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français : oh enculé

[Un internaute a soumis cette demande de traduction. Ne jouons pas les "vierges effarouchées" !-)
Les expressions grossières et les jurons font partie de la langue de tous les jours, et sont dignes d’intérêt.
Il sera sans doute bien difficile de savoir si le gascon d’autes còps avait un correspondant direct de ce juron (ou cette insulte ?) français.
"enculat" irait très bien dans ce sens, mais existait-il ?
"hilh de puta" a une utilisation proche, même si le sens littéral est clairement différent.
En gascon bordelais, Mèste Verdier pourrait par exemple être une source. L’étude du bordeluche, dont la source majeure est le gascon, aussi.
Plus généralement, y avait-il un vocabulaire populaire autour de la sodomie ?
Tederic M.]

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Grans de sau

  • Adixatz,

    Que coneixi un vèrbe per díder aquò, qu’es encuuhornar.
    Mès n’èi pas jamèi sabut lo sinonime d’aqueth mòt ajartiu.
    Tad ua hemna, que sèi que dídenn pèth de puta, valent a díder "salope" o "pétasse".
    Per "va te faire enculer", ne dídem pas atau, que dídem vèi t’arrajar o vèi te’n cagar (a le vinha).

  • hilh de lop ! hilh de puta ! Mès s’es una interjeccion que se dirija pas cap a quauqu’un, am : vitdase, vitdauca, viatdase, viet d’asoòt, etc.

  • Ò anquí ! Ò antí !

  • Bélèu que antiguèlha ! e anti ! coneixuts en gascon girondin dinc a Marmanda poirénn hèser l’afar coma version edulcoradas de enquiulat !

  • D’ailleurs j’aimerais déterminer l’extension géographique de ’’oh anqui’’, ’’oh anti’’, ’’oh anfi’’ et leurs dérivés en ’’-gueille’. Lesquels s’utilisent chez vous ?

  • Pour donner l’exemple : dans la région de Langon, ’’oh anqui’’ est de loin le plus utilisé, et ’’oh anfi’’ m’est aussi familier.

  • Moi, je n’entends plus personne dire ça. Mais quand j’étais enfant, ça se disait (les 3). O wanfi fariouguaise.

  • A Bordeaux dans mon enfance aussi,les deux premiers au moins (anfi,j’en suis moins sûr).L’étymologie proposée par Daniel me parait vraisemblable mais nous n’en saurons jamais rien ! Quant à Verdier il me semble qu’il s’interdisait des jurons trop explicites

  • Fariouguaise = ?

    J’ai même entendu un drolle d’une dizaine, il y a quelques années à la plage d’Hostens, s’exclamer avec l’accent gascon ’’oh anqui’’ (ça m’avait marqué). Ce juron se perpétue dans les familles gasconnes populaires (pour ne pas dire gasco-beauf). Mais jusqu’où va-t-il en Lot-et-Garonne, Landes, Gers, Dordogne.... ?A creuser.

    Pour l’étymologie, voici ce qui a été proposé, quoique probablement discutable, par ’’Jan l’Aisit’’ :
    Lo Grand dictionnaire de Greimas (Ancien français) que da :
    ai – interjection de douleur, XIIe s., + aimi, emi, hami, ainmi, – id.
    Que’s pòt destecar en ai + mi = « ah (praube de) mi », cf. latin « heu me miserum » (Gaffiot). Lo pronom regimi qu’existiva en ancian gascon tanben, au mensh dinc au sègle XVIIau.
    EMMI que n’ei clarament ua auta varianta.
    ANTI que respon a EMMI : « ah (praube de) tu ».
    ENQUI ne seré pas qu’un evolucion d’ANTI (t/k, causa frequenta).
    Que damòra ENFI…
    Los sufixes que son fiorituras d’aqueras.
    Tot aquò n’exclutz pas autes explics, las etimologias que son a còps embrolhadas.

  • Enfin, jo que harí mè simple... Que’m disi qu’es un biash francòfòne de ne pas díser "enculé" o "enfoiré", un chic com per "mercredi" entà "merde" o "punaise" entà "putain".

    Anki = enculé
    Anfi = enfoiré

    ....

  • Aquò’s tabé çò que me pensèvi dinc a ’cí, encara que púsquin pas esplicar atau ’’anti’’ e ’’antigueille’’. Una varianta poiré èster, lavetz, que lo mòt de basa estussi ’’anqui’’ (< ’’enculé’’) e après estut declinat per desformacions e sufixacions ! (es que s’esclamar ’’oh enfoiré !’’, d’ont ’’oh anfi’’, me sembla inabituau) Serén donc mòts francés ? En tot cas, pensi que se pòden incorporar au lexic gascon, compte tengut de sa reparticion geografica que me sembla preu moment èster : 33/40/47. Bon escusatz-me de sharnegar sus de punts de lingûistica pas forçadament gascona, mès les enigmas lingüisticas m’interéssan taplan.

