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MotsPrenomsNomsLòcsBanèrasLigams

mot = La
Nom propre LASSATZ ou LASSATS
Sauriez-vous si le nom propre LASSATZ ou LASSATS aurait une origine gasconne et si oui ce qu'il pourrait signifier.
Pour le moment il s'agit du nom d'une ancienne paroisse aujourd'hui disparue.
Merci beaucoup
Auteur : Elizabeth Vignati
01/09/09
Afficher Nom propre LASSATZ ou LASSATS en particulier, et peut-être donner votre avis...
Si cette paroisse se trouvait dans l'aire vasconne, on pourrait y voir le basque LATSA (cours d'eau) + suffixe ATZ  ?
Auteur : Peïo Dibon
01/09/09
Je suppose que vous faites allusion à l'ancienne paroisse des environs d'Hostens.

"in parrochiis d'Austen et de Lassatz"

Personne n'a a présent trouvé la clé des toponymes girondins en -tz/ts. Il faudrait une attestation complète de tous les toponymes de ce genre et une analyse comparée de leurs bases.
Des origines diverses sont possibles pour chaque toponyme, voire des déformations (je crois que Portets n'est en fait que Portet par exemple).
Auteur : Vincent.P
01/09/09
Quelques pistes de réflexion qui avaient été évoquées dans les grains de sel se rapportant à Hostens.

Il va sans dire que si l'on pouvait apporter la preuve de la théorie des sifflantes vasconnes, la proposition de Peïo convient (même si on peut imaginer que cela aurait donné aussi bien Lachatz mais comme la paroisse a disparu, nous n'avons pas les évolutions ultérieures).

Pour ma part, comme je l'indiquais, je préfèrerais une explication latine ou romane au sens large (que l'on peut aussi préférer pour Hostens).

Cela dit, il faut bien prendre en compte le caractère très gascon de ces pays de la rive gauche de la Garonne en amont de Bordeaux.
Un lieu-dit comme Campardon à Virelade (peut-on faire plus gascon ?) prouve l'extension du phénomène de a prosthétique (ardon<arredon).
On le trouve également à Saint-Vivien-du-Médoc soit à quelques kilomètres de la pointe de Grave.
La gasconnité plus faible du Bordelais contemporain a toutes les caractéristiques d'une gasconnité perdue (cf aussi Espiet, Mouliets, Branne et le lieu-dit La Tauziatte à Montravel en Périgord gascon qui consiste en trois villages sous l'influence de Castillon).
Auteur : Vincent.P
02/09/09

Réponse de Gasconha.com :
Le "a" prosthétique semble très présent dans les noms de famille bordelais mentionnés par les textes gascons médiévaux de Bordeaux.
Ex (de mémoire) : Larossiney
A noter : ces formes graphiques ne redoublent pas le "r" après le "a" prosthétique.
[Tederic]
A propos de ces noms de lieu en "ts" du Bordelais :
J'ai remarqué qu'ils étaient prononcés simplement "s" par les habitants du coin :
ex  : "Portès" pour Portets, "Arbanas" pour Arbanats.
Je fais le rapprochement à la prononciation de "Adishatz" qui était, je l'ai lu, "Adishas" dans l'Entre-deux-Mers voisin, donc peut-être aussi dans les Graves.
Par contre, je subodore (ce serait à confirmer) que la prononciation du participe passé pluriel (ex : anats) ou des noms en "t" au pluriel (ex : los porets) conservait bien le "ts".
C'est juste un élément pour alimenter la réflexion...
Auteur : Tederic
02/09/09
Ce qu'on peut dire c'est que ces toponymes sont orthographiés tantôt z, tantôt tz dans les textes anciens.
Soit que la graphie z représente un son "tz". A voir sur les textes dans leur intégralité.
Soit alors qu'il y a eu tendance à réaliser en affriquée. Or c'est exactement le même phénomène en basque historique : faut-il supposer une communauté linguistique qui aurait duré relativement tard ?
Après tout, d'autres phénomènes le laissent à penser : on aurait des mutations linguistiques qui toucheraient les deux langues non pas directement par effet de substrat mécanique mais plutôt par convergence parallèle du fait d'une communauté de destin jamais brisée. Il en irait ainsi des phénomènes de nasalisation du gascon et du basque.
Auteur : Vincent.P
10/09/09
Selon moi lassatz signifie large, aisé, par opposition à Brachs signifiant plutot amputé,raccourci, etriqué.
Auteur : JL BEDOUT
22/11/10
Noms de Came
Adishatz a totz.

J'ai relevé les maisons figurant sur le plan cadastral de Came (1913), partie en Navarre, partie en Gascogne.

Quartier Lanusse : Lanapla, Mounine, Cabanes, Guilheume, Hau de Bouillon, Menaud, Pascouau, Mailharrau, Tinte, Clerg, Sanglar, Jourdane, Charinou, Achary deu Miey, Achary Bieilh, Haurieu, Lamane, Peyri, Graside, Touya, Matitou, Pouchoulane, Salardun, Lacroux, Lanine, Combu, Moureu, Matou, Moulet, Geneze, Heuga, Pinane, Ladaune, Gouaillardot.

Grande majorité de toponymes gascons je pense, mais énigmatiques pour moi !

Deux noms d'une évidence basque : Larran et Larrandou.
Auteur : Peïo Dibon
27/08/09
Afficher Noms de Came en particulier, et peut-être donner votre avis...
En cherchant sur le site, je trouve des origines gasconnes pour Casterrat, Haget, Heuga, Loustau, Lanusse, Lanine, Moureu, Nabarron, Peyri, Sanglar, Touya.

Je crois que Mailharrau vient du basque, mais je ne sais plus de quoi.

Quant aux deux Achary, probablement des doublets basco-gascons.

