Armagnac & Adour Gascogne médiane

Labarthète

- Vincent P.


 

La vallée de Larricau / La vath de l'Arricau

en graphie alibertine :

(l')Arricau
Prononcer "Arricàw". Arricaut Prononcer "Arricàwt". (l')Arricau Prononcer (...)

arriu, riu / rivière, ruisseau

Prononcer "arriw".
autre forme, sans le a prosthétique gascon : riu
arrieu (prononcer "arriéou") en luchonnais.
nom de lieu contenant le mot : Saint Michel de Rieufret
dérivés :
arrivet : ruisseau
arrivau : signification exacte à préciser.
arribèra : plaine, large vallée

cau / ravin, petit vallon

Prononcer "càw".
Le mot peut être féminin.
cau peut signifier dans les Landes "ravin, petit vallon" [Palay], et aussi, au moins dans les Landes, "sillon creusé par une charrue" (un peu comme "arrèga").
Le "caulon" ("caouloun"), outil agricole ancien, pourrait venir de là.
Comme adjectif : cave, encaissé

arric / ruisseau torrentueux

Dérivés :
arricau, arrigau (prononcer respectivement "arricàw", "arrigàw")
arrigon (prononcer "arrigou(ng)")

rapport avec arrec ?

D’après Eygun

Toujours Eygun

Le printemps en Gascogne méridionale, s’il masque les Pyrénées, ménage aussi de belles lumières !


 

Grans de sau

  • Qu’i a un "Darricau" a Aurelhan. E que’s tròba qu’es a costat de l’estanh.

    En Arièja, Coserans, de cap a Vathmala, lo patronim "Cau" qu’es plan pro espandit. N’aví pas jamèi hèit lo ligam.

  • Qu’aví dat aqueth esplic pr’un nòm de lòc de Biscarròce.

    Caout (a)/A Caud : il s’agit vraisemblablement de l’aphérèse d’un hypocoristique, phénomène fréquent en Gascogne et dont on trouve d’autres exemples à Biscarrosse. Nom de famille Arricaud, qu’on trouve ailleurs sous la forme Ricaud, sans le passage R- > ARR-, qui a évolué comme suit : Arricaud > Ricaud > Caud. Donc, Caout n’est pas l’endroit où il fait chaud (infra Haricaut).

    Haricaut/Arricaud : il s’agit vraisemblablement d’une cacographie à partir du nom de famille Arricaud (A Ricaud ?), avec un H adventice. Ce nom est l’évolution gasconne d’un patronyme d’origine germanique Ric-wald (ric = puissant et waldan = gouverner). Il existe aussi sous la forme Darricau. En gascon, les mots commençant par r ont été refaits avec adjonction d’un a dit prosthétique et redoublement du r initial, arr-. Par exemple, le latin ratu(m) a donné arrat (= rat) en gascon (supra Caout).

  • Ici, Larricau est le nom du ruisseau qui prend sa source dans les coteaux de Viella, puis se jette en avant-plaine de l’Adour dans le Saget.

    Quand j’intitule le lieu-dit "vallée de Larricau", c’est pour ne pas dire "vallée du Larricau", d’autant que les cartes IGN des années 90 indiquent bien "ruisseau de Larricau" (qui est tautologique) : l’article est bien agglutiné et il est senti comme un article.

    D’ailleurs, la carte actuelle de l’IGN a modifié l’appellation des années 50 qui était "Ruisseau de Larricau", pour "L’Arricau". La rivière s’appelle bien en réalité "Arricau".

    Expliquer arricau via arrigau (forme sonorisée aspoise) pour"lieu humide" (sur le modèle de l’Artigau, je suppose, sur arric "rivière") me pose un souci : pour quelle raison le ruisseau en question aurait-il été désigné par le paysage qu’il crée ? Quel est l’intérêt sémantique de nommer une rivière du nom des terrains humides aux alentours ?

    Il me semble que nous pouvons faire l’impasse du nom commun aspois arrigau, dont il convient d’ailleurs de vérifier qu’il fut connu en plaine. Selon moi, l’Arricau est bien un arric, directement, voire un arriu (la composition expliquerait la chute de la diphtongue) : reste à expliquer la finale, soit un suffixe -au (mais quelle valeur aurait-il ? augmentative ?), soit l’hypothèse classique cau "encaissé".

    Berganton dit des choses sur le suffixe -au, et retient pour baricau également le composé avec cau. La vallée dessinée par l’Arricau est-elle encaissée ? Il me semble bien, c’est un paysage tourmenté.

  • D’ailleurs, la Gascogne n’est pas un isolat, il est facile de vérifier si la formulation "rivus cavus" a été florissante ailleurs.

    On pense à la commune de Riocaud (33) en Pays Foyen, qui semble montrer la confusion qui a été assez générale avec caut/caud "chaud", dont en pays gascon : ainsi le Ricaud bigourdan, analysé par Grosclaude en son temps :

    http://www.archivesenligne65.fr/article.php?laref=1196&titre=ricaud

    Ricaud (11) en pays languedocien, aurait pour attestations anciennes Ricaltum, Recalt, ce qui fait que Nègre explique le toponyme par un prénom germanique devenu toponyme, Ricaldus.

    En micro-toponymie, les toponymes Rieucau sont relativement fréquents en pays de langue languedocienne : Rieucau à Lombers (81), Rieucau à Saint-Vincent-du-Pendit (46).

    On trouve en Toscane la commune de Ricavo, attestée "Rivus Cavus", après une recherche sur Google Books.


Un gran de sau ?

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