Il y avait un coup Au bord de l’Ozou

- jean-paul ducos

Ci-joint un lien vers un livre numérique (la version papier arrive). Ces histoires se passent à proximité de l’Auzoue. Je ne parle pas gascon mais je suis arrivé à glisser : baricouilles, revezans, arroumecs, drôle (pour une enfant), pauvre (pour un défunt), estabousi, pec, courtil, traouco sego.
Aussi, cette façon de commencer un récit par « il y avait un coup.. ».

Deux histoires sont parties d’expressions orales : « Les corbeaux volent à l’envers pour ne pas voir la misère » et « L’homme qui a vu l’ours » (pour se moquer d’un homme qui se croit important). Si quelqu’un connaît une origine écrite des ces deux expressions, je suis preneur et la mentionnerai en note en bas de page pour la prochaine version.

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Grans de sau

  • N’est-ce pas une mauvaise traduction du gascon : "Qu’i avè un cop" : Il était une fois...(première phrase d’un conte, d’un récit) ?

  • Bonjour, je connais des gens qui disent "un coup, il m’est arrivé ceci.." un coup cela"... Moi le premier. Peut être vous aussi dans votre entourage ? Cela dit, c’est vrai c’est utilisé aussi dans les contes à la place de "Il était une fois...". L’idée est ici d’écrire dans un français gasconisé. "Écoute, il y avait un coup des maisons de torchis mal bâties, au milieu de marécages traversaient, tout droit, des chemins de terre noire..." "Écoute, il y avait un coup un pays si pauvre que les corbeaux y volaient à l’envers pour ne pas voir la misère. Et dans ce pays se trouvaient les terres de Joan de Peyrohorto, les plus misérables d’entre toutes, les plus arides et les plus recouvertes de plantes inutiles et revêches..." Amicalement. Jean-Paul

  • Bonjour Francis,
    Pas de problème. En espérant que le reste passera mieux (je voudrais mettre ici un imicone souriant mais je ne sais pas comment faire ici)
    Amicalement
    Jean-Paul

    PS : En changeant, par exemple : ’Il y a avait un coup..’ par ’Écoute, moi, je connais etc....’ ?
    PSS :
    Écoute, moi, je connais un pays si pauvre que les corbeaux y volent à l’envers pour ne pas voir la misère. Et dans ce pays se trouvent les terres de Joan de Peyrohorto, les plus misérables d’entre toutes, les plus arides et les plus recouvertes de plantes inutiles et revêches. Raison pour laquelle Joan est surnommé le Marquis des Arroumecs, autrement dit avec les mots d’une autre langue, le Marquis des Ronces.
    C’est du moins ce qui se raconte chez le peuple des corbeaux, peuple obstiné, avide toujours de grasses et dociles campagnes qui donnent leurs quintaux sans rechigner. Or, comme jamais chose établie ne dure, comme il existera de tout temps des étourdis, des scrupuleux jamais-sûr-de-rien ou encore d’ambitieux et féroces explorateurs, il arrive qu’un corbeau se retourne sur le coup d’un midi.
    Et ce qu’il aperçoit, c’est Joan de Peyrohorto assis dans un pré, en vérité le plus vert des pâturages qui se puisse imaginer. A ses côtés, sa compagne étendue de tout son long, en vérité la plus belle et bien en chair des femmes qui se puisse idem, de ses pieds nus à sa chevelure déployée dans l’herbe fraîche....

  • Bonjour à tous,
    Au bout de ce lien, la version papier d’un recueil d’histoires, en plus de la numérique, inspirées entre autres par une chaîne de montagnes – ces montagnes qui sont loin de moi - dont on ne sait pas encore si la vue est directe ou le fruit d’un mirage de type supérieur (voir les liens : « Vue sur les Pyrénées : des preuves ? » et « Pyrénées ») Vue sur les Pyrénées. Des preuves ?
    Ne soum pas d’aci.
    Amitiés
    Jean-Paul

