La loi Molac sur les langues régionales. Première loi sur ce thème de toute la Vè République

- Gerard Saint-Gaudens

La proposition a été adoptée hier (8 avril ) en seconde et définitive lecture,reprenant le vote antérieur positif du Sénat.
Elle a été votée par une large majorité de 247 voix pour.
76 députés ont voté contre et 19 se sont abstenus. 235 (et le président) n’ont pas pris part au vote (sur 577).
L’analyse montre que quasiment tous les partis représentés (y compris les non-inscrits) ont été divisés sur ce vote.

Par ordre de nombres de députés par groupe :
LAREM : 100 pour, 57 contre, 12 abstentions. 100 n’auraient pas pris part au vote (sur un total de 269 députés).
LR : 54 pour, 50 ne semblent pas avoir pris part au vote (sur 104)
PS :21 pour sur 29 (8 n’auraient pas pris part au vote).
MODEM :17 pour, 6 contre, 5 abstentions.
Agir Ensemble : 20 pour (d’un total de 21),
LT (Libertés et Territoires) : 17 pour (dont Jean Lassalle) sur un total de 18.
GDR : 6 pour (d’un total de 16). 10 ne semblent pas avoir pris part au vote.
LFI : 1 pour (Bénédicte Taurine,de l’Ariège), 12 contre, 4 n’ont pas pris part au vote (sur un total de 17)
Non-inscrits : 6 pour, 1 contre, 2 abstentions.

Quelques points à noter :
 30% des LAREM ont voté pour malgré les consignes du gouvernement.
 une lègère majorité des LR a voté pour malgré une certaine tradition jacobine du groupe.
 Quasiment tous les LT ont voté pour (c’est bien normal !) ainsi que les Agir Ensemble.
 Nette majorité des socialistes en faveur du « pour » .
 Quasi unanimité des LFI (jacobins) contre.
 Division interne forte dans les autres groupes et les NI.

Le « groupe » le plus nombreux : ceux qui n’ont pas pris part au vote sans doute pour des raisons très variables, dont très certainement une forte indifférence à la question.

Grans de sau

  • C’est un peu tard à mon avis pour voir une renaissance des langues régionales en France.
    Le basque, le catalan et l’aranais langues officielles en Espagne...
    32406465

  • Un peu tard, certainement. Trop tard, vraisemblablement vu la perte de la langue véhiculairement et même à l’intérieur des familles.
    Mais entre un retour de tout un peuple à sa langue et son oubli total, avec seulement son étude comme langue morte par de petits groupes d’érudits (hypothèse favorisée par Jan Laffitte, par exemple) il y a peut-être une troisième hypothèse, moins invraisemblable que la première : que la langue devienne cultivée et pratiquée comme langue vivante par un petit groupe de convaincus, décidés à la transmettre parce que s’appuyant sur une conviction forte d’attachement à un pays et à la langue qui le représente.
    Après tout c’est quasiment la situation du gaélique en Irlande (certes appuyée par l’appareil d’Etat de l’Eire) et, plus proche de notre situation socio-politique, celle du manx et du cornique. Ces deux langues ont cessé d’être couramment pratiquées sur l’ile de Manx et en Cornouaille brittanique dès l’extrême fin du XVIIIè siècle et pourtant leur usage a repris dans le troisième tiers du siècle dernier, porté par une poignée de convaincus, très minoritaires au sein de la société où ils étaient et sont immergés.

  • Rectification:il parait que la députée FI de l’Ariège est revenue sur son vote positif et s’est exprimée contre:elle avait dû se faire taper sur les doigts...Dont acte.

  • Ce qui devait arriver arrive, le conseil constitutionnel est saisi. Qui sont les naïfs qui ont cru que ça allait passer comme ça ? Il y a vraiment encore des rêveurs dans ce pays. La République une et indivisible achèvera la diversité linguistique et culturelle de la France, jusqu’à la fin.
    Moralité : Aide-toi et le Ciel t’aidera. Ne rien attendre de la République française qui est notre ennemie mortelle.

