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mot = La
Goût d'enfance en Gascogne.
Quand j'étais enfant au début des années 50, une chose me semblait totalement caractéristique de la Gascogne : on y mangeait toujours de la soupe, du tourin, à midi.
Que ce soit chez ma grand-mère, dans les métairies des cousins, ou même au restaurant.
On avait fêté à Léon en 1955 les dix ans de la libération de captivité en Allemagne du groupe d'amis de mon Père dans une auberge, ce fut un repas pantagruélique d'une journée entière, très fatigant pour nous les enfants, et en plus on a commencé par le tourin !
Est-ce que c'est uniquement moi qui me souviens de cela ? est-ce landais ? pan-gascon ? cela perdure-t-il ?
En tous les cas, pour moi cela ne faisait pas de doute : les Landais se reconnaissaient à ce qu'ils mangeaient de la soupe aux deux repas (et de la confiture de melon au goûter).
Auteur : Dominique
24/03/13
Afficher Goût d'enfance en Gascogne. en particulier, et peut-être donner votre avis...
Je crois me souvenir que du côté de ma mère (Réaup, Albret), le fait de manger de la soupe à midi était perçu comme un particularisme régional.
Perception née, sans doute, de contacts avec des régions qui n'avaient pas cette habitude.
Maintenant, est-ce que toute la Gascogne mangeait de la soupe à midi, et seulement elle ?
Il nous faudrait des témoignages de Gascogne et de hors Gascogne...
Auteur : Tederic M.
24/03/13
Manger de la soupe ou ne faire que de la seule soupe le repas de midi ?

Pour ma part, il m'a toujours semblé que la soupe était au menu de toutes les civilisations paysannes européennes, mais je peux me tromper.
Auteur : Vincent P.
24/03/13
"Manger de la soupe ou ne faire que de la seule soupe le repas de midi ?" demandez-vous ?
Non, je parle de la soupe le midi pour commencer chaque repas, alors que ni en Auvergne, ni en Picardie, ni dans la Sarthe où j'avais pu aller cela ne m'avait frappé.
D'ailleurs dans les années soixante nous avons, sillonné le Gers en vacances avec mon mari, ardéchois et piémontais et nous avions fait la remarque que le potage était servi dans toutes les auberges au repas de midi, avant la suite qui n'était pas chiche ! alors qu'ailleurs c'étaient crudités et plat du jour.
Dans le Gers et les Landes on vous servait toujours la soupe : j'en avais conclu à une particularité, mais j'ai peut-être fabriqué toute une tradition à partir d'expériences limitées.
Ceci dit bien sûr qu'au dix-neuvième siècle et avant, partout c'était la soupe et le pain trempé chez les paysans.
Mais le repas de fête, de noces, communion, ou le banquet avec foie gras, salmis de petits oiseaux etc... commençait toujours dans les Landes et la Chalosse par la soupe, le tourin dans mon souvenir, et ce jusqu'à la fin des années 70.
Auteur : Dominique
25/03/13
Manger de la soupe
Dans l'Armagnac, les repas de fêtes étaient commencés par le bouillon de la poule au pot.
La soupe commençait le repas des 3 saisons : automne, hiver, printemps ; les crudités du jardin ouvraient les repas d'été.
Auteur : Lydie
25/03/13
Tout ce que je peux dire, c'est que dans mon enfance, j'ai toujours mangé de la soupe en entrée le midi comme le soir, ce toute l'année (le chou, à part au cœur de l'été, il y en a toute l'année), que celle-ci changeait néanmoins en fonction de ce que l'on trouvait au jardin, même si les supermarchés permettaient de compléter.

Je n'ai jamais eu la sensation qu'il s'agissait là d'un fait régional, la soupe me paraissant universelle, tout du moins dans la France rurale, mais je peux me tromper.

Je parierais plutôt sur un maintien d'une ancienne tradition européenne, disparue dans des zones plus soumises à la révolution industrielle.
Auteur : Vincent P.
25/03/13
Culture gasconne à Escaudes
C'est tellement rare de lire GASCON et non OCCITAN dans SO que je m'empresse de partager avec vous cette "perle".
http://www.sudouest.fr/2013/03/22/pour-promouvoir-le-gascon-1001749-2862.php
Pensez à noter sur vos agendas la date du 6 juillet prochain.
Plus nombreux serons nous, et plus les organisateurs seront motivés pour recommencer l'année prochaine ...
Auteur : Lou drouley
22/03/13
Afficher Culture gasconne à Escaudes en particulier, et peut-être donner votre avis...
Une LGV Bordeaux - Bayonne pas soucieuse de la conservation du patrimoine naturel et culturel
Durant mes recherches d'une maison dans le nord des landes et sud girondin, j'ai découvert à ma grande stupéfaction que le futur tracé de la LGV allant à Bayonne traversera le nord du Parc naturel et régional des Landes et de Gascogne !!
Je ne comprends pas comment le Parc n'a pas réagi.
Elle passe à deux pas d'un château médiéval et d'un village réputé pour son église magnifique et pour sa fontaine ancestrale de guérison.

Mais le plus incroyable c'est que ayant visité un bien dans un airial je ne pouvais prévoir aucune extension ni construire d'autre bâtiments sous prétexte que le site était protégé mais par contre cela n'a gêné personne de faire passer la ligne à quelques encablures de la propriété.
Il y a vraiment des choses qui m'échappent… quel gâchis.
Auteur : tédéric D
19/03/13
Afficher Une LGV Bordeaux - Bayonne pas soucieuse de la conservation du patrimoine naturel et culturel en particulier, et peut-être donner votre avis...
Maisons problematicas deu quartièr de La Capèra - L'Escapat, a La Bastida-Clarença
- Chirrin
- Courtessolle : uei Courtassolle, hèit dab lo mot "cort, corta" ?
- Lambert : nom germanic ? ?
- Passot : suffixe -òt ?
- Gandio : lo nom d'un petit quartièr
- Roubers : prenom gascon Arrobert dab lo suffixe vascon antroponimic -tz ? O un Erro-bertze basco (auta arradic) ?
Auteur : P. Dibon
04/03/13
Afficher Maisons problematicas deu quartièr de La Capèra - L'Escapat, a La Bastida-Clarença en particulier, et peut-être donner votre avis...
Tout cela est bien obscur. Je me pencherai dessus plus précisément. Pour l'instant :

- Lambert : c'est le prénom d'origine germanique, il ne semble pas avoir été donné au Moyen-Âge dans notre région, donc il est plus récent.

- Passot : ne peut pas être chose que "petit pas", mais "pas" de quoi  ? A été utilisé comme prénom au Moyen-Âge, puisqu'on trouve à Oloron au 14ème siècle "Passote", comme prénom féminin (sobriquet ?).

Je bloque sur le reste, il faudra chercher. D'instinct, j'ai envie de voir dans Roubers une variante de Robert, dans Courtessolle un composé sur cort + NP à déterminer, Gandio est plus obscur, cacographie ?
Auteur : Vincent P.
06/03/13
maisons problematicas
Pour courtessolle cela peut peut-être venir de "court" une cour et de "assoulà" étendre des gerbes sur le sol, "assoulade" étendue de gerbes sur le sol.En résumé une cour destinée à déposer la moisson ?
Auteur : joan-Peir
09/03/13
- Antiacq : le nom est aussi à Bardos.
Comme discuté précédemment, il peut s'agir d'une forme romanisée du basque Handiaga (le sens serait peu clair), ou bien l'évolution d'un ancien Antinhac, sur la base Antinus.
La maison de Bardos est quant à elle dite "Antiakia" en basque.
- Cloumoutchet : semble être fait à partir du nom de maison Couloumots (gasco-aquitain : Colom + -òs)
- Heuguine : j'hésite entre un nom gascon Heuguina (heuga + suffixe -in/ina), ou le basque Urgain (= dessus du cours d'eau")
- Jouet : ? La prononciation actuelle ressemble à quelquechose comme "Yubet"
- Capou : gascon Cap-Pont (= extrémité du pont) ?
- Nagules :  ?
- Pessarrou : la vibrante forte a aujourd'hui disparu. L'accentuation se fait sur la seconde syllabe
- Rousseu : gascon rossèu, "poisson" ?
Auteur : P. Dibon
09/03/13
Courtessolle pose un problème vocalique : pour quelle raison o est-il ouvert ?

