cassely met en avant le contraste entre Lens et Bilbao.
Beaucoup de clichés là-dedans !
Les basques plus racistes que les chtis ?
J'ai assez vécu chez les chtis pour en douter.
De toute façon, c'est plutôt Lille que Lens, qu'il faut comparer à Bilbao.
Et Lille a peut-être sa bourgeoisie d'affaires, mais se sent-elle "chti" ?

Il peut y avoir des fiertés ethniques qui induisent des réussites économiques.
Quand une communauté n'a pas confiance en soi, pas de modèle de réussite en son sein, il ne faut guère attendre qu'elle ait du gnac.

Plutôt que considérer comme acquis que seules les métropoles peuvent arriver à rester dans la course mondiale, il faut raisonner finement sur les tissus sociaux qui font des communautés économiques solides.

Si tous les jeunes aveyronnais pensent qu'il n'y a pas d'avenir chez eux, c'est bien sûr mal parti.
La Gascogne profonde est dans la même situation.
Mais s'il y a un patriotisme suffisant, certains resteront quand même (en acceptant de gagner peu d'argent), d'autres qui auront réussi ailleurs dans l'économie mondialisée reviendront...

Sur Gasconha.com, on ne va pas trop développer la réflexion sur le coût du travail et de l'énergie (j'ai dit pourtant comme je trouve ces paramètres importants), mais la question du patriotisme et du "gnac" collectif a pleinement sa place !
Celle de la décentralisation politique, qui favorise les synergies locales et l'utilisation des ressources spécifiques aux régions ou aux petits pays, également. On voit que ça joue en Allemagne. Coller au terrain...

Voici mes premières réflexions, un peu désordonnées, parce que je ne vais pas ce soir construire une théorie...
Auteur : Tederic M.
27/12/12
Deuxièmes réflexions...
1) J'affine le constat :
Pour la Gascogne profonde, c'est-à-dire la partie du triangle gascon qui n'est pas (encore) dans la zone d'influence des deux métropoles Bordeaux et Toulouse, l'exil des jeunes diplômés est une réalité ancienne.
La plupart des jeunes qui avaient dépassé l'école primaire devenaient fonctionnaires, et quittaient la région, au moins pour un temps.
Je suis moi-même un produit de cet exil.

Pourquoi cette réalité reçoit-elle maintenant la lumière des projecteurs ?
L'article de Cassely parle de vieilles régions industrielles comme la Lorraine, qui n'avaient peut-être pas connu autant l'exil des diplômés, et où la tentation de l'exil toucherait maintenant aussi les non diplômés.

La Gascogne profonde a sur ces régions d'industrie sinistrée l'avantage... d'avoir eu ses industries sinistrées beaucoup plus tôt, et plus progressivement peut-être, et avec l'amortisseur du débouché facile (mais douloureux par l'exil) dans la fonction publique, puis le développement de l'économie résidentielle ou "présentielle" grâce à l'afflux de retraités principalement.
L'attrait touristique (douceur du climat) joue un rôle, Cassely en parle.

La Gascogne profonde a aussi, maintenant, l'avantage d'être proche de deux métropoles mondialisées (enfin, relativement), Toulouse et Bordeaux.
Ne pas négliger non plus le Pays basque espagnol, qui ressemble à une aire métropolitaine, largement autant mondialisée que Bordeaux et Toulouse, et physiquement (mais pas culturellement) presque aussi proche de la Gascogne profonde.
Cette proximité d'aires métropolitaines mondialisées permet des allers et retours...

Je rappelle aussi que l'action de l'Etat français a depuis l'origine (les premiers rois capétiens) renforcé Paris au détriment de tout le reste du territoire.
Même Lyon, jadis place financière supérieure à Paris, a dû s'incliner. Lire Braudel.
Donc, rien de très nouveau pour nous. Pas de panique !

L'attractivité résidentielle de la Gascogne profonde devrait perdurer.
Attention quand même au flux des retraités du nord de la France et de l'Europe : de nouvelles destinations s'ouvrent à eux, plus au sud (Maroc, Tunisie, Croatie...).
Les maisons de retraites allemandes commencent à se délocaliser dans les pays à faible coût de main d'oeuvre...
Le déclin de la fonction publique et du tissu des grandes entreprises en France peut aussi réduire le nombre des retraités qui (re)viennent en Gascogne, et leur pouvoir d'achat.

2) Mes préconisations :
- individuellement, pratiquer le compromis, les allers et venues entre l'économie mondialisée et l'ancrage dans nos territoires ; nous le faisons déjà, sauf que le retour au territoire est souvent définitif : soit c'est la retraite, soit c'est un retour anticipé, mais on n'a plus trop envie de repartir vers la dureté du vaste monde, qui n'attend pas non plus après nous...
Les jeunes sont attirés, eux, par le vaste monde. Ils sentent qu'ils doivent y faire leurs preuves.
Ils veulent aussi consommer mondial (smartphones etc.), et la voie royale pour cela est de "travailler mondial".
Mais certains en reviendront.
D'autres n'iront pas, car tous les jeunes diplomés de Gascogne ne peuvent pas devenir cadres de l'économie mondialisée.

- collectivement :
Je maintiens la nécessité d'un patriotisme qui pousse à entreprendre dans le territoire d'élection.
Une économie alternative, locale à circuit court, est à développer.
Et il n'est pas interdit d'essayer de vendre au reste du monde en jouant la carte du terroir.
Mais la force du patriotisme local dépend de la capacité à se rencontrer, à agir ensemble: l'union fait la force. Des patriotes isolés chacun dans son coin peuvent moins.
Une autonomie locale, qui permet d'adapter les règles du jeu économique au terrain, est également à conquérir.
La décentralisation vers les régions ne suffit pas : celles-ci dont divisées entre métropoles mondialisées et le reste.
Les règles (y compris la législation du travail) doivent-elles être les mêmes partout ? Si c'est le cas, ce sont les règles de la zone mondialisée qui l'emportent...
Là, on entre dans des questions politiques de distribution des compétences entre échelons géographiques.
Auteur : Tederic M.
30/12/12
(A propos de l'introduction de la rubrique "lengue nouste")
Pas gravè si devons parlar Castillan me faï plaser del fach que parlo un pau.
Adio
Raymond
(Peiregord)

http://www.gasconha.com/spip.php?rubrique6
Auteur : Martin
24/12/12
Votre avis ?
Le mal qui grignotte lentement nos territoires
Désolé d'apporter une note grave voire un peu pessimiste en ces temps de fêtes mais je conseille l'article du journaliste Jean-Laurent Cassely "Que faire des territoires perdus de la mondialisation ?" (www.slate.fr/story/66125/mondialisation-territoires-perdus)

ainsi que la contribution du lecteur aveyronnais qui suit(Larrynautik) et dont j'ai repris le titre du post.
Voir aussi le livre cité de Laurent Davezies "La crise qui vient"(encore désolé !).

Mieux vaut garder quand même les yeux ouverts devant ce qui nous guette pour essayer de prendre et recommander les bons virages,quand on peut les prendre ...

Bona fin d'annada a tots, totun !
Auteur : G S-G
27/12/12

Réponse de Gasconha.com :
Merci Gerard, pensi que l'an ne s'acaba pas mau ende Gasconha.com (ende la Gasconha, qu'es auta causa...), e sajeram de héser miélher enqüera, e de gahar o crear las escasenças de'ns amassar fisicament !
[Tederic M.]
Votre avis ?
J'ai lu l'article de Cassely.
Parallèlement, je reviens ce soir de Sos, petite bourgade entre Albret et Armagnac, où la maison de retraite semble la locomotive économique... alors qu'autrefois il y avait une scierie, d'abord bien raccordée à la voie ferrée près de la gare de Sos, puis au bord de la route, à "Las Pusoques" quand la route a eu supplanté le rail.

Pour juger du devenir économique de nos régions, et dans notre cas, de la Gascogne, soyons modestes intellectuellement parce qu'il est très difficile d'embrasser la totalité du problème, restons calmes et rationnels parce que le catastrophisme ne favorise pas l'analyse, soyons imaginatifs et indépendants d'esprit !