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  • Le Pêcheur et la Vache Ambiguë. Une vache belliqueuse, bien que de la race laitière, effarouche les pêcheurs. Jusqu’à ce que pénètre dans son pré un écarteur d’envergure internationale mais qui veut pêcher tranquille.
    Le Troubadour et le Vairon. L’enfant trouve un morceau de nacre dans lit de la rivière. C’est la clé pour tendre la corde d’un luth. Le lutin sait à qui a appartenu cet instrument, et pourquoi ce musicien, le troubadour Marcabrun, l’a jeté de dépit par-dessus un pont. Emporté par la jalousie et sa langue qu’il ne sut conduire, il a commis un grave impair qui l’a banni à jamais de la seigneurie de sa bienfaitrice, la Dame de Montaut.
    Le Marquis des Ronces et le Corbeau. Les terres de Joan de Peyrohorto sont de réputation si médiocres que les corbeaux y volent à l’envers pour ne pas voir la misère. Or, comme jamais chose établie ne dure, il arrive qu’un corbeau se retourne. Et ce qu’il y voit, c’est une manière de paradis. Joan et sa compagne Marion se démènent pour rendre inoffensif cet inopportun volatile.
    Le Voyageur et les Papillon Bleus. C’est un voyage extraordinaire qu’accomplit le premier garçon à qui une fille demanda d’aller lui chercher une plante merveilleuse, celle qui chante nuits et jours, celle qui brille le soir, l’herbe dorée sur les pentes bleues. Profitant de la chance du débutant, il adopte des moyens de locomotion de plus en plus efficaces : il ira de plus en plus en vite, de plus en plus loin. Les papillons sont là pour faire joli.
    Le Paléontologue et les Chiens. Pourquoi les fouilles se sont-elles arrêtées à Béon alors que la découverte de ce site paléontologique a été annoncée comme un événement de portée mondiale ? Nul ne le saura, surtout pas le responsable du chantier, le professeur Duraton. Peut-être l’épagneul Bouboule et le beagle Kiki qui dorment chacun d’un côté de l’âtre ?
    Le Cavalier et le Coq Rouge. Le cavalier devient à son tour le Voleur de Miroirs qu’il a voulu vaincre, leurs reflets s’étant inversés dans le dernier miroir volé. Tout n’est pas drôle.
    Robinson et les Loups. Le biographe de Robinson Crusoé a raconté comment celui-ci échappa de peu à l’attaque de loups affamés dans la vallée d’Aure. Malheureusement, il a eu le grand tort de ne pas avoir conté les mésaventures que l’illustre personnage connu par la suite le long de la route de la Ténarèze, car celles-ci ne furent ni rares ni inintéressantes. Maintenant, laquelle d’entre elles lui causa la plus grande frayeur de sa vie ? Les loups, vraiment ?
    L’Homme-qui-a-vu-l’Ours et l’Ours. Suite à une caresse malencontreusement donnée à un faon - portant sur lui l’odeur de l’homme, sa mère ne peut s’en approcher -, le lutin est chargé d’une mission périlleuse : ramener la pommade qui efface l’odeur de l’homme, celle que se met l’Homme-qui a-vu-l’Ours quand il veut voir l’Ours. Mission réussie mais qui aura une fâcheuse conséquence pour l’Ours.
    Enfance, livres ou montagnes, rien ne dure.
    Ni les mirages inassouvis.
    À la fin, il pleut.

  • Écoute, moi, je connais un pays si pauvre que les corbeaux y volent à l’envers pour ne pas voir la misère. Et dans ce pays se trouvent les terres de Joan de Peyrohorto, les plus misérables d’entre toutes, les plus arides et les plus recouvertes de plantes inutiles et revêches. Raison pour laquelle Joan est surnommé le Marquis des Arroumecs, autrement dit avec les mots d’une autre langue, le Marquis des Ronces.
    C’est du moins ce qui se raconte chez le peuple des corbeaux, peuple obstiné, avide toujours de grasses et dociles campagnes qui donnent leurs quintaux sans rechigner. Or, comme jamais chose établie ne dure, comme il existera de tout temps des étourdis, des scrupuleux jamais-sûr-de-rien ou encore d’ambitieux et féroces explorateurs, il arrive qu’un corbeau se retourne sur le coup d’un midi.
    Et ce qu’il aperçoit, c’est Joan de Peyrohorto assis dans un pré, en vérité le plus vert des pâturages qui se puisse imaginer. À ses côtés, sa compagne étendue de tout son long, en vérité la plus belle et bien en chair des femmes qui se puisse idem, de ses pieds nus à sa chevelure déployée dans l’herbe fraîche.
    Prêt du couple, s’étalant à la diable autour de deux paniers en osier renversés, les reliefs - on l’aura deviné - du plus royal des festins. Ils n’y ont pourtant qu’à peine touché : des fougasses enduites de graissillons, des armottes fourrées aux fritons, des merveilles dorées à point, des millassons autant pour le moins, des cerises coeur-au-poing grosses comme des grêlons et toutes sortes de fruits de saison ou non : entes doubles et jaunes, marigoules, belliquettes, trompe-pastres, perdigons, redondelles, ramponenques, salviottes, sans compter quelques douzaines de mesples étonnamment précoces.
    Joan et Marion viennent de régler leur accordailles, d’en discuter les moindres détails, date, curé, invités, musiciens et cuisinières. Marion s’était ensuite allongée sur son flanc droit avant de s’endormir. Joan admire son sein gauche qui est resté à découvert. Non pas qu’il ne veuille point voir ce sein, non plus qu’il craigne qu’elle attrape froid, seulement comme un geste de tendresse et de reconnaissance, il rabat la chemisette de lin sur celui-ci.
    Il essaye de s’endormir à son tour mais ne peut y parvenir. A-t-il trop mangé ? Quel est ce bruit sourd qui se répète ?
    Du haut d’une branche, un oiseau noir comme la suie le guette :
    —  Croà, Croà, Croà
    —  Par les mille et un dieux ! Que me chantez-vous sire l’oiseau ? Ayez la gentillesse de parler moins vite, que je n’entends rien à votre accent.
    —  Croà, je dis, Monsieur de Peyrohorto, que l’on ne s’embête pas dans ce pays… Croà, que je m’en vais rédiger rapport pour mes frères, les malheureux, eux qui croient qu’ici ne règnent que famines, froidures et maladies.
    Joan se souvient de ces oiseaux dont les pèlerins épuisés rapportent l’abondance dans les riches plaines qu’ils ont traversées, ces oiseaux dont les plus blasés d’entre eux s’étonnent de ne pas en voir la plume d’un seul par ici. Des oiseaux noirs qui parlent ! Des corbeaux ! Les vieux ne manquent pas d’en rajouter dans leurs contes lugubres quand il s’agit de faire peur aux enfants pour qu’ils s’en aillent au lit. Oui, celui-là doit en être un de cette espèce.
    Il pressent qu’il ne faut à aucun prix que ce volatile se renvole avant que quelques mises au point ne soient faites.

