Gabardan Gascogne médiane Landes de Gascogne

Escalans

- Tederic Merger


 

Une entrée de "Le Pignada" / Ua entrada de "Lo Pinhadar" / Ue entrade de "Lou Pignadà"

en graphie alibertine :

(lo) Pinhadar
Prononcer "Lou Pignadà".

pinhadar / pignadà, plantation de pins

Attention, mot masculin, comme branar (branà), tojar (touyà), tausiar (taouzià), juncar (juncà, junquà, junkà...), même si on trouve maintenant ici et là des horribles "La Pignada"*.

Guy Suire, chroniqueur des "mots d’ici" dans le journal "Sud-Ouest", a parfaitement raison :

Le "r" final de la graphie occitane ne se prononce pas.
variantes : pinhatar, piadar, piatar, pinadar, pinatar...

*Victor Hugo "eth medish" a écrit "les piñadas voilées par les rougeurs du couchant" [ALPES ET PYRÉNÉES]. Lui aussi pouvait se tromper...

Ce mot "pinhadar/pignada", en plus d’être important pour la Gascogne, dont le pignadà occupe près du tiers de la surface, est très intéressant.
Le Dr Lafitte a fait justement remarquer qu’il dérive de "pinhat" (petit pin) et non directement de "pin".
Il semble aussi que, contrairement aux mots de la liste "branar,tojar,tausiar,juncar...", il n’a pas donné de nom de famille, ce qui suggère une formation tardive du mot, peut-être quand sont apparues, au 19e siècle, des plantations de pin, donc, des espaces plantés de petits pins.

Ce mot appartiendrait donc à la dernière génération du gascon, et, curieusement (et peut-être que les deux faits sont liés), il est aussi un des mots gascons qui sont connus même par des non-gasconophones, qui en changent parfois le genre, hélas.

Anglet - Logo du Domaine du Pignada
Le Domaine du Pignada est un centre de vacances.
Rappel : un pignada (pinhadar en graphie occitane normalisée) est un bois de pins.


Vincent a demandé à quoi ressemblait le lotissement, à part "Dèche dize".
Voici une vue d’entrée, qui a comme principal attrait le panneau "Le Pignada". pinhadar = pignadà, plantation de pins

Le FANTOIR colporte hélas "Lot. La Pignada".
L’IGN met "Pignada" tout court, et reçoit le bénéfice du doute !


 

Grans de sau

  • C’est d’une médiocrité insigne. Ce pourrait être un hangar, une coopérative agricole, des vestiaires de stade, ...
    Et comme on ne plante plus d’arbres, il ne faudra pas compter sur les oliviers que l’on devine pour venir nous cacher tout cela.

    Maintenant, pour dire les choses, il semble que le bâtiment soit composé de deux logements, non ? On comprend difficilement la forme de la maison sinon.
    Dans tous les cas, je pense que les villages doivent cesser de recourir au lotissement.
    Il vaudrait mieux recréer des petits bourgs sur un mode "bastide". Ces dédales de maisons n’ont plus aucun sens.

  • Ce bâtiment aux dimensions spéciales n’est peut-être pas une série de maisons individuelles. Une maison de retraite ?

    Quant à Escalans : c’est une de ces communes sans bourg. La mairie et l’église (principale ?) sont à Sainte Meille en pleine campagne.
    On peut voir ce lotissement comme un nouveau "quartier" au sens landais.
    Ce serait une erreur d’interprétation : c’est plus une urbanisation à l’américaine, où l’automobile est nécessaire pour la moindre course, et où les adolescents attendent le permis de conduire comme une émancipation, qu’une continuation de la tradition du quartier en partie autarcique.
    Mais qui sait ce que l’avenir nous réserve, et si ce "Pignada" ne deviendra pas un jour quelque peu ce qu’il feint d’être ? J’aimerais y repasser dans un siècle...

    Il faudrait que l’urbanisme soit conduit au moins au niveau de la communauté de communes, ici celle de Gabarret (Communauté du Gabardan).
    Mais cela ne suffirait pas pour l’instant à tarir la création de lotissements excentrés : la commune centre de Gabarret est en train d’un faire un au Passadet.

  • J’ai bien l’impression que ce bâtiment soit du logement social.
    Les 3/4 du temps dans les lotissements les bâtiments les plus simplistes, de grande médiocrité (dixit Vincent), sont du logement social. Ca m’a toujours scandalisé.

  • Est-ce rendre service aux populations défavorisées que de les installer dans des endroits isolés de la sorte ?
    Où sont scolarisés les enfants ?
    La moindre course est une escapade d’où frais d’essence.

    Et il est exact que l’on ne mesure pas assez les conséquences sur les adolescents. Avant l’émancipation par la voiture, il y a le scooter.
    Il y a aussi l’émancipation finale, celle de la fameuse ligne droite landaise, dans le contrebas d’un fossé, après avoir pris une voiture de face.