Bon, que'm lanci !
En économie, et sur la localisation des activités, les coûts de production jouent un rôle important.
Si nos territoires ne sont pas compétitifs, c'est en partie parce que le coût du travail y est élevé, alors que le coût de l'énergie, qui joue beaucoup sur le coût des transports, favorise l'arrivée de produits depuis des pays qui ont des coûts moindres.
Je doute de toute réflexion prospective qui ne prend pas en compte les paramètres du coût du travail et du coût de l'énergie.

Ensuite, à coûts du travail et de l'énergie égaux, certains s'en sortent mieux que d'autres, par exemple la sidérurgie allemande mieux que la sidérurgie française, pour des raisons politico-culturelles qui viennent de loin.

Un des commentaires à l'article de Cassely met en avant le contraste entre Lens et Bilbao.
Beaucoup de clichés là-dedans !
Les basques plus racistes que les chtis ?
J'ai assez vécu chez les chtis pour en douter.
De toute façon, c'est plutôt Lille que Lens, qu'il faut comparer à Bilbao.
Et Lille a peut-être sa bourgeoisie d'affaires, mais se sent-elle "chti" ?

Il peut y avoir des fiertés ethniques qui induisent des réussites économiques.
Quand une communauté n'a pas confiance en soi, pas de modèle de réussite en son sein, il ne faut guère attendre qu'elle ait du gnac.

Plutôt que considérer comme acquis que seules les métropoles peuvent arriver à rester dans la course mondiale, il faut raisonner finement sur les tissus sociaux qui font des communautés économiques solides.

Si tous les jeunes aveyronnais pensent qu'il n'y a pas d'avenir chez eux, c'est bien sûr mal parti.
La Gascogne profonde est dans la même situation.
Mais s'il y a un patriotisme suffisant, certains resteront quand même (en acceptant de gagner peu d'argent), d'autres qui auront réussi ailleurs dans l'économie mondialisée reviendront...

Sur Gasconha.com, on ne va pas trop développer la réflexion sur le coût du travail et de l'énergie (j'ai dit pourtant comme je trouve ces paramètres importants), mais la question du patriotisme et du "gnac" collectif a pleinement sa place !
Celle de la décentralisation politique, qui favorise les synergies locales et l'utilisation des ressources spécifiques aux régions ou aux petits pays, également. On voit que ça joue en Allemagne. Coller au terrain...

Voici mes premières réflexions, un peu désordonnées, parce que je ne vais pas ce soir construire une théorie...
Auteur : Tederic M.
27/12/12
Deuxièmes réflexions...
1) J'affine le constat :
Pour la Gascogne profonde, c'est-à-dire la partie du triangle gascon qui n'est pas (encore) dans la zone d'influence des deux métropoles Bordeaux et Toulouse, l'exil des jeunes diplômés est une réalité ancienne.
La plupart des jeunes qui avaient dépassé l'école primaire devenaient fonctionnaires, et quittaient la région, au moins pour un temps.
Je suis moi-même un produit de cet exil.

Pourquoi cette réalité reçoit-elle maintenant la lumière des projecteurs ?
L'article de Cassely parle de vieilles régions industrielles comme la Lorraine, qui n'avaient peut-être pas connu autant l'exil des diplômés, et où la tentation de l'exil toucherait maintenant aussi les non diplômés.

La Gascogne profonde a sur ces régions d'industrie sinistrée l'avantage... d'avoir eu ses industries sinistrées beaucoup plus tôt, et plus progressivement peut-être, et avec l'amortisseur du débouché facile (mais douloureux par l'exil) dans la fonction publique, puis le développement de l'économie résidentielle ou "présentielle" grâce à l'afflux de retraités principalement.
L'attrait touristique (douceur du climat) joue un rôle, Cassely en parle.

La Gascogne profonde a aussi, maintenant, l'avantage d'être proche de deux métropoles mondialisées (enfin, relativement), Toulouse et Bordeaux.
Ne pas négliger non plus le Pays basque espagnol, qui ressemble à une aire métropolitaine, largement autant mondialisée que Bordeaux et Toulouse, et physiquement (mais pas culturellement) presque aussi proche de la Gascogne profonde.
Cette proximité d'aires métropolitaines mondialisées permet des allers et retours...

Je rappelle aussi que l'action de l'Etat français a depuis l'origine (les premiers rois capétiens) renforcé Paris au détriment de tout le reste du territoire.
Même Lyon, jadis place financière supérieure à Paris, a dû s'incliner. Lire Braudel.
Donc, rien de très nouveau pour nous. Pas de panique !

L'attractivité résidentielle de la Gascogne profonde devrait perdurer.
Attention quand même au flux des retraités du nord de la France et de l'Europe : de nouvelles destinations s'ouvrent à eux, plus au sud (Maroc, Tunisie, Croatie...).
Les maisons de retraites allemandes commencent à se délocaliser dans les pays à faible coût de main d'oeuvre...
Le déclin de la fonction publique et du tissu des grandes entreprises en France peut aussi réduire le nombre des retraités qui (re)viennent en Gascogne, et leur pouvoir d'achat.

2) Mes préconisations :
- individuellement, pratiquer le compromis, les allers et venues entre l'économie mondialisée et l'ancrage dans nos territoires ; nous le faisons déjà, sauf que le retour au territoire est souvent définitif : soit c'est la retraite, soit c'est un retour anticipé, mais on n'a plus trop envie de repartir vers la dureté du vaste monde, qui n'attend pas non plus après nous...
Les jeunes sont attirés, eux, par le vaste monde. Ils sentent qu'ils doivent y faire leurs preuves.
Ils veulent aussi consommer mondial (smartphones etc.), et la voie royale pour cela est de "travailler mondial".
Mais certains en reviendront.
D'autres n'iront pas, car tous les jeunes diplomés de Gascogne ne peuvent pas devenir cadres de l'économie mondialisée.

- collectivement :
Je maintiens la nécessité d'un patriotisme qui pousse à entreprendre dans le territoire d'élection.
Une économie alternative, locale à circuit court, est à développer.
Et il n'est pas interdit d'essayer de vendre au reste du monde en jouant la carte du terroir.
Mais la force du patriotisme local dépend de la capacité à se rencontrer, à agir ensemble: l'union fait la force. Des patriotes isolés chacun dans son coin peuvent moins.
Une autonomie locale, qui permet d'adapter les règles du jeu économique au terrain, est également à conquérir.
La décentralisation vers les régions ne suffit pas : celles-ci dont divisées entre métropoles mondialisées et le reste.
Les règles (y compris la législation du travail) doivent-elles être les mêmes partout ? Si c'est le cas, ce sont les règles de la zone mondialisée qui l'emportent...
Là, on entre dans des questions politiques de distribution des compétences entre échelons géographiques.
Auteur : Tederic M.
30/12/12
Lède de la Canillouse
Je cherche l'origine du mot Canillouse qui est indiqué par Google sur votre site mais ensuite impossible de le trouver.
Pouvez vous me guider ?
merci
Auteur : ROBIN
20/12/12

Réponse de Gasconha.com :
La "Lède de la Canillouse" est mentionnée ici, comme un nom de lieu du Médoc "on ne peut plus gascon" :
gasconha.com/spip.php?page=ligam&id_ligam=326
D'ailleurs, vous le connaissez, à voir votre adresse e-mail bien ancrée en Médoc...
Mais que signifie "canillous(e)" ? Appel aux gasconhautes !
Votre avis ?
canillous
Chez Palay on trouve :
"canilhoùs,-e"(arm.);adj.et s.enfant nerveux,-euse.
En Médoc, boeuf mal chatré,v.canelhous.
Signifie aussi infesté de chenilles.
Pour lède on trouve  : 1°"lede"(Gr.-L.);sf.-Bouse.
2°"léde"sf.Sorte de claie agricole,de traîneau,v.cléde.cf.avec léye,galerie,allée
3°"lède,lète(L.)sf.
Lède, marais salant, marais en général.
A partir de ces quelques renseignements peut-être pourrez vous faire des suppositions....
Auteur : joan-peir
21/12/12