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  • Le Marquis des Ronces et le Corbeau ( 2)
    Résumé : C’est le paradis mais le malheur nous guette du haut de son bec...

    —  Attendez, mon beau sire l’oiseau. Attendez ! Je crains qu’il n’y ait méprise. Êtes-vous seulement sûr d’être présentement sur les terres de Joan de Peyrohorto, fils de Guilhem du même nom et d’Isadora née Lacastang ?
    —  Croà, si fait… ! Croà, les vénérables et très exactes cartes de nos guides ne nous trompent jamais, non plus que leurs recommandations sacrées ! Nous les connaissons par cœur, dans ce cas :’ Si vous voulez des journées entières par-dessus un pays de sable en vous dirigeant vers le soleil qui naît, si ce faisant des montagnes s’étirent dans le lointain de votre aile droite d’un bout à l’autre de l’horizon - et plus vous vous élevez et plus elles vous paraissent hautes et proches, jusqu’à les toucher de votre aile -, alors vous arriverez bientôt dans un pays de collines, encore plus misérable que le précédent où pourtant n’y pousse que du sable ’. Croà, dépourvu de tout attrait, c’est écrit noir sur blanc dans l’un de ces guides : à éviter à tout prix !Je continue : ’Une particularité géographique de ce pays est que les collines y sont disposées en éventail, en partant du piémont de la montagne, et tout comme les doigts écartés d’une patte ouverte ’. Croà, je suis venu, j’ai vu : c’est tout à fait le cas par chez vous. Et je finis : ’ Entre la deuxième et la troisième colline, au bas de la première phalange, là sont les terres de Joan de Peyrohorto ’.
    —  Félicitations pour vos cartographes qui ne sont pas des niais non plus que vos géographes. Quant à vos météorologues, non moins avisés et compétents, ils ont dû vous enseigner qu’un orage suffit l’été, ici, pour que la terre devienne un marécage poisseux. Une heure après, le soleil a tout bu d’un trait et le sol se lézarde de crevasses. L’hiver nos chemins deviennent impraticables, nos sabots s’enfoncent dans la boue et nous y restons collés. Nos voisins, ceux du pays du sable, se moquent de nous en nous appelant pour cela les "jambes-liées". Gelées, grêle, sécheresse et périglères : hélas, nous connaissons toutes les plaies d’Égypte par le canton !
    —  Croà, si fait ! Pourtant cela n’empêche pas richesse et bonne chère à ce qui peut s’observer dans les parages. Sur ce, je vous quitte. À très bientôt, Monsieur le Bienheureux !
    —  Attendez mon bon sire, vous n’allez-vous envoler comme cela, le ventre vide, avec tout ce vaste ciel qu’il vous reste à parcourir. Ayez donc l’obligeance de descendre de cette branche et de venir partager avec moi quelques-unes de ces modestes nourritures.
    L’oiseau s’approche avec méfiance, sur la pointe des pattes, soudain s’exclame :
    (A suivre)

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