
Le Mirail #1 Un projècte gigantàs
Au Mirail, le projet humaniste de l’architecte Candilis (« la création de conditions favorables à la rencontre, à la connaissance mutuelle. Et cette connaissance mène à l’amitié, qui renforce la paix entre les nations. » - G.Candilis, 1977) s’est aussi décliné dans des grappes de maisons-patio à toit terrasse, savamment imbriquées.
Elles sont dans deux quartieròts, La Tourasse-Lestang et les Mûriers, qui, 50 ans plus tard, ne semblent pas avoir été touchés par des démolitions, contrairement aux barres d’immeubles.
Aucune touche régionale :
– le toit terrasse systématique fait plutôt penser à une architecture méditerranéenne, voire saharienne !
– on est loin de maison basilicale à ossature bois à la vasconne,
– mais aussi de la maison toulousaine aux murs de briques et de galets comme on en voit encore à la Fourguette, quartier voisin...
Le matériau de construction est le béton dans la droite ligne de l’architecture "internationale" du Corbusier ; on aimerait savoir s’il a aussi bien vieilli que celui des barres d’immeubles voisines ; comment est gérée l’eau de pluie ; et si les habitants se sentent bien dans ces maisons-patio, s’ils veulent y rester, et si une architecture "médinale" convient sous les cieux toulousains...
On aimerait savoir... mais on ne sait pas grand chose, parce qu’une visite rapide sur place ne suffit pas, et que le web offre bien peu de matière sur ce sujet !
La Tourasse-Lestang

Contrairement aux Mûriers, ce quartieròt n’aurait pas été réalisé par l’équipe de Candilis, mais par l’agence Atelier 4 ; il semble avoir moins de patios. C’est probablement fortuit, mais il n’est pas, comme les Mûriers, fermé par des barrières : ses "cheminements" (c’est le nom officiel - un peu lourd - de ces voies) [1]) sont publics :
Cheminement Guillaume Apollinaire,
Cheminement André Breton (c’est surréaliste !),
Cheminement Robert Desnos,
Cheminement François Mauriac,
Cheminement Blaise Cendrars.

Quels échanges, quelle dynamique (!) entre les maisons-patio et les barres, initialement pensées comme complémentaires ?

Villas à patio La Tourasse-Lestang, quartier Bellefontaine 1968-1977
Les Mûriers
« Candilis, qui a toujours revendiqué sa culture grecque dans ses compositions, fait ici la synthèse entre l’habitat de loisirs, ses racines grecques et le thème du cluster en Mat building développé par quelques-uns des membres du Team Ten. La composition par quatre maisons accolées par le patio, se décrochant, glissant groupe à groupe, faisait là une possibilité de jeu infini. Les espaces communs du lotissement étaient dédiés au départ aux jardins, rencontres et jeux d’enfants. En raison de dégradations récurrentes, la copropriété a progressivement instauré la résidentialisation de l’ensemble par la création de haies arbustives sur les limites de propriété et la mise en place de barrières. »
https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/EA31000014

"Les Mûriers", résidence privée labellisée "patrimoine", n’a pas de voirie publique, et se visite donc plus difficilement.
D’ailleurs, pour les urbanistes, ce devrait être une aubaine de pouvoir comparer le devenir de ces Mûriers, qui sont clos, avec l’autre quartieròt de maisons-patio, la Tourasse-Lestang, qui ne l’est pas !
Maisons individuelles à patio Les Mûriers, quartier Bellefontaine 1968-1975
Evasion :
En même temps que sur les Mûriers, Georges Candilis travaillait sur le village de vacances « Les Carrats », à Leucate. Ça fait rêver, mais là, c’est carrément méditerranéen, et on sort de Gascogne !
66 PORT Leucate 1975, les Carrats
— Mémoire2cité (@memoire2cite.bsky.social) 8 juillet 2024 à 10:56