Si la forme n'est pas une ancienne forme médiévale fossilisée, il faut étudier un suffixe -òla, et non pas une finale -ola.

Remarquons au passage que la forme moderne, Courtassolle, pourrait illustrer ce que j'ai écrit pour Tocaly à savoir le timbre proche de [a] de ce qui peut être un - e final atone.
Auteur : Vincent P.
11/03/13
Pour Gandio, il pourrait s'agir de "ganddo", variante du mot basque "gando", "branche de nouvelle pousse".
Auteur : P. Dibon
15/03/13
Bordeaux n'est PLUS une ville gasconne depuis longtemps
Oulà je suis tombé par hasard sur ce site mais on atteint des sommets d'inexactitude là hein...
Vous avez le droit d'aimer la Gascogne et d'en etre fier (ce à quoi je ne peux que vous encourager) mais ne confondez pas Bordeaux et le reste du Sud-Ouest.
Bordeaux n'est PLUS une ville gasconne depuis longtemps, si d'ailleurs elle l'a jamais été... Parler une langue romane issu d'un terroir ne garantit en rien d'en avoir la culture.
Bordeaux est une ville majeure d'Europe depuis l'Empire Romain et cela fait longtemps que sa population a été brassée et elle ressort plus de la cité-Etat assiégée par la Gascogne que la capitale d'une région gasconne.
Ensuite, je suis effaré par la méconnaissance de la ville : quand vous écrivez que Bordeaux doit respecter son accent... Mais de quel accent parlez-vous ? Bordeaux n'est pas Toulouse ni la Gironde.
Bordeaux n'a pas à respecter un soi-disant accent qui n'est pas sien et ne l'a jamais été...
Je pense que vous devriez continuer à vous contenter de parler un patois disparu et de faire l'apologie de la ruralité en n'essayant pas d'approcher les grandes cités du Sud-Ouest.
Auteur : Richard Coeur-de-Lion
28/02/13

Réponse de Gasconha.com :
Pour les gasconhautes : ce gran de sau est lié à www.gasconha.com/vielh/bordeu_2015.
Pour Richard Coeur-de-Lion :
La page que vous avez commentée date bientôt d'une dizaine d'années, et c'est vrai que Bordeaux se dégasconnise très vite, devenant une métropole régionale qui ressemble aux autres (Toulouse, Nantes etc.).
Il reste cependant dans la population d'âge mûr de la métropole une bonne partie qui garde un accent gascon. Elle est souvent venue de plus au sud en Gascogne, ou du Médoc.
Votre perception de Bordeaux comme "une cité-Etat assiégée par la Gascogne" rejoint l'idée que j'ai plusieurs fois émise que Bordeaux et Toulouse ont vocation à devenir des villes-Land comme Hambourg ou Brème en Allemagne.
Quant à "la Gascogne assiégeante"... Si seulement la Gascogne avait la force d'assiéger ! Présentement, c'est plutôt Bordeaux la dégasconnisée qui grignote la Gascogne environnante par étalement urbain.
C'est mon avis "perso". J'invite les gasconhautes à donner le leur...
[Tederic M., webmèste]
Afficher Bordeaux n'est PLUS une ville gasconne depuis longtemps en particulier, et peut-être donner votre avis...
Je visitais le cimetière de la Chartreuse il y a 2 semaines et j'ai été stupéfait du nombre de patronymes gascons sur les tombes.

Le petit peuple de Bordeaux a été gascon. Il ne l'est plus vraiment, consécutivement à plusieurs grandes phases migratoires successives. Il reste un accent, dans les couches populaires.

Il est évident que ce que l'on peut appeler des Bordelais de souche, à savoir des gens nés à Bordeaux, socialisés à Bordeaux, sont souvent issus du mélange cosmopolite intense du 19ème siècle et du 20ème siècle. Ils ont développé une culture qui leur est propre, faite de mépris pour la périphérie immédiate.

En ceci, la situation de Bordeaux est toute semblable à celle de Bruxelles, la flamande, qui francisée en 2 générations, n'a aujourd'hui que du mépris pour les arriérés néerlandophones du Brabant.

Je n'ai rien contre ce mépris s'il s'accompagne d'une culture de qualité. La Bruxelles francophone a offert au monde une culture, un univers assez passionnant, notamment en matière d'art graphique.

Qu'a à proposer la Bordeaux francisée  ? Le négoce du vin et singer Paris. Rien de grandiose. Au demeurant, quand les Bordelais francisés, si fiers de leur accent pointu apatride, vont hiverner à Arcachon ou achètent du pinard du Médoc, il est à craindre que ce soit là des terres encore peuplées marginalement de ploucs à accent.

Je suis le premier partisan d'une indépendance des métropoles, mais cela signifiera pour elles également de savoir rester dans le cadre des limites qu'elles se reconnaissent, et donc en effet, de cesser d'empiéter sur la campagne passablement encore gasconne. On est vraiment dans une thématique bruxelloise avec la scission du Brabant, puis de BHV.

J'espère que cette Bordeaux, débarrassée de sa périphérie à bouseux, nous offrira quelque chose de qualité. Le défi est important  : il faut faire mieux que la Bordeaux d'avant, mieux que Mauriac hobereau landais, mieux que Montesquieu philosophe des Graves.

Au passage, militant gascon que je suis, je suis pleinement conscient de la réalité de la Bordeaux contemporaine. Alors, mon cher Richard, laissez-moi vous le dire  : c'est une ville peuplée à 20% d'étudiants du Sud-Ouest, qui peuvent y faire souche, 20% d'immigrés de la 1ère ou 2nde génération, 20% de franciliens qui viennent assouvir leur rêve bobo. Des Bordelais de Bordeaux, il y en a peut-être 5%. La ville ne leur appartient plus ...
Auteur : Vincent P.
28/02/13
Pour ce qui est des approximations historiques, je crains qu'elles ne soient plus du fait de Richard. Tous les témoignages concordent qu'il existait encore à la fin du 19ème siècle un gascon proprement bordelais, parlé dans la ville, décrit par l'abbé Caudéran. Il était très affecté et influencé par le français.

Les enquêteurs de l'ALG ont pu relever ce parler à Pessac dans les années 60, il n'était donc pas tout à fait mort.

Très logiquement, ce parler a eu une influence sur l'accent en français des Bordelais. Il suffit d'écouter un Jean Lacouture pour s'en convaincre. Il est peu douteux que le brave homme est un Bordelais de Bordeaux.

Camille Jullian à la même époque que l'abbé Caudéran regrettait que Bordeaux méprise "la langue de la Grosse Cloche", à savoir le gascon. Un peu plus de 100 ans après, regretter que Bordeaux méprise son accent, c'est tout de même une baisse dans les objectifs.

Au demeurant, cette question se pose avec la même ampleur à Toulouse, je ne sache pas que les Toulousains s'offusqueraient qu'on les renvoie à leurs origines paysannes. Ils ont bien compris d'ailleurs l'impact publicitaire qu'il y a à paraître "méridional".
Auteur : Vincent P.
28/02/13
Pour dire les choses plus correctement, il aurait fallu étudier cette question des accents à l'époque où cela était encore possible.

Jean Lacouture par exemple n'a pas un accent très prononcé, il est presque éteint en fait, mais il garde quelque chose tout de même de la prosodie méridionale. Il a été élevé chez les Pères, il faut dire, tout comme Manciet d'ailleurs, qui en français, n'avait absolument aucun accent.

http://www.ina.fr/video/RBC07097740/les-landes-d-oc-de-manciet-video.html

Tout cela est affaire de milieu social.
Auteur : Vincent P.
28/02/13
Alain Cazabonne, maire de Talence, héritier des imprimeries du même nom, possède encore des petites bribes d'intonation.

http://www.dailymotion.com/video/xgj2nf_voeux-2011-d-alain-cazabonne-president-des-elus-democrates_news#.US_EXVcQZQM

Juppé, pareillement, mais lui est Montois, masque mal quelques intonations.