Réponse de Gasconha.com :
Merci Joan-Pèir.
Pour "lède/lette", c'est au bord de l'océan un "vallon interdunaire" : gasconha.com/spip.php?page=paraula&id_paraula=108

canelhous.
Compte tenu du fait qu'il s'agit d'un lieu géographique naturel, la signification "infesté de chenilles" est envisageable, "boeuf mal chatré" est également une piste à explorer, puisque ce sens serait du Médoc selon Palay, et qu'il y avait dans les lettes les "vaches de lette".
lède,lète
Entre Moliets et Vielle St-Girons dans les landes il y a une plage qui s'appelle "la lette blanche".
Dans ces vallons interdunaires les bergers faisaient paître les troupeaux autrefois.
Auteur : joan-peir
21/12/12
CONEISHI taben lo Piquey
Il y a aussi le Piquey de la Canilhose dans ce coin, haut lieux de chasse de mon père dans le Médoc.
Auteur : lo granstef
24/12/12
Poichereau, Lorreyte, Badet
Je continue mes recherches généalogiques que j'avais abandonnées depuis quelques mois car manque de temps et je m'adresse de nouveau à Gasconha.com car j'ai trouvé quelques autres noms dans mon arbre généalogique dont je ne suis pas sûre de l'origine (il faut dire que je ne suis pas une experte pour ce qui est de l'origine régionale des noms).
Je crée un nouveau post par peur que personne ne voit mon commentaire sur l'ancien post que j'avais crée puisqu'il date de quelques mois déjà.
Premièrement, je voudrais préciser que mes ancêtres portant les noms que je vais citer sont tous gascons et que chacun de mes derniers ancêtres trouvés portant ces noms ont vécu au 18ème ou au 19ème siècle.
- Le premier nom est Poichereau qui me semble plutôt venir d'un peu plus haut (c'est surtout la fin en "eau" qui me fait penser à ça).
Quelqu'un saurait-il me dire d'où vient exactement ce nom ?
- Le deuxième nom est Lorreyte.
Lorsque je recherche l'étymologie de ce nom sur internet, on me dit que ce nom désignerait celui qui est originaire de la ville de Lorette dans le département de la Loire, mais cette explication ne me convainc pas vraiment.
Y'a t'il une autre explication ou bien la famille Lorreyte descend-elle réellement d'une ancienne famille Lorettoise ayant émigrée en Gascogne ?
- Quant au dernier, il s'agit de Badet et je n'ai aucune certitude quant à l'origine de ce nom. Je trouve sur votre site le nom "Badeigt", y'a t'il un rapport ?

Merci d'avance pour vos réponses.
Auteur : Alice R.
19/12/12
Votre avis ?
Geneanet, en donnant seulement ces attestations anciennes, confirme que ce n'est pas gascon :
POICHEREAU (POCHEREAU) 1680 - 1680 Soings-en-Sologne, Val de Loire
POICHEREAU (POCHEREAU) 1664 - 1675 Vernou-en-Sologne, Val de Loire
Auteur : Tederic M.
19/12/12
Geneanet donne un noyau ancien de "Badet" en Gascogne landaise (Ousse-Suzan).
J. Tosti l'a identifié dans les Landes et signale l'existence de lieux Badetz-Badets. Serait-ce un pluriel de "badet" ? Pas sûr, surtout à voir la forme "z".

Mes recherches ne donnent aucune confirmation de la parenté Badet-Badeigt.
Auteur : Tederic M.
25/12/12
En faisant quelques recherches j'ai trouvé certaines informations. Je connaissais aussi geneanet mais je n'avais pas fait attention à certaines choses.

Badet serait un toponyme. Aujourd'hui c'est le nom d'un hameau à Sabres dans les Landes.

La présence du nom Lorreyte semble être assez ancienne en Gascogne ceci dit je n'ai toujours pas pu trouver sa signification et son origine exacte.

Quant à Poichereau, je suis remonté une génération en arrière et il se trouve que le nom a été changé de Poicherau à Poichereau, j'imagine que l'origine reste inchangée.

Voilà en tout cas merci et je vous souhaite de bonnes fêtes (même si elles sont déjà entamées !)
Auteur : Alice R.
26/12/12
Je connaissais une famille Badet, dans le Marensin (Onesse).
Lorreyte est plutôt la région de Dax, la Chalosse.
Quant à la signification, difficile à trouver ? (Badet, diminutif de Vath, Bat, petite vallée).
Lorreyte semble aussi être un diminutif (Lorrei, rouge-gorge, mais peu probable comme origine d'un patronyme).
les formes Badet, Badeigt, dépendent de la région où ils ont étés orthographiés, à l'origine. Badeigt, étant plutôt béarnais.
Auteur : Lo Pèir
26/12/12
Badet ne peut pas être "petite vallée" : -ll- intervocalique donne r, on aurait "barèth".

J'ai longtemps voulu mettre ce patronyme en relation avec Bazet (qui est le patronyme de ma mère ainsi qu'un village de la banlieue de Tarbes).

Bazet serait la version orientale de Badet, avec d intervocalique qui passe à z, mais je crois que le Bazet bigourdan. Or, miracle, la prononciation locale est [ba'dèt] !

Nous ne sommes pas dans cette zone du Magnoac ou z intervocalique devient d (vous suivez ?) donc il doit s'agir d'un reste de la prononciation originelle de ce qui a été toujours écrit "Bazed" depuis le 13ème siècle.

Je pense donc qu'il y a identité entre Badet/Badeigt/Bazet, reste à trouver la signification ...
Auteur : Vincent P.
26/12/12
Poicherau est localisé à Dax à la fin du 19ème siècle avant de devenir Poichereau au début du 20ème siècle.

En dépit de ce changement orthographique qui pourrait faire supputer une francisation, j'ai plutôt envie d'y voir une migration urbaine vers Dax en provenance du Loiret.

Après, c'est certain que Poicherau pourrait s'analyser comme un patronyme gascon (Poychicot à savoir Poi "puy" + déterminant à déterminer ...) mais il ne faudra engager l'analyse que si généalogiquement, on ne peut absolument pas faire le lien avec la souche française du Loiret.

Le fait que Poicher(e)au est localisé à Dax favorise plutôt l'hypothèse d'une migration.
Auteur : Vincent P.
26/12/12
Il suffirait de connaître la prononciation authentique du toponyme "Badet" de Sabres pour avancer :
selon le "truc" que les gasconhautes avertis commencent à connaitre, un "e" qui ne se prononce pas "eu" en zone de parlar negue porte forcément un accent grave.
Et dans ce cas, c'est la terminaison -èth, puisque -èt n'est pas possible à ma connaissance.
Donc, si on ne prononçait pas "Badeut" pour le Badet de Sabre, c'est "Badèth", et du coup le "Badet" landais a la même origine lingüistique (mais pas forcément génétique) que le Badeigt béarnais, graphié aussi "Badèth" en alibertin.
Auteur : Tederic M.
26/12/12
Lorreyte est assez clairement un patronyme/toponyme de Chalosse.

Je fouillerai plus en profondeur la question mais en l'état de mes intuitions, je vois deux pistes :

- la finale -reyte peut, comme dans Rivareyte "rive fracturée", représenter le latin fracta (qui devient hrèita en gascon). Quid de lor- ?

- Lorreyte peut être un toponyme basque gasconnisé devenu patronyme. Je pense au quartier de Sauveterre-de-Béarn appelé Oreyte (Oreyta au 14ème siècle), qui a vraiment une apparence basque.
Auteur : Vincent P.
26/12/12
Vincent signale dans une remarque qu'il serait impossible que Badet puisse venir de Bat/Vath. Le passage du lat. au gasc. le justifiant.
Toutefois il n'y a pas eu d'impossibilité que Palay fasse le relevé de : Badéte,f., vallée, dim. de vallée.
S'agit-il d'une erreur de transcription de Palay, d'un localisme postérieur à la formation du patronyme issu de ce toponyme ?
Il suppose aussi un masculin, ce qui n'est pas impossible toutefois ?
Auteur : Lo Pèir
26/12/12
J'ai aussi le cas du "Sarpouta" (Sarpotar) à Réaup (http://gasconha.com/spip.php?page=loc&id_loc=504), qui normalement devrait être "Sarpoura"...

