Larroy

Attesté en 1665 à Ogeu, en 1600 à Laou-Balagnas, en 1644 à Gazost ("de Larroy ou de Larrouy"), en 1621 à Juncalas.
Il y a donc possibilité que ce soit une variante de
Larrouy.
L’hypothèse d’une parenté avec arrolha ne doit pas non plus être écartée.
Enfin, on a parfois trouvé une explication "chêne rouvre" pour "roy".


 
Variante(s) graphique(s) :

Larrouy

L’IGN donne des dizaines de lieux "Larrouy", apparemment tous en Gascogne.
La graphie normalisée "Larroi" repose sur le choix de l’explication "rouge", mais dans certains cas, on peut imaginer une explication par la racine "arrolha" (ruisseau, fossé...).


  en graphie alibertine :

Larroi + L'Arroi

Prononcer "Larrouÿ".
L’explication "Lerouge" parait simple et bonne.
Mais Le site des noms de J. Tosti propose une autre explication :
"Nom originaire du sud-ouest (région landaise essentiellement), formé sur Arrouy avec agglutination de l’article, et qui désigne un ruisseau le plus souvent destiné à l’arrosage. Le terme a été latinisé en arrugia, mais il semble avoir une origine basque ou ibère. On trouve l’équivalent en Espagne avec le nom Arroyo."
Voir aussi Arrouch/Arroi.

arrolha, arrulha, arrelha / rouille, ruisseau

Le mot "rouille" est une mauvaise francisation, semble-t-il. Peut-être que la couleur rouille de certains ruisseaux landais a facilité l’erreur ?
Le "a" de début de "arrolha" a aussi été confondu avec le "a" de "la" rouille...
"arrolha" viendrait du bas-latin "arrogium" (Nicolaï) ou du latin "arrugia" (Fenié).
On peut penser que le mot castillan arroyo est de la même origine.
Et probablement aussi le basque arroila.

Il semble que le masculin "arrolh" (prononcer "arrouil") existe aussi, avec le même sens de rigole, ruisseau, fossé.

LA PALABRA DEL DÍA (www.elcastellano.org) donne la préférence à une origine prélatine :
"arroyo
Es uno de los pocos vocablos hispánicos prerromanos, que sobrevivieron a la latinización de la Península Ibérica.
En su origen, se refería a un ’canal artificial para el paso del agua’ y más tarde las ’largas galerías de las minas’, generalmente túneles muy estrechos por los que apenas podían pasar los mineros y con esa denotación fue acogido por los romanos y empleado por Plinio.

La palabra castellana se extendió al portugués arroio y se mantuvo en el vasco arroil (foso, desfiladero entre montes).
En varios dialectos italianos aparecen formas como ruga, roggia, con el sentido de ’acequia’ o ’canal’.

Sin embargo, Covarrubias supone en su diccionario (1611) que la palabra está formada por el artículo árabe al antepuesto a la voz latina rivus, o a su diminutivo rivulus o, tal vez, el griego ryo (yo fluyo). Esta hipótesis se descarta actualmente."

Le bas-latin a pu adopter et diffuser ce mot pré-latin, hispanique. Pour le mot espagnol arroyo, l’explication donnée plus haut suggère son entrée directe dans le lexique, à partir du mot pré-latin.
Pour ce qui concerne l’espace aquitain, nous n’avons aucun élément pour affirmer que cette racine existait avant la latinisation, et donc le gascon l’aurait reçu par ricochet.

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« arroulhe sf. Rigole ; ornière ; fossé ; canal ; l’outil appelé arroulh. Syn. arrélhe. »
Remarque : la forme arrélhe a un homonyme, soc (pièce de charrue) qui, justement, sert à creuser un sillon !

Lespy :
« ARROULHE, Arrolhe, Arrulhe rigole, ornière profonde, fossé, canal »
Les exemples donnés par Lespy utilisent beaucoup la forme arrulhe.
Lespy signale aussi une extension du sens à un terrain limité par des arrulhes, par exemple "un verger conquis sur le marais".

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arrolha, arrulha, arrelha à partir de arrugula

arroi, arroja / rouge

Prononcer "arrouÿ".
La forme "roi" (prononcer "rouÿ") existe aussi.
Féminin : arroja ("arrouÿe", "arrouÿo"...)