Je réponds en deux mots à Bruno.
J'avais écrit :
> <<Dans ce cas précis, j'avance une hypothèse : on n'est pas dans le même
> registre ; la forme pleine "véder", plus proche du latin et qui plus est
> béarnaise, pourrait passer comme plus élégante, plus distinguée, pour une
> phrase sententieuse comme « véder plan qu'ei important » ; l'autre relèverait
> de la langue parlée ordinaire.>>
Il réagit :
> Béarnais = élégant, distinguée, lettré, proche du latin, sentencieux ?
> Les autres formes de gascon (dont le commingeois) = ordinaire, parlé,
> vulgaire, en un mot plus "vascon" ?
On n'est plus dans la linguisitque "pure", mais dans la sociolinguistique :
c'est le sentiment qu'ont les locuteurs, qu'il soit justifié ou non !
Par exemple, les Ossalois qui avaient "boudé" pour le beurre (du grec via le
latin 'butyrum') ont adopté le gallicisme "burre" qi avait cours à Pau où
ils allaient le vendre, car Pau était la capitale...
X. Ravier a noté par ailleurs que les finales féminines restées en -a
postonique en Lavedan passaient à -o dans la jeune génération, à cause de
Lourdes qui était la ville.
Il n'y a donc de ma part aucun jugement de valeur dans ce que j'ai écrit du
béarnais.
Et aujourd'hui, on n'a plus une allure, on a un look...
Quant aux pistes de réflexion proposées par Bruno, elles mériteraient d'être
suivies.
ì propos du latin, j'estime à la fois que c'est très difficile de bien
étudier une langue romane sans bases latines ; et aussi que vouloir
relatiniser le gascon, c'est nier 2000 ans d'histoire, et même peut-être
seulement 500, qund Taupiac veut rétablir "escriptura" au lieu de
"escritura" attesté au moins depuis 1596.
Est intéressant à ce égard l'aveu de Michel Grosclaude dans son article
« Comment je suis devenu occitaniste » dans Per noste n° 15, Novémer-Decémer
1969, pp. 5-6 :
« Il m¹a donc fallu apprendre que ce « patois » que j¹entendais dans les
villages et sur les places des marchés, c¹était la Langue d¹oc, la vieille
langue des Troubadours. [...] Surprise de découvrir que le Latin jadis
appris sur les bancs du Lycée chantait encore sur les lèvres des anciens des
villages.
ì ce propos, il n'hésite pas à écrire « Comment suis-je donc arrivé à me
sentir personnellement concerné par la cause de la Langue Béarnaise et, à
travers elle, par toute la culture Occitane ? »
Langue béarnaise et culture occitane. Pas mal, la distinction de la part
d'un prof. de philo qui devait savoir ce que parler veut dire...
Amistats.
J.L.