C'est comme si on avait "Castéta" au lieu de "Castéra" !
Je pense qu'il a pu y avoir oubli de la logique ancienne pour des toponymes créés tardivement.
La formation de dérivés en -ar aurait fonctionné beaucoup plus tardivement que la correspondance th/r.
Auteur : Tederic M.
26/12/12
A noter que le patronyme existe dans la région de Dax sous la forme "Badets" qui pourrait être la marque d'un pluriel donc suggérer un nom commun.
Mais il faut aussi compter avec la négligence des employés d'état-civil qui, surtout au XIXè siècle, ont transformé les noms de famille à qui mieux-mieux si on n'y prenait pas garde !
Auteur : G S-G
27/12/12
Oui effectivement ce n'est pas rare qu'en remontant une génération dans mon arbre généalogique je remarque que le nom ai été changé.
Parfois c'est une seule lettre, d'autres fois le nom est méconnaissable.
En tout cas merci beaucoup pour votre aide, je ne trouve pas grand chose sur internet et en attendant de recevoir plus d'informations de la part des mairies je ne peux pas dire grand chose.
En tout cas je vous tiens au courant pour Poicher(e)au, j'ai pensé aussi à un nom français légèrement gasconnisé puis ensuite refrancisé. Pour le moment je n'ai pas d'ancêtres venant du Loiret avant 1800, je continue mes recherches et je vous dis ça.
Auteur : Alice R.
29/12/12
Alice, je vous conseille de consulter le site suivant :
http://www.geopatronyme.com/
Il donne des indications quant à l'origine géographique d'un nom.
Par exemple, il montre que "Lorreyte" est un patronyme landais, essentiellement chalossais lorsqu'on jette un coup d'oeil à la rubrique "naissances", que "Badets" est également landais, plutôt de la côte atlantique.
Quant à "Poichereau/Poicherau" il existe bel et bien dans les Landes, à Dax, bien qu'il n'ait pas l'air d'origine gasconne. Par contre, on trouve des Poicherot dans le Doubs si on tape ce nom sur le net. C'est peut-être le même nom écrit différemment.
Auteur : D.Séré
10/02/13
Gascon et béarnais : deux langues différentes ?
On peut à la rigueur imaginer que des historiens passionnés par le Béarn puissent signer le manifeste dont "Biarn toustems" donne l'écho (cf "nouveautés sur le web") mais que des linguistes ou supposés tels puissent écrire que gascon et béarnais doivent être inscrits séparément au nombre des langues de France est totalement aberrant ; son vaduts pècs o qué ?
Auteur : Gerarsd Saint-Gaudens
16/12/12
Votre avis ?
De la sociolinguistique de bazar ...

Le terme de béarnais au demeurant a été relevé par les occitanistes, les Béarnais parlaient de "patois" comme tous les autres.
Auteur : Vincent P.
16/12/12
Cela dit, ce dont il est demandé la séparation, c'est celle de l'ensemble béarno-gascon de l'occitan.

Mais bon, je n'arrive toujours pas à comprendre cette utilisation maladive de l'expression "gascon et béarnais". J'attends que l'on nous définisse ce qu'est le béarnais.
Auteur : Vincent P.
16/12/12
La formulation "faire inscrire séparément le béarnais et le gascon dans la liste des langues de France", qui figure dans ce manifeste, est ambigüe, volontairement peut-être.
Un profane comprendra qu'il s'agit de lister le gascon et le béarnais comme deux langues différentes.
C'est peut-être bien ce que certains souhaitent. Je comprends comme ça la formulation suivante, également sur le site de Biarn-toustem :
"Les PROVENÇAUX luttent pour la reconnaissance de leur langue régionale. Les Béarnais et les Gascons sont d'autant plus solidaires de cette légitime demande qu'actuellement ni le béarnais ni le gascon ne sont encore reconnus !" http://biarn-toustem.blogspot.fr/2012/12/pour-la-reconnaissance-de-la-langue.html

Mais le manifeste situe par ailleurs le béarnais dans l'ensemble gascon.
Auteur : Tederic M.
16/12/12
Parler de béarnais et de gascon c'est pas pire que de parler d'"occitan du Béarn" !
Ou de "concours bigourdan d'expression gasconne" (21è concours du 65) !
Tout est une quesion d'identité et d'appartenance et les gens s'identifient à ce qu'ils aiment !
C'est aussi cela la liberté culturelle et linguistique !
Le piment est bien d'Espelette alors qu'il vient d'Amérique ! Le béret est basque et il est fabriqué en Béarn à Oloron ! Et le centre du monde est entre Bayonne et Laàs ! J'ai même lu dans la Setmana que les dinosaures étaient occitans !
Cest pire que du Desproges !
Auteur : jmcasa
19/12/12
Parler de "béarnais et de gascon" est à mon sens intellectuellement pire, oui. Car c'est incohérent.

"et" sous-entend la juxtaposition de deux concepts sur le même pied d'égalité. Or gascon et béarnais n'ont rien à voir. Béarnais est le nom donnée aux modalités linguistiques gasconnes parlées en Béarn par les Béarnais eux-mêmes (mais massivement seulement depuis que les occitanistes ont ressuscité le terme). Gascon est le nom d'une langue définie scientifiquement, voire ethniquement.
Bref, on compare un terme sociolinguistique(le ressenti) avec un terme linguistique et historique (le naturel).

"Occitan du Béarn" est intellectuellement satisfaisant, c'est la modalité linguistique parlée sur un espace géographique donnée. Après, on peut être libre de ne pas croire dans le concept d'occitan.

"Concours bigourdan d'expression gasconne" est là aussi très cohérente : c'est un concours organisé sur un lieu géographique donné (la Bigorre) qui fait la promotion de la langue vernaculaire des lieux, le gascon.
Auteur : Vincent P.
19/12/12
Ne noyons pas le poisson, cher M.Casa.
Je persiste à dire qu'un linguiste affirmant que béarnais et gascon sont 2 langues différentes affirme une fausseté.
Je suis tenté de croire d'ailleurs que le lapsus de présentation dans Biarn toustems (différent, semble-t-il, du texte du manifeste que le lecteur pressé que je suis n'a pas lu) n'est peut-être pas si innocent que ça.
Avec cela, que bâtir ?
Auteur : G S-G
19/12/12
Le manifeste se termine par la phrase suivante, juste avant la liste des signataires: "Voilà pourquoi, nous, linguistes, sociolinguistes et historiens soussignés, demandons instamment à toutes les femmes et à tous les hommes politiques de veiller à faire inscrire séparément le béarnais et le gascon dans la liste des langues de France établie par la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France".
Je le répète, pour le commun des mortels, mais aussi pour les "femmes et hommes politiques" interpellés par le manifeste (qu'on sait très occupés, et peu portés à approfondir ces questions), ça signifie qu'on veut que le gascon et le béarnais soient inscrits officiellement comme des langues distinctes.
Une autre phrase du manifeste va dans ce sens : "Ces pratiques sont largement discriminatoires à l’égard du béarnais et du gascon, qui ne sont pas soutenus comme ils devraient l’être s’ils étaient traités séparément en tant que langues — et, partant, en tant que cultures — structurellement autonomes."
Vous remarquerez ici le "s" pluriel à "langues", qui s'applique à béarnais et gascon.
Par ailleurs, il est vrai que le Manifeste situe le béarnais dans l'ensemble gascon.
Bref, c'est ambigu, mais l'effet premier, c'est de détacher le béarnais du gascon, et pour le gascon, c' est mortel :
pourquoi pas demain (et certains le font déjà) détacher le bigourdan, le "landais"... ?
Ce n'est plus deux langues, qu'il faudra lister, mais une douzaine !
Et Camelat qui a choisi d'écrire en béarnais parce qu'il le sentait comme un standard gascon...

