Mots

- VERDIER Gilles

esludejar

français : éblouir

Esludejat [ezludé’yat] -enlugranjat [enlugran’yat]... de quoi nous éblouir..!

Etymologie différente de deux termes voulant dire la même chose.

Amorteish la lutz…qu’enlugranja ! Eteins la lumière, ça éblouit !

En gascon de Saint Sever de Rustan, il existe deux mots pour dire «  éblouir ».

Esludejar. Ce verbe vient du mot gascon « ua esluda » (prononcé aussi selon les personnes : eslusa/eslura

) qui veut dire « une étincelle ».
Etymologie compliquée.
Jean Séguy nous explique pour ce mot une étymologie fort compliquée : l’hybridation entre « *flasina » et « *flauta ».
*flasina : Seguy a créé ce prototype phonétique aux traits mystérieux à partir de différents noms de l’étincelle en gascon (lasina, eslasis, lasias, laisas… )
*flauta : qui donne en gascon flaüta (la flute) et qui rappelle la notion de bruit de sifflement associée à l’étincelle…

Enlugrar/ Enlugranjar (parfois Eslugrar/Eslugranjar). Ce verbe vient du mot gascon « lo lugran/lo lugan » qui désigne un astre brillant du ciel (étoile, Vénus…).
Etymologie. En latin, lucanus était la période entre le lever et le coucher du soleil, période durant laquelle la lumière (lux) brillait.

Les rustanais ont donc à leur disposition deux termes à l’étymologie tout à fait différente pour exprimer l’éblouissement :
Que sei esludejat… !
• Que sei enlugranjat… !


 

- Tederic Merger

agalèr

français : sillon, petit canal d'écoulement, rigole

Noms damb "agalèr" :


 

- Tederic Merger

hèisha

français : bande de terrain

Du latin fascia (bande)

Noms damb "hèisha" :


 

- Tederic Merger

cobon

français : perte et résurgence des eaux...

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« couboû sm. – Perte et résurgence des eaux dans les endroits rapprochés ; terme d’agr., action d’enterrer la semence, le fumier, de chausser. »

Noms damb "cobon" :


 

- Tederic Merger

badòrca

français : grotte, tanière, cabane

Tresor dóu Felibrige :
Multidiccionari francés-occitan

« BADORCO (v. cat. badoca, guérite, vedette), s. f. Grotte, tanière, cabane, en Languedoc »

Noms damb "badòrca" :


 

- Tederic Merger

obac, ubac

français : lieu exposé au nord

 

- Tederic Merger

havorar

français : bois de hêtres

Pron. "habourà". hau, hai, hac = hêtre, forêt destinée à l'affouage

Noms damb "havorar" :


 

- Tederic Merger

reina, arreina

français : reine

rei = roi

Noms damb "reina, arreina" :


 

- Tederic Merger

lit, eslit

français : avalanche

 

- VERDIER Gilles

l’òra pèpia

français : l’heure folle

Expression imagée pour dire qu’un enfant fait le fou... :

Qu’ei l’òra pèpia…

Anem… aqueth drollòt que hè bestiessas adara… qu’ei l’òra pèpia !
Tiens…ce petit fait des bêtises maintenant… c’est l’heure folle !

A Saint Sever de Rustan, il y a une expression pour ce (ou ces !) moment de la journée où les enfants sont particulièrement agités : c’est « l’òra pèpia  » …


 

- Tederic Merger

vier

français : chemin

Prononcer "bié".

Noms damb "vier" :


 

- Tederic Merger

bandolèr

français : vagabond

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« bandoulè,-re s. – Vagabond,-e ; mauvais sujet ; coureur ; bandoulier »


 

- Tederic Merger

pes

français : poids

Noms damb "pes" :


 

- Tederic Merger

pojar, pujar

français : monter

 
 

- VERDIER Gilles

escuminge

français : anathème, malédiction...

Excommunier en Gascogne....

Une lointaine étymologie pour un nom de moins en moins employé...