Mon avis est qu'il faut assumer son accent, et j'en suis personnellement très fier. Je parle un bon français au demeurant. J'emmerde ceux qui pourraient reprocher un tel accent mais je leur reconnais le droit de le moquer ou de le détester. Moi, j'ai en horreur les tonalités parisiennes.
Auteur : Vincent P.
28/02/13
On peut percevoir une ville et "la" vivre de bien des façons, c'est vrai de Bordeaux comme de Barcelone et de bien d'autres grandes villes européennes.
Souvent le brassage, la projection sur le monde et celle de celui-ci en retour peuvent recouvrir une identité première, que des observateurs superficiels ou habitants trop récents pour pénétrer jusqu'au fond des rues et des ruelles, ne perçoivent plus
Dans le cas de Bordeaux, cette identité est gasconne ou si l'on préfère aquitano-gasconne.
Tédéric a donné en janvier dernier un exemple remontant au début du XXè siècle ("Gasconnité de Bordeaux) ; je suggère de remonter à 2 Bordelais illustres qui n'avaient aucun doute sur cette gasconnité : Montaigne (gascon parce que bordelais puisque par ailleurs il était périgourdin) et Montesquieu.
On sait que celui-ci parlait avec un accent gascon "à couper au couteau", ce même accent que notre valeureux fils d'Alienor nie un peu vite (ce n'est pas celui de Toulouse, en effet, c'est autre chose).
Bref, pour moi, bordelais depuis pas mal de génbérations pour une partie de ma famille, je n'ai aucun doute sur cette gasconité de ma ville natale et j'en respire les effluves un peu partout quand je m'y promène, ce qui ne m'empêche pas d'apprécier aussi les traces du commerce avec les "Iles".
Comme beaucoup de bordelais je peux aussi dire que "mon désir a suivi la route des steamers qui labourent les flots d'une proue obstinée" (Jean de La Ville de Mirmont) mais ceci n'est pas incompatible avec cela.
L'amour de la ruralité n'exclut pas forcément celui de la ville.
Auteur : Gérard S-G
28/02/13
A propos de Montaigne : il était gascon par les origines, paternelles notamment du quartier de la Rousselle à Bordeaux (Eyquem est un patronyme gascon). la terre de Montaigne, à la frontière avec le Bordelais, avait été acquise pour acquérir des titres de noblesse.

Quand Montaigne cite de rares phrases en oc, c'est du gascon.

Autre citation connue :

"Mon langage Francois est altere, et en la prononciation et
ailleurs, par la barbaric de mon creu. Je ne vy jamais homme
des contrees de deca,f que ne sentist bien evidemment son ra-
mage, et qui ne blessast les aureilles qui sont pures francoises.
Si n' est-ce par pour estre fort entendu de mon Perigourdin  ; car
je n'en ay non plus d' usage que de 1' Allemand, et ne m' en
chault guere. C' est un langage, comme sont autour de moy
d'une bande et d' aultre, le Poitevin, Xaintongeois, Angoulemo-
sin, Lymosin, Auvergnat  ; brode, trainant, esfoire. II y a bien
au dessus de nous, vers les montaignes, un Gascon, que je trouve
singulierement beau, sec, bref, signifiant, et a la verite un lan
gage masle et militaire, plus qu' aulcun aultre, que j' entende  :
aultant nerveux et puissant, et pertinent, comme le Francois est
gracieux, delicat et abondant."

Les racines maternelles de Montaigne sont à Toulouse  : sa mère, Louppes de Villeneuve, descend des Lopez de Villanueva de Saragosse. A Toulouse, ils ont noué des alliances avec les Dupuy d'Auch.

Ce n'est qu'au 19ème siècle que l'on a commencé à affirmer que les Lopez de Villanueva étaient des marranes, donc des Juifs convertis.
Auteur : Vincent P.
28/02/13
Je me souviens d'une interview de Lacouture où il expliquait qu'on lui avait fait perdre son accent dans son école religieuse (je croyais me souvenir que c'était chez les jésuites), et que c'était d'ailleurs une des missions de cet établissement de faire perdre aux jeunes bourgeois bordelais qui le fréquentaient toute trace d'accent local.
J'espère ne pas déformer ses propos.
Si les parents de la bourgeoisie bordelaise voulaient faire perdre leur accent à leurs enfants, c'est qu'eux-mêmes l'avaient !
Et là, j'ai en tête la lecture du livre de Jean Baldé (pseudo d'une écrivaine du début 20e siècle) dont je ne me souviens plus le titre. Le livre est autobiographique.
Jean Baldé se souvient que son père (riche commerçant et peut-être aussi industriel, mais aussi ancré dans le terroir bordelais - ce n'est pas contradictoire) aimait réciter du gascon - je crois que c'était du Meste Verdié.
Mais c'était il y a un siècle. C'est peu dans l'histoire d'une ville, mais c'est beaucoup à notre époque de brassage frénétique.
Auteur : Tederic M.
28/02/13
A la vérité ce monsieur ne dépare pas le snobisme bordelais qui est très "apprécié" par les habitants de l'ensemble de la région.
Peut-on être d'une telle ignorance crasse ?
Comment ignorer que Bordeaux fut à l'avant-garde de la résistance gasconne face à la conquête française se terminant par la bataille de Castillon ?
Le snobisme de ce monsieur aurait pu nous faire remarquer qu'à ce moment nous étions (la Gascogne et Bordeaux) anglais, ce qui pour un snob ne manque pas d'intérêt.
Comment oublier Pey Berland, et bien plus tard le fédéralisme des députés Girondins ? Le nombre si important de documents gascons de l'Hotel de ville de Bordeaux, délibérations courantes du port, ou délibérations de la Jurada, le gascon qui y fut langue officielle durant 3 siècles, les fors e costumas, et les franquesas s'y rattachant ?
Bordeaux fut administré per la Jurada assistée des Senhors Trenta, eux-mêmes assistés des Senhors Tres cents. Toutes les délibérations furent rédigées en gascon, puisque langue d'état.
Comment oublier la révolte dirigée par l'Ormée qui fut a à Bordeaux, l'équivalent de la Commune de Paris ?
On a le droit d'avoir toutes les opinions que l'on veut. Ce qui est difficilement acceptable c'est d'ignorer les faits.
Que Bordeaux aujourd'hui ait d'autres ambitions que d'être une capitale régionale, soit. Mais que serait Bordeaux sans cette région ? Il lui doit son rayonnement. Et ce qui s'y crée de moderne, hors peut-être la médecine lui vient de l'extérieur (aviation, espace, laser).
Auteur : Lo Pèir
28/02/13
Ce "gran de sau" est tout de même assez maladroitement signé quand on sait que Richard Coeur de Lion a écrit des poèmes en une des langues d'oc parmi les plus fines et les plus subtiles de l'histoire... en l'occurrence, le limousin. Après l'avoir appris dès l'âge de 10 ans.

Gasconha.com n'a ici que la modeste intention de (re)donner un peu d'âme, un semblant d'identité à la ville de Bordeaux.
Ensuite, cher Richard, votre supposé "accent à adopter", celui des premières élites du Royaume de France (et pas même celui du peuple parisien) doit surement vous rendre plus crédible.
Mais en fin de compte, cet accent ne développera pas plus votre éloquence. C'est pourquoi je préfère largement garder mon accent gascon, aussi raillé puisse-t-il être, dans cette République si tolérante envers ses différences.

PS : je pense que vous devriez vous plonger dans quelques livres d'histoire pour mieux connaître votre ville, et ainsi cesser de faire l'apologie de "Bordeaux - ville française"

Coraument,
Auteur : Guilhèm
01/03/13
Richard dit autre chose  : "Parler une langue romane issu d’un terroir ne garantit en rien d’en avoir la culture."

En quoi la culture gasconne est-elle incompatible avec le phénomène urbain  ?

Historiquement, c'est bien entendu faux. Les bastides ont été des vecteurs de gasconnisation au Pays Basque. Des villes importantes ont été de grandes villes gasconnes. Bordeaux n'a vraiment pris une autre dimension par rapport à Bayonne qu'il y a deux siècles.