J'ai l'expérience que dans le pays de ma mère, l'Albret proche de l'Armagnac, on est plus proche lingüistiquement du béarnais que du gascon tonneinquais ou bordelais, par exemple... Si le béarnais n'est pas ma langue, le gascon bordelais et tonneinquais le sont encore moins...
Bref, il n'y a plus un gascon, mais une dizaine de gascons, et... le béarnais !
Auteur : Tederic M.
20/12/12
Il faudra surtout un jour que l'on nous explique ce qu'est le béarnais ...
Il n'y a pas un phénomène linguistique interne au domaine gascon qui permette d'identifier une langue béarnaise ...
Auteur : Vincent P.
23/12/12
A l'origine:Lespy
Je pense que c'est l'érudit palois Vastin Lespy (1817-1897) qui est à l'origine de la confusion en utilisant l'adjectif "béarnais", jusque là plutôt réservé au sens de ressortissant de ou relatif à la "province" du même nom, pour désigner les formes dialectales du gascon qui s'y parlent et qui sont assez hétérogènes.
Avant lui il faudrait remonter au mieux à Arnaud de Salette mais celui-ci fit oeuvre de traducteur (des Psaumes) en "Béarnais", pas de linguiste.
Le félibrige s'est ensuite engagé dans la brèche et l'occitanisme après lui (celui-ci n'est donc en rien le promoteur d'un "béarnisme" qui n'aurait pas existé auparavant).
Pour mieux comprendre le phénoméne il faut lire ou relire l'oeuvre de Lespy (inspirateur direct de Palay) : sa "grammaire béarnaise suivie d'un vocabulaire béarnais-français" en 1858 et son fameux "dictionnaire béarnais ancien et moderne" de 1887.
Le second au moins a été réédité et doit être disponible (il me semble l'avoir vu récemment à la librairie béarnaise de L-M Darrigrand à Salies mais c'est à vérifier).
Peut-être cette relecture permetrait-elle d'évacuer un certain nombre d'idées fausses au sujet de la prétendue dualité du gascon et du béarnais, dont il n'est d'ailleurs pas du tout certain que Lespy et Palay après lui l'aient si peu que ce soit revendiquée.
Auteur : G S-G
23/12/12
Je remarque que l'utilisation du terme "béarnais" est, comme tout ce qui est "béarnais" en Béarn, un phénomène palois, fruit d'un petit patriotisme bourgeois un peu désuet (le même qui veut que Pau soit la plus belle ville du monde).

Le Béarnais que je suis, au sens ethnique du terme, n'a jamais entendu dire que l'on parlait "béarnais" en Béarn.
Mes grands-parents n'ont jamais parlé que de patois. Qui était le même que dans le "Gèr" et les Landes.
Même si le patois de Morlaàs n'est pas tout à fait le patois de Thèze. Cela dit, ils étaient Béarnais.

Il doit être possible de déceler des attestations précoces de l'usage de "béarnais" pour la langue administrative gasconne du Béarn. Cela revêt seulement un intérêt politique.
Auteur : Vincent P.
23/12/12
Je comprends l'attachement de 'Biarn toustém' au terroir, ou à une certaine image du terroir. Du train où vont les choses, il ne restera plus bientôt que des images.
Mais je n'aime pas les subtilités qui ne trompent personne et fatiguent tout le monde.

- Soit on déclare défendre "la langue gasconne en considérant aussi ses spécificités locales" ou bien "notamment les variantes dont s'occupe notre association (paloise, bordelaise, bigourdane, etc.)", ou encore à la rigueur "la langue gasconne, dont les divers parlers prennent parfois dans notre département le nom de 'béarnais', ou quelque chose d'approchant mais de pas ambigu. Si on voulait on pourrait.
- Soit on annonce clairement "Nous voulons que l'on distingue deux langues, béarnais et gascon, pour des raisons extra-linguistiques". Et on indique ces raisons.

Le 'Manifeste gascon' s'est ici même efforcé d'exprimer l'articulation entre les parlers, les "patois" (seul objet d'étude du linguiste et seul terme affectif), et la langue gasconne de référence, en puissance. On y prône la complémentarité des cercles de l'appartenance. La formulation n'est peut-être pas idéale, certes, mais au moins elle est claire. Pas besoin d'interpréter les ratiocinations sur les 'et', les 'ou', les 'ni', et autres pièges apparemment insurmontables de la langue française.

Mais qu'est-ce qui peut donc expliquer l'ambiguïté entretenue et la confusion des notions ?
J'ai commenté sur ce site un manifeste en faveur du 'gascon et béarnais'. Il s'agit peut-être du même texte. Inutile de ressasser.

Le gascon en Béarn est écartelé par les isoglosses. C'est tout.

Nous affligent dans le désordre :
- la promotion de micro-langues par des sociolinguistes-idéologues ;
- le refus implicite d'un gascon standard ;
- la fuite devant la notion de Gascogne intégrée ;
- le refus de reconnaître un peuple gascon ;
- la pusillanimité devant une éventuelle grande région Gascogne (dangereuse pour qui ?) ;
- les pressions départementalistes (comme sur les petits sucres des cafés : "Le Béarn, j'y crois", vous vous souvenez ?) ;
- le complexe vis à vis de la partie basque du 64 ;
- un provincialisme désuet ;
- et quelques autres petites choses sans doute.
Bref, un refus d'assumer la personnalité gasconne dans toutes sa diversité, et ce qui est plus grave les devoirs qui en découlent.
Cela fait beaucoup.

Mettons que le mot 'gascon' soit peu à peu sorti de l'usage, que la notion de Petite Gascogne (province) l'ait emporté sur la grande Gascogne linguistique, qu'il faut bien se raccrocher au prestige des noms historiques, que...

Assez de finasseries.

Bonne fin de l'an à tous !
Auteur : PJM
24/12/12

Réponse de Gasconha.com :
Bo(u)n cap d'an a tu e a to(u)ts !
Le point de vue de Jean Lafitte
Adixat amics,

Ce matin, les vœux de Tédéric sur Gasconha-doman m’ont fait découvrir ce nouveau site, et le présent débat qui s’ouvre par une interrogation sans ambages :
les linguistes qui soutiennent le béarnais comme langue distincte du gascon « son vaduts pècs o qué ? ».
Et les échanges qui suivent sont à la hauteur, avec toute la correction qui caractérise Gasconha-doman.

Or au même moment, je reçois du secrétaire général de l’Institut béarnais et gascon la transmission du billet suivant paru dans la presse :

« Le béarnais se rebiffe
« LANGUES André Joly et Dairine O’Kelly, un couple d’universitaires et linguistes réputés, habitants de Gurs, dirigent la revue semestrielle « Modèles linguistiques » dont le dernier exemplaire qui vient de sortir est consacré en partie à la langue béarnaise.
« On peut y lire que le béarnais est « non seulement une langue romane autonome, au sens génétique du terme […] mais aussi une langue à part entière par l’ensemble de ses traits définitoires (phonétiques, lexicaux, morphologiques et surtout syntaxiques), qui la différencient, par exemple, du languedocien et du provençal. »
« On savait que les Béarnais étaient uniques, aujourd’hui la science nous explique pourquoi ! »

Intitulé « FW : Lu dans la presse », le message se borne à transmettre une photo .pdf, sans indiquer le titre de presse ni date de publication, ni faire le moindre commentaire, comme on pourrait l’attendre d’un « Institut » ; mais je présume que c’était dans La République des Pyrénées et l’Éclair d’hier 4 janvier, qui ne m’arriveront que lundi ou mardi.
Et s’agissant d’un « Fw », j’ai tout lieu de supposer que c’est la transmission d’une information reçue de Biarn toustém.

