L’Albret néracais, un petit pays qui est devenu une réalité administrative : "Albret Communauté"
J’en avais déjà parlé sur Gasconha.com.

La charte de 2003 du "Pays Coeur d’Albret" L’atout « Gascogne »
"Albret Communauté" est issue de la fusion au 1er janvier 2017 de trois communautés de communes (Val d’Albret, Coteaux de l’Albret, et Mézinais)
Cette fusion a créé une intercommunalité qui a à peu près le même périmètre que l’ancien "Pays du Cœur d’Albret", qui regroupait déjà les trois communautés de communes. Mais le statut de collectivité territoriale donne des pouvoirs que les pays (maintenant PETR) n’ont pas.
Avec environ 26 000 habitants, "Albret Communauté" peut être vue comme une collectivité-pays ; et c’est un plaisir pour ceux qui voient la Gascogne comme une mosaïque de pays bien identifiés.
Un pays de population modeste, parce que rural, et même forestier (landais) sur ses marges ; Nérac en est le chef-lieu (presque 7000 habitants dans la commune, pas tous urbains), et avec Barbaste-Lavardac (environ 3700 au total), en constitue l’armature urbaine.
Or, Albret Communauté a fait son nouveau Programme Local de l’Habitat (PLH) pour 2023-2028.
Le diagnostic qui précède le PLH expose ces constats :
– un territoire qui ne maintient sa population que par l’apport extérieur : les nouveaux venus (du Bordelais par exemple)... Les "déjà là" n’ont pas assez d’enfants...
– une autonomie qui persiste par rapport à Agen, sauf dans l’est du territoire, où on s’installe pour bénéficier des opportunités agenaises, et éventuellement quand même des opportunités néracaises...
– une industrie en baisse, une agriculture qui tient le coup, une économie présentielle en hausse...
Une population qui stagne, mais un parc immobilier qui augmente
C’est en grande partie l’effet du mouvement sociétal de décohabitation : le nombre de personnes par habitation décroit (divorces et séparations, veuvage, émancipation des jeunes).
Et encore, si on ajoutait les habitations vacantes sur le temps long, en général pour cause de vétusté, on aurait un parc immobilier encore plus grand ! Et si on avait bien entretenu le vieux, on aurait moins eu besoin de faire du neuf...
Rénover les centres-bourg et centres-ville pour accueillir les habitants qui dé-cohabitent !
Les familles d’âge moyen avec enfants restent "accros" au pavillon avec terrain et voitures.
Celles-là, les urbanistes savent qu’il faudrait à l’heure actuelle une "volonté farouche" pour leur faire préférer les centres-bourg ou centres-ville (de Lavardac, Nérac, Francescas etc.).
Mais ils pensent que les petits ménages d’un ou deux adultes et sans beaucoup d’enfants (en premier les personnes seules, jeunes ou vieilles) peuvent y revenir ; à condition d’y réhabiliter le bâti ancien, parfois vacant, souvent inadapté à ce nouveau public. Il est beaucoup question de rénovation énergétique, mais aussi de faire entrer le soleil, de ménager des terrasses ou bouts de jardin...
Tout ça est très compliqué à mettre en oeuvre, et le PLH détaille toute une série de leviers : subventions directes aux ménages, sollicitations des offices de HLM...

Les ORT (Opérations de Revitalisation de Territoire) travaillent aussi sur l’espace public des centres-bourgs, par exemple la création de cheminements, la mise à profit des dents creuses...

Est-ce que tout ça réussira ?
Et Région Gascogne Prospective, dans tout ça ?

– Tout ce qui préserve et continue l’héritage bâti ancien nous motive.
– Remettre de la vie dans nos coeurs de bourg aussi ; faire qu’on choisisse d’y vivre, aussi pour la beauté du décor.
– Notre champ d’observation étant le triangle gascon, nous aimerions y favoriser l’émergence (qui sait ?) d’une touche gasconne ; un exemple : l’esthétique des portes d’entrée et des huisseries en général ; le PLH n’en parle guère, même si on devine que ses auteurs sont pour certains catastrophés comme nous par la généralisation des portes en PVC fournies par la grande distribution...
– Nous ne pouvons pas évaluer dans le détail l’efficacité des dispositifs prévus.
– Mais nous pourrons observer au fil des ans l’évolution du paysage et de la vie en coeur de bourg qui en résultera, ou non.

Belles vieilles portes... ... très menacées dans l’habitat ordinaire