Il est certain que la francisation ayant été portée par les villes, il est dans les lieux communs difficile d'associer la Gascogne au fait métropolitain. Personne ne le niera. C'est comme ça.

Je pense que Richard entend défendre le fait qu'il se sent Bordelais et sans atomes crochus avec les gasconnants ruraux, qui n'ont souvent plus qu'un accent. C'est son droit, son vécu, son ressenti, il est respectable, il reflète même une certaine réalité. On peut lui opposer ce qu'il en fut autrefois.

Il est impossible d'expliquer de nos jours à des Vandevelde brusselois que leurs grands-parents parlaient flamand. Je crains qu'il en soit de même pour des Laborde bordelais.
Auteur : Vincent P.
01/03/13
Je soutiens ces réponses.
Bordeaux, bien qu'étant une métropole avec un fort pourcentage d' "immigrés", n'en demeure pas moins gasconne, ou de façon plus nuancée, gasco-guyennaise, comme j'aime à le dire (cf. les relations avec la Saintonge, le Périgord, l'Agenais).
Cela se voit ne serait-ce que dans des noms de la vie quotidienne des Bordelais : Pey-Berland, St-Christoly, Roustaing, la Bastide...

Pour ce qui est de l'accent, on note aussi l'accent bordelais chez Nicolas Canteloup, pas dans ses imitations mais dans la vie. Chez Juppé, j'avais aussi remarqué, en effet, un petit quelque chose.

La question des accents est assez intéressante, ce serait à développer.
Pour moi, chose amusante, quelqu'un à l'accent bordelais sera perçue comme "sans accent" alors qu'un Charentais ou un Parisien sera perçu comme "avec l'accent d'oïl"...
Car le Bordelais, contrairement au Toulousain ou au Bazadais, n'a pas vraiment cet "accent du midi" comme disent les Parisiens mais un accent plus rentré,... bref tout ça est subjectif !

Bon allez, bona nuit !
Auteur : Gaby
01/03/13

Réponse de Gasconha.com :
Boune neuÿt ! (es atau ?)
Presque : "boune nüy(t)".
On di(sai)t "boune neuy(t ?)" en Libournais et centre Médoc.
Auteur : Gaby
02/03/13
J'ai retrouvé mes notes sur le livre de Jean Baldé auquel je me suis référé.
Il s'agit de "La maison au bord du fleuve"*, je l'ai lu aux "Editions de L'horizon chimérique".

D'abord apparait la figure du gascon emblématique. C'est JF Bladé, l'oncle, je crois, de l'auteur Jean Baldé, qui est une femme et a tiré son pseudo de "Bladé" (pas du tout gasconne, cette dérivation).
Bon, JF Bladé n'était pas bordelais, il n'était qu'un visiteur, donc dans le présent débat, ça compte pour du beurre !

p. 50 : "au cours Ruello, un professeur de sciences naturelles au grand nez gascon et au verbe haut [...] son esprit curieux et ouvert [...] ses boutades et ses digressions"
Bon, là, ça fait plutôt cliché, et on ne sait pas si ce prof était bordelais d'origine...

p. 182 : le père de Jean Baldé savait des vers de Mistral et Jasmin

p. 176 : il récitait "L"Abanture comique de meste Bernat"
"En ce temps-là, il y avait encore quelque vieux pour donner à mon père la réplique. Dans les vignes, meste Verdié restait familier : le seul poète bordelais qui fût populaire !"

p. 193 : [Montaigne et Montesquieu] "C'étaient des terriens, et c'étaient des sages. Ils avaient aimé tout ce que nous aimions : la grappe de la vigne, leur bibliothèque, le parler pittoresque de notre pays et les longues pensées en face d'un clair horizon."

De tout ça, il découle qu'au moins une partie de l'élite bordelaise vivait en osmose avec le terroir gascon environnant, au moins jusque vers 1900, et en aimait aussi la langue, tout en reconnaissant l'évidence : la suprématie du français.

*Cette maison au bord du fleuve, est sur la rive gauche de Garonne à hauteur de l'île d'Arcins. Elle existe peut-être encore. J'imagine une de ces chartreuses dans la nature luxuriante...
Le père de Jean Baldé y a fini ses jours après avoir perdu sa fortune, mais ce devait être depuis longtemps sa résidence secondaire.
Auteur : Tederic M.
02/03/13
On n'a pas évoqué jusqu'ici le "bordeluche", parler populaire bordelais, français dans sa structure mais aux 3/4 infiltré de vocabulaire gascon et même de tournures syntaxiques gasconnes, sans parler de l'accent gascon évidemment.
Ce parler a dû naitre aux XVIII et XIXè siècle quand le peuple gascon bordelais a commencé à baragouiner le français en le mêlant de quelques expressions occitanes du Périgord ou charentaises d'oil.
Il a connu ses beaux jours au XXè siècle. Illustré par les monologues de Despaux et plus récemment par les duettistes Duclin et Mauroux au temps des beaux jours de l'Onyx, il a été remis en lumière par les livres de Guy Suire ces 20 dernières années.

Un petit exemple : quand un de mes oncles bordelais disait en souriant "fais toi suivre le drolle", il voulait dire en bon français "fais toi accompagner de ton fils", traduction littérale de "hè't seguir lo drolle"...
Pas gascon, tout ça ?
Auteur : Gerard S-G
02/03/13
C'est comme ma mère : "Fais suivre le chariot"
et si elle est catastrophée par moi : "oh le drolle..."

=)
Auteur : Bordalés
02/03/13
@ Gaby, je confirme boune neuyt en Médoc.
Auteur : Lou drouley
02/03/13
"A Bordeaux, on m'entreprend sur Blaye : « Pour nous, c'est le Grand Nord. Des "gavaches". Des gens à l'accent pointu. Des Charentais. » (Blaye est à cinquante kilomètres.)"

Alain Schifres, Inventaire curieux des choses de la France :
Objets, mots, mythes et usages d'hier et d'aujourd'hui
Auteur : Vincent P.
03/03/13
Bordeaux vue par Stendhal
"{{Nous sommes à Bordeaux, centre de la vivacité gasconne, ville plus méridionale que Valence}}"

[Stendhal - Bordeaux (1838) - Editions Proverbe - p.17]

Il s'agit sans doute de Valence de la vallée du Rhône et non de la Valence espagnole  !
Stendhal, dans ce récit de voyage, fait de nombreux clichés, et c'est comme un cliché qu'il faut prendre le jugement ci-dessus.
De même, il évoque à plusieurs reprises des gascons qui sentent l'ail...
Auteur : Tederic M.
21/05/13
Même les robots spameurs le reconnaissent !-)
Vous avez un très grand site www.gasconha.com , Glad je l'ai remarqué à travers yahoo.
Auteur : testosterone steroid
05/10/13

Réponse de Gasconha.com :
Merci, testosterone !
Propos d'un cul-terreux et Mégalopoles,
Ces antagonismes entre Bordeaux et sa périphérie n'existent pas et n'existeront jamais (à mon avis) entre Toulouse et sa périphérie.
Pourquoi ? Je n'en sais rien, je ne fais que constater e ce, sans en référer aux galeries des personnages illustres. Je constate que la gent bordelaise a envahi partout les Pyrénées qu'apparemment elle détesterait, et qu'elle y est très peu appréciée (une repompide ?) alors que les Toulousains y reçoivent un très bon accueil, ceci n'étant d'ailleurs pas un phénomène récent.

Et je doute fortement que les déclarations nombrilistes plus haut éructées engagent la situation compromise à évoluer positivement ...
"Qu'ei eth voste ahè apres tot !"
Auteur : inconnu
07/10/13
Faire suivre ...
- "Heth seguir eth tistailh  !"
(pour vendanger)

_"Que s' he segui era henna per tot  ! "
(le jaloux)
Auteur : inconnu
08/10/13
Hè't seguir...
"Heth seguir eth tistailh" > Hè't seguir... (fais toi suivre...)
Auteur : Tederic M.
09/10/13
Vocabulaire dérivé des langues d'Oc
Une étude universitaire sur la répartition des langues autrefois parlées en France a établi récemment que 50 p cent du vocabulaire dérive des langues d'Oc.