Quoi qu’il en soit, même s’il confond « exemplaire » et « numéro », le journaliste cite bien l’essentiel de ce qui doit ravir Biarn toustém (dont le Pr. Joly est conseiller scientifique) et qui surprend tous les amis de Gasconha-doman.
Le hic, c’est que nos béarnistes n’ont pas saisi l’ironie du commentaire final du journaliste. La « finesse béarnaise » s’émousse !

Sur le fond et a fortiori l’opportunité, je combats ce Manifeste depuis que j’en ai eu connaissance.
J’avais fait le point de mes travaux sur cette affaire le 7 septembre dernier en un document de 10 pages destiné à l’I.B.G. : aucune réaction.
Je ne vois donc pas de raison de garder cela sous le boisseau et le transmets séparément à Tédéric, qui saura le mettre à la disposition de tous les intéressés. Merci à lui par avance.

En tout cap, boun anade a touts,

Plân couraumén,

J.L.
Auteur : Jean Lafitte
05/01/13

Réponse de Gasconha.com :
Boun anade, Dr Lafitte, bedi que la coumençat coume cau...
Qu'èy tabé recebut lou boste doucument. Merci hère.

Une précision : nous sommes ici sur Gasconha.com, "Gasconha-doman" est le nom du forum Yahoogroupes associé, qui a, par mes soins, la même orientation, mais est quelque chose de différent.

[Tederic Merger]
euh?
Adixatz
Le béarnais n'est pas l'ennemi...
Si La Gascogne se fait, se sera avec eux.
Ne mélangez pas des intellectuels ayant pondu un livre avec les béarnais.
Maintenant, il est vrai qu'en Béarn, l'identité est forte, et contrairement à ce que j'ai pu lire, ce n'est pas une sphère bourgeoise et paloise qui en est à l'origine.
Je suis désolée que les autres gascons se sentent diminués ou exclus.
Je vais faire un comparatif qui me fait sourire.
Certains d'entre vous ont la même réaction envers le Béarn que le Béarn envers les basques.

C'est un atout que le Béarn ait conservé une représentativité plus importante que les landes ou autres régions gasconnes. Il faut s'appuyer dessus au lieu de le rejeter.
Auteur : Chantal
28/01/13
M. Momas, que n'èi d'alhurs jamèi vist s'exprimar qu'en francés, es aflijat per la promocion de micro-lengas per sociolingüistas ideològues mès parla d'assumar la personalitat gascona dens tota sa diversitat.
Donc preservar una diversitat dens la Gasconha tot en uniformizant la lenga ?
Auta causa : los sociolingüistas occitanistas extremistas (coma lo "scientific" parciau militant normalizacionista D.S., per pas lo citar) son puslèu en favor d'una normalizacion occitana globala.
Auteur : Gaby
03/02/13
"Drin de tot"
Pour enrichir le débat voici ce que j'ai lu dans une contribution sur un réseau social :

Dans le livre "Drin de tot" (travaux de sociolinguistique et de dialectologie béarnaise de Andres M Kristol et Jacob Th. Wüest) dirigé par Michel Gosclaude, nous pouvons lire :
"Nous sommes conscients du fait que l'appellation de langue béarnaise ne plaira pas à tout le monde. A notre avis, il n'y a pas de raison de refuser l'appellation de langue au béarnais (...) En tout cas, si l'on s'en tient à la structure linguistique, rien ne nous empêche de considérer le béarnais comme une langue à part entière". 1985.
Ne disposant pas de cet ouvrage, je voulais savoir si la citation était bien rendue et si quelqu'un disposait de cet ouvrage pour y ajouter ses commentaires.

Cordialement
Auteur : jmcasa
03/02/13
Vive le Béarn!
Ben en attendant le Béarn est toujours "vivant"...et la Gascogne disparaît. Ne vous êtes-vous pas posé la question : Pourquoi ?
Je crois que lorsqu'il y a crise, les compromis sont essentiels même avec les horribles occitanistes ou les affreux béarnistes.
Franchement, avez-vous encore le choix pour sauver ce que vous voulez préserver ? Les seuls peuples qui y arrivent un peu, sont ceux qui se fédèrent.
On est toujours plus forts à plusieurs que tout seul dans son coin.
Je comprends le point de vue de la plupart des intervenants adeptes d'une Gascogne "pure" mais elle est vachement malade la demoiselle.
Vous voulez appliquer des remèdes homéopathiques alors qu'elle a besoin d'une opération à coeur ouvert.
Bon, je suis nouvelle sur ce site, je suis béarnaise et j'ai sûrement plein d'autres défauts.
Mais bon sang ! Vous intellectualisez trop les choses.
Le pragmatisme est beaucoup plus porteur. Vous aimez la Gascogne ?
Mettez votre orgueil de côté et faites des sacrifices. Vous pourrez toujours rectifier le tir dans quelques années et si ce n'est pas le cas, la Gascogne existera toujours à la prochaine génération. C'est ce qui compte.
Auteur : Chantal
03/02/13

Réponse de Gasconha.com :
Chantal, votre interpellation m'étonne et m'inquiète.
Gasconha.com est pluraliste, notamment par ses grans de sau, et je comprends que certains d'entre eux vous ont heurtée.
Vous y avez senti - à mon avis le plus souvent à tort - de l'anti-béarnisme ou de l'anti-occitanisme.
Pourtant, il me semble que Gasconha.com essaye justement - et réussit au moins partiellement - d'être un lieu où occitanistes, béarnistes, gasconistes, avec toutes les nuances intermédiaires, se rencontrent.
Avez-vous remarqué par exemple que les articles de "Biarn toustém" sont régulièrement en lien en page d'accueil de Gasconha.com (rubrique "Nouveautés sur le Web" en bas à gauche) ?
Et connaissez-vous beaucoup de sites qui acceptent et utilisent les différentes graphies du gascon, transcendant ainsi une des divisions qui ont fait beaucoup de mal ?

Quant à l'articulation Béarn-Gascogne, c'est simple : Gasconha.com défend la Gascogne MGM (Mar-Garona-Montanha) dont le Béarn fait partie. C'est un postulat fondamental pour Gasconha.com.

Si le Béarn est plus vivant identitairement que cette "Gascogne MGM" - et je le crois malgré des signes de faiblesse que nous recevons de lui, il peut tirer la Gascogne vers le haut, à condition de ne pas vouloir s'en dissocier.
Un exemple : Pau est, malgré tout, la plus grande ville gasconne, dans la mesure où Bordeaux et Toulouse ne peuvent pas ou plus y prétendre (elles jouent dans une autre catégorie).
J'aimerais que Pau assume un rôle de capitale gasconne. Elle ne le fait (plus) guère pour l'instant.

Mais dans le noyau dur de la Gascogne, il n'y a pas que le Béarn. L'ensemble de la Gascogne aturine (pays de l'Adour...) est qualifié, et même du dehors de cette "hyperGascogne", les concurrents sont bienvenus, dans une saine émulation pour préserver et développer ce que nous avons en propre !

[Tederic M., webmèste]
Étant moi-même béarnais, je ne vois pas en quoi le Béarn échapperait mieux que ses voisins à l'acculturation massive des dernières décennies.

La Chalosse a au moins aussi bien conservé quelque chose d'un esprit local.
Auteur : Vincent P.
03/02/13
de bon matin
Il ne faut pas être inquiet quand quelqu'une dit ce qu'elle pense.
Au contraire, je trouve cela très sain. Un site qui baignerait dans un bouillon uniformisé serait peu intéressant( avis personnel bien entendu).
Maintenant, je maintiens ce que j'ai dit sur certaines réactions anti-béarnaises ou occitanistes.
Il ne s'agit nullement d'une critique du site mais de défendre et expliquer avec mes mots mon ressenti face à certaines interventions. N'est-ce pas le but de cette rubrique ?

Pour commenter la réponse de Vincent P, toutes les régions gasconnes conservent quelque chose d'unique quand on les aime. Après on peut discuter de l'affectif et de la réalité.
Auteur : Chantal
04/02/13
Justement, j'entends discuter de la réalité : je ne vois vraiment pas en quoi le Béarn aurait mieux conservé sa culture vernaculaire que les régions voisines.