    Et l’ennui. L’ennui de la campagne.
    Que l’on cesse de glorifier la vie à la campagne.

    La solution à mon avis, ce sont de petits immeubles de deux étages en périphérie de Gabarret (et si possible en style vascon !).

    Escalans n’est probablement pas concerné par la loi SRU (commune de plus de 3500 habitants dans une agglo de 50000 habitants) mais n’est-il pas étrange qu’une loi qui vise des agglomérations raisonne en fonction des communes ?
    Quand on sait que non loin la communauté d’agglo de Mont-de-Marsan est par exemple artificiellement étendue aux villages ruraux aux alentours pour obtenir les 50000 habitants... (c’est une honte cette communauté d’agglo, une pure fiction pour une histoire d’égo).

  • Le cas du "Moun" n’est pas isolé : "Val de Garonne" (centrée à Marmande) doit devenir sous peu une communauté d’agglo, grâce à l’absorption de Clairac et même peut-être Lafitte-sur-Lot.
    Le mot "agglomération" ne veut ici plus rien dire, puisque c’est un vaste territoire rural, pas du tout "aggloméré" !

    Certains pensent que les départements seront un jour entièrement divisés en quelques communautés d’agglo, qui hériteront de certaines des compétences départementales.
    A suivre, il peut y avoir des suites positives.
    Mais il faudra peut-être recréer un échelon intermédiaire entre les communes et ces communautés d’agglo qui deviennent de véritables pays et pourraient remplacer les départements.

  • Ce qu’expliquait Vincent précédemment est tout à fait vrai, les maires de communes n’évaluent pas les conséquences que peuvent être l’éloignement des lotissements par rapport aux lieux de vie que sont les bourgs ou centre ville.
    L’idée de revenir à un urbanisme style bastide est très intéressante car en dehors de l’esprit de défense qu’elles pouvaient avoir autrefois, elles sont sources de vie sociale et de dynamisme avec la halle avec son marché au centre, l’église, mairie et tous les commerçants.
    Le plan concentrique permet de s’étendre en périphérie tout en gardant, le lieu central de rencontre et d’échange.

  • Même en restant dans le cadre de la commune d’Escalans, l’emplacement d’un nouveau lotissement semblait plus indiqué là où il y a déjà des lieux publics : à Sainte Meille, il y a la mairie d’Escalans, une église ancienne et typique, un cimetière, une salle des chasseurs, une magnifique salle de réunion de style néo-landais, dont je vous fournirai bientôt la photo...
    Il y avait même, je ne sais pas s’il existe encore, un restaurant*.
    C’est l’ébauche d’un bourg, avec une forte personnalité, et on place le nouveau lotissement à 3 km de là !

    * L’école d’Escalans, je ne sais pas où elle est. Il n’y en a peut-être plus ; Escalans compte moins de 300 habitants.

  • Je pense assez que tant que nous n’aurons pas permis un retour en grâce de l’architecture vasconne de qualité, il faut somme toute se réjouir que ces lotissements soient assez éloignés des centre-bourgs qui du coup ne sont pas défigurés.
    J’ai vu des choses proprement hallucinantes.
    Dans le Vic-Bilh, un pavillon dégueulasse en FACE de l’église romane du XIIIème siècle. Dans les coteaux de Bigorre, des mas provençaux en plein centre-bourg. Pareil en Chalosse. C’est une catastrophe, c’est la lèpre.

  • Voici un article de Télérama qui prend en compte nos problématiques :
    www.telerama.fr/monde/comment-la-france-est-devenue-moche

  • C’est sur Tédéric que pour resserrer le tissu social ce n’est pas le top !
    Mais comme Gabarret n’est pas loin, les aménageurs se disent tout se passe dans la commune voisine.
    J’ai vu des photos sur internet avec l’ancienne école (il y a des chances effectivement que maintenant l’école soit sur Gabarret).
    Par contre les églises de Ste Meille et St Saint Jean Baptiste sont magnifiques.
    Je ne me suis jamais arrêté dans ce coin des Landes et pourtant le trajet Mont de Marsan –Agen je l’ai fait de nombreuses fois !
    Sur la vue aérienne de google map on voit très bien ce que tu décris, l’église, le cimetière et un groupement de bâtiment qui doivent correspondre à la salle des chasseurs, la mairie etc…

    Oui l’idéal était de faire le lotissement à proximité.
    En fait ils ont créé ce lotissement dans l’esprit d’une extension de Gabarret au sein de la communauté de communes. Il faut donc raisonner Gabarret et non plus Escalans.

  • Ton article Vincent me rappelle une anecdote.
    Il y a une dizaine d’années avec mon épouse nous étions au Plaisy à Sabres et décidions d’aller manger le soir à Labouheyre et j’en profitais pour passer par la route depuis Commensacq.
    Je roulais à vive allure et d’un coup à l’entrée de Labouheyre (paysage de mon enfance) horreur j’ai failli me prendre de pleine face un rond point !
    J’hallucinais : J’ai gueulé les cons ! Cette belle perspective gâchée !