Le français partage l'autre moitié avec les diverses langues d'Oil desquelles il faut soustraire le Breton, l'Alsacien, le Basque, le Corse, etc. Qu’il soit devenu notre espéranto national n’enlève rien à ce qui précède.
Auteur : inconnu
11/10/13
Sources de l'étude?
Quelles sont les références de cette étude???
Auteur : jmcasa
13/10/13
Croix occitane, drapeau à la Dame...
Bonjour,

Cette question du drapeau comme symbole de notre région me rend assez perplexe..
Autant la croix dite "occitane" ne représente en rien la Gascogne mais uniquement le comté de Toulouse originel et désormais la région française Midi-Pyrénées, autant le drapeau "à la Dame" me paraît incongru ; sa symbolique est un peu tirée par les cheveux je trouve..
Pourquoi diable aller chercher une figure préhistorique ? En quoi représente-elle une culture qui a fleuri des dizaines de milliers d'années plus tard ? Le SPQR romain y serait plus légitime à mon avis..
J'ai conscience qu'il a été élaboré par ce site et j'admets que la tentative de fédérer "lo nòstre païs" est légitime et bien fondée mais je doute également que ce nouveau symbole ne fasse l'unanimité.
Il ne sera jamais aussi "design" que la croix toulousaine ou que le ikurriña basque ni aussi légitime qu'un drapeau breton ou corse.

Il me paraît illusoire et futile de représenter par un drapeau la Gascogne qui, à ma connaissance, n'a jamais réellement été une entité politique sinon un espace géographique, linguistique et culturel..
C'est déjà beaucoup, certes, et il faut se battre pour préserver tout ça mais mieux vaut, à mon humble avis, se concentrer sur la promotion de la langue et de nos richesses culturelles qui, elles, ont passé les siècles mieux qu'un bout de tissu héraldique (ou que cet infâme visage qu'on dirait tout droit sorti d'un album à colorier).

Bref, je ne veux pas me faire plus virulent que je ne suis car j'aime beaucoup ce site et l'esprit qui l'anime.

Pour revenir à cette fameuse croix "occitane", que même mon traître de père béarnais porte en sautoir (quina vergonha !) le problème doit justement résider dans ce fait : on peut le porter en bijou, affirmer et montrer ainsi que "Vé ! Je suis du Sud-Ouest", chose impensable (ou carrément de mauvais goût) avec une paire de vaches, une gerbe de blé.
Le lion héraldique d'Armagnac pourrait faire l'affaire à la limite mais trop commun.. on pourrait vous confondre avec un Flamand voyez-vous.
C'est l'unicité et donc l'originalité, couplée à la joliesse du symbole qui fait sa force et son attrait, au-delà de toute cohérence historique ou culturelle.

Une chose est sûre, le besoin est là. Combien de gens veulent apprendre l'occitan et se contentent de porter son supposé symbole ?

Merci de m'avoir lu. ;)
Auteur : La Cloqua
23/02/13
Afficher Croix occitane, drapeau à la Dame... en particulier, et peut-être donner votre avis...
Rechercher la représentation d'une appartenance, quelle qu'elle soit, est un exercice difficile car, ce faisant,on cristallise une réalité complexe sur quelques empreintes sensibles : une image,un drapeau, des notes de musique,etc... il y a une part d'arbitraire et on supprime, de ce fait, d'autres représentations sensibles possibles.
Surtout dans le cas de la Gascogne, réalité politique pendant à peine 2 ou 3 siècles avant 1052 et qui se cacactérise par une langue (avec toutes les questions possibles autour de ce mot), une réalité qui s'exprime par des mots, aussi vite éteints que prononcés...
Ce qui m'amène -et je ne suis pas le seul- à prôner une diversité de symbôles, de banières, etc.... toutes représentatives de "quelque chose" de la Gascogne.
Vous en trouverez des échos dans pas mal d'endroits de ce site ("baneras" en particulier); la "dauna" n'est sûrement pas la seule possible (ni d'ailleurs ma préférée pour les mêmes raisons que vous) mais c'en est une : celle d'une certaine perennité à travers les vicissitudes des siècles, ce que nous souhaitons pour la Gascogne.

Quant à se concentrer uniquement sur la langue (bien malade !) et les aspects culturels, c'est un peu resrictif :la Gascogne s'incarne aussi autrement.
Auteur : Gérard Saint-Gaudens
23/02/13
La Dauna figure d'avenir
Je pense qu'effectivement il faut quelque chose de représentatif de la Gascogne;
et pour moi ce drapeau, projet déjà effectif, est assez bien trouvé.
- D'abord les couleurs, puis les triangles : Rouge et Blanc, triangle sobres et représentatifs, traits noirs simples.
Quant à la Dauna, vraiment elle me plaît bien, d'abord comme le dit Monsieur Saint-Gaudens par le fait qu'elle témoigne d'une certaine pérennité, indépendamment d'une fixation à tel ou tel siècle, ou à tel ou tel Etat ou pouvoir politique qui ont été établis à travers les siècles, et qui n'étaient pas les mêmes sur tout le triangle gascon. Par exemple sous les Plantagenêts : les Poitevins, le Comte de Toulouse, le Roi de Navarre, sans oublier les Capétiens étaient suzerains en guerre de parties diverses de la Gascogne triangulaire dans laquelle, si je comprends bien, nous nous reconnaissons.
- Ensuite ce qui me plaît c'est que c'est un signe non religieux, qui ne présume pas d'une foi ; non que cela me gène, mais si c'est un signe moderne il ne peut se référer à une religion précise. Le Lauburu basque est conjointement une croix catholique mais aussi un signe "préhistorique", solaire et il n'a pas finalement de trop grande référence si catholique que cela ...
C'est bien que notre drapeau se marque ainsi "laïquement" et aussi par cette vielle figure totèmique, emblématiquement.
- Troisièmement, je trouve que le dépouillement, certes schématique dans son graphisme, est plutôt moderne : pas de gerbes de blé et de vachettes qui peuvent être vues comme un passéisme folklorique, mais un trait qui fait penser à ces silhouettes style "fil de fer' qu'on utilise sur les ordinateurs en 3D (désolée, je ne sais comment cela se nomme). Bref, c'est bien de notre temps.
- Quatrièmement, j'apprécie que cela ne soit pas un symbole guerrier, type tête de Maure Corse ou épées, mais une femme. Dans nos contrées où les femmes devenaient daune à condition d'aînesse, et à notre époque où la femme est égale des hommes une représentation féminine est une très heureuse et bienvenue trouvaille.

Bref,messieurs et chers amis gasconautes, je l'aime bien ce drapeau. la question est celle de sa diffusion, de sa propagation et là c'est une autre affaire...
Auteur : Dominique
24/02/13
Je partage complètement l'avis de Dominique, largement celui de Gerard, et moins celui de "la Cloqua" :
- Si, la Gascogne a besoin d'un drapeau, parce qu'il lui faut une identité graphique pour affirmer son identité tout court !
Le Pays basque, la Bretagne, la Corse... se sont donnés cette identité graphique alors qu'ils n'étaient pas non plus des "entités politiques" reconnues, et ça les aide à le devenir peu à peu, ça les rend plus forts pour défendre ce qui leur est propre.
- Le drapeau de la Daune ne fait pas l'unanimité, mais les drapeaux basque, breton ou corse n'ont pas non plus fait l'unanimité dès leur création.
Et parmi les propositions de drapeau gascon, c'est celle qui plait le plus, d'après mes observations.
- Comme le dit Gérard, il y a forcément de l'arbitraire quand on choisit un emblème pour représenter un peuple ou une région.
Les drapeaux basque (créé au 19e siècle en s'inspirant de l'Union Jack), breton (créé vers 1923 sur le modèle du drapeau des USA, et combinant un symbole ancien mais contesté, les mouchetures d'hermine, avec des bandes noires représentant les pays bretons), corse (tête de maure dont on ne sait toujours pas bien pourquoi elle a été choisie ni ce qu'elle représentait à l'origine) sont peut-être plus arbitraires, et à mon avis moins riches de sens, que le drapeau de la Daune.
- La Dame de Brassempouy a été surnommée "la Dame au capulet"... Je regrette que ce "chafre" soit désormais moins utilisé, mais il montre que nous ne sommes pas les premiers à "broder" sur cette figurine préhistorique pour évoquer la Gascogne !
- Et bien d'autres raisons que j'ai exposées ailleurs, ou pas encore (le trencat* de la Dauna me rend intarissable !)...
- Mais bien sûr, le débat et la créativité doivent continuer à s'exercer, et la Gascogne peut avoir, comme l'écrit Gerard, une palette de quelques symboles.
Je pense pourtant que le drapeau doit être unique, à terme.