Bien entendu, si l'on compare avec la Gironde, le Béarn est l’Éden gascon.
On peut concéder également qu'une partie des landes au sens géographique sont bien entamées identitairement, idem de la Gascogne toulousaine.

Mais dans les faits, je ne vois pas grande différence entre le Béarn et le Gers occidental, ou les Landes méridionales ou encore la Bigorre, en matière de maintien de la culture autochtone.

Une ville comme Pau n'est pas plus en pointe que Tarbes par exemple sur cette question, loin de là. Le bassin de Lacq a complètement acculturé la vallée du gave de Pau en aval de Pau : il n'y a plus grand chose de béarnais à Orthez, Mourenx, Lagor, Arthez, ... Les vallées montagnardes se dépeuplent : il faut aller voir la tristesse de la vallée d'Aspe.

D'ailleurs, on nous gonfle avec le Béarn, où est la collectivité territoriale Béarn ? Ceux du Vic-Bilh sont alliés avec leurs voisins de la vallée de l'Adour.
Orthez et Lacq refusent de perdre des prérogatives face à Pau.
Où est le patriotisme béarnais dans les faits ?
Auteur : Vincent P.
04/02/13
Je partage l'avis de Jean Lafitte :
Auteur : Tederic M.
09/02/13
La Gascogne anglais-friendly ?
Dans le magazine du Conseil régional d'Aquitaine (distribué dans toutes les boîtes aux lettres) d'automne 2012 :
- p.14 : un articlòt, d'ailleurs joliment tourné et informatif, sur le kiwi de l'Adour, titré "J'ADOUR LE KIWI".
Un paragraphe de l'article est titré "Kiwi-friendly", et commence par la phrase "Avec un climat océanique et un sol humide en ses couches profondes, le bassin de l'Adour, est par essence kiwi-friendly."
Aucune traduction, "l'aquitain" de base est supposé comprendre. Moi, j'ai des doutes sur la pénétration de "friendly" et de ses composés dans la Gascogne profonde, et encore plus sur sa prononciation.
Mais c'est comme ça que la langue du monde pénètre peu à peu, quasi spontanément.
- à côté, p.15 : c'est le coin dédié aux "langues régionales" (OCCITAN - en fait du sud-gascon difficielement compréhensible en Périgord par exemple, mais ce n'est pas expliqué, sans doute pour ne pas contredire l'unicité de l'occitan en région Aquitaine - et BASQUE).
Là par contre, que de précautions pour se justifier  ! L'entête général de la page explique que "cette initiative s'inscrit dans le cadre du plan pluri-annuel 2011-2014 de promotion des langues occitane et basque au sein de l'institution régionale. Afin que cette page soit accessible aux non-bascophones et aux non occitanophones, l'article s'accompagne d'une synthèse en français".
Je doute que l'article en "occitan" ("2 PENENTS" ENTER DUAS MARS E DUS ESTATS) promeuve grand chose.

Mais je voulais surtout souligner le contraste entre la pénétration sauvage de l'anglais dans n'importe quel article d'un journal institutionnel, par des bribes comme "kiwi-friendly", et l'insertion laborieuse de "l'occitan" et du basque, sur une page réservée.

Ensuite... joguem un chic ! Coma poderem diser "kiwi-friendly" d'un biais mei gascon, o medish franco-gascon  ?
Auteur : Tederic M.
12/12/12
Votre avis ?
Que souy plâ d'abis dap bous ! Que souy hart de leye aquere slow-food y tout aqueth volapuc instituciounau !
Auteur : jmcasa
12/12/12
kiwifil (kiwiphile) ?
Auteur : G S-G
14/12/12
Accent grèu sus le finala deu condicionau ?
Adishatz,

Qu'aurí ua question per mossur Morà (Lo Pèir). Quauqu'arren que'm tesica : perqué bótatz un accent grèu, au lòc d'un agut, sus le finala deu condicionau, com, per exemple, "serè", o "minjarè" ?
Auteur : Castèths
11/12/12
Votre avis ?
Divi plan avodar qu'es ua fauta en efèit. E que'vs mercegi per aquera arremerca.
L'emplec deus accents n'es pas simple, subertot en tot escríver rapidament.
Auteur : Lo Pèir
12/12/12
Traduction...
Quauqu'un que'm demanda l'arrevirada de "Rien n'est plus vivant qu'un souvenir", meilèu en gascon deu Baish-Ador.
C'est une phrase de Garcia Lorca.
Jo que dirí  "Arren n'ei mei viu qu'un sovenir".
Auteur : Tederic M.
10/12/12
Votre avis ?
"Arren de mei viu qu'un soviéner". Jo, qu'ac vei atau, après...
Auteur : Castèths
11/12/12
Il me semble que le francisme "sovenir" était assez fréquent d'emploi puisque même les félibres en usaient.

Il est vrai que le terme plus correct serait "sovier" ou "soviéner".
Auteur : Vincent P.
11/12/12
E ke pensa d'ous "dicos" landës dap :
lou soubeni ; le soubinence ???
Amistats
Garluche
Auteur : Garluche
16/12/12
la chonca
Bonjour,
Nouvel "apprenant", je ne trouve nulle part un mot utilisé dans les landes pour dire tremper (par exemple tremper du pain dans un œuf ou un liquide) : la chonca, choncar (tyounque).
Quelqu'un a-t-il connaissance de ce mot, une orthographe ou une référence ? (je ne parle pas de chopar). Merci d'avance.
Auteur : saugnac
10/12/12
Votre avis ?
J'ai donc étrenné le Multidiccionari francés-occitan en ligne Dicod'Òc en recherchant "la chonca", et ça marche !
Auteur : Tederic M.
10/12/12
Per nosatis "har choncas" qu'èra a l'estiu per gran calor, qu'emplivam ua bòla d'aiga fresca e de vin arroi, dab sucre.
Qu'i metèvam trocicòts de pan a trempar. E mingèvam aquò dab un culhèir.
Qu'aimèvam hòrt aquò deu temps on èram mainatges. N'èram pas guastats com auei.
Auteur : Lo Pèir
10/12/12
choncar
Merci, il suffisait effectivement de chercher "saucer".
Auteur : saugnac
11/12/12
Un p'tit tour en Normandie ?
Changeons-nous (pas complètement) les idées avec ce texte de bon aloi sur "La diffusion de la toponymie scandinave dans la Normandie ducale" !
http://www.unicaen.fr/mrsh/craham/revue/tabularia/print.php?dossier=dossier2&file=05beaurepaire.xml
De ce texte que j'avais trouvé il y a des années, et qui est resté sagement en ligne sur le site de l'Université de Caen, j'avais retenu, entre autres, que "la lettre F est absente de la langue gauloise."
Comme elle était absente du proto-gascon...

On peut aussi tenter un rapprochement entre vascons et vikings, pour ce qui est des conséquences d'une invasion sur les restes toponymiques et lingüistiques, même si certains pensent qu'il n'y a pas eu en Gascogne d'invasion vasconne.
Auteur : Tederic M.
05/12/12
Votre avis ?
Traduction
Bonjour,

Comment traduire la phrase suivante : « Maintenant que le loup est dans la bergerie, il suffit de fermer la porte ».

Je propose ceci, mais je ne sais pas si c'est correct : « Adare que lo loup qu'es hen le borde, m'in bau ana barrat a clau ! ».

Quelqu'un peut-il me donner son avis ?

