"Occitanie" et "Gascougne" lafitte.yan [Forum Yahoo GVasconha-doman 2008-06-03 n° 8824]

Adixat moundë,

Je viens de prendre connaissance du message de M. Merger sur le drapeau à la
Dame de Brassempouy et de la réponse de M. Emmanuel Pène au nom de
l'Institut béarnais et gascon qu'il préside.

J'en suis moi-même vice-président.
J'approuve pleinement cette réponse :
L'« Occitanie » n'a jamais existé dans l'histoire ; les textes anciens ont
des attestations tardives de « Occitania » en latin seulement, pour traduire
le nom de la province d'Ancien Régime du Languedoc, comme le dit très
justement M. Pène.
C'est depuis le XXe s. une invention politique à visées séparatistes, et le
Pr. Patrick Sauzet a écrit sans ambages --- je cite de mémoire — « Il n'y a
jamais eu d'Occitanie et c'est pour cela qu'il est intéressant de la faire
 ». (Bulletin Institut occitan n° 11, Octobre 1998, éditorial.)
Si Gasconha-Doman se prête à ce jeu, on est libre de ne pas suivre. ì mon
sens, la Gascogne n'a rien à gagner à de telles prises de position
partisanes.

Il en est de même pour la graphie : la graphie occitane repose sur deux
énormes erreurs, d'histoire de la langue et de sa graphie, et de pédagogie.
Dire que le "ou" de Gascougne est une graphie « succursaliste » du français
est pure propagande, je ne referai pas la démonstration.
En tout cas, le Pr. Pierre Bec, qui passe à juste titre pour un linguiste
sérieux, mais qui était aussi président de l'I.E.O. au moment où il a publié
son Manuel pratique de philologie romane en 2 tomes (1970), a été pris en
flagrant délit de mensonge par omission.
On connait sa méthode : il reproduit un texte choisi et en commente un
certain nombre de mots ou de tours sous les divers aspects de la réflexion
linguistique.
Ainsi, pour le gascon, il reproduit au titre de la langue ancienne les 88
premiers vers de la Vème églogue de Pèy de Garros publiée en 1567. Or s'il
croit devoir indiquer que "pasto" de l'auteur se lit "pastou", pour la
conjonction "ou" du vers 40 et l'adverbe "prou" du vers 77, qu'il a
honnêtement écrits comme l'auteur, il ne fait aucun commentaire. Sans doute
a-t-il bien compris que cela mettait à bas tout le discours occitaniste sur
"o" et "ou" : si Garros écrivait "pasto", c'est qu'il prononçait "o" en
finale, mais "ou" et "prou" parce que c'était passé à "ou" en ce milieu du
XVIe s. Quelques années plus tard, ce que je dis là est explicitement posé
par le Béarnais Arnaud de Salette.
Et quand le "o" fermé de Guascogne / Gasconha / Guascoigne etc. est passé à
"ou", c'est tout naturellement qu'on l'a noté "ou", parce qu'on n'avait pas
d'autre solution pratique.

Tant que les occitanistes et leurs amis de Gasconha-Doman ne comprendront
pas cela et joueront aux autruches, je ne vois pas pourquoi les suivraient
ceux qui sont soucieux de l'authenticité de la langue gasconne et de sa
prononciation telle que l'histoire nous l'a léguée.

SORRY.

J.L.


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