  • EN effet 60 députés de LAREM ont déposé une requête auprès du Conseil Constitutionnel.
    Sont-ils téléguidés par le gouvernement ou ont ils agi "motu proprio" pour montrer qu’ils existent (des députés LAREM ont déjà souvent fait ça dans d’autres cas de figure) ? Le saurons-nous un jour ?

    En tous cas parmi les 60, pas de députés gascons ou représentants des pays gascons mais dans l’univers occitan ,des députés limousins et drômois,entre autres . J’ai eu peur un instant en voyant le nom d’une certaine Samantha Cazebonne : mais non, elle est née à La Rochelle et vit à Palma de Majorque où elle est élue pour les Français de l’étranger vivant en péninsule ibérique... Ouf !.Ca console...

    Cette requête peut-elle aboutir à l’invalidation de la loi Molac ? C’est très possible, ne serait-ce qu’en annulant l’une ou l’autre de ses deux dispositions phares, n’y laissant subsister que des mesurettes tout à fait mineures et anecdotiques ,genre tilde sur le malheureux Fanch. Rappelons qu’un certain Alain Juppé siège maintenant au Conseil : son vote sera à observer de près.

  • J’ai lu sur les réseaux sociaux que, parmi les 60 députés, 10 avaient voté pour la loi. Je n’ai pas vérifié vote par vote mais ça signifierait qu’il n’a pas été si facile d’organiser ce recours et cela expliquerait le temps mis pour le déposer auprès du Conseil Constitutionnel ... le jour même de l’échéance.

    Je suis vraiment curieux de l’issue de son avis.

    S’il dit que l’enseignement immersif dans les écoles publiques ( > 50% d’enseignement en langue régionale) est anticonstitutionnel, quid des 13 écoles publiques immersives en basque ? Des 15 écoles publiques immersives en corse ? etc.
    A-t-on laissé se propager des pratiques anticonstitutionnelles depuis 20 ans au sein même de l’Education Nationale, mises en place par des Recteurs d’Académie qui se sont succédés ? Dans un autre domaine, va-t-on déboulloner les panneaux bilingues car ils seraient devenus anticonstitutionnels ?

    La loi Molac est minimaliste.

    M. Molac semble un homme intelligent et raisonnable : parmi les articles de sa loi, la majorité des choses se sont imposées par la force des choses, petit à petit, et il en donne une traduction législative. Quand bien même les actions en faveur des langues sont insignifiantes, cette réalité ne leur plaît donc t-elle pas ? La vérité est qu’une grande part de nos politiques sont étrangers à notre réalité.

  • Donc un député d’un pays gascon quand même ,Tederic...Un mauvais point pour le pays tonneinquais.

    • Ce député ne voit surement pas bien le rapport entre la Gascogne et la loi Molac !
      Pourquoi se méfie-t-il de cette dernière ? J’imagine qu’il y a le fantasme du séparatisme, du danger pour l’unité nationale. Basques, bretons, corses... Vous voulez faire comme les basques ? dirait-il peut-être, abasourdi et désapprobateur, s’il avait connaissance de nos thèmes "Gasconha"...
      Bon, je ne le connais pas plus que ça.
      Et je lui suppose la vision que "les gens" ont ici : Gascogne, terroir de bien vivre, bien boire, bien manger, éventuellement être hâbleur et faire des promesses de gascon, Cyrano de Bergerac... La vision convenue française...
      Vue comme ça, la Gascogne n’a pas mauvaise presse ici, et dans le dernier magazine municipal de Tonneins, la tribune de l’opposition de gauche, que je ne savais pas gasconiste, après avoir évoqué les dernières inondations de Garonne, conclut par "Ensemble, pour le pays de Gascogne."

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  • De la part de PJM.
    La seule tache rouge en Gascogne est bien celle du député Freschi, du Marmandais pour simplifier.
    Je remarque aussi une forte présence limousine !


Un gran de sau ?

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