
Jean Dartigolles, l’autor de Pey Marsau dejà comentat sus Gasconha.com, qu’a escrit (manuscrit !) la matéria d’aqueste libe, mès ne n’avè pas hèit l’edicion.

Pey Marsau Chroniques d’une famille de laboureurs dans les Landes de Gascogne du 17 au 19e siècle
Lo pretz-hèit deu libe, ajudat en particulièr per La Passem - Ligams, qu’es doncas de ne pas deishar pérder aqueth trabalh, e d’ic valorizar.
Au trabalh iniciau de Dartigolles, lo libe que hornís illustracions, quauquas precisions (de còps lo nom cientific, per exemple, òrtolan : emberiza hortulana), e sustot la transcripcion en grafia occitana alibertina [1].
Un échantillon des mots recueillis par Dartigolles :
– L’auteur les accompagne en général d’expressions ou de phrases qui les contiennent, qui sont de petites tranches de vie.
– Les formes entre parenthèses sont grosso modo les notations d’origine de Dartigolles, qu’il a voulues les plus phonétiques possible.
[ci-dessous, mes commentaires sont entre crochets]
laniu (laniou’) = lanusquet [pour les profanes : prononcer laniw]
nat, nada : aucun, aucune
òrtolan [l’accent grave sur le o initial qui fait partie d’une syllabe non accentuée montre une trace de francisation, pour un mot dont l’origine m’a déjà interrogé]
nega-can : petit bateau à fond plat
olòm (oulom) : [on a ici une prononciation en pays de Cernès pour un nom aux multiples variantes, présentes dans la toponymie et l’onomastique (Delhomme...)]
nhac (gnac’), aver lo nhac : avoir du mordant, en vouloir
alorejar [j’ai aimé retrouver ce verbe alorejar/alouréjà que j’avais entendu de ma grand-mère, de Réaup, près de Nérac, à environ 80 km de la zone explorée par Dartigolles] aulor = odeur
limac : escargot / lòcha : limace [idem : mêmes mots qu’à Réaup ; le dictionnaire de Per Noste ne connait pas lòcha (passé en français régional sous la forme "loche"), et pour lui, un limac est une limace !]
huc : feu
doc (douc) : mamelon, synonyme de tuc...
meron (méroun’) : melon
cocuròt (coucurot’) : arum pied de veau
bernat pescaire : martin pêcheur
bandat : ivre
descamisat : débraillé
aubar (aouba) : saule

En resumit, un trabalh deus bèths ! - que je n’ai pas fini de lire à l’heure où j’écris ces lignes : j’en suis à la lettre P, qui commence par Paciénça : L’an batijada a l’aiga de paciénça = on l’a baptisée à l’eau de patience !
Lo chepic deus accents :
Je comprends que Dartigolles a noté les accents, graves ou aigus, au plus près de ce qu’il avait entendu. Ça ne correspond pas toujours à la transcription en écriture occitane normalisée :
– estela (estèlle) ; la graphie alibertine "estela" note généralement la prononciation "estéle" ; si la prononciation locale était "estèle" (sait-on jamais ?), la graphie alibertine serait "estèla", quoique comme graphie englobante, elle ne colle pas forcément à une prononciation locale...
– estanh (éstan) ; estarit (èstarit) [un mot favori de ma mère, qui signifiait même pour elle très fatigué ! épuisé, quoi... que soi estarida ! (que souÿ estarido !) = je suis épuisée ! (à l’issue des promenades en forêt qu’elle aimait...) ]
Pourquoi "éstan" et "èstarit" ?
– endret (éndrèt) ; dret (drèt) ; si la graphie alibertine écrit "dret", la prononciation est "drét"...
Un cas difficile :
– estenedèir (esténedèy’)
– lavadèir (laouadèy’)
étendoir, lavoir... ce sont en français des mots en -oir, désignant souvent des outils ; cette terminaison est issue d’une forme latine bien identifiée.
Ça peut donner en gascon (ça dépend où !) estenedeir, lavadeir, ou esteneduir, lavaduir, ou esteneder, lavader...
Est-ce que le pays de Cernès prononçait esténedèy’, laouadèy’, donc avec l’accent grave ? Si on prend Dartigolles au pied de la lettre, oui !
Et dans ce cas, la transcription en écriture occitane normalisée est bien estenedèir, lavadèir.
Bon, n’insistons pas davantage sur ce problème d’accent graphique (avec la prononciation qui correspond), un problème pour initiés, que Halip Lartiga a pointé du doigt récemment sur Gasconha.com ! Une faute à ce sujet ferait « saigner les yeux de ceux qui savent », pour reprendre son expression...
Que ceux qui veulent savoir suivent le lien ci-contre ! Fifres de Garonne / Pifres de Garona - Les Sous-Fifres

Autas brigalhas :
– lagèth (lagèt’) ; on attendrait hlagèth : un h gascon oublié... c’est vrai qu’il ne se prononce pas ; il remplace le f de la forme languedocienne flagèl.
– ortiga (hourtigue) : là, c’est l’apparition du h dans la notation de la prononciation, qui surprend, mais c’est la notation de Dartigolles !
Seguida de la transmission :
A la présentation du livre à Budos, le public était plutôt âgé.
Comment transmettre aux jeunes ? Quoi leur transmettre en priorité, et pourquoi ?
E calerà influençaires qui hascan la transmission sus Tic-tòc ?
E podosse Gasconha.com participar a la cadena de transmission...
Dans le portfolio ci-dessous, d’autres photos (un peu floues !), comme exemples du contenu...