Vous pouvez m'éclairer pour le reste ?
Auteur : Peïo Dibon
27/08/09
Lanapla : gascon lana (=lande) + plan (=plane, du latin plana, pla avec chute du n intervocalique, refait en plan)

Mounine : "Petite Raymonde" en gascon (Arra)monina

Cabanes : pluriel du gascon cabane de même sens qu'en français

Guilheume : forme altérée de Guillaume

Hau de Bouillon : on ne sait jamais si c'est haur=forgeron ou hau=hêtre. Grosclaude montre que fau n'est pas présent dans les recensements de Béarn alors que faur abonde. Il a tort : on trouve Peyro de Fau à Conchez.
Bouillon est une commune béarnaise.

Menaud : variante du vieux prénom gascon Manaut d'origine germanique

Pascouau : "Pascal" en gascon

Mailharrau : déformation du basque Mailharro qui est un patronyme en Mixe, du basque malharr=terrain escarpé

Tinte : gascon "tintèr"=teinturier

Clerg : "clerc", probablement la maison d'origine des Duclercq charnégous

Sanglar : "sanglier" en gascon

Jourdane : prénom féminin gascon formé sur Jordan (=Jourdain)

Charinou : peut-être le gascon sharre (=grêle) avec diminutif affectif -inon. Je ne pense pas que cela cache un nom basque.

Achary deu Miey : "Achary du milieu", Achary est la gasconnisation évidente d'un nom basque, sans-doute Etxa sarri (la maison dans les broussailles). Le vrai nom du chanteur Dassary de Biarritz était Deyherassary : témoignage moderne de gasconnisation (il était de Biarritz) ?

Achary Bieilh : "Achary Vieux"

Haurieu : gascon hauria (=forge) prononcé en voyelle finale ouest-gasconne

Lamane : aphérèse du prénom gascon Alamana (qui signifie "allemande")

Peyri : gascon peiria = pierraille

Graside : forme féminine du vieux prénom gascob Grat

Touya : gascon tojar = lieu o il y a des ajoncs

Matitou : "Petit Guillaumet" (Guilhe)matiton. Les dérivés de Mateu (=Mathieu) sont en v/b

Pouchoulane : à mon avis, c'est la gasconnisation du basque Potxolenea (demeure de Potxolo=joufflu) refait en Pouchoulane par influence de lana=lande. Je ne vois pas en effet pour quelle raison "lana" serait postposé.

Salardun : probable témoignage fantastique des migrations inter-gasconnes, il y a aussi un Langoun à Came (Salardun est un village du Val d'Aran, toponyme d'origine celtique en dunum)

Lacroux : gascon "la crotz" = la croix

Lanine : "petite lande" me semble assez peu plausible, plutôt l'aphérèse d'un prénom gascon mais lequel ?

Combu : ne semble pas respecter la phonétique gasconne sauf si l'étymon est en nv (mb est simplifié m). Ecrit Combou, Combué/Combüe également. Un dérivé de convier=convenir ?
Difficile à dire : le plus crédible finalement est qu'il s'agisse d'un latinisme basque sur kumba (qui donne coma en gascon) en sachant qu'en basque la simplification de mb n'est pas toujours parfaite (cf Cambo)

Moureu : "brun de peau" en gascon

Matou : dérivé de Guillaume (Guilhemato accentué sur l'avant-dernière syllabe)

Moulet : autre dérivé de Guillaume (Guilemolet)

Geneze : variante de genèsta=genêt ?

Heuga : du gascon heugar=fougeraie

Pinane : variante féminine du prénom gascon Pinaut

Ladaune : "la dame" en gascon

Gouaillardot : forme diminutive du prénom gascon Gualhard (=gaillard)

Larran : du basque larrain (=terrain inculte), Larrandou doit en être un dimunitif gascon
Auteur : Vincent.P
27/08/09
Larrandou est même plus probablement le basque larrain + ondo = à côté de "larrain"
Auteur : Vincent.P
28/08/09
Lanine : on peut y voir "La Nine" autrement "la petite jeanne" (Joanina)
Auteur : Vincent.P
28/08/09
Larrandou est plus selon moi le nom Larrondo gasconnisé comme beaucoup de noms en pays charnégou.

Il existe cette maison à Bardos nommée Larrandou en 1818, Larando actuellement.
Auteur : Peïo Dibon
28/08/09
Directement Larrondo c'est un peu compliqué phonétiquement, ce n'est généralement pas altéré de la sorte (cf Mendiondou).
Larrainondo convient assez bien avec suppression d'une syllabe de même structure consonantique très classique en basque (ain et on) :

larrain(on)do>larrando>larrandou
Auteur : Vincent.P
28/08/09
Marianne, Long, Montagne et Espagne, quant à eux, viennent-ils du gascon ?
Auteur : Peïo Dibon
16/12/09
Long, Marianne, Espagne et Montagne, quant à eux, sont-ils des toponymes gascons "francisés" ?
Auteur : Peïo Dibon
17/06/10
Non, nullement, il s'agit d'une manière tout à fait naturelle d'écrire ce qui se prononce ainsi que cela s'écrit (en ouest-gascon, la finale atone issue du latin -a est bien -e)

"Long" signifie "long". Certes, en gascon moderne, cela se prononce "loung" mais la force de l'écrit fait que dans de nombreux cas, la notation ancienne o est maintenue. On ne peut pas exclure une francisation cependant.

"Marianne", écrit Mariane, est déjà un prénom gascon médiéval donné en Béarn. Variante : Marianete.

"Espagne" : transparent, s'écrirait certes Espanha en graphie classique, mais se prononce pour ainsi dire comme en français.

"Montagne" : c'est le nom de Montaigne. Mot pan-roman, écrit montanha en alibertin, qui se prononce mountagne, mais qui a pu être Montagne.

Dans tous les cas, ces formations peuvent être gasconnes. Elles ont surtout en commun d'être des patronymes et non des domonymes (hésitation sur Montagne), ce qui est typique des noms de lieux des pays charnégous, très dominés par les patronymes (notamment formés sur des anthroponymes), ce qui est assez caractéristique à mon avis d'une gasconnisation plus tardive, via une expansion démographique post-médiévale d'où sobriquets plutôt que vieux noms de maison.
Auteur : Vincent.P
18/06/10
Je suis quand même perplexe pour la signification de tous les Achary, Dassary, Achari, Dachary...
Ne peut-on pas y voir le basque azari/axari = renard ?

