Des anciens de Saint Sever de Rustan (65) aiment encore à dire aux jeunes, quand le mois de juillet arrive « aqueth vielh arreproèr » :
« Entà’u mes de julhet, ni hemna ni caulet.. ! »
« En juillet, ni femme, ni chou.. ! »
Ce vieux dicton m’a toujours semblé bizarre.
Pour eux, ça veut dire que quand arrivent les chaleurs de juillet, on n’a plus le goût à l’amour et qu’il ne faut pas mettre de choux à la garbure sinon elle tourne !
Cette explication n’est pas des plus convaincantes.
Pour le chou, on peut penser que l’absence de frigo a pu valider l’explication dans le temps.
Par contre qu’il y ait eu une absence de libido masculine du mois de juillet… ça va à l’encontre de ce que j’ai toujours entendu dire de cette période !
J’ai finalement trouvé la réponse.
Norbert Rosapelly (1853-1931), un érudit de Vic-en-Bigorre, a rassemblé proverbes, histoires, anecdotes, croyances populaires de la Bigorre dans une foule d’articles parus dans la Revue des Hautes-Pyrénées.
Il a recueilli au XIXème siècle le proverbe dans son entier, les anciens de Saint Sever n’en connaissant, à l’heure actuelle, que la première partie :
En junh e julhet
Ni hemna ni caulet
Au mes d’aost
Demòra’t estoch
Au mes de setemer
Cau repréner.
A mois de juin et juillet
Ni femme ni chou
Au mois d’août
Reste émoussé (c’est-à-dire non pénétrant !)
Au mois de septembre
Il faut reprendre.
Pour Norbert Rosapelly, ce dicton ne s’explique pas par une soit disant baisse de désir due aux chaleurs mais plutôt par un vieil interdit religieux qui ordonnait l’abstinence durant ces grandes chaleurs.
Dans « Histoire des expressions populaires relatives à l’anatomie » de Edouard Brissaut » p. 69, on lit : « La période zodiacale de la canicule (du 24 juillet au 26 août quand apparaît Sirius dans la constellation du Grand Chien) serait contraire à l’amour. Jusqu’au dix-septième siècle, s’il faut en croire Mme de Sévigné (lettre 16 nov. 1689), les bons pères ordonnaient le lit à part dans la canicule et les médecins eux-mêmes n’étaient pas moins sévères. »
Sea, sex and sun n’èra pas encòra de mòda !