  • Tots aqueths antiguèlha, antí, anquí, anfí, vènen dau picadeir / picadey , aperat tabé bordeluche qu’èra parlat a Bordèu dinc a la mitat dau sègle passat e que se retròba enquèra anuit un pauc coma vestigi dens lo francés regionau de la vath mejana de Garòna dinc a Marmanda.

    Tè, brave monde, drubrètz aqueste ligam e lugissètz lo document pdf :

    https://mccourtioux.files.wordpress.com/2017/11/bordeluche-texte.pdf

  • Au temps pour moi ! Dans mon message précédent j’ai écrit par erreur picadeir / picadey ce qui est en réalité pixadeir / pishadeir / pichadey .

  • Le lien donné par Daniel (12) vaut la peine d’être ouvert et lu.

    Pour la première fois grâce à M.Dubroca le pichadey* fait l’objet d’une étude exhaustive quasiment encyclopédique. Merci à lui.
    J’espère toutefois qu’il ne nous en voudra pas si on tempère cet éloge de quelques critiques et remarques.

    Une critique de fond d’abord : il aborde presque le pichadey/bordeluche comme si c’était une langue apparue en pays girondin sans qu’on sache trop pourquoi et quand alors que ce parler s’est clairement établi sur les ruines du gascon, pas d’une autre langue.
    Chronologiquement il apparait donc entre un moment déjà bien marqué d’affadissement du gascon (et de sa francisation) et le passage presque général à un simple français régional peu démarqué de la langue des média si ce n’est par un petit reste d’accent (donc sans doute à partir de la première moitié du XIXè siècle jusque vers 1950/70).
    Le fait de ne pas clairement noter ce phénomène le conduit par exemple à considérer Meste Verdier comme maniant le pichadey dans ses oeuvres alors que l’essentiel est en gascon bordelais déjà bien francisé mais pas en pichadey dont l’auteur note que 80% de ses mots sont du français (et la majorité de sa syntaxe).
    Il en fait presque de même - mais se retient à temps - avec Emilien Barreyre dont « les Malineyres » sont quand même un « texte plus purement gascon » (tout à fait gascon à mon avis et plus purement que Verdier…).

    Quelques points de détail m’ont aussi étonné :
     que le pichadey fasse de « grondin » le synonime de « poisson » : curieux alors qu’il a à sa disposition tout le vocabulaire marin de la Garonne et du Bassin d’Arcachon.
     que l’auteur attribue au fonds de vocabulaire français cagouille,bader/badar,pinasse alors que ces mots sont bien dans le Palay,
     et enfin qu’il interprète le pichadey comme la « langue du dimanche » alors qu’il semble être plutôt celle de tous les jours (là où et quand le gascon ne l’était plus), la langue du dimanche étant à mon avis celle qu’on pourrait dire endimanchée, le français.
    Cela dit il conclut hélas véridiquement que « la disparition des langues comme le gascon après 1950 s’explique « lorsque la région n’a pas une forte identité culturelle comme le Pays basque » ; on ne saurait mieux dire…

    Une question pour terminer de ma part : j’ignorais l’existence d’un poète tonnelier (en gascon si j’ai bien compris) appelé Vigier. Ce serait bien qu’on nous en dise davantage à son sujet.

    * Intéressant rapprochement avec le « puyaduy » (le porche) de Saint Miquèu des vielles cartes bordelaises.

  • Ledit Vigier doit être en fait le cabaretier Jean Vigé (à l’attention de Vincent : Vigé est un patronyme typique du Bourgeais) (1842-1915). David Escarpit a rédigé un article sur wikipedia : https://oc.wikipedia.org/wiki/Jan_Vig%C3%A8r - soit dit en passant, je ne pense pas que Vigèr soit la graphie à adopter, car ce nom pourrait bien être d’origine saintongeaise (variante de Vigier ?)

    Le même David Escarpit, si je me souviens bien, réfutait l’hypothèse populaire répandue selon laquelle ’’pichadey’’ vient du pujaduir (qui est la montée plutôt que le porche*, non ?) et le faisait venir du verbe pishar ’’couler’’ (langage du vignoble, où le vin coule). Bon, ça peut aussi se discuter, hè.

    J’ai trouvé dans ce document quelques mots nouveaux, à creuser.

    * pòrge, balet.

  • Merci Gaby, c’est peut-être lui en effet.
    Puyaduy :pujar est peut-être la racine mais où serait la montée autour de l’église Saint-Michel ? Je ne vois que du plat ...Les quelques marches ,peut-être ?

  • J’ai vu dans le FEW : en fait pujaduir, (pojaduy) c’est le perron !


Un gran de sau ?

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