Une maison porte un nom difficilement lisible ; il me semble y voir 'Chager'. Aphérèse d'un Achaguer ? Axager = Aizager

Le lieu-dit Charinou est en fait 'Charinau', ce qui peut amener à une autre signification avec nau = neuf.

'Gaye' = "gaie" ? Ou bien une cacographie de "gave" ?

Un quartier porte le nom de Pascrabér. Le second élément semble être 'crabèr'.

La maison Moulet de 1913 est dite 'Mourlet' sur le cadastre Napoéonien.

'Petricot' semble être un prénom formé de Petri.

Quand à 'Pouchoulane', ne peut-il pas s'agir simplement d'un composé de pusheu-lana  ?

En attendant l'avis de Vincent P. !
Auteur : P. Dibon
22/08/10
Tee shirts
Espanhès, mès pas trop ! Gascons mès pas pro !

A Auch, j'ai trouvé la boutique d'un marque qui se veut "occitanisant", et qui a comme initiales TYD. ce qui veut dire Trenta y dos  !!!
Mais pourquoi ils ont pas utilisé le gascon à Auch ! son pecs acquets non ?

Il y a aussi dans le Gers un marque qui elle se nomme Qu'es acquo ? ils font le tee-shirt officiel de Nadau
"siatz los de qui cau" expression vraiment gasconne (bearnaise diraient les intéressés), intraduisible et qui montre bien la richesse de cette langue.

Et vous connaissez tous Adishatz, qui est dans les landes mais qui sur ses teeshirts communique en Occitan normalisé !
Auteur : lo gran Stef
27/08/09

Réponse de Gasconha.com :
"Adishatz", qui a un certain succès en Gascogne, met sur ses tee-shirts (camisets, quessòts (?)) des texte en gascon, graphie occitane (alibertine) normalisée, donc communique bien en gascon (même si la Gascogne est rarement nommée, ce qui est dommage, mais on y est habitué).

Stef, volèvas diser "Espanhòus" ?
Afficher Tee shirts en particulier, et peut-être donner votre avis...
Mouais, mais bon quand on lie "Mefia't"... Peut-être pour que ce soit plus compréhensible pour les francophones unilingues.
Toujours est-il que moi j'aurais mis "Meshida't".
Auteur : Hlo
08/09/09
O "hida't" solet qu'ei pro.
Auteur : Txatti
29/11/09
La stratégie qui a manqué à la Gascogne
[Ce gran de sau est né d'un autre gran de sau, de Halip Lartiga, dans le fil du ligam sur Hestivòc qui abordait notamment la question de la responsabilité des locuteurs naturels du gascon dans la transmission de leur langue.
Il est transformé ici en gran de sau autonome.]

Ho, je pense que les locuteurs naturels ont été balayés par le vent de l'Histoire : ils n'ont pas vraiment été les acteurs de ce qui s'est tramé.
Dans un contexte aussi défavorable, la moindre erreur stratégique se paie cher et en ceci l'occitanisme est coupable, dans son incapacité à identifier les véritables raisons des substitutions linguistiques, à savoir l'intégration économique à la France.

Quant aux Basques, ils ne tiennent que sur le caractère ethnique lié à leur identité (et là où j'en veux aux occitanistes, c'est que ce caractère était également propre à l'identité gasconne : le peuple gascon est dans l'Histoire de France parmi les mieux identifiés).
En tout cas je suis persuadé d'une chose : la langue n'est pas source de fierté en elle-même, c'est la fierté de qui l'on est qui induit la volonté de maîtriser une langue à laquelle l'on va conférer des attributs "patriotiques".

Ainsi sauver le gascon devait passer à mon avis avant tout par une politique de communication autour de la Gascogne, de son peuple, de son Histoire, de sa culture.
Car en l'absence d'une bourgeoisie économique gasconophone, parler gascon ne pouvait plus se justifier que dans l'irrationalité économique qu'induit le patriotisme.
Quitte à paraître pour ce que paraissent les Basques à savoir des gens refermés et communautaristes.
Or le mouvement occitan s'est construit sur des valeurs opposées, très françaises : universalisme de la langue, libéralisme économique et sociétal (mobilité, modernisation économique jusque dans l'affiliation à Elf ou la fonction publique, ...).

Je crois vraiment qu'au vu de la réalité ethno-culturelle gasconne, il est dommage que tant de Gascons aient perdu leur temps dans l'occitanisme.
Si l'on fait un retour dans les années 50, on se rend compte que la Gascogne dispose d'écrivains de grande qualité (Camelat, Manciet, ...), du corpus folklorique et culturel le plus élaboré (Palay, ...), des meilleurs dialectologues (Ravier, Allières, Bec, ...).
La Gascogne est encore un pays rural, le petit patriotisme y est très vigoureux, la langue est parlée communément, Bordeaux est encore le port gascon de Mauriac, Toulouse ce gros bourg garonnais. La conjonction de cette élite et d'un peuple encore vivace à l'échelle de la France aurait dû aboutir à un mouvement patriotique local un peu organisé, qui aurait en tout cas marqué dans les esprits la spécificité gasconne.

Les Trente Glorieuses ont emporté tout cela et c'est là que nous payons l'engagement félibréen puis occitaniste de ceux qui ont failli à leur mission historique.
Quand je relis les lettres d'un Camelat, qui parle de tourner le dos aux Provençaux pour mieux embrasser nos racines ibériques (via une alliance avec les Catalans), je suis en colère contre la bigoterie et le manque de courage qu'il y a eu à ne pas rompre avec les élans de jeunesse mistraliens.
Auteur : Vincent.P
23/08/09

Réponse de Gasconha.com :

Ce message est important !

Comme "cap-redactour" de Gasconha.com, je retrouve dans ce texte les conclusions que m'inspirent 35 ans d'observation de l'occitanisme en Gascogne.

