L’architecte Zavagno et sa bataille pour l’hôpital d’Auch

- Tederic MERGER

Le dessin de l'hôpital d'Auch
Le dessin de l’hôpital d’Auch
Toulouse 45-75 (CAUE 31, édité chez Loubatières)

Tiré de Toulouse 45-75 (du CAUE 31, édité chez Loubatières), paroles de Zavagno :

« Nous avons livré une bataille intéressante pour un hôpital de 500 lits avec le maire d’Auch, Patrice Broca, qui était Conseiller d’État. Il avait demandé à Annie Sauvagé de réaliser cet hôpital et elle nous a demandé de nous y associer. Comme à cette époque, il fallait être dans la liste des architectes agréés pour les hôpitaux, nous avons réussi à obtenir cet agrément par l’intermédiaire d’Arretche et nous avons préparé un pré-dossier. Le maire est parti présenter ce dossier à Paris, où on lui a objecté que pour les hôpitaux, les architectes agréés étaient en général des Prix de Rome. En vrai Gascon, fort d’une véritable personnalité de « mousquetaire », le maire s’est levé en affirmant que s’il en était ainsi « il n’y aurait jamais d’hôpital à Auch ». Heureusement qu’à cette époque un ministre pouvait encore soutenir les architectes et trancher en leur faveur, ce qui fut le cas ici et, par la suite, nous avons travaillé sur d’autres hôpitaux. »

 L’architecte Zavagno travaillait à Toulouse.

 Arretche, mentionné dans cet extrait : il doit s’agir de Louis Arretche, architecte enseignant à l’école des Beaux Arts de Paris (et né à Saint Justin, en Gascogne), reconstructeur de Saint Malo, et qui a reçu « une commande publique considérable »...
Les architectes toulousains avaient souvent fait une partie de leurs études aux Beaux Arts de Paris, et pouvaient donc avoir un rapport personnel avec lui.

 Prix de Rome : une distinction prestigieuse, venant de Colbert, associée à l’Académie de France à Rome et donnant droit à des séjours à la Villa Médicis...

Cette anecdote montre que le choix de l’équipe d’architectes pour la construction d’un hôpital à Auch était largement dépendant d’institutions et de personnalités parisiennes.

On comprend que le maire d’Auch, Conseiller d’État, était bien placé pour défendre les intérêts d’Auch auprès d’elles.
Zavagno voit en lui un « vrai Gascon » (par son effet théâtral !), un « mousquetaire » ; oui, comme les mousquetaires, il était lié à l’État central et pouvait bénéficier de ses faveurs.
Finalement, c’est le ministre qui emporte la décision !
Zavagno regrette que ce fait du prince (en l’occurrence, du ministre) n’ait plus été possible par la suite - on pourrait pourtant y voir de l’arbitraire, des restes de liens féodaux, ou du clientélisme...

De même, la décentralisation a pu être critiquée par des architectes toulousains, qui s’accommodaient d’autorités parisiennes avec qui ils savaient interagir, et qu’ils pouvaient même trouver plus éclairées...


Un gran de sau ?

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