Aqueth qu’ei un escuminge.. !
Escuminge est employé à Saint Sever de Rustan pour désigner quelque chose qui n‘a aucune valeur, qui est diminuée, dans un sens souvent péjoratif…

Etymologie.
Le terme vient de loin.
Le latin d’église avait «  excommunicare  » qui voulait dire « mettre hors de la communauté des fidèles ». Cet acte terrible à l’époque s’appelait l’ «  excommunication  ». En français, nous avons les termes excommunier et excommunication parfaitement calqués sur le latin.
Mais l’ancien français avait fabriqué des mots plus populaires :
Escomengier : excommunier.
Escomengement  : excommunication.
Pareillement, le gascon possède encore les termes suivants :
Escomenjar/escumenjar  : excommunier, anathémiser, exorciser, faire me mal par la magie (Palay)
Escomenge/escumenge : anathème, malédiction, mal inconnu attribué à de la sorcellerie (Palay).
A SSR, on a donc gardé pour ce terme uniquement le résultat de la pratique magique (l’escuminge) qui a rendu l’objet totalement inutilisable… il est devenu lui-même un escuminge.. !


 

- Tederic Merger

in·hèrn

français : enfer

Pron. "i(n)hèr"

Noms damb "in·hèrn" :


 

- Tederic Merger

quehar, quehèr

français : affaire

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« que-ha, que-hè ou quehà sm. – Affaire, occupation, embarras » har, héser, hèr = faire


 

- Tederic Merger

obrèr, obrèir

français : ouvrier

Prononcer respectivement "oubrè", "oubreÿ"... (le second est la forme nord-gasconne)

Noms damb "obrèr, obrèir" :


 

- Tederic Merger

hòra

français : hors

Noms damb "hòra" :


 
 

- Tederic Merger

aolhèr

français : berger

Pron. "aoulyè" aolha = brebis

Noms damb "aolhèr" :


 

- VERDIER Gilles

còrcueit

français : aigreur d’estomac

Lo còrcueit…

"...Aqueth vin blanc, que’m fot cada còp lo còr-cueit…"

A Saint Sever de Rustan, «  lo còr-cueit [kor’koueyt] » est le mot pour « aigreur d’estomac ».
Le gascon a pour ces renvois désagréables plusieurs mots :
1. Lo còr-cueit [kor’koueyt] : c’est le mot employé dans le nord de la Bigorre. Le Palay le mentionne mais pas le Gr DICT Per Noste. C’est bien l’idée du cœur (lo còr) qui cuit et qui fait mal…
2. Lo carcueit [kar’koueyt] : Le Palay le mentionne. Ce mot doit être une déformation de còrcueit.
3. Los carricòts [karri’kots] Le Palay le mentionne. Mot lui aussi composé de deux noms : « car » comme pour le 2 et « còt » verbe còder (cuire) conjugué ?
4. Lo còrboriment [korbouri’men] : Le Palay le mentionne. C’est encore le cœur mais cette fois il est victime de bouillonnement..!
5. L’escor de diva [es’kou dé ‘diwo] : dans les côteaux de Bigorre, vers Luc. Mot absent des dictionnaires. On peut penser que le premier terme « escor » signifie rigole, pente comme « escorra ». Pour le reste ???. On est sûrement dans l’idée de la « fausse route »… mais à l’envers.

En conclusion :
• L’abondance des termes (et il doit y en avoir bien d’autres) montre que ce dérangement était très courant en Gascogne, pays de bonne chère et quelquefois d’excès…
• La majorité des termes désigne le cœur comme origine du problème et non l’estomac… A noter que l’occitan des languedociens fait de même puisque l’aigreur d’estomac est appelée « lo corasson/corason » (Alibert).


 
 

- Tederic Merger

picader

français : billot, tranchoir

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« picadé sm. – Billot, tronc d’arbre sur lequel on coupe ; taille ; tranchoir, planche à hacher. »
picar = couper


 

- VERDIER Gilles

corcheu

français : courcelle, cour de ferme (en Rustan)

Lo corcheu… la courcelle du Rustan.

A Saint Sever de Rustan, la cour de la ferme s’appelle lo corcheu [kour’cheou].
Ce mot est spécifique au Rustan et inconnu ailleurs.

Etymologie.
Le mot latin cohors signifiait la cour de ferme. Il a donné aussi le terme militaire de cohorte. Ce mot vient de cum « avec » et de hortus « jardin clos ».
Ce mot cohors a donné en bas latin cortem qui voulait dire aussi cour de ferme puis domaine et son diminutif corticella .
Cortem va donner en français « la cour » de ferme. En gascon le mot donne « la cort » ;
Corticella va donner en vieux français « la corcele/courcele/courcelle » qui est une petite cour ou un morceau de domaine. Ce mot va donner dans le nord de la France tous les innombrables noms de villages « Corcelles/Courcelles » et les noms propres Courcel/Coursel/Courcelles.
Il semblerait que notre « corcheu » soit le seul descendant de ce corticella en Occitanie. Mais comment expliquer son genre masculin...?