* trencat (tranché) : terme signifiant la coupure du drapeau en diagonale (parce que s'il y a la Daune, figure féminine du genre humain, il y a aussi la représentation du triangle gascon Mar-Garona-Montanha ou "triangle MGM". L'humain, le terrain... c'est bien simple, il y a presque tout dans ce drapeau !-))
Auteur : Tederic M.
24/02/13
Vous trouverez sur le site tous les arguments du débat, et de longues discussions contradictoires, et même des synthèses.
Pour moi, jai évolué sur ces sujets  : plus ouvert aux avis des autres, et heureux au fond de voir qu'on se préoccupe de cette question.

Je tends à penser que la croix rayonnante (image du foyer, du "larèr") fait un signe très acceptable et un pendant à la croix de Toulouse et au Lauburu. Je pense aussi que la Daune peut être un symbole fort (mais pas sur un drapeau). Comme je préfère le sautoir blanc sur rouge au "Trencat", je considère le premier comme le drapeau de la nation gasconne, le second comme un emblème du mouvement de renaissance gascon.

L'essentiel du débat est dispersé sur ce site (sauf la référence précise au sautoir, encore inconnue, sans doute le XVIIIe s., encore faudrait-il que quelqu'un cherche).

De toute façon, affichons les couleurs  !
Auteur : PJM
27/02/13
A propos de la réflexion de Dominique sur le caractère "laique" de la Daune, je crois utile de lui rappeler que nous n'en connaissons pas la signification et qu'il n'est justement pas exclu du tout qu'elle ait été conçue comme un signe parfaitement religieux (totémique en effet, ce qui est la même chose), c a d qui relie les hommes au monde de l'au -delà, à leurs ancêtres (éventuellement intercesseurs), et finalement entre eux, bref tout ce qu'il y a de plus religieux.
Sans pour autant exiger de nous aujourd'hui une "foi" quelconque dans la force de sa puissance spirituelle.
Et du même coup on peut identiquement en dire autant des nombreux drapeaux européens frappés d'une croix (ils sont d'ailleurs souvent insignes de pays protestants et pas particulièrement connus pour leurs majorités ferventes !).
Bref, pour un emblême ou drapeau national (ou régional,comme on voudra) la question n'est donc pas dans son caractère plus ou moins "laïque" mais bien dans la continuité de la reconnaissance colllective.
Et là,il faut bien reconnaitre que nous n'en avons pas ou plus qui corresponde au signalement !
Tout au plus, peut-être... la croix des Mousquetaires qui nous est bien connue par nos lectures enfantines ou adolescentes, les enseignes d'Intermarché dans nos campagnes (rien de spécifiquement gascon, d'ailleurs) et nos marques d'Armagnac ! C'est toujours quelque chose !
Auteur : Gérard S-G
28/02/13
La Daune, figure de la société civile !
Laïque ou pas, la Daune ?
Peut-être que quand elle a été sculptée il y a 25000 ans, "la Daune" était un symbole religieux. On devine que ces sociétés préhistoriques étaient imprégnées de croyances, et l'existence d'un art laïque n'y est pas certaine.
Mais quand tout est religieux, rien ne l'est !-)

Ce qui importe, quand nous mettons "la Daune" sur un drapeau gascon, c'est son pouvoir évocateur, sa faculté d'entrainement pour la Gascogne d'aujourd'hui et de demain.
Nous sommes dans le domaine du symbole et du rêve, et l'anachronisme est acceptable s'il fait sens.

Je ne dirai peut-être pas que "La Daune" est un symbole laïque, mais qu'elle peut symboliser ce qu'on appelle aujourd'hui "la société civile", à la différence, par exemple de D'Artagnan ou Henri IV qui ont parfois été proposés, eux aussi, pour représenter la Gascogne, et qui furent des figures guerrières ou politiques.

"La Daune", c'était le pendant ou l'équivalent du "Meste" dans la Gascogne traditionnelle, c'était la maîtresse de la maison gasconne, et même vasconne, cette maison ("capcasau" en Chalosse) qui s'ornait parfois d'un pin franc, qui était une unité de base de la vie économique et sociale, coeur d'un domaine qu'on voulait préserver à travers les siècles, au prix même d'un partage injuste pour les cadets.
Il y a des toponymes "Ladaune" ou "Ladonne" qui l'attestent (notamment en Bordelais* ou en Queyran) ; un roman régionaliste de Serge Barranx s'appelle "La Daüne"...

"La Daune", de nos jours, ce peut-être la courageuse héritière qui veut continuer un domaine viticole bordelais, à qui "Sud-Ouest" consacre un article, ou qui reprend l'élevage de brebis de ses grands parents en montagne...
Mais ce peut être toute "maîtresse femme" qui construit son existence en autonomie et avec l'idée de perpétuer une maison.
Et, renversement impensable jadis, on peut inviter les hommes à suivre ce modèle féminin !-)
C'est un symbole fort, aimable.
Il faut le promouvoir en même temps que "la borde vasconne", qui peut redevenir un lieu de vie fondamental avec la relocalisation de l'agriculture et le développement du télétravail.


* A Pessac, le quartier de "Ladonne" a inspiré les fondateurs de la Calandreta de la Dauna.
Auteur : Tederic M.
02/03/13
Chers amis, je m'étais immiscée dans ce débat en y mettant un grain de sel, juste pour donner mon avis de béotienne, bien loin de vos connaissances à tous du phénomène, de l'histoire et de la langue de notre Gascogne.
Moi qui ne suis qu'un amateur mais qui lis très régulièrement tout ce qui est écrit ici, je voulais juste vous faire part d'une réaction spontanée au billet de la Cloqua.
J'avais mis des guillemets à "laïquement", parce que je n'étais pas totalement contente du mot que j'utilisais, mais Tederic a bien développé ce que je voulais dire.
Je crois qu'au 21ème siècle une Gascogne dans l'espace français et européen aurait du mal en créant un nouveau symbole, puisqu'il s'agit de cela et non d'une reprise, à se référer à un symbole "directement" religieux, au sens des religions instituées.
Mais je suis d'accord avec Gérard S-G , il y a nécessairement quelque chose dans un emblème qui sort du "profane", l'"excède", il faut quelque chose de "sacré" (et j'y mets des guillemets), c'est pourquoi l'indécision sur la figure de la Daune : portrait de la copine du sculpteur, déesse mère, étoile de la mer ... toutes hypothèses que l'on peut faire, est en fait un avantage pour en faire un Totem (j'avais choisi le mot en connaissance de cause, pour avoir pas mal lu et travaillé sur cela dans ma vie professionnelle), un emblème, un totem relie, il représente, mais aussi il masque, derrière le totem se cache la déité que l'on honore.

C'est pourquoi je trouvais que la Daune pouvait bien jouer ce rôle emblématique : à la fois claire et objet bien défini, une petite sculpture et aussi référence mystérieuse indéterminée.

Ce n'est pas par obscurantisme anti-clérical que je disais que je l'aimais bien comme "laïque", notre daune, car je ne verrais aucun inconvénient à mettre une croix sur un drapeau Gascon si une telle croix nous était parvenue par "continuité" (mais laquelle ? ni la croix d'Oc, ni la huguenotte, qui est presque la même, une croix basque transformée puisque nous aussi nous avons des stèles discoïdales à symboles solaires ?) ; mais justement, si j'ai bien suivi la démarche de la recherche d'un drapeau proposée ici, c'est qu'il faut faire du nouveau, car les banères qui nous sont parvenues ne représentent ni l'espace gascon dans sa totalité géographique, ni la centralité d'une histoire spécifique.

