en graphie alibertine :
(lo) Ròi

Prononcer "(lou) Ròÿ".
Pourrait signifier "chêne rouvre".
Ou plutôt un genre de cours d’eau ?
Voir la discussion.

Variante(s) graphique(s) :

Rooy



 

Grans de sau

  • Toutes ces suppositions me semblent valables (plus que la piste hollandaise).
    Il y a un ruisseau et des lieux dits "Rooy" à Villeneuve sur Lot.
    Il semble qu’on puisse aussi le rapprocher de Roou qui existe en Languedoc (lieu désignant une culture en "méteil" céréales mélangées.)

    Réponse de Gasconha.com :
    Oui, on peut éliminer deux hypothèses : le "Rooy" hollandais et le "roi" français.

  • Ce qui me tracasse c’est qu’en étudiant les actes de ma commune d’origine, Grayan et l’Hôpital en nord Médoc, je trouve d’autres branches dans les Villages voisins, branches cousines, qui se trouvent toutes transformées de ROŸ ou ROÏ, en ROOY dès les premières années de la Révolution.
    Sur tous les actes (naissance, Décès). Une haine anti-royalistes ?

    Mais d’autres familles Roy, elles, restent Roy.
    Alors pourquoi cette "mise au point" orthographique pour ma famille uniquement ?
    Les Rooy de Dordogne eux, sont déjà Rooy avant la révolution.

  • J’ai découvert un "domaine du Rooy" à Salies de Béarn. Peut-être des infos de ce côté ?

  • J’ai aussi des ancêtres Rooy en bas Médoc. Je pense que des gens nommés Roy sont venus d’oïl (au Moyen Age ?). Le nom aura été adapté au gascon.

    Réponse de Gasconha.com :
    Mais que veut dire le double "o" ? Ce n’est pas anodin. Et les toponymes en divers endroits de Guyenne et Gascogne ?

  • Le double O est à mon avis une convention graphique qui date d’une époque où l’on écrivait en français,pour indiquer qu’on ne prononçait plus "rwa" à la française mais bien "ròÿ" en appuyant sur le o.
    Quant aux toponymes, ils dérivent évidemment des patronymes, ce qui est très fréquent.

  • par le FANTOIR :
    24037 Bergerac CHE DU PETIT ROOY (et autres... il y a un quartier du Rooy)
    24532 Serres-et-Montguyard ROOY
    47108 Gaujac ROOY
    47317 Verteuil-d’Agenais PRE DU ROOY, ROOY
    47323 Villeneuve-sur-Lot BORDENEUVE DE ROOY (et autres... il y a un quartier du Rooy)
    64499 Salies-de-Béarn ROOY ET JARDIN PUBLIC

    Majoritairement guyennais...
    Je pense que le double o avait pour but de se différencier de la graphie archaïque "roy" pour le roi (la mari de la reine !).

  • A noter que jusqu’à la fin du XVIIIè siècle le nom "roi" en français tant dialectal d’oil que standard se prononçait "roué"(en diphtongue). Rooy en pays gascon (même nord) me parait donc plus vraisemblablement lié à une façon de dire "rouge" en gascon. Le double oo aurait pour fonction d’éviter une prononciation à la française dans des terres jouxtant les pays d’oil (trouve-t-on des patronymes Rouy, Roy ou Arrouy plus au sud ?)
    L’hypothèse hollandaise supposerait que le nom provienne d’un membre des équipes des ingénieurs et entrepreneurs hollandais venus drainer les marais et construire des canaux au XVIIè siècle. Si le nom est attesté avant cette période, cette hypothèse n’a pas de validité.

  • Du hameau du Pitchou à Landiras, près des Caillaouàs, part le chemin du Roy (prononcé "Roÿ" et pas "Rwa" en 2018 - entendu par votre serviteur).
    A moins de 500 m du lieu-dit Roy, il y a aussi "Le Rouillon", écrit anciennement (et plus justement si l’hypothèse ci-dessous est bonne) "Rouyon" par la carte d’état major du 19e siècle.
    Justement, Rouyon/Roion est une forme dérivée normale pour Roy/Ròi ! Le petit Roÿ...

  • 32206 Laymont LARROY
    32329 Préchac AU CAP D ARROY
    32044 Béraut A PICHARROY
    32459 Valence-sur-Baïse PICHAROY

    Les rues de Bergerac, toponymie par Jean-Claude Dugros : « ròi », « source qui coule en mince filets d’eau », « ròia »« ornière, fossé plein d’eau » ... Le ruisseau du Roy à Villamblard doit être lu : ruisseau du ròi.