Je mettrai seulement un bémol sur le libéralisme économique, qui ne me parait pas totalement incarné par le système français, très étatique.

La réflexion doit continuer. Il s'agit maintenant de se relever de cette défaite majeure qu'est la perte de notre langue, de tirer les leçons des erreurs passées et de proposer une nouvelle Gascogne :
Une Gascogne fière d'elle-même, dynamique, qui joue avec adresse de son appartenance au bassin aquitain en tête-à tête avec la Guyenne et le pays toulousain, et de ses héritages vascon, occitan, français...

Une Gascogne qui soit de nouveau le nom connu de tous du triangle Océan-Garonne-Pyrénées.

Tederic
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Déjà en 1864... [dépressifs, ne lisez pas ce qui suit !]
Allez, voilà ce que disait Broca en 1864 :

"Il est peu probable en effet qu'une langue, populaire, qu'un simple patois, comme le béarnais, puisse se substituer au basque.
Le basque, je n'en doute pas, sera tôt ou tard supplanté, mais il fera place au français et non au béarnais, et il est probable qu'il ne disparaîtra pas en reculant peu à peu, mais qu'il dépérira partout à la fois comme nos patois méridionaux. Partout déjà, le français est devenu la langue usuelle des familles éclairées ; il commence à prévaloir dans plusieurs villes, d'où il s'infiltre lentement dans les campagnes environnantes ; tout permet donc de croire que dans un petit nombre de générations tous nos basques connaîtront le français et qu'au bout de quelques générations de plus ils auront oublié la langue de leurs ancêtres.

En Espagne, le basque a perdu beaucoup de terrain depuis le commencement de ce siècle. Il y a 50 ans, il s'étendait au sud jusqu'à Puente la Reyna (en Navarre) ; aujourd'hui les limites de cette langue passent un peu au nord de Pampelune ; par conséquent elles ont reculé d'environ 8 lieues vers le nord. Ce recul, qui s'est effectué graduellement, de proche en proche, contraste avec la fixité sinon absolue du moins, relative des limites du pays basque français ; mais en Espagne la langue basque se trouve aux prises avec une langue littéraire, organe officiel d'une nationalité que les Basques ont acceptée, -— tandis qu'en France elle est en présence d'un patois qui est déjà en décadence et qui, loin de pouvoir prétendre à l'absorber, périra probablement avant elle."
Auteur : Vincent.P
22/08/09
Afficher Déjà en 1864... [dépressifs, ne lisez pas ce qui suit !] en particulier, et peut-être donner votre avis...
C'est injuste tout de même, on était juste en train de conquérir Bardos dans ces années-là (il nous en aura fallu du temps d'ailleurs car depuis la fondation de La Bastide-Clairence, nous entourions ce village de toutes parts sauf un maigre corridor qui donnait sur Orègue). :)

Plus sérieusement, il est évident que le basque survivra au gascon (tout comme le breton survivra au gallo) car le basque cumule deux avantages : un éloignement viscéral des structures grammaticales romanes (d'où exotisme, fascination, fierté) et une assise territoriale certes mensongère quant à l'extension véritable de la langue, mais bien ancrée dans les esprits (d'où l'importance de toujours lier une politique linguistique à des conceptions territoriales : faire la promotion du gascon sans clairement en parallèle avoir expliqué la Gascogne n'avait aucun sens).
Bref, nous sommes face à un fait ethnique, beaucoup plus résistant aux changements de longue durée.
Auteur : Vincent.P
22/08/09
L'accent de Henri IV dans les fictions
Ce prince français qu'était Henri IV aurait gardé l'accent gascon de son enfance en Béarn (est-ce bien vrai ?) et l'on sait que c'est à cette époque que bon nombre de mots gascons ont transité en français. La manière de présenter Henri IV dans les médias est révélatrice des tendances contemporaines.

Ainsi dans "Vive Henri IV, vive l'amour" de 1961 c'est un Henri IV truculent (notez que la comédie y est pour quelque chose) avec un fort accent qui est montré :

www.youtube.com(1)

Dans la Reine Margot de 1992, le Henri IV incarné par Auteuil n'a plus l'accent :

www.youtube.com(2)

Idem dans le docu-fiction de France 2 "L'assassinat de Henri IV".

www.youtube.com(3)
Auteur : Vincent.P
21/08/09
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Eth cagaire
Eth cagaire : le chieur ?
Auteur : Filou
18/08/09

Réponse de Gasconha.com :
C'est cela même !
Afficher Eth cagaire en particulier, et peut-être donner votre avis...
Quartier Ibarre pour terminer :
Baluar, Ascarat, Habains, Ancho, Labiaguerre, Pibon, Hodi, Arremoulio, Mourdi, Buruns, Ganderats, Istiart, Atzalouet, Orhasque, Gorain, Lapargaïts, Beherobio, Macquilet, Penauch, Castella, Bachocq (Baratchocq), Escapat, Bethan, Atho, Galbarrette, Cambonçaray (Cambossarry).
Auteur : Peïo Dibon
12/08/09
Afficher Quartier Ibarre pour terminer : en particulier, et peut-être donner votre avis...
Baluar : Le Baluar aujourd'hui, n'a de correspondances qu'en Gascogne (Le Baluard à Port-de-Lanne en Orthe, Les Baluards à Talais en Médoc).
A "baluhart" (h muette) Lespy indique : levée, élévation de terre ; usité du côté d'Urt où il y a des bas-fonds, bartes, terrains exposés aux inondations".
En gros ce que l'on dit "matte" dans la vallée de la Garonne. Or comme par hasard, le toponyme médocain se trouve au lieu-dit "Les Mattes" !
Formidable usage d'un mot d'une extrémité à l'autre de la Gascogne (l'étymologie est la même que boulevard au sens initial de "rempart" ; note Lafitte).

