Entre Ambès Mars Entre les deux Mers

- Tederic MERGER

L’explication du nom "Ambès" :


Carte IGN encadrant le bec d’Ambès

- ambe mot gaulois signifiant rivière ou fleuve ? mais il manque alors l’idée de entre les deux...
- ambo mot latin signifiant les deux ? mais il manque alors (entre) et (rivières ou fleuves).
Wikipédia - Oc - Ambès
Ambès

Il est tentant d’expliquer le nom par cette situation remarquable entre les deux fleuves Dordogne et Garonne, qui sont déjà des bras de mer, et se rapprochent avant de confluer.
On ne saura peut-être jamais !

Tèrre de cace é pesque / Terre de chasse et pêche

« Terre de marais laissée aux pauvres par Jeanne de Lestonnac (1556-1640), baronne de Montferrand et future canonisée, « afin de les aider à vivre de la chasse, de la pêche, de tirer parti des avantages offerts par la flore et la faune du marais », la Presqu’île d’Ambès conserve cette caractéristique populaire et l’essentiel de son environnement naturel. » [1]

Un "chemin de la Casse" existe sur le Cadastre napoléonien, près d’Arrouch.

Tèrre de jales é bignes / Terre de jalles et vignes

Jalles ou esteys ?
Le mot jalle semble l’emporter maintenant, au moins chez Bordeaux Métropole, mais ce sont parfois des esteys, d’après les cartes anciennes ou récentes...
Une jalle serait-elle un cours d’eau plus artificiel qu’un estey ?

Exemples de proximité sémantique jalle/estey :

– "l’estey des moines", estey du Maine

« L’estey des moines est une jalle d’environ 1,5km »
« Au cours du XVIIème siècle, un réseau de jalles et d’esteys munis d’écluses et de clapets » [2] [3]

– Cadastre napoléonien Sections A1, A3 : Le Bec-d’Ambès : Estey de la Maqueline ; celui-ci est considéré comme une jalle par Bordeaux Métropole, qui le réhabilite dans ce rôle (lire plus bas).

La man de l’òmi

« Il faudra attendre le 17e siècle, et les travaux de drainage d’ingénieurs hollandais, pour qu’apparaissent les premières propriétés et maisons nobles des parlementaires de Bordeaux qui y développeront des vignes malgré l’excès d’eaux.

Les « vins de palus » offrirent d’ailleurs la fortune à leurs propriétaires pendant l’invasion du phylloxéra, l’inondation volontaire des terres stoppant la progression du fléau. »
https://www.unairdebordeaux.fr/article/histoire-de-la-presquile-dambes/

Réhabilitation des jalles par Bordeaux Métropole
Il s’agit de restaurer leur rôle de "réessuyage" (asséchage, drainage) après inondation du milieu de la presqu’île (dont l’altitude avoisine 0 m !). [4]

Ambès - jalle de Grillon (sauf erreur !)

Sud-Ouest - Presqu’île d’Ambès : face aux inondations, les jalles restaurées pour mieux évacuer les eaux

On notera qu’il n’est pas question ici de renaturation (qui aboutirait à accepter l’inondation du milieu des terres), comme c’est le cas pour l’estey du Gua, plus au sud ; le caractère rectiligne et artificiel des jalles est assumé.
Mais l’estey du Gua était naturel à l’origine... Mais est-ce que l’estey de la Maqueline, tout près du bec d’Ambès, ne l’était pas aussi ?

Tèrre de rafineries de petròli

« Entre 1928 et 1933, l’aménagement d’un port pétrolier à Ambès assure la desserte d’une usine de raffinage et d’un dépôt d’hydrocarbures. » [5]

Reconversion des friches polluées

« La presqu’île d’Ambès est ainsi depuis plus d’un siècle. Des prairies et marais enchanteurs, aux confins de la Garonne et de la Dordogne, sont voisins d’usines aux cuves et turbines arrogantes, dont la pollution ou les risques technologiques se conjuguent au nom de l’économie de marché et de la consommation de masse. Des centrales thermiques d’autrefois aux sites chimiques d’aujourd’hui, la pointe girondine croise les urgents enjeux de transition énergétique. Quand le site d’une ancienne raffinerie pétrolière est enfin promis à une nouvelle vie environnementale, l’exemple devient symbole. » [6]

Per i anar / pour y aller :

Depuis Bordeaux Bastide (arrêt "Jardin botanique"), la ligne de bus TBM (Transports Bordeaux Métropole) 61, cadencée à environ toutes les heures en journée ordinaire, suit les quais de Garonne, de plus en plus industriels et portuaires, passe par le bas Lormont, le port de Bassens, Saint Louis de Montferrand...

Ambès - embouchure, sur Garonne, probablement munie de vanne et clapet, de la jalle qui suit le chemin de Piétru
C’est près de l’arrêt "le Marquis" de la ligne de bus 61.
En face, c’est l’ancienne "Isle de Macau".

Belles vues sur la mar (prononcer "la ma" - ici, la Garonne est déjà un bras de mer), et sur des chartreuses ou châteaux rescapés de l’industrialisation...
Les arrêts sont nombreux : on peut descendre à l’un d’eux, marcher quelques heures, et prendre le bus en sens inverse à un autre arrêt...
A Bordeaux, il est courant de saluer le/la chauffeur de bus en montant, et même en descendant à l’arrière. C’est comme ça ailleurs aussi ? alors notre société ne s’ensauvage pas tant que ça !