  • Pour répondre aussi à la question de GSG plus haut (« trouve-t-on des patronymes Rouy ,Roy ou Arrouy plus au sud ? ») :
    A priori nous sommes sur Roy/Ròi et pas sur Rouy/Roi.
    (ar)rouy/(ar)roi peut selon moi traduire la couleur rouge. En tout cas, quand je vois des lòcs Larrouy en Agenais gascon, je pense plutôt à ça.
    Mais Larroy n’est pas Larrouy !
    Quoique - les choses sont rarement simples - la passerelle Larroy <-> Larrouy semble exister en Lavédan (Sud-Bigorre) : Geneanet donne par exemple Anthony de LARROY ou LARROUY) à Juncalas.
    A part ce fait pyrénéen qu’on peut rattacher à la prononciation soy/sòi pour je suis (sòi era immaculada concepcion...), il faut chercher plutôt des Arroy et des Larroy, comme le fait Andriu ci-dessus ; et deux des exemples qu’il donne (Picharroy et Cap d’Arroy) vont bien avec un sens de ruisseau, de même évidemment que le ruisseau du Roy à Villamblard, là sans le ar prosthétique puisqu’on est hors Gascogne.

    L’existence du mot phonétiquement proche (ar)rouille/(ar)rolha qui signifie aussi un ruisseau complique encore les chose : racine commune ? attraction tardive ?

    Une remarque générale à propos de cette discussion :
    Beaucoup pourraient penser que nous nous focalisons sur des points de détail, et que nos discussions sont hors de portée du grand public.
    C’est vrai que nous sommes dans des discussions de spécialistes, que nous devons continuer pour faire progresser notre connaissance des noms gascons ;
    pour le grand public, auquel nous ne pouvons ici, comme souvent, proposer une explication simple et définitive, l’important est de faire passer que "Roy" n’est pas le roi français et se prononce "Roÿ" (à l’anglaise pour simplifier) ; que c’est autre chose, peut-être un ruisseau, et qu’on continue à chercher.
    Si partout où il y a des lieux Roy en Gascogne, on arrive à défendre la prononciation régionale, et la conscience que c’est un mot régional, on a déjà gagné un combat partiel !

  • Ce ròi expliquerait le patronyme Rooy que portaient mes ancêtres médoquins et sur lequel nous avions disserté il y a quelque temps. Le FEW rattache ròia à (ar)rolha  ; j’aurais pensé à un rapprochement avec arroyo mais ce dernier vient , paraît-il, d’ arrugia.

  • Quant à certains toponymes tels ’’le Roy ’’ à Verdelais, je les interprète ainsi :
    ’’aux Roy’’ ( nom de famille d’habitants venus des pays d’oïl) > compris ’’au Roy’’ > retranscrit tardivement ’’le Roy’’. J’ai vu souvent ce phénomène du moins dans l’Entre-deux-Mers : un article ’’le’’ suivi d’un patronyme d’oïl.

  • Les innombrables Le Roy ou Leroy des pays d’oil tiennent vraisemblalement leur nom d’un ancêtre élu roi d’un pélerinage par des jacquaires médiévaux ou post-médiévaux sur la route de Compostelle.Aujourd’hui on appellerait ces gens des "leaders" .

  • C’est ça Gaby, "ròi" , est l’équivalent de l’espagnol "arroyo", ruisseau souvent temporaire, mais issu du bas latin masculin "arrogium", ruisseau.
    http://ducange.enc.sorbonne.fr/ARROGIUM

    Cet "arrogium" serait lui-même issu du latin classique féminin "arrugia", canal servant à l’écoulement des eaux. Et "arrugia", de son côté a donné nos "(ar)roia, (ar)rolha, rulha".
    http://www.cnrtl.fr/etymologie/arrugie

  • pardon -um en latin c’est du neutre.

  • Il existe aussi une mention en bas latin "rogius" ruisseau,
    http://ducange.enc.sorbonne.fr/ROGIUS
    qui peut donner directement notre "ròi", sans avoir à expliquer la chute du "ar-" à l’initiale de "arrogium".

    Mais le bas-latin "arrogium" est une mention hispanique, tandis que "rogius" est une mention plus nordique, d’Île-de-France.
    Les dictionnaires latins ne mentionnent pas ces termes, mais seulement "arrugia" attesté dans Pline pour désigner une galerie de mine.

    Pour la graphie en òc, il est logique d’écrire "ròi", "arròi". C’est ce que le Thesoc propose ("*ròi") pour une localité périgourdine.

    Pour les formes féminines issues du latin "arrugia", il parait plus logique d’écrire "roia", "arroia", "ruia" au lieu de "(ar)rolha", "rulha", si on vérifie que la prononciation est un yod (comme le français paille) et non pas un l mouillé.

    L’ALG a relevé avec yod [y] :
    ruisseau : [rouye], [ruye] Entre-deux-Mers
    mais les dérivés hésitent entre yod et l mouillé [ly] :
    rigole : [rou’lyèro] Aiguillon 47
    ornière : [rouyé’raw] Laffite-sur-Lot, [roulyé’raw] Aiguillon 47, [arrou’lyère] Labastide-Clairance 64

  • Merci à tous pour ces longues digressions, la version "ru.ruisseau" me semble valable la zone d’origine de ma famille étant dans la partie marécageuse du Médoc, Grayan et Talais,

  • En fait, le caractère marécageux du Médoc n’a pas de rapport, car le patronyme Rooy est à l’origine périgourdin et le mot ròi n’existe pas en gascon à ma connaissance.


Un gran de sau ?

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