Ascarat : comme Ascarat en Basse-Navarre, aitz=rocher + garate=lieu haut ; sens final : "hauteur de rocher"

Habains : Habanch sur les cartes modernes, doit expliquer le patronyme moderne Habans (présent en Chalosse et au Pays Basque) ainsi que la maison Habantza de Halsou. On peut peut-être le tirer du gascon Habas (havars) basquisé : habarz > habanz avec la tendance basque à réaliser la vibrante en nasale devant consonne (cf Orpustan, Lichans : Lexantzü qui vient de lexarzu et inversement jauregi, composé de jaun). On peut aussi imaginer un gasconnisme sur abantz=avant avec aspiration labourdine parasite

Ancho : prénom basque (cf lieu-dit sur Gasconha.com)

Labiaguerre : basque labe=four + agerre=en vue

Pibon : réfection fautive pour píbo=peuplier ? "Pin Bon" ? Ou peut-être variante bayonnaise de Poueyou ("petit sommet") : en effet, le verbe pujar (puyà) donne bien pivar en gascon bayonnais (prononcez pibà), "puyon" donnera "pibon".

Hodi : variante labourdine du basque odi=ravin

Arremoulio : gascon "arremolin"=tournoiement d'eau + suffixe archaïque basque -o

Mourdi : basque muru=hauteur + suffixe collectif -di ?

Buruns : Burunch aujourd'hui, basque buru=tête, sommet + double suffixation -un + -tz ; doit désigner un sommet

Ganderats : terme inexpliqué, mis en rapport avec le basque gandor=crête + suffixe locatif -atz ; variantes dans des textes médiévaux : canderatzsse, canderace (a donné le Candresse landais)

Istiart : basque iztil=terrain boueux + suffixe arte (=entre)

Atzalouet : basque à coup sûr, passablement gasconnisé mais quid de la signification ? Peut-être atze=arrière + arru (forme de composition pour harri) + suffixe locatif -eta avec rr pris pour la latérale l c'est-à-dire "à l'arrière de la maison Arrueta" ou "à l'arrière du lieu pierreux" ?

Orhasque : peut-être orh- variante aspirée de orre=genévrier + suffixe locatif -atz + suffixe diminutif -ko 'Orhazko'

Gorain : Goran aujourd'hui, entre dans la catégorie des toponymes en -ain dont on hésite sur le radical (anthroponyme ou toponyme ?). Dans le cas présent, au vu de la configuration des lieux, plutôt une réduction de gorogain=hauteur des houx. Cela pousse en hauteur le houx ?

Lapargaïts : pourrait représenter le basque lapari=fournier + gaitz=méchant. Un sobriquet en somme. On est loin de Labiaguerre ?

Beherobio : basque behere=bas + hobi=fosse "fosse du bas"

Macquilet : basque makhil=bâton + suffixe locatif -eta. Se pourrait-il que cela désigne un endroit où l'on trouverait des néfliers (pour la fabrique des bâtons) ? Ou plutôt le fabriquant de bâtons ou encore un endroit avec une palissade ?

Penauch : on trouve des Penos dans les relevés généalogiques de Bardos. Un dérivé quelconque sur le gascon pène=rocher abrupt ou encore un dérivé du prénom Pénin ? Mais quelle formation envisager ?
Auteur : Vincent.P
13/08/09
Castella : à mon avis c'est l'adaptation basque du gascon castéra (casterar) avec confusion entre la vibrante et la latérale (on le trouve écrit Castelaa à la béarnaise en 1735).
A été adapté à une époque où on ne prononçait plus le r final.

Bachocq : il est sous cette forme depuis 1594. D'où vient cette variante Baratchocq ? Orpustan dans son relevé des maisons médiévales de Bardos (peu de ces maisons y apparaissent) ne s'aventurent même pas à lui donner une forme basque correcte sans pour autant le dire roman.
-oki semble signifier "lieu, emplacement". Avec baso=forêt, on peut avoir Bachocq avec chute de la voyelle finale dans un contexte gascon.
Avec Baratchocq, il faut envisager baratze=jardin.

Escapat : gascon pour "échappé"

Bethan : à lier avec Béthano à Ostabat-Asme. Prénom biblique formé sur Béthanie ? Il faut des preuves de son utilisation.
Il existe une racine beta à laquelle Orpustan ne donne pas de sens : betart, betorz, betaeta, ...

Atho : probablement une variante du basque athe=passage avec suffixe archaïque -o

Galbarrette : en anthroponymie, galbarr est un surnom "hardi". Dans le sens locatif, on voit mal le sens mais c'est clairement galbarr + suffixe locatif -eta

Cambosarry : basque kanbo (terme issu du gaulois kambo qui a rapport avec des eaux curatives, donne Camou en gascon) + sarri=broussailles


Dans tous les cas, que de noms complexes (voire archaïques : serait-on dans le quartier le plus ancien de Bardos ?) et que l'on identifie mal !
Remarquez qu'il y a peu de noms gascons. Je vous conseille de faire appel à des spécialistes de la toponymie basque comme Orpustan, Iglesias, ... Ils sauront fournir des explications même si je me suis efforcé d'en donner de crédibles. A ce propos, conviennent-elles aux divers lieux ?

NB : Ibarra en basque, c'est "la vallée". Mais laquelle ? La Joyeuse ? Le ruisseau d'Artigue (dominé par un sommet Aranbide=chemin de la vallée) ?
Auteur : Vincent.P
13/08/09

Réponse de Gasconha.com :
Encore merci et bravo, Vincent, pour toutes ces explications !
Comme Atzalouet s'écrit aussi Altzalouet, on peut y voir la racine 'altza', l'aulne.
Quant à Labiaguerre, elle ne se situe pas à proximité de Lapargaïts, hélas !
Je ne sais pas à quelle date apparait l'écriture Baratchocq ; Dans le livre de Bardos, on lit BACHOCQ (maison aussi nommée BARATCHOCQ) : 1594 : Arnaud de Bachoc...

Merci beaucoup pour ces nombreuses explications.

