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Còr de Bearn

Pyrénées

Arrien

Arrien

Arrien

64420 - lat. 43.31669998168945 / long. -0.15000000596046448
 

Punts vesins :
(distance ≤ 16km)

  • Urost
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    Au loin la Bigorre... / La Bigòrra enlà... Lo (...)

  • Lombia
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  • Eslourenties-Daban
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    Il semble que dernièrement, Per Noste ait (...)

  • Espéchède

  • Grans de sau

    • Le nom du village pose la question très délicate de l’unité ou non des toponymes gascons en -enh.
      Il est assez clair que toute une série béarno-souletine est formée sur un nom de seigneur médiéval + suffixe -ain (Andrein, c’est le domaine d’Andere, Abitain celui d’Avit, Gotein celui de Got, ...).
      Ce suffixe -ain/ein est probablement apparenté à la série navarraise autour de Pampelune (Ansoáin, le domaine d’Anso, Belascoáin celui de Velasco, Garinoáin celui de Galindo, ...).
      On ne connait pas l’étymologie de ce suffixe -ain, certains proposent une adaptation basque du latin -anum peut-être au génitif -ani.
      La présence du suffixe en Béarn indique que l’on parlait alors basque à l’époque de la formation des toponymes.
      Est-ce bien le cas d’Uzein ou Arrien assez éloignés des pays de langue basque ?

      Quant à la série couseranaise, elle est beaucoup plus énigmatique : elle ne semble pas accepter la même explication, et nous rappelle les patronymes aquitains en -enn (qui donneront bien une mouillure en -enh localement).
      Illartein, Uchentein, Irazein, Seintein, Idrein, ... qui trouvera une signification à ces toponymes ?

      Le problème vient du fait que ces deux séries produisent des homonymes ! Et Arrien en est un : il y a l’Arrien béarnais et l’Arrien de la vallée de Bethmale.
      Faut-il chercher une même explication aux deux toponymes, et dès lors chercher à faire converger les deux séries ?
      Faut-il envisager plusieurs explications ou abandonner l’idée même de série pour revenir au cas par cas ?
      Tout cela est compliqué et Arrien reste énigmatique.

    • On peut toutefois affiner l’analyse.
      D’abord dire qu’Arrien en Béarn est Arrien dès 1385.
      Qu’il se prononce [a’rrien] avec n dental final, ce qui est rare en Béarn où la dénasalisation est souvent généralisée, et ce qui n’est pas conforme à la série béarno-souletine qui mouille la finale.
      Arrien en Bethmale est par contre bien Arrienh avec finale mouillée.
      Cependant, un coup d’oeil à l’ALG notamment à la carte "nn final roman" montre qu’il s’agit d’un trait couseranais à savoir que nn final qui est dental partout ailleurs en Gascogne sera mouillé en Bethmale, donc ce n’est pas un gage d’unité des séries.

      Tout le monde suit ? :) Je résume :


      - On a Arrien en Bethmale, Arrienh en gascon, qui semble faire partie de la série des toponymes en -ein du Couserans, -enh en gascon couseranais, que l’on ramène au suffixe aquitain -enn de l’épigraphie antique.


      - On a Arrien en Béarn que l’on a du mal à intégrer à la série béarno-souletine, car il n’y a pas mouillure mais n dental, or on ramène ces toponymes au suffixe basque -ain qui doit se mouiller en gascon.
      Parfois en Béarn il peut y avoir perte de la mouillure, mais on n’en trouve pas trace dans les attestations anciennes, et généralement -enh se simplifie en -en vélaire, donc en Béarn en voyelle dénasalisée, subrepticement nasillée, certainement pas en n dental.

      La question du n dental dans le canton de Morlaàs me pose problème par ailleurs.
      Ma grand-mère, locutrice naturelle, prononce Gabaston [gabas’tu] mais Ouillon [au’lyun] avec n dental alors même que l’on ramène généralement les deux toponymes à des n finaux simples. Vraiment curieux.

    • Bref, toute la question est la suivante : ce n dental dans la prononciation gasconne est-il bien un indice quant au fait qu’il s’agirait d’un toponyme pré-roman ?
      Si l’on accepte l’hypothèse et que l’on décide qu’Arrien en Béarn ne relève pas de la série béarno-souletine, on se retrouve plutôt face à un toponyme en -en avec n dental final communs en Bigorre : Ossen, Guchen, Grailhen, ...
      Le basque connait de tels toponymes : Béhasque anciennement "Behasquen", Bascassan anciennement "Bazcacen", ...
      Orpustan pense qu’il s’agit d’une réduction de la diphtongue du suffixe -ain ... Zut, voilà que l’on y revient !
      Donc auraient alterné deux variantes du suffixe : -ain/ein qui se sont palatisés et -en/in variantes réduites.
      Sachant que selon Orpustan, ce suffixe n’est pas toujours formé sur des anthroponymes : un lieu-dit comme yturrain en 1280 qui devient yturen par la suite est fatalement descriptif ("lieu de la fontaine" : remarquez que cela fait penser à Idrein).

      Pour compliquer le tout, ajoutons que le suffixe locatif basque -un en zone ouest-gasconne avec recul de l’accent tonique, est devenu également -en (mais généralement plutôt muet comme dans Bidache) !
      Je vais passer sous silence la série landaise : Lourquen, Cassen, Artassen(x), ... qui complique tout car dans un cas Lourquen est prononcé avec recul de l’accent tonique et n dental [’lurkeun], dans un autre Cassen est prononcé avec accent tonique sur la finale et n mouillé Cassenh ! Les villages sont quasi-voisins ...

    • Ces toponymes bizarroïdes auraient-ils une origine proto-basque ?

      ’’Illartein’’ = composé de ’ilhar’ ?
      ’’’Uchentein’’’ = composé du vieil anthroponyme ’Uciand’ ?
      ’’’Irazein’’’ = composé de ’iratze’ ?
      ’’’Idrein’’’ = composé de ’iturr(i)’ ?

    • Une origine basco-aquitaine, c’est l’évidence : il y a conjonction stupéfiante entre ces toponymes,
      l’épigraphie antique qui fait état de nombreux noms aquitains qui finissent en en(n) et l’archaïsme couseranais.
      La question qui se pose est celle de savoir ce que représentait le suffixe -en(n) en ancien aquitain et une fois cette énigme élucidée, s’il faut chercher plutôt des racines anthroponymiques ou descriptives.

      Maintenant, on a envie de voir dans les toponymes évoqués par Peio de telles racines basques, avec peut-être un t de liaison (comme dans -tegi).
      Que représente alors le suffixe -ein, prononcé localement -enh ?
      On peut regarder après tout le devenir des noms aquitains : le dieu Leherenn(o) n’est-il pas simplement ce qui est en basque moderne lehen="premier" (autrement dit la divinité la plus importante du panthéon aquitain) ?

    • On peut ajouter que Arrien existe encore (lieu-dit) à Nizan,canton de Boulogne s/Gesse, toujours aussi énigmatique.


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