De DiGaM à ma thèse et après Jean Lafitte [Forum Yahoo GVasconha-doman 2011-04-20 n° 10518]

Je remercie Jean-François Blanc pour le rappel honnête qu'il vient de faire des débuts de DiGaM.
À l'époque, j'ai cru qu'il y aurait des gens de bon niveau et volonté pour s'associer à ce projet.
Ce fut un échec quasi total.

Pour ce qui est de mon association aux Provençaux, elle a été relativement tardive, quand j'ai vu qu'ils défendaient leur langue (ou dialecte, peu importe) contre la mainmise
occitaniste. Jean-François reconnait que ne manquent pas dans
cette mouvance ceux qui font du système orthographique occitan
le première phase de l'unification linguistique. (Patrick Sauzet l'a théorisé dans Amiras n° 21, juillet 1990, pp. 35-46, Sauzet le fondateur du GIDILOc auquel je voulais apporter le gascon qu'ils avaient exclu de leur entreprise).
C'est depuis 1879 que les linguistes n'ont cessé d'affirmer l'indépendance du gascon à l'égard des autres parlers d'oc réunis sous le nom de provençal (Mistral et les romanistes allemands et autres) puis de langue d'oc (unique), puis d'occitan. Je n'ai fait que quot ;dénicher" ces témoignages et les rappeler. Mais les occitanistes ont fermé les yeux et bouché les oreilles.
Pour les autres parlers d'oc, leur érection en quot ;langues" peut être éminemment contestable linguistiquement parlant, mais elle
est le seul moyen d'éviter le rabotage occitaniste qui élimine tout ce qui dépasse du lit de Procuste où ils ont couché l'« occitan ».
Ce n'est pas une idéologie, c'est un refus de perdre son idiome ancestral (idiome, du grec "idios", ce qui est propre à
quelqu'un). Autrement dit, conserver le patrimoine linguistique de son territoire, comme le veut l'article 75-1 de la Constitution qui a placé les langues, "partie du PATRIMOINE", dans le titre XII des Collectivités TERRITORiales.

Quant à ma relation à Philippe Blanchet, qui semble une des
"bêtes noires" de Jean-François, elle est due à Henriette Walter que je connaissais un peu à la suite du Colloque de Nanterre de 1992, organisé par l'Université de Nanterre et l'I.E.O.-Paris :
après avoir assisté en juin 2001 à la soutenance de thèse de mon "élève" Dominique Stich sur le francoprovençal et un système d'écriture appuyé sur un dictionnaire, j'ai demandé à Henriette Walter, qui avait dirigé cette thèse, si je ne pourrais pas faire la même chose pour le gascon. Elle me répondit qu'étant à la retraite, elle ne pouvait plus prendre de nouveaux thésards et m'a dirigé sur Philippe Blanchet qui lui avait succédé à Rennes 2.

Et je puis dire que JAMAIS Ph. Blanchet ne m'a influencé sur le contenu de ma thèse, ni même cherché à le faire.

Si l'occitanisme avait été ce qu'il m'avait semblé être quand je suis entré à l'I.E.O.-Paris en 1982, c'est à dire éminemment scientifique, mes recherches auraient été reconnues et je ne l'aurais sans doute jamais quitté. Mais comme on, dit, « si ma Tante en avait… »

Je vous livre pour conclure ce qu'a écrit « UnGascon » sur le
forum Soc.culture.occitan après une "Crida" occitaniste, alors
que deux ans plus tôt, il avait été encore plus critique à
l'égard de l'I.B.G. qu'à l'égard des occitanistes  :

http://newsgroups.derkeiler.com/Archive/Soc/soc.culture.occitan/2010-08/msg01437.html

7 Aug 2010 13:17:52

L’IBG est en train de
prendre le pouvoir dans les PA.

La jeunesse ? Elle s’en branle de l’oc,
c’est bodega et compagnie.

C’est fini l’occitanisme.

 

http://newsgroups.derkeiler.com/Archive/Soc/soc.culture.occitan/2010-08/msg01440.html

17
Aug 2010 14:22
:35 -0700 (PDT)

N’empêche, je ne
pensais pas que l’IBG parviendrait à supplanter l’occitanisme
en Béarn.

J’étais persuadé que l’occitanisme était très dominateur. En
fait,
l’occitanisme n’a pu se développer que du fait d’une relative
absence des
béarnisants sur la scène militante. En 10 ans, l’IBG a
complètement inversé la
tendance et on a retrouvé des bribes du Béarn d’avant. Tout ce
qu’entreprennent
les occitanistes est un échec, même Hestiv’Oc devient le
festival des cultures
du Sud, un sous-événement flamenco.

Je pense que l’occitanisme paie foncièrement l’arrogance de certains de ses grands qui ont poussé
des gens de qualité vers l’IBG
. Et puis le discours
occitan ne séduit plus, plus personne ne rêve de Toulouse, de Grand Sud. C’est passé de mode en fait. Il n’y a strictement plus rien autour de l’occitanisme, cela ne tient plus que sur quelques institutions.

Rien à ajouter, sinon "Hèt beroy".

J.L.


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