Celles-ci peuvent correspondre aux lieux décrits.
Auteur : Peïo Dibon
13/08/09
Noms de maisons de Bardos (suite)
Pour continuer, voila le quartier Lerine :
Ernagnou, Agourret, Mayortegi, Garrou, Cazaubon, Peignegui, Cincau, Gassarran, Maycabar, Larrandeig, Semicourbe, Portetin (Portentin), Antiac, Burgues, Artigaux, Mauhourats, Esquila, Samacoits, Prechan, Bordenave, Loundaits, Hobincette (Horontchet), Poudenas, Anguelu, Dibon, Teulari, Potomborda, Bordato, Haget, Uguet.

Mayortegui serait un doublet basco-gascon mayor + tegi ?
Peignegui, peigne + egi
Larrandeig, Larrain -d- etxe.
Burgues, Burgu ?
Bordato, Borde Atho ?
Dibon, Ibi + on ?
Auteur : Peïo Dibon
03/08/09
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Le quartier Lerine doit tirer son nom du basque lerina :
ler=pin + suffixe locatif -in et déterminant basque pour un sens final de "La Pinède"

Ernagnou : on peut isoler une racine ern- qui semble basque mais qui n'a pas reçu d'explication pour l'instant hormis la similitude avec le basque ernai=poutre

Agourret : gasconnisation du basque Agorreta (cf maison Dagourette à Bayonne) : endroit sec (agorr=sec + suffixe locatif -eta)

Mayortegui  : basque pour la demeure de Mayor avec tout ce que peut signifier Mayor (probablement simple prénom laudatif comme le Melhor gascon médiéval)

Garrou : en gascon selon Lespy, c'est le bas de la cuisse du porc mais on a plus probablement un toponyme basque garro, énième composé sur "gar(r)" la roche

Peignegui : c'est la demeure de "Pegn", tout le mystère étant la signification de ce qui est peut-être un sobriquet gascon (penhicar c'est piquer) ou une quelconque modification de Penin, prénom médiéval gascon (sens de Petit)

Cincau : "cinquième" en gascon, équivalent du Quintilius latin

Gassaran : attesté galsarran en 1594
galzarr en basque est le buste, le giron, le sein selon Orpustan donc un surnom quelconque, -an est un suffixe patronymique d'appartenance, réduction de -ain

Maycabar : pourrait représenter "Mayca d'en bas" (barr(en)=bas), mayca pouvant être un nom d'origine (Macaye) ou une déformation de mahaka (=défilé)

Larrandeig : habillage béarnais pour Larrandetxe, probable larrain (=espace inculte) + d + etxe

Semicourbe : probablement originaire de Simacourbe (Béarn) ou homonyme (Cime Courbe ...)

Portetin : variante du gascon Porteteny

Antiac : on trouve un Antiac dans le Gers à Pouydraguin pour ce qui doit être un toponyme antique (domaine d'Antinus).
Maintenant, pour ce toponyme environné de toponymes basques, la gasconnisation du basque Handiaga me paraît plus crédible :

Handiaga > Handiac > Antiac (hypercorrection gasconne)

Burgues : "bourgeois"

Artigaux : pluriel du gascon artigau (artiga + suffixe qualitatif -au)

Mauhourats : le s est probablement parasite ; c'est le gascon Mauhourat "mauvais trou"

Esquila : "cloche" en basque mais peut représenter tellement de choses (composé de ezki=tilleul, ...)

Samacoits : la base vasconne sama reste inexpliquée (Sames, Samadet, ...), -koitz/goitz signifie à l'Est

Préchan : doit être un sobriquet "prêchant" (gallicisme). Préchan qui serait un domaine de Priscius, parallèle à Préchac, n'est pas attesté.

Bordenave : "borde neuve" en gascon

Loundaits : londaitz est un toponyme attesté au Pays Basque et qui reste inexpliqué

Hob(e)incette : formation basque romanisé qui pourrait être hobi (=fosse) + aintzi (=marécage) + suffixe locatif -eta

Poudenas : originaire de la ville gasconne de Poudenas

Anguelu : "terre basse" en basque

Dibon : particule romane + basque ibon (lieu du gué ?)

Teulari : basque pour tuilier

Potomborda : c'est la borde de Potom (sobriquet gascon sur Poutou/Poton du gascon pòt=baiser ?)

Bordato : -to est un suffixe dimunitif, c'est l'équivalent du gascon Bourdette

Haget : hêtraie en gascon

Uguet : ug- est une variante de ur (=eau) en composition bien connue, Uguet pourrait être Ugeta (=endroit où il a de l'eau) mais c'est vraiment plus probablement un diminutif du prénom Uc, Hugues en gascon
Auteur : Vincent.P
04/08/09
Cazaubon : "bon domaine" en gascon
Auteur : Vincent.P
11/08/09
La maison qui se nomme actuellement 'Eyheralde' porte le nom de 'Mirabilin' sur le cadastre napoléonien.

J'hésite à y voir un 'Miramolin' déformé.
Auteur : P. Dibon
06/07/10
Il peut s'agir d'une déformation basque classique que "Biremoulin" avec inversion classique b/m (cf Miremont qui devient Bihamoun en basque), synonyme de "Tournemoulin".
Auteur : Vincent.P
11/07/10
Noms de maisons de Bardos en Labourd (suite)
D'abord, le quartier Legarre tire son nom du basque Legarra=le gravier. Bref, c'est un La Grave basque.

Castetmorou : nom gascon indiquant probablement l'origine du porteur du nom, l'un des Castelmoron de Gascogne ("Château Mauron")

Pourquialet : en fait, c'est bien Portaillet puisque c'est également un patronyme charnégou. Petit portail en gascon.

Jouanbaire : Jean-quelque chose que je n'identifie pas, peut-être une déformation de bayle, rendue possible dans un contexte basque de confusion des latérales r et l.

Hapette : patronyme connu au Pays Basque et en pays charnégou mais dont je ne parviens pas à trouver le sens depuis un moment déjà. Je me demande parfois si ce ne serait pas une déformation de Apate(=l'abbaye) avec aspiration initiale labourdine.

