Lòcs (toponymie, paysage...) de Le Houga

Armagnac & Adour Gascogne médiane

Le Houga

Le lac du Houga
Lo lac deu Heugar / Lou lac dou Hougà

en graphie alibertine :

(lo) Heugar
Prononcer "(lou) Héougà".

heuga, heuguèra / fougère

heuga (prononcer "hewgue") ne semble pas connu des dictionnaires, pourtant le courant heugar ne peut guère venir d’une autre forme.
Et certains toponymes (Hougasse, Héougassou...) non plus.
heuguèra (qui ne peut être qu’un dérivé de heuga) a peut-être supplanté le mot parent heuga dans l’usage populaire.

dérivé : heugar (fougeraie, "hougà" écrit à la française)

heugassa (prononcer "hougasse"...) : heuga + suffixe as à valeur péjorative, la fougère pouvant être un inconvénient...

heuç (prononcer entre "héous" et "héws") et basta (prononcer "baste") existent aussi.


Plusieurs débats autour de ce lieu-dit (outre le fait qu’il était bon de passer la fin de journée en ces lieux !) :

 On n’insistera jamais assez mais l’article dans "Le Houga" a un sens, et c’est bien le lac, le plan d’eau, l’étang, peu importe, du Houga. Je ne crois pas que la tendance moderne touche Le Houga, mais la disparition de l’article est assez généralisée pour d’autres toponymes (cf Le Boucau, près de Bayonne).

 Quelle est la prononciation de la diphtongue -eu- ? Il me semble que dans le dernier état de la langue, elle était tout simplement [u] : Houga, et non plus Héouga. A vérifier.

 Le plan d’eau, artificiel évidemment, se situe sur un ruisseau qui possède deux noms différents : le Gioulé sur le territoire communal du Houga (32), la Gioule sur celui de Cazères (40), dans le département voisin. La racine est évidemment la même (énigmatique d’ailleurs, comme souvent les hydronymes) et il reste à comprendre les raisons de ces deux versions, sans oublier que l’on ne sait pas où se situait l’accent sur la version masculine.

Pour les béotiens : est-ce le ’Gioulé ou le Giou’lé ? Selon la réponse, la formation n’est pas la même, la seconde version laissant entendre une suffixation quelconque en -èr, avec -r final amuï.

prepausat per Vincent P. ;

 

 
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Pyraube

en graphie alibertine :

Peirauba
Prononcer "Peÿràwbe"... pèira auba = pierre blanche, en admettant que le auba (...)

pèira / pierre

Apparait généralement sous la forme "peyre" dans les noms propres.
dérivés :
peirós (pierreux), peirèra ou peirèira (carrière*)
peiruisha : résidu de pierres [G. Balloux]
peirèr (prononcer "peÿrè") ou peirèir : tailleur de pierre

* "carrèra" ne veut pas dire "carrière", mais "rue".


 

 
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Pité

en graphie alibertine :

(lo) Pitèr
Prononcer "(lou) Pitè".

pit, pitèr / piton, piédestal, but de jeu

pitèr : prononcer "pitè".
dérivé :
apitar : monter, construire, percher (enfin, je crois...)


 

 
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Paillé

en graphie alibertine :

Palhèr

palha / paille

Se prononce presque comme le français "paille" (pour une fois, c’est facile !).

dérivés :
palhèir (forme nord-gasconne ; prononcer "paillèÿ") ou palhèr (prononcer "paillè") : meule de paille

Le prince gascon Bernat Tumapalhèr était donc "pourfendeur de meule de paille" !


 

 
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Ducasse

en graphie alibertine :

Deucasso

casso, casse, cassi / chêne

cassi est plutôt girondin, une autre forme gasconne est casso (prononcer "cassou" en accentuant la première syllabe), et casse existe aussi.
En langue gauloise : cassanos

"cassi-casso-casse" est-il plutôt le chêne pédonculé , le chêne tauzin étant "tausin" ?*
Dérivés (pour dire "chênaie" :)
cassiar (masc.), cassia o cassièra (fem.), cassiet, cassieda, cassoeda, cassanha (le si courant "cassagne"

*Le basque a deux mots différents : haritz pour "chêne pédonculé", ametz pour "chêne tauzin". Au Pays basque, le premier était particulièrement révéré.

Ostau deus Cassos / Oustaou dous Cassous
Proposition de typographie gasconne.
Tederic M.

 

 
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Belerd

Cadastre napoléonien : Beler

Ce doit être Bel Ert (Bel Air à la gasconne).
Beler


 

 
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cité Lugardon

en graphie alibertine :

Lugardon
Doit se décomposer en Luc+ardon.

luc / forêt

Et plus exactement bois sacré.
Vient du latin "lucus" (bois, forêt). Présent dans de nombreux noms de lieu gascons (Lucmau par exemple), mais le mot semble avoir disparu de l’usage depuis longtemps, peut-être en même temps que les croyances qui lui étaient associées.
J. Tosti signale une forme féminine de "luc" : luque (luca en normalizat) ; luga (lugue) existe aussi.

dérivé fréquent en toponymie gasconne : lugat

arredon, redon / rond

féminin : redona (prononcer "rédoune" ou "rédouno")
variante avec le "a" d’appui gascon : arredon, qui donne souvent ardon dans la toponymie.


 

 
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Moulié

en graphie alibertine :

(lo) Molièr
Prononcer "(lou) Mouliè".

molin / moulin

prononcer plutôt "mouli".
dérivés :
molièir (prononcer "moulièï) ou molièr (meunier)
molia (prononcer "moulïe", "moulïo"...) : forme féminine de molin  ?
moliar, molinar (attesté dans "Siedlung und Landschaft (...))


 

 
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Menjotte

en graphie alibertine :

Menjòt
Prononcer le t final.

Domenge, Domengue, Dominge Domenja / Dominique / Dominique

Pour Domenja, prononcer entre "Doumenje" et Doumenjo".
Pour Domenge, prononcer "Doumenjé", mais sans mettre l’accent tonique sur le "é" final.

"Domenge" est attesté vers 1600 à Ladaux (Entre-deux-Mers).
Evolution occitane du latin Dominicus.

L’occitan a l’avantage de distinguer le masculin du féminin.

Cad. napo. (B2) : Menjòt au féminin, ou graphie maladroite ?


 

 
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Nouaou

en graphie alibertine :

(lo) Noau
Prononcer "(lou) Nouàw".