V. Poudampa aécrit :
« On voit que toutes les grandes caractéristiques du sud-gascon
expliquent le nom d'Abense : tendance nasalisante, passage de w
intervocalique à b, ...
« Serait-ce un tel phénomène de labialisation qui explique certaines
formes bayonnaises ?
« luna > loue > lüe > libe
« Faut-il postuler une étape lüwe/liwe ? Je pense que tous ces
phénomènes pré-cités sont liés : les formes souletines de toponymes, le
passage de w intervocalique à b en gascon béarno-chalossais, les formes
bayonnaises dans un contexte bilabial, ... Il reste à agencer tout cela
pour donner de la cohérence. Avis aux linguistes. C'est à creuser. »
Je me sens visé, mais n'ai pas le temps de creuser ! Mon étude du -w-
intervocalique m'a convaincu que le w était primitif sur l'ensemble du
domaine gascon et que le passage à b n'apparait à l'écrit qu'à partir de
1400, et dans les zones gasconnes en contact avec l'extérieur : Béarn,
haute vallée du Gave de Pau (relation serrées avec l'Aragon), haut-Aran
(Aran est bien petit, mais se partage entre haut qui dit "b" comme les
Catalans et bas qui dit "w", comme le Comminges, pointe nord du Médoc,
Entre-deux-Mers et Bordeaux-ville, alors que sa banlieue disait "w"
comme tout le centre de la Gascogne !
Quant à la phase "lüwe" précédant "liwe", j'en suis convaincu, le
landais insérant ce [w] entre "u" et voyelle suivante en hiatus, comme
le français insère un [j] entre /"i" /et voyelle en hiatus (il pria,
lier etc).
Bien à vous,
J.L.
De w à b Jean Lafitte [Forum Yahoo GVasconha-doman 2010-03-28 n° 9876]