 

- Tederic Merger

curon

français : ouvrier spécialisé dans le curage

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« curoû, curoun sm. – Ouvrier spécialisé dans le curage, le creusement des fossés »


 

- Tederic Merger

envèrs, renvèrs, arrenvèrs

français : envers, côté opposé au soleil

Ce mot qui s’écrit en graphie alibertine envèrs presque comme le français envers, et veut dire la même chose, se prononce bien différemment ("embès").
Il peut recevoir des préfixes, ou même une agglutination d’article, qui le rendent encore plus méconnaissable au francophone :
(ar)re + envèrs = (ar)renvèrs (pron. "(ar)rembès")
l’envèrs = lenvèrs (pron. "lembès") ; Lespy explique ceci :
« L’embès, bien que précédé de l’article, s’emploie avec un autre article ; on dit lou l’embès, le l’envers, deu l’embès »
Multidiccionari francés-occitan

revèrs, arrevèrs = reversa l’avèrs = exposé au nord


 

- VERDIER Gilles

canlata

français : treillis de liteaux pour l'aération de grange

La canlata [kan’lato], lo canlaton [kanla’tou], un canlatar [kanla’ta]. Le mariage de l’ibérique et du germanique…

Dans les fermes en L des côteaux des Hautes-Pyrénées et du Gers, le grenier de la grange est souvent protégé par un treillis de liteaux plats permettant la bonne aération.
Ce treillis de liteaux s’appelle en gascon de Saint Sever de Rustan « un canlatar » [kanla’ta].
Ce nom vient de canlata + suffixe collectif gascon -ar.
De la même famille :
Ua canlata = une volige ou une chanlatte utilisée en bord de toit
Un canlaton [kanla’tou] = le liteau. On dit aussi « lo listèth »

Dans ces mots, il y a deux racines : *cant et *latt.

Sur la racine *cant..
Etymologie : Le latin d’Espagne « canthus » a signifié la « bande de fer bordant une roue ». Ce mot provient, d’après Coromines, d’une racine *cant appartenant à une langue hispanique préromane et signifiant probablement « coin d’objet dur », « pierre d’angle dure ». Ce mot très ancien a donné dans les langues romanes des noms évoquant l’idée de « bord » ou de « pierre » :
Catalan : cantell = chant (côté le plus étroit d’un objet) ; cantal = caillou ; cantera = grosse pierre ; cantó = coin
Castillan : canto = coin
Italien : canto = coin, bord
Français : de chant = sur le côté ;
Occitan languedocien : cant = bord, côté ; canton = coin
Gascon : cant = bord ; canton = le coin ; en canta = penché ; en cantat = en pente ; la cantèra : le bord.

Sur la racine *Latt.
Etymologie : Vient de l’ancien allemand "lata" (anglais lath)… avec le sens de latte de bois. Le mot est passé du germanique dans toutes les langues romanes. W. v. Wartburg pense que cet emprunt très ancien vient de l’importance du mot dans la construction des maisons en bois des colons germains.
En gascon ua lata = latte, branche refendue pour faire les barrières. Un latar : perche, longue latte.
De ces deux racines :
• Le français a fait chanlatte (chant + latte) = chevron de bord du toit.
• Le gascon a fait canlata (cant + lata), canlaton, canlatar.


 

- VERDIER Gilles

sèda

français : trône, siège épiscopal

A Tarba, la catédrala que s’apèra tostemps « La Sèda ». Qu’ei bastida dens un borg aperat « Borg de la Sèda » de qui èra possecion de l’avesque a l’Edat Mejana. L’abescat (ara prefectura) qu’ei de tras.
A Auloron, qu’òm parla tanben deu capitol de la sèda d’Auloron.
A Saragossa, la catédrala qu’ei aperada « La Seo »
Dens las Pireneas catalanas, la vila d’Urgell, dab la sua catedrala romanica, que s’apèra adara «  La seu d’Urgell » empr’amor d’aquesta seu (catedrala).
Sèda, Seo, Seu… gascons, aragonés, catalans qu’emplegan lo madeish mot entà díder la residencia de l’avesque.
Qu’ei plan ua denominacion de las nosta Pireneas…deus dus costats.

Etimologia : qu’ei lo latin "sedes,-is" : sèti…maison…residencia ; l’origini qu’ei lo vèrb latin "seder" = èster setut.
...E qu’ei plan vertat que dens cada catedrala que’s tròba lo sèti especiau de l’avesque : la sèda avescau.


 

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