C'est pourquoi en réponse à La Cloqua qui, si j'interprète bien ce qu'il écrit, dit d'une part que chercher un drapeau c'est un projet farfelu, et que la Daune est une figure "préhistorique", bref un bout d'os sculpté ringard et uniquement cela, et qu'en outre elle est d'un graphisme pataud, moi, je lui ai trouvé des qualités à cette banère, que Tédéric a bien su dire et en ce dernier billet et dans le précédent quand il parlait des "triangles".

Mais évidemment "fabriquer" un symbole, pouvoir l'explorer et en trouver des sens multiples ce n'est pas exactement la même chose que la projection et la reconnaissance que nous devons pouvoir porter sur ce symbole, et là justement il y a un travail à faire pour permettre cette "réactualisation" du produit nouveau.
Auteur : Dominique
02/03/13
Oui, c'est juste, la Dauna, qui est un objet unique, peut fournir un totem, bien qu'il n'y ait pas eu de Gascons à son époque...

Il reste à fonder una association  : Biarn Totem.
Auteur : inconnu
20/03/13
Je pense que la figure de la Daune n'a pas sa place sur un drapeau bien construit mais qu'on ne doit pas l'exclure du logiciel gascon ou néo-gascon. Cumulons nos emblèmes mais distinguons les emplois.

Ce qui est aujourd'hui innovation sera demain tradition... si nous le voulons.
Cf. Voyez sur Internet et ici même ce que fait Boyvil avec nos motifs gascons.

N-B. : La notion de 'laïcité' est extrêmement récente. Avec la Daune nous sommes... au Paléolithique. (Voyez pour la périodisation le livre de E. Anati 'L'odyssée des premiers Européens', traduit chez Fayard en 2007, qui est une bonne fenêtre sur ces âges anciens et leurs dessins et figures.)

C'est vraiment une très mauvaisee idée d'avoir renoncé à promouvoir la croix rayonnante (dont le rapport avec les Mousquetaires est aujourd'hui bien distendu), alors que c'est le meilleur pendant possible à la croix de St Gilles toulousaine, au lauburu basque, au S. Jordi catalan, à la croix fichée d'Aragon : cette croix complète parfaitement la série.

La croix est en Europe d'un usage bien plus ancien que le christianisme.
Elle foisonne dans l'art dès l'Age du bronze ancien, et plus tôt même en relation avec les directions de l'espace. C'est précisément cette constance sur la longue durée qui permet à chacun d'y reconnaître sa dilection particulière (ou de ne juger qu'esthétiquement).
Nous n'avons d'ailleurs aucune raison de renoncer au contenu chrétien et médiéval de nos emblèmes, qui est une part de notre capital.
Le fameux sautoir est à la fois une représentation cosmologique et la croix de St André : ce n'est pas incompatible, c'est cumulatif.
Je ne crois pas que l'Ecossais de base se pose trop de questions sur l'origine et les interprétations variées du drapeau qu'il va brandir dans les stades de rugby.
Il s'y reconnaît pleinement, surtout quand il n'est plus à jeûn. D'où des faces de supporters peintes de bleu et marquées d'un sautoir blanc. C'est peut-être primaire, mais c'est efficace. A vos crayons rouges et blancs, selon la formule les enfants vont a-do-rer  !

Peut-être faudrait-il regrouper toutes les contributions du site sur ces questions dans une rubrique qui servirait de base de données. Ca ferait un dossier assez volumineux.
Auteur : PJM
20/03/13
Moulin de Matalan à Bazas
Recherche des precisions sur ce moulin lieu de naissance de ma grand-mère.
[Lucbert]
Auteur : Lucbert
15/02/13
Afficher Moulin de Matalan à Bazas en particulier, et peut-être donner votre avis...
adishatz,

une matte c'est un cépaie (de noisetier le plus souvent).

cela a peut être un rapport avec matalan ?

R Lattuga
Auteur : inconnu
17/02/13
Je ne sais pas ce que recherche Lucbert, si c'est l'explication du nom Matalan ou des détails historiques.
Je ne sais pas non plus ce qu'est "un cépaie" (tiens, Larousse dit que "cep" veut dire "tronc" en gascon).
Il y a déjà sur Gasconha.com le nom de famille Matharan.
"aulan" est bien "noisette" ou "noisetier" mais je ne sens pas trop un composé avec "aulan", surtout qu'il faudrait aussi une réduction de la diphtongue.
Alors, un vieux nom latin comme il y en a beaucoup qui se terminent en -an, formés sur des noms personnes gallo-romains ?
Auteur : Tederic M.
02/03/13
moulin de Matalan
Une "cépée" d'après le petit Larousse est une touffe de tiges ou rejets de bois sortant de la souche d'un arbre qui a été coupé (syn.trochée).
Mais en gascon selon S.Palay cela correspond à "matà" ou "mate"(avec un seul t).
Bénédicte et Jean-Jacques Fénié disent que les endroits appelés mate,mathes ou matha viennent du mot mata "buisson,touffe,cépée"(toponymie gasconne).
"Lan"peut vouloir dire grand ouvert sur l'espace(S.P.) ou est aussi une forme de "lâ" qui correspond à laine.
Il y a aussi"lane" qui veut dire lande,friche,ordinairement en terrain plat et marécageux.
Alors la recherche est ouverte...
Auteur : Joan-Peir
03/03/13
Prénom "Lilou"
Bonjour je recherche la traduction du prénom "Lilou" en gascon.
Merci pour votre aide
Auteur : marie
10/02/13
Afficher Prénom "Lilou" en particulier, et peut-être donner votre avis...
Personne ne sait vraiment l'origine du prénom Lilou qui a toutes les apparences du diminutif d'un autre prénom.

Si vous réfléchissez à un prénom pour un enfant, à mon sens, mais c'est purement subjectif, privilégiez les prénoms familiaux.
Regardez également la popularité des prénoms en France : Lilou est 14ème en France pour la dernière décennie, cela signifie donc des salles de classe entières peuplées de Lilou.

Si vous aimez les sonorités de Lilou, sachez qu'au Moyen-Âge, la racine Lil- a pu servir pour former des prénoms gascons comme Lilat et Lilo.
Rien n'empêche de la ressusciter en la suffixant correctement : Liloye par exemple, proposé sur ce site, ou Lilotte.
Auteur : Vincent P.
10/02/13
Lilou
diminutif d'Eliane,de Liliane
Auteur : germier
05/03/13
Se n'èra pas un diminutiu de petit nom :
liloye : pâquerette
lilouyat : parsemé de pâquerettes (Lespy)
Auteur : Lo Pèir
22/03/13
La veuve A…, née en 1850, à Saint-Girons...
Source :
http://taban.canalblog.com/archives/2013/02/07/26360074.html

La veuve A…, née en 1850, à Saint-Girons (Ariège), parlant médiocrement le français usuel, ne sachant ni lire ni écrire ; intelligence au-dessous de la moyenne.

On lui parle le langage de Saint-Girons qu’elle reconnaît pour celui de son pays. Puis, prenant pour centre la région où domine cet idiome, on lui parle successivement les patois des régions environnantes, en procédant par cercles concentriques.
Si, comme on le prétend, les parlers de toute la France se perdent les uns dans les autres par des nuances insensibles, la différence entre un parler quelconque pris pour centre, et chacun des patois qui l’entourent à la même distance, devra être égale en intensité bien que ne portant pas sur les mêmes traits.
En d’autres termes, si l’on prend successivement chacun des hommes formant les longues chaînes imaginées par M. G. Paris, chacun doit comprendre avec la même facilité son voisin de droite et son voisin de gauche.
Mais si, en quelques points, le voisin de gauche est mieux compris que celui de droite ou réciproquement, la fusion ne sera plus insensible et ce point marquera une limite linguistique.

