Ceux qui croient à la
politique honnête et aux vertus de l'occitanisme seront
peut-être intéressés par le lien suivant :
http://www.lexpress.fr/region/c-est-jaures-qu-on-manipule_974312.html
Voici des précisions :
Le rapport de M. Bernard Poignant est daté du 1er juillet 1998.
La citation de Jaurès, c'est quelques lignes noyées dans un
rapport d'une vingtaine pages A4 en corps 10. Elle se situe dans
un rappel historique de l'attitude de la République à l'égard
des langues régionales. Voici la citation, avec ce qui précède :
« Mais je suggère de revenir à cet esprit initial et de relire les termes de la circulaire de Jules Ferry du 23 septembre 1880 : “Pour que l'école se fasse aimer et apprécier de tous, il faut qu'elle s'approprie aux convenances locales, qu'elle se plie aux circonstances et aux traditions, qu'elle joigne à la fixité qu'elle doit garder dans ses caractères essentiels comme institution nationale la souplesse et la variété dans les formes secondaires, sans lesquelles elle cesserait d'être une institution vraiment communale. Aussi convient-il que chaque conseil départemental reste maître d'adapter pour son ressort, sous réserve de la sanction du conseil supérieur, toutes les mesures qui, sans être contraires aux règles communes, lui paraîtront répondre à des besoins particuliers”.
« Trente ans plus tard, en octobre 1911, un autre homme politique, Jean Jaurès, restait fidèle à cet esprit : “Il n'y a pas de meilleur exercice pour l'esprit que les comparaisons (entre la langue occitane et la langue française) ; cette recherche des analogies et des différences en une matière que l'on connaît bien est une des meilleures préparations à l'intelligence”. »
C'est cette parenthèse qui a été ajoutée, alors que chez
Jaurès, il s'agissait d'enfants basques parlant le basque avant
d'être scolarisés.
M. Poignant ne se souvient plus de qui lui a passé ce texte, mais
j'ai quelque idée là-dessus. Au demeurant, son informateur n'a
peut-être pas introduit lui-même la parenthèse, mais simplement
cité l'occitan en commentaire sans avoir eu lui-même le texte de
Jaurès sous les yeux, et M. Poignant aurait voulu éclairer cette
citation en insérant la parenthèse ; la rigueur aurait alors voulu
qu'il mît des crochets, non des parenthèses.
En tout cas, c'était discret.
Pour M. Jung, c'est la conclusion de son texte,
bien en vue et pompeuse, et l'intrapolation est rallongée, tandis
que disparaissent les parenthèses :
« L’objectif des propositions de loi déposées à l’Assemblée nationale et au Sénat est de mettre en œuvre ces principes et de doter la France d’un cadre juridique propice au développement et à l’épanouissement des langues et cultures régionales. Nous espérons non seulement œuvrer en faveur d’une démocratie de proximité mais tenons également à rester fidèles à la philosophie de Jean Jaurès, exprimée dans cette citation : "Il n’y a pas de meilleur exercice pour l’esprit que les comparaisons entre la langue occitane et la langue française par exemple ; cette recherche des analogies et des différences en une matière que l’on connaît bien est une des meilleures préparations à l’intelligence.” »
Il n'y a donc pas eu, vraisemblablement, de falsification
directe par les occitanistes, mais leur audience exclusive auprès
du Groupe d'études présidé par M. Jung explique sans doute
son propre zèle en faveur de l'occitan… même si la République doit
en pâtir, avec la complicité d'un élu socialiste imprudent.







