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Grans de sau

  • « Lapourcaud » ou « La Pourcaud », bien présent en ce pays gabaye, mais aussi en Guyenne et Entre-deux-Mers, est proche du gascon La Porcau pòrc, et doit appartenir à un substrat d’oc plutôt guyennais ; je ne comprends pas le d final, qui est pourtant massivement présent (ou alors un t), et je m’étonne aussi que ce ne soit pas "La Pourcal" en zone guyennaise occidentale (influence gasconne ou limousine ?).

    On trouve La Porcau en Gascogne du sud, sans d/t final :
    La Pourcau, 65140 Peyrun. (IGN)
    FANTOIR :
    65233 Jarret POURCAU
    65123 Campan ESPOURCAUX (Es Porcaus)
    64225 Féas POURCAU

    Curieusement, entre la Gascogne du Sud et les franges guyennaises, on ne trouve pas ce toponyme.

  • Plusieurs choses :

    - L’on trouve le lieu-dit Pourcaud et La Pourcaud un certain nombre de fois en Périgord, dans ce qui semble être une zone qui maintient le ca- étymologique, au nord de Sainte-Foy-de-la-Grande, avant la vallée de l’Isle. Il me semble qu’en zone limousine, où ca- > cha-, l’on attendrait *Pourchaud.

    La finale vocalisée -au, en lieu et place de ce qui devrait être -al (et que l’on retrouve : "Le Pourcal" à Saint-Quentin-du-Dropt (47) et "La Pourcal" par deux fois en Bergeracois), ne me choque pas : ces parlers sont sous-étudiés, l’isoglosse de vocalisation n’était pas uniforme selon les mots, qui voyagent. De toutes les façons, ces parlers ne peuvent se réduire à une opposition entre le "nord-languedocien" fantasmé des occitanistes, face à ce qui serait le "l’alverno-limousin" : tout est bien plus complexe et est fait d’interpénétrations, et de progressions de traits, depuis le Nord, ce qui semble la constante.

    - La question qui me turlupine bien plus, et pourrait tout remettre en cause, c’est le pourquoi de la constante d’un -d final, dans les attestations périgourdines et gabayes (qui sont excessivement nombreuses).

    On retrouve le même phénomène sur le lieu-dit de Laroucaud à Villegouge (33), sur une commune frontalière des parlers gabays, mais qui était restée gasconne par ailleurs, selon les hameaux.


    Laroucaud

  • - Je vais demander à Yves Sauvestre, locuteur naturel (dernier des Mohicans...) d’Auriac (47) s’il connaît ce mot.

    - Nord-languedocien ? Pour les occitanistes, on parle languedocien tout court à Bergerac, on est en Languedoc à Bergerac, le Bergeracois est un Languedocien ( qui s’ignore à cause de la politique populicide de l’Etat français, bien entendu)

    - Le -d vient peut-être d’une influence française ? Que disent les archives anciennes ?

    • Je pense en effet que le -d final est une influence française, par homophonie : -eau, -aud, -au, -ot, ... sont tous homophones et ont alterné sans respect pour l’étymologie première.

      Il y aurait toute une étude à faire pour démêler la question. Elle demanderait beaucoup de temps. Là, par exemple, à Sainte-Terre (33), le toponyme "La Broucaud" (qui doit être en fait le gascon "La Brocau"), dans une boucle de la Dordogne, est "Laboureau" sur la carte d’État-Major du XIXème siècle, "Labourau" sur les cartes IGN des années 50 et en fouillant bien, on voit que l’IGN actuel sur le même lieu-dit, indique "Labouraude" !

      Il se peut alors que "La Broucaud" et "Labourau" soient deux lieux-dis voisins mais différents, seule une étude locale pourrait nous permettre de le savoir, et nous ne sommes pas suffisamment nombreux pour traiter de tout (il faut faire école !). Mais dans tous les cas, on voit bien que la question du -d final reste énigmatique, avec ce qui semble être une tendance à féminiser ce qui était -au en -aude, dans un état récent de la langue, avant décès.

      [J’ai créé La Porcau comme nom normat et fait migré en conséquence les grans de sau de ce fil de discussion, qui étaient attachés à Guibayle. Tederic, webmèste]


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En graphie alibertine :

La Porcau

Prononcer "La Pourcàw".

pòrc / cochon

porcau (prononcer "pourkàw") : « sutis porcalis (loge à porcs) a donné "la porcau" avec omission de sutis » (http://www.gasconha.com/spip.php?loc5742#forum58242)
porcau apparait dans la toponymie sud-gasconne d’une part, et d’autre part en pays gabaye ou guyennais souvent avec un d ou un t final (La Pourcaud, La Pourcaut, Lapourcaud...).

porquèr (prononcer "pourkè") : porcher