Anchia : aintzia, le marécage en basque

Petre : forme latinisante du prénom Pierre qui est plus proprement Peyre en gascon, Betiri en basque. Cf Petrissans qui est Pierre-Sance.

Chedarry : nom basque présent également à Ayherre sous la forme moderne de Xedarria, probablement lié au basque zedarri, synoyme de mugarri=limite. Or la maison est justement en limite de Guiche.

Taneis : le basque ne connait pas dans son vocabulaire de base de t initial, sauf parfois en prothèse (cf artas/tartas). On peut envisager évidemment des composés complexes basques avec aphérèse d'une initiale mais pourquoi pas proposer un terme gascon de la famille de tanèr=tannerie, comme tanelh au pluriel, variante possible de tenelh (séchoir) ?

Jamot : petit Jacques en gascon

Franches : ce peut évidemment être la francisation d'un gascon Francas mais je crois plutôt qu'il s'agit d'une variante du prénom basque Frantxoa=François, genre Frantxez (francés), que le gascon local aurait également pu adapter ainsi soit dit en passant

Carrère : gascon pour rue

Frachou : gascon fraisho/hraisho=frêne

Bergouey : nom d'origine, je renvoie au lieu-dit dans les lieux proposés sur le site pour des pistes possibles

Viellenave : gascon pour Ville Neuve (probable nom d'origine)

Mounache : vieux prénom gascon Monacho, aphérèse d'Arramonacho (Arramon, c'est Raymond)

Hita : emprunt fait par le basque au gascon Hita=limite

Caumon : gascon pour "Mont Chauve"

Regenta : gascon regent=maître d'école + déterminant basque a

Appat : basque pour abbé

Auger : prénom gascon

Arroque : gascon pour "roche"

Lafitau : la + hitau (composé de hita et suffixe qualitiatif -au)

Barrandeigt : sous son habillage béarnais (orthographe -igt pour noter la palatale -tch), ce nom doit cacher le basque Barrandetche, probablement "la maison à l'intérieur" : barren + etxe avec un d de liaison

Sartuque : probablement un nom de métier gascon sarte/sarto=tailleur + suffixe diminutif féminin -uca

Plachot : gascon plaçòt=petite place

Aribit : patronyme basque des confins charnégous, que l'on trouve aussi orthographié Arribit. On peut envisager arri+bilda="le sommet arrondi pierreux" ou un composé sur ibi=gué. Où se trouve la borde originaire ?

Paloumères : palombières en gascon

Toutoumas : c'est bien Trenthomas au XVIème siècle. Prénom gascon mais aucune idée sur le premier élément du composé.

Pitarré : le pitarrèr en gascon est le fabriquant de cidre.
Auteur : Vincent.P
03/08/09
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Aribit : Il ne s'agit pas d'une borde mais bien d'une maison classée autrefois située section B4 Legarre. Elle existe toujours.
Auteur : Peïo Dibon
03/08/09
Fontagnères doit être issu de 'hontan', 'fontaine', mais j'aimerais savoir la signification exacte.
Auteur : P. Dibon
06/07/10
"Lafitau"  :
Je le découperais en "l'ahitau" qui est déjà dans la base comme signifiant "le hameau".
Auteur : Tederic
06/07/10
Liste de noms de maisons de Bardos en Labourd
Bonjour à tous.

Voici maintenant une liste de noms de maisons de Bardos en Labourd.
Pouvez-vous me dire quelle est leur origine (gasconne ou basque ?) et leur écriture normalisée.

Arricau, Saudan, Paguessorraye, Gelous, Martinon, Minhoua, Arlan, Pinaqui, Bellegarde, Baylia, Piemont, Berrio, Molio, Berhabe, Navarron, Piez darré, Fontan, Colombot, Chichart, Castagnet, Camiade, Chaharne et German.

Merci d'avance.
Auteur : Peïo Dibon
27/07/09
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Arricau : indubitablement gascon (arric=ravin + cau=creux). Il en reste les ruines dites Arricaou sur la carte IGN.

Saudan : on trouve Ru de Saudan à Lerm e Musset dans la lande girondine. Il semble que la racine "saudà" a servi à former de vieux prénoms gascons (Saudanete à Oloron par exemple). Ce ne serait pas le seul exemple de vieux prénom gascon bien conservé en pays charnégou et Mixe (Pétrissans, Guichandut, ...). Pour ce qui est de la signification de la racine, Berganton propose saudar=sauter, mais c'est une forme hyper-gasconne, aujourd'hui concentrée en Aspe et Barétous, autrefois probablement étendue sur toute la Gascogne méridionale.

Maintenant, pour dire vrai, j'ai l'intuition que ce Saudan est plutôt la gasconnisation régulière du basque Zaldan, formé peut-être sur le basque zaldu(=bois du latin saltum) avec un suffixe que je n'identifie pas (on a Zaldanburia à Sainte-Engrâce et Zaldain à Bidarray).

Paguessorraye : "basque je suis". phago (=hêtre du latin bagum) + soro (=champ, pré) probablement déformé en sorro + suffixe non identifiable tel quel, probablement le déterminant -ea devenu eia (?)
Sens probable de "pré de hêtres".

Gelous : déjà présente en 1594, du gascon jelós=jaloux. Romanisme fréquent en basque sous la forme Jeloz.

Martinon : roman plus généralement (petit Martin)

Minhoua : c'est basque, probablement quelque chose comme "la colline".

Arlan : il me semble être un toponyme basque gasconnisé, il fait penser au Mont Larla proche de la commune de Saint-Martin d'Arrosa (<arlausa=pierre lause). Cf le pic d'Arlas  : en tout cas ar- doit représenter (h)arri=pierre.

Pinaqui : pinaki est "pinède" en basque.