    Le constat que fait Vincent, c’est peut-être au Conservatoire du patrimoine de Gascogne d’agir, qu’en pensez-vous ?

    J’avais déjà dans l’idée de créer une sorte de charte de construction pour les réalisations en Gascogne.
    Ce serait pas mal de mettre à l’étude ce genre de chose quitte à éditer pourquoi pas et de le proposer aux maires qui très souvent n’ont pas le recul nécessaire en matière d’architecture et d’urbanisme.

  • Pour avoir été en contact avec des maires ruraux, ce qui leur manque est généralement une aide juridique.
    Même un maire conscient, qui aura pondu un PLU restrictif (normes architecturales, zones constructibles, ...) et qui se sera donc mis la population à dos (aussi bien les agriculteurs qui veulent vendre du terrain à prix avantageux que les potentiels nouveaux venus qui voient leur rêve pavillonnaire contrarié), ne pourra rien faire contre l’émergence d’une maison affreuse sur terrain constructible.
    Pourquoi ? Alors qu’elle se construit, le maire peut bien prendre un arrêté mais comment le mettre en application ? Intervention de la force publique ?
    Il faut alors aller devant le juge administratif d’où coûts pour la collectivité.
    Le juge va prononcer en référé un arrêt provisoire des travaux. Le dossier va aller devant le juge au principal. Dans tous les cas, le juge ne va jamais ordonner la destruction parce que le PLU est généralement mal ficelé, qu’il existe tel autre document qui autorise telle construction, ...
    Pire, si le propriétaire attaque le PLU, il peut bien être annulé pour un quelconque défaut légal.
    Sans oublier que le juge administratif se reconnait aujourd’hui le droit de moduler dans le temps les effets de ses décisions : il peut trouver à juger que telle construction est illégale mais que l’on n’appliquera la conséquence logique de l’illégalité à savoir la destruction que dans des cas futurs.
    De toute façon, il existe un consensus tacite qu’il ne faut pas porter atteinte à la propriété privée et au développement démographique des communes.
    Le problème est bien que chaque maire se croit investi d’une mission divine de développement. Le moindre conseiller municipal de bourgade rurale se croit bâtisseur et entrepreneur.

    Donc, jouer avec le droit pourra permettre de sauver à la marge certaines horreurs. Mais véritablement, ce qu’il faut faire, c’est sensibiliser idéologiquement les acteurs publics locaux à ces problématiques, c’est retrouver le consensus territorial.
    C’est évidemment le rôle des associations locales et je ne comprends pas par exemple que l’IBG en Béarn ne s’engouffre pas dans cette brèche.

    Je commence à réfléchir pour ma part à ce que je pourrais faire, envoyer des lettres aux maires ne suffit pas. Les conseillers généraux ne me répondent pas, pas plus les députés.

  • Si tu cherches de l’aide...

  • La question posée dans les derniers grans est celle du passage à l’action pour changer les pratiques d’aménagement : à la fois faire respecter notre héritage esthétique, nos paysages, refaire des villages, des bourgs, des villes où le neuf s’accorde avec l’ancien, où la convivialité est facilitée...

    Ces questions ne sont pas spécifiques à la Gascogne, mais ça flatterait notre fiertat gascoune d’y trouver des réponses avant les autres ; pour l’instant on est un peu à la traîne...

    Vincent a montré les limites des dispositifs réglementaires.
    C’est un combat culturel, un combat d’idées, que nous devons mener.
    Discuter en public comme nous le faisons, c’est déjà agir ! mais il faut s’arranger pour avoir le plus d’écho possible.
    Ex : notre petit débat sur Escalans viendra-t-il un jour à être connu des élus d’Escalans et du Gabardan ? les moteurs de recherche peuvent y pourvoir...
    En général, Gasconha.com est plutôt bien indexé, mais il peut y avoir des failles.

    Quant au Conservatoire du Patrimoine de Gascogne, il nous offre une structure collective qui est irremplaçable. En faire une autorité morale que les élus hésiteraient à contrecarrer, ce serait "réellement commode", comme disait ma grand-mère.
    J’ai observé que les CAUE ont un discours qui va dans notre sens, ils sont dotés de moyens et d’une stature officielle... pourtant leur message ne passe guère.
    Une association non officielle a moins de moyens, mais elle a l’avantage d’avoir la liberté de parole.
    Les CAUE des départements gascons ne peuvent pas jouer la carte de la Gascogne ou de la Vasconie, écartelés qu’ils sont entre "Aquitaine" et "Midi-Pyrénées", et bridés aussi par le jacobinisme français qui peut craindre une Gascogne forte.
    Nous, nous pouvons ! (Òc qu’ac podem ! as said Obama...)


Un gran de sau ?

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