Mots

- Tederic Merger

Bona annada !

français : Bonne année !

Prononcer entre "boun annade" et "bouno annado".
Il n’est pas certain que le double "n" se prononce partout en Gascogne.

La fin d’année se dit "cap d’an". A employer pour les fêtes de fin d’année.


 

- Tederic Merger

rostir

français : rôtir

Pron. "rousti".


 

- VERDIER Gilles

balòha

français : flocon de neige

Que nèva… Las balòhas que virolejan….
Il neige... les flocons voltigent...

En gascon de Saint Sever de Rustan, « las balòhas » sont les flocons de neige. Ce joli mot est employé dans la plaine et les coteaux de Bigorre et du Rustan.
En montagne de Bigorre et Aure, on dit « eras talabardas » ou « eras pelaucas/perlaucas ».
Pour la boule de neige, on dira selon les endroits « ua masserata / massaròta / massaròca ».

Etymologie.

En Comminges et en Ariège, «  las balòhas, bolòfas… » sont les balles de céréales… et il s’avère que c’est le sens premier de ce mot gascon.
L’étymologie n’est encore qu’hypothèses.
Pour le mot français « balle (de céréale)  », l’origine divise les spécialistes.
Pour Albert Dauzat, « balle » viendrait d’un mot gaulois «  *balu” remontant à une très ancienne racine indo-europénne significant “gonfler, bouffer, enfler”… Ce mot a donné le gaulois “bulga” = sac de cuir, le gallois “bùl” = gousse, l’ancien français “baler” = vanner…
En espagnol, le chaume se dit “bálago” d’origine celtibère.
Pour lui, l’hypothèse que l’a. fr. "baler" = vanner soit le même mot que l’a. fr. "baler, baller" = danser (du latin populaire ballare) ne s’explique pas si l’on considère toutes les formes dialectales.
Pour d’autres (Bloch, von Wartburg), au contraire, l’origine de «  balle de céréale » et de « baler  » = vanner est l’ancien français « baller » = danser (du latin populaire ballare) avec pour origine le mouvement qu’on fait en vannant.

Pour les régions pyrénéennes, Joan Coromines nous dit lui aussi que l’étymologie de « balòha » = flocon de neige doit être recherchée dans la famille des mots désignant la balle de céréale.
Pour lui, malgré les apparences, les mots « bòla, balòha… » ne sont pas apparentés aux mots de la famille de boule (latin bulla).
Il nous dit qu’en catalan dialectal montagnard, le mot « bolfa » = balle de céréale. Le f se retrouve côté français directement dans "las bolòfas" ou passé au h dans "las balòhas". Ce mot viendrait d’un *bólha, mot pré-roman ibéro-celtique (apparenté sûrement à « *balu, bulga ») … Il est donc plutôt d’accord avec A. Dauzat.
Il note aussi une relation probable avec le nom catalan « una volva » = un brin, une petite particule…mais aussi = un flocon de neige !

On a donc, dans les Pyrénées, pour le mot « balle de céréale » les mots de cette famille suivant :
Eras bòlas (Comminges, Aran..)
Las bolòfas, las bològas (Comminges, Ariège)…
Las bolfas (Pyrénées catalanes)
Eras balas (montagnes de Bigorre)
Las balas (Gers)
Lo balèr = bala + suffixe -èr (coteaux du Rustan) .
Las balòhas, las balòvas (Comminges, Ariège)…

Si le mot «  bala » peut admettre les deux hypothèses étymologiques (celte *balu ou latin ballare), c’est plus difficile pour les autres mots « bòla, bolòfa… » qui ne s’expliqueraient que par l’hypothèse celte.
Pas d’affirmation donc pour ces étymologies.
Ce qui peut être assuré, c’est que le gascon de Bigorre a spécialisé le mot « balòha » pour nommer uniquement le flocon de neige. On a donc un glissement de sens de « balle de céréale qui vole au vent » à « flocon de neige » … Même glissement de sens pour le catalan « volva » qui signifie « brin, filament » mais aussi « flocon de neige ».


 

- Tederic Merger

tela

français : toile

Pron. téle, télo...


 

- Tederic Merger

amagar

français : envelopper, couvrir avec soin, cacher, réchauffer, abriter, thésauriser

[Tresor dóu Felibrige]
Multidiccionari francés-occitan


 
 

- VERDIER Gilles

acès

français : abri

Ce mot existe aussi en occitan languedocien. Il vient du latin « accessus » = arrivée, approche. C’est donc le but qu’il faut atteindre pour être à l’abri !


 

- Tederic Merger

manèir, manèira

français : familier, apprivoisé, de bon accueil, privé, domestique

Adjectif.
Prononcer respectivement "maneÿ", "maneÿre"... (masculin, féminin)
Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« manèy,-èyre (L.) adj. – Familier, apprivoisé, de bon accueil, privé ; domestique. Syn. amèche. »
Le "L." signifie landais pour Palay.


 

- Tederic Merger

guindolh

français : griotte

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« guindoùlh sm. – Griotte, espèce de cerise, au fig. petit nigaud, niais.
guindoulhè sm. – Griottier. »


 

- Tederic Merger

hedar, hedir

français : puer

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« hedà,-dì v. – Puer (vieux). Le Hédas, ruisseau de Pau. »

Ce verbe a donc deux variantes, dans des groupes de conjugaison différents : une en -ar, l’autre en -ir ; comme le r final ne se prononce pas, leur infinitif se prononce respectivement "hédà" et "hédí".


 
 

- Tederic Merger

quera, quer