Bellegarde : nom roman médiéval transparent qui dans une version spécifiquement gasconne donnerait "bère gouarde"

Baylia : cela ressemble à un doublet basco-gascon bayle+ déterminant basque -a qui donne "Bailea" puis "Bailia"

Piemont : nom roman transparent

Berrio : doit être le basque pour "terre nouvellement défrichée" (cf Navaille en gascon). Cependant, l'existence d'une maison dite Berrho en 1594 sème le doute  : et si c'était plutôt simplement le basque berr(h)o pour broussailles  ?

Berhabe : déjà en 1594, il faudrait vérifier sa situation mais il est probable que ce nom reprenne le nom de la maison précédente + -be (=situé en dessous).

Navarron : prénom gascon médiéval

Piez darré : doit être le même nom que le Piets béarnais (cf sur Gasconha.com). Darré est le gascon pour "à l'ouest"

Fontan : écriture latinisante pour le gascon Hontan (=fontaine)

Colombot : diminutif du prénom masculin Colomb, serait plutôt Couloumot en bon gascon mais également en basque. J'ai déjà remarqué à La Bastide-Clairence cette tendance étymologiste.

Chichart : c'est très probablement basque avec le suffixe -arte(entre) mais pour identifier la base, il faut se lever tôt du fait de la transcription gasconne d'une part et du goût du basque pour les diminutifs qui "chuintent" (z>x par exemple). Sans oublier certaines réductions phonétiques qui rendent le nom indécelable ou la tendance générale du gascon charnégou à tout interpréter comme "ch". En règle générale, on sait grosso-modo que quelque chose de transcrit ch doit remonter à un s ou un x basque. A moins que ch ne représente tx ? On pense assez à la basque zinzurr, qui donne aussi xinxurr en basque au sens de gorge, précipice, et que l'on doit retrouver en gascon dans les lieux-dits Chinchorle à Vert, Chinchouret à Arbas, Chinchourre à Biarritz, ... On peut peut-être envisager xinxurrarte réduit à xinxarte puis xixarte (?) Tant de racines tournent autour de ces sons, sans oublier les onomatopées.

Castagnet : déjà en 1543, toponyme gascon par excellence ("châtaigneraie")

Camiade : c'est gascon (caminade avec chute du n intervocalique) mais on ne sait trop quel sens lui donner (maison située au bout du chemin, conjecture Grosclaude)

Chaharne : ce toponyme a toutes les apparences d'un nom basque gasconnisé

Etxebarne > Chabarne > Chaharne (phénomène basque classique que la chute du b intervocalique). Si l'on pousse plus loin la transformation phonétique, on a comme le prouve H.Iglesias la métairie de Saint-Etienne (Bayonne) dite Char (rue de Char) attestée Charne, Chaharne

German : gascon pour "Germain"
Auteur : Vincent.P
01/08/09
Un grand merci pour ces nombreuses explixations !

La maison Berho de 1594 n'est pas la maison Berrio car elle ne se trouve pas dans le même quartier. Cependant, je pense aussi qu'il faille rapprocher ces deux thermes pour la signification.

Sur le cadastre de 1818, aucune maison Berha ou Bera n'existe, mais elle a quand même bien pu existé bien avant cette date.
Auteur : Peïo Dibon
01/08/09
Pour continuer dans les explications, voila maintenant une liste de maisons du quartier Legarre : Castetmorou, Pourquialet (Portaillet), Jouanbaire, Hapette, Anchia, Petre, Chedarry, Taneis, Jamot, Franches, Carrere, Frachou, Bergouey, Viellenave, Mounache, Hita, Caumon, Regenta, Appat, Auger, Arroque, Lafitau, Barrandeigt, Sartuque, Plachot, Aribit, Paloumeres, Toutoumas (Trenthomas), Pitarré.

Je vous donne juste les maisons dont je ne sais pas la signification, car les autres portent des noms basques identifiables.
Auteur : Peïo Dibon
01/08/09

Réponse de Gasconha.com :
Les photos sont toujours bienvenues, qui permettraient de transformer ces maisons en lòcs de Gasconha.com...
Bonjour,
Sauf erreur de ma part, la maison Fontan de Bardos était nommée Cadillac au 17e siècle. Elle a pris le nom des propriétaires vers 1700.
Auteur : P. Laborde
17/08/09
Un nom gascon (mais plus généralement d'oc également) remplace un nom gascon : Cadillac c'est "originaire de Cadillac". Il serait intéressant de savoir si les familles au patronyme gascon de Bardos avaient plus ou moins tendance à faire venir des conjoints du Bas-Adour gascon. Les relevés du Charnègroupe doivent fournir la réponse :
charnegroupe.free.fr
Auteur : Vincent.P
19/08/09
Une autre maison se trouvant au carrefour de "Curutchet" se nomme "Chaubadon", je ne vois vraiment pas l'origine de ce nom...un peu d'aide serait bienvenue  !
Auteur : P.Dibon
04/07/10

Réponse de Gasconha.com :
Saubadon, Sauvadon, Sauvador ?... puisqu'on chuinte les "s" en pays charnègou...
"Sauvadon" pourrait être un diminutif de "Sauvat", mais pourrait aussi être une déformation de "Sauvador" (Sauveur), qui se prononce presque pareil, le "r" final étant muet.
[Tederic]
"escopitiots" e "gloys"
Adishatz a tots  !
Qu'ei dus questions !
Hentz le mia familha, qu'aperam "les ramequins" deus "escopitiots", qu'ei cercat pertot mé n'ei pas jamé trobat aqueth mot enloc, hentz nat diccionari !
Qu'avi pensat, solide, que vinè d' "escopir", portant, a noste, n'ei pas jamé vist digun, escopir hentz los "ramequins"...
E aqui qu'es ma darrera question : a l'escola, qu'aperevam los velos "des gloys", parier, n'es pas jamé trobat aqueth mot enloc, bilheu tot simplement, n'es pas un mot gascon...
Mé qu'ei totjamé trobat que sonava plan de noste !! (désolé pour la police non occitane)
Alavetz ?
Auteur : Renaud
18/07/09
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Proposez-nous un(e)
grain de sel !
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