D'avance merci.
Auteur : Jacques Hazera
05/12/12

Réponse de Gasconha.com :
Adishatz Jacques !
La traduction (en "parla negue") est presque faite, mais les gasconhautes auront peut-être des observations à transmettre.
Trois remarques d'emblée :
- par souci de cohérence graphique, il faudrait écrire "lou loup" ;
- "m'in bau" (qui d'ailleurs est "je m'en vais" et non "il suffit de") : peut-être écrire plutôt "m'en bau" et même "me'n bau" ;
- "ana barrat a clau" : "barrat" irait pour un participe passé ("fermé) ; mais ici, il doit s'agir d'un infinitif ("fermer"), et alors, ce doit être "ana barra a clau".
E quin loup es aqueuth ?-)
[Tederic M.]
Votre avis ?
Ne faudrait-il pas indiquer dans la seconde partie de la phrase que c'est la bergerie que l'on ferme à clé avec un "la" pronom personnel (qui sera "le") ?

"que me'n le baw ana barra a claw"

Je ne sais pas l'ordre des déterminants et des pronoms en gascon de la lande.

Le gascon de la lande postpose-t-il les pronoms après un infinitif ?
Auteur : Vincent P.
05/12/12
Jou que diri : "adare lou loup qu'es hen le borde, n'i a pa sounque a barra le porte"
Auteur : christophe
05/12/12
O enqüèra : "adare que lo loup es hen le borde i a pas sonque a li clava le porte peu nas"., aquò dit en tot ce n'arrider....
Auteur : Lo Pèir
05/12/12

Réponse de Gasconha.com :
Siam coërents : "lo lop" o "lou loup" !-)
Adare que lou loup éy dehéns la borde (de las aulhes), que suféch de barra la porte.
Auteur : jmcasa
05/12/12
Merci à tous !
Merci à tous pour cette aide à la traduction (et merci aussi à Félix Arnaudin) !

Finalement, j'ai fait un panachage de vos diverses solutions, en espérant ne pas avoir ajouté d'erreurs. Voici ce que ça donne : « Adare lou loup qu’es hen le borde, n’i a pas sounque a li clava le porte peu nas ! »

Il s'agit d'un loup venu des forêts du Nord-Est, et qui s'est mis en tête de relancer le gemmage dans nos Landes, mais en nous marchant dessus. Je le connais très très bien, et je ne conseille à personne de fricoter avec lui.

Je lui ai tricoté un petit mot d'amour consultable sur mon blog : http://www.pijouls.com/blog/jacques-hazera/sylviculture/pin-maritime/2012/12/06/le-gemmage/

Encore merci !
Jacques Hazera
Auteur : Jacques Hazera
06/12/12

Réponse de Gasconha.com :
Le frase que'm pareish boune !
Tchis/merci a touts. [Lou webmèste]
Totun, s'es en les Lanas, "le pòrte pReu nas" o quitament, " le pòrta suu nas"... "Peu" qu'es biarnés. "Preu" mé landés.
Auteur : Castèths
06/12/12
En parla negue que diden "prou nas".
Auteur : christophe
07/12/12
Jusqu'où s'avance au Sud la forme "li" face à la forme complète "lou" ?
Auteur : Vincent P.
07/12/12
Petites modifs
J'ai modifié le texte de la façon suivante : « Adare lou loup qu'es hen le borde, n'i a pas sounque a lou clava le porte prou cu ! ».

Ça me semble plus proche du parler noir de chez moi. Qu'en disent les spécialistes ?... que je remercie encore une fois.
Auteur : Jacques Hazera
07/12/12
Oc. "Preu" o "prou", que depen s'ecrívem en grafia normalisada o non.
Auteur : Castèths
07/12/12

Réponse de Gasconha.com :
Oui. "preu" en graphie alibertine = "prou" en graphie franco-phonétique.
Il fallait le rappeler, mais visiblement, J. Hazera l'avait compris, puisqu'il utilise "prou" ("prou cu" !) dans sa dernière mouture.
Peu nas/ preu nas  : contraccion de : per lo, l'emplec pas tan trencat qu'aquò geograficament. Qu'audivi los dus..
Per çò qu'es de l'òrdi deus pronoms e déterminants :
"Que le me'n bau ana barra a claw".
Mès lo parlar populari que'ns hè eslissar tôt aquò adaisa : lo Manciet qu'a utilizat aqueth desplaçament anarquic hens la soa poësia aquera.
E que'm disè : "mès n'at cau pas diser ! Qu'es un secrèt !" (ne calè pas deishar descobrir qu'aqueth metòde èra tirat deu parlar populari)
Auteur : Lo Pèir
07/12/12
en parla negue, que diri mélèu "a li clava le porte"
Auteur : christophe
08/12/12
Photo prise avec mon téléphone, exécrable qualité, je ferai mieux plus tard.

http://farm9.staticflickr.com/8483/8255131248_e4da133009_b.jpg

Le datif "li" ("lui" en français) n'existe dans les Landes que sur une petite bande horizontale Biscarrosse-Sore.

La distribution du phénomène, à mon avis, montre clairement qu'il s'agit d'un phénomène garonnais, plus largement occitan (le languedocien connaît aussi le datif), quand le bloc hyper-gascon ne connaît que la fusion entre accusatif et datif pour le pronom. Sauf bizarrement en Aspe.
Auteur : Vincent P.
08/12/12
Henri IV - Le grand-dessein
Non, le grand dessein d'Henri IV n'a pas porté sur la Gascogne, même si "lou nouste Enric" a vécu une part, et peut-être la plus heureuse, de sa jeunesse, en Gascogne.

Après avoir oeuvré, avec finalement un certain succès, à pacifier et unifier la France, il voulait faire de même de l'Europe chrétienne.

Voici ce qu'écrivait Jo Gérard, aux pages 124-125 de "HENRI IV, LE PLUS VERT DES GALANTS" (Editions Dargaud 1967), livre que je vous recommande :

"En réalité, Henri IV souhaite, selon ses propres termes, que la chrétienté ne forme qu'un «seul corps ».
Il envisage de créer quinze Etats dans cette Europe en les dotant de frontières acceptées et reconnues, par chacun d'eux, pour éviter tout conflit futur.
Ces Etats seraient ceux du pape, l'Empire d'Allemagne, la France, l'Espagne, la Grande-Bretagne, la Hongrie, la Bohème, la Pologne, le Danemark, la Suède, la Savoie, la seigneurie de Venise, la république italique, les Pays-Bas et la Suisse.
Le roi de France va plus loin, il détermine le régime de chacun de ces Etats.
Cinq d'entr'eux sont des monarchies héréditaires : la Suède, la Savoie, la France,l'Espagne et la Grande-Bretagne ; six pays sont pourvus d'une monarchie élue : la Papauté, l'Empire allemand, la Hongrie, la Bohême, le Danemark et la Pologne ; enfin, il y a deux républiques démocratiques : les Pays-Bas et la Suisse mais deux républiques «aristocratiques»  : Venise et l'Italie qui seraient gouvernées par des oligarchies électives.
[...]
il croit possible chez ses voisins du Nord ce qu'il a réussi chez lui : la réconciliation des papistes et des calvinistes.
Mais qui règlerait les différends de la confédération européenne  ?
Le roi est précis : «Un conseil fédéral formé de soixante délégués, soit quatre par Etat et on établirait cette assemblée dans quelque ville au milieu de l'Europe comme Metz, Nancy, Cologne ou autre».
Henri IV prévoit aussi que la première tâche de cette assemblée sera d'élaborer un règlement destiné à codifier les relations entre les souverains et leurs sujets, pour éviter à ceux-ci la tyrannie et à ceux-là des révoltes populaires et injustifiées.
[...]
Ainsi, «le grand dessein» ne pouvait que porter ombrage aux deux puissances les plus conservatrices de l'Europe : l'Espagne et l'Autriche.
L'une et l'autre pratiquaient le «divisez pour règner»'
[Fin de citation]

Peut-être - en rêvant un peu - que dans un tel cadre d'inspiration fédéraliste, la Gascogne aurait pu revivre. De même qu'on pourrait espérer maintenant l'émergence d'une Europe des régions, qui prendrait le relais de l'Europe des Etats.

Mais les descendants royaux d'Henri IV n'ont pas poursuivi ce "grand dessein" de coexistence pacifique et de pluralisme.
Pensons notamment à la révocation de l'Edit de Nantes...
Auteur : Tederic M.
04/12/12
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