Or, c’est ce qui arrive pour la veuve A… ; elle considère l’idiome du Médoc, éloigné de plus de 350 kilomètres de Saint-Girons, comme plus voisin de son parler que celui de Foix, qui commence à quatre ou cinq lieues de chez elle.
Je ne dis pas que la femme A… comprend mieux le premier que le second ; car, d’une part, le langage de Foix et celui de Saint-Girons sont parlés concurremment, mais non mêlés, à Saint-Girons même et par conséquent également compris ; et, d’un autre côté, il y a dans le dialecte du Médoc des mots inconnus dans l’Ariège ; mais la veuve A… reconnaît la parenté du médocain et de son propre idiome, s’étonnant qu’on parle presque comme chez elle dans un pays aussi éloigné.
C’est l’h initial pour f, la vocalisation du b dans certains cas qui m’ont semblé constituer aux yeux de cette femme la ressemblance entre son dialecte et celui du Médoc.
Elle distingue les patois de Foix, ceux de Pamiers et de Cintegabelle (Haute-Garonne) ; elle donne à tous le nom de toulousain.
Elle comprend un peu le catalan de Perpignan, qu’elle a entendu parler par des colporteurs ; mais pas du tout l’espagnol.
Elle distingue, parmi les dialectes d’oc, le provençal et le montpelliérain du toulousain et de son patois ; le limousin lui paraît un parler gabach ; elle le comprend avec quelque difficulté.
Elle n’entend à peu près rien aux dialectes d’oil, elle les appelle du franchiman ; c’est l’accent tonique qui paraît la dérouter.
Le français d’école qu’elle comprend tant qu’il exprime des idées qui lui sont familières, lui échappe complètement sinon quant à la signification des mots isolés, du moins quant au sens des phrases, même quand on lui lit de simples faits-divers.
Auteur : Vincent P.
08/02/13
Afficher La veuve A…, née en 1850, à Saint-Girons... en particulier, et peut-être donner votre avis...
Plusieurs remarques :

- La compréhension interdialecte est distincte du sentiment de familiarité à l'endroit d'un dialecte.
On peut comprendre le dialecte du voisin et pourtant rejeter qu'il s'agisse de la même langue.
L'intercompréhension n'était pas un critère linguistique, elle n'est pas non plus un critère sociolinguistique.

Bref, la locutrice du Couserans trouvera plus le dialecte du Médoc plus proche de son parler, pour autant, il est plus que probable qu'elle comprendra aussi bien, peut-être mieux, le parler de Foix, qu'elle dit "toulousain".

- La locutrice emploie le terme de "gabach" pour le limousin, de "franchiman" pour l'oïl populaire. Dans les deux cas, sensation d'étrangeté, même si dans le premier cas, il y a compréhension, probablement du fait que l'accent tonique du limousin reste de matrice oc.

- L'oïl populaire du 19ème siècle était largement incompréhensible pour quelqu'un qui possédait un peu le français standard. Nous parlons, en 2013, une langue artificielle, forgée dans les ministères.

- la locutrice de Saint-Girons ne semble pas employer le terme de "gascon" pour faire état de la similitude qu'elle perçoit entre son parler du Couserans et celui du Médoc, soit que l'enquêteur n'a pas poussé l'interrogation, soit comme je le pense, la locutrice vivait dans un monde clos, sans conscience de l'étendue de sa langue, qui fatalement n'était possible qu'en voyageant, ou alors via un patriotisme géographique populaire dont il est douteux qu'il ait été du fait de la population la plus humble.

Pour prendre un exemple, il est assez clair qu'un paysan souletin du début du 19èe siècle n'était pas précisément au fait que l'on parlait le basque vers Llodio en Alava. Pure conjecture de ma part. Pour autant, le Souletin dira qu'il parle "üskaldün" : je suis persuadé que la locutrice de Saint-Girons aurait pu sortir le mot de "gascon".

- Il est clair qu'il aura manqué dans la seconde moitié du 19ème siècle un mouvement qui aura su parler aux enfants de cette locutrice, en articulant autour de ces intuitions, le fait nationaliste gascon. Nos élites ont préféré le félibrige provençal.
Auteur : Vincent P.
08/02/13
Pirèque à Saint Justin (Landes)
Bonjour,

J'ai relevé un lieudit s'appelant "Pirèque" (lecture un peu incertaine cependant) dans un acte d'état civil de 1855 sur la Commune de SAINT-JUSTIN (Landes - je parle du village de St-Justin à côté de LABASTIDE
d'ARMAGNAC).
Pour le moment, je n'ai pas réussi à situer ce lieu.

Bien cordialement à tous.
Auteur : Karine
05/02/13
Afficher Pirèque à Saint Justin (Landes) en particulier, et peut-être donner votre avis...
Au Nord de la ville, sur la route de Saint-Gor, une lande porte ce nom.

http://farm9.staticflickr.com/8494/8448121565_65ab13177a_o.jpg
Auteur : Vincent P.
06/02/13
La carte d'état major consultable sur Géoportail montre un "Piréque" à Amou, qui voisine avec un "Pirouille" !
Elle montre aussi un "Pirèque" à Léognan, écrit "Piregue" par Cassini, et un "Pirec" à Noaillan.
Geoportail donne aussi des Piric(q) et des Pirique dans les Landes. Le Piricq de Soustons est voisin d'un Bertranic et d'un Bibic !
La terminaison "ec" est-elle équivalente à la terminaison "ic" qui a, je crois, un sens diminutif ou affectueux ?
Et cette racine Pir* ? Il y a aussi des "Piroc" et des "Piret" en Gascogne...
Auteur : Tederic M.
08/02/13
Remerciements pour réponse sur le mot "Pirèque"
Merci beaucoup de vos réponses  !

Je m'excuse de ne pas vous avoir remercié avant, Vincent et Tederic M., mais 'naviguant' avec encore peu d'aisance sur le site je n'avais pas vu apparaître ma question et je pensais qu'elle était tombée aux oubliettes...

Merci encore pour vos contributions.

Karine
Auteur : Karine
03/07/13
La Dauna sur Arte
Plutôt un clin d'oeil qu'un grain de sel : Je regardais le petit dessin animé quotidien de deux minutes vers 20h30 sur Arte "Silex and the city", quand est apparue comme modèle de la féminité et du bon goùt notre Dauna qui venait voir les habitants de la vallée de l'évolution ! avec son capuchon mais elle ne parlait pas gascon ! dommage !
Ce sont souvent les mêmes épisodes qui repassent, je vais guetter son nouveau passage  !
Amitiés.
Auteur : Dominique
05/02/13
Afficher La Dauna sur Arte en particulier, et peut-être donner votre avis...
Le Gascogne piraté
http://www.sudouest.fr/2013/02/04/un-tanker-francais-detourne-par-des-pirates-au-large-de-la-cote-d-ivoire-956492-4803.php
Il faut que ce "tanker" soit détourné par des pirates pour que j'apprenne avec joie qu'il existe sous le nom de "Gascogne".

Porte-t-il le pavillon de courtoisie de la Daune ?

En tout cas, il en porte les couleurs blanc rouge noir.

Bonne chance à l'équipage !
Auteur : Tederic M.
04/02/13
Afficher Le Gascogne piraté en particulier, et peut-être donner votre avis...
Nous avons de la chance ! Grâce aux africains on sait que le "Gascogne" existe encore : Il n'a pas été baptisé "Occitanie" !!!
Auteur : Lo Pèir
08/02/13
Apparemment, c'est résolu et l'équipage est sain et sauf :
http://aquitaine.france3.fr/2013/02/06/fin-du-detournement-du-tanker-le-gasgogne-195087.html
J'apprends par cet article que ce "chimiquier" appartient à la société girondine "Sea Tankers" basée à Mérignac.

Les pirates auraient pris une part du pétrole.
Une telle action est intolérable, mais elle aura au moins mis le nom "Gascogne" sous les projecteurs, en l'associant à une créature emblématique de l'économie mondialisée*.
Bon, c'est peut-être le golfe de Gascogne qui a conduit à choisir le nom "Gascogne" pour un bateau...

* C'est une faible compensation, dans la mesure où l'ère du pétrole a nui à la perpétuation de la Gascogne, en déstructurant les sociétés traditionnelles qui auraient pu lui servir de boucliers.
Auteur : Tederic M.
08/02/13
Il y a aussi le "Guyenne" !
Liste des bateaux de la compagnie :
http://www.fouquetsacop.com/ShipList.aspx
Auteur : Tederic M.
08/02/13

Proposez-nous un(e)
grain de sel !
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