L'un des innombrables toponymes couseranais en -ein. Je renvoie à mes précédentes analyses sur ce suffixe. Le toponyme reste complètement obscur.
Petite impression au passage : comment se fait-il que le Couserans se retrouve lié au Pays de Foix dans un même département ? Franchement ? C'est tellement aberrant. Ces pays n'ont strictement rien à voir, le Couserans est typiquement ouest-pyrénéen, on se croirait parfois en Soule. [Vincent.P]
L'anthroponyme d'origine germanique Audricus (à savoir Oderic), qui aurait alors connu une version secondaire Audricius, pourrait convenir et la série des toponymes couseranais serait parallèle de celle des toponymes commingeois en -vielle tous formés sur des anthroponymes germaniques.
Il s'agirait donc de fondations médiévales (on sait que parallèlement le suffixe -ac s'est maintenu très tardivement, peut-être jusqu'au VIIème siècle).
La question est alors de savoir si dans cette optique, la suffixation par -ein traduisait un maintien du basque en Couserans. On sait qu'au XIème siècle, les Aranais - donc des Commingeois - sont encore dits Basques.
Je suis évidemment demandeur de toute explication purement descriptive via des racines basco-aquitaines. Il est clair que l'on peut imaginer des bases comme aldarr.
Auteur : Vincent.P
09/07/11
Aujourd'hui, j'ai la conviction que les toponymes en -ein de Gascogne sont les pendants des toponymes en -ain de Navarre, en -én d'Aragon (qui sont en -ain dans les attestations anciennes), qu'ils sont tirés du latin -ani (d'où la mouillure, tandis que -anum donne -an), que le suffixe a été utilisé très tardivement pour former des lieux-dits sur des bases presque toujours anthroponymiques.
Toute la question est de savoir si l'usage dudit suffixe signifiait que l'on parlait basque dans ces régions lors de la formation des toponymes.
Il faudrait comparer la carte de la distribution des toponymes en -an et celle en -ein, mais les toponymes basques en -ano (réduits en -ao en basque avec chute du n intervocalique) ou -iano (les anthroponymes latins finissaient en -ius, d'où -ianum, réduit à -io en basque) font la preuve que les deux couches coexistent, l'une est peut-être plus vieille que l'autre.
Dans tous les cas, il faut désormais chercher vers les bases anthroponymiques. Par exemple, Uchentein me semble bien s'expliquer par le nom médiéval Uciand, j'avais déjà proposé l'explication.
Uciand + ain (avec mouillure du groupe ci et hypercorrection gasconne de nd en nt, lorsque le gascon a perdu son consonantisme basque).
Le Couserans a franchement été découpé comme un malpropre : outre le fait qu'on lui a adjoint le Pays de Foix (de telle sorte que le Couserans, partie la plus intéressante de l'Ariège moderne, sans chauvinisme gascon aucun, se reconnait aujourd'hui dans l'appellation "ariégeois"), il a par exemple perdu la commune de Portet d'Aspet au pied du col homonyme sans vraiment que l'on puisse en savoir la raison tant l'appartenance de Portet-d'Aspet à la Haute-Garonne est irrationnelle : le village est au pied du col encore en Bellongue !
Auteur : Vincent.P
09/07/11
C'est la vision que l'on a en descendant le col de Cap Blanc qui constituait la frontière entre le Couserans (ici la vallée du Salat) et le Volvestre (pays commingeois en tout cas dans la vallée du Volp). Les limites modernes ont altéré l'ancienne géographie qui était pourtant naturelle, à savoir que le col de Cap Blanc constitue notablement une frontière entre les Petites Pyrénées autour de Fabas encore tournées vers la vallée de la Garonne, et le Couserans axé sur celle du Salat.
Auteur : Vincent.P
09/07/11
Le sommet le plus haut en arrière-plan est évidemment le Valier, le jumeau du Pic de Midi de Bigorre pour ce qui est de la forme.
Ce pic a-t-il possédé un autre nom, moins chrétien ?
Auteur : Vincent.P
07/09/11
En tout cas, pour revenir sur cette question de la dénomination des montagnes, un cas comme celui du Montaigu (anciennement Oscaga/Oscagna) me laisse penser que nombre de nos montagnes gasconnes ont été débaptisées, soit via l'imaginaire chrétien, soit traduits, soit substitués tout simplement.
La maison sur la gauche qui illustre la commune est assez originale : elle doit probablement dater des années 60 et elle est inspirée par le style néo-régional, mais in fine elle ressemble pas mal aux maisons ottomanes en bois.
L'église n'est pas dans la vallée de la Bouigane mais sur les hauteurs, au hameau de Terrefète.
Là encore, aucune idée bien précise sur le sens du toponyme en l'absence de clé d'interprétation facile de ces toponymes en -ein.
On est assez tenté par l'idée que le prénom Auger (Ogier en français) pourrait constituer la base, auquel cas il y aurait éventualité forte que les toponymes en question soient assez symétriques de la série béarno-souletino-navarraise également constituée par des anthroponymes. Le domaine d'Auger ? Ce serait alors une formation médiévale. Audressein le domaine d'Oderic par exemple ? Est-ce à dire que la langue basque était encore pratiquée à cette époque ?
Vous avez remarqué des rues, des édifices, des maisons isolées, des coins de campagne (etc...) qui :
sont injustement menacés,
méritent d'être connus (par exemple pour leur architecture, d'hier ou d'aujourd'hui),
sont chargés d'histoire (même d'une histoire très locale),
portent des noms que tout le monde ne sait pas décrypter ou prononcer (des noms gascons, ou "patois", par exemple),
donnent des idées pour l'avenir,
etc...
Proposez-les ici, avec une photo* et le commentaire qui permettra au public de partager votre passion !
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Attention :
Les lieux proposés doivent s'accorder avec "l'esprit" de Gasconha.com, et son domaine géographique : la grande Gascogne, entre la mar, la Garonne et les Pyrénées, et même, au Sud des Pyrénées, le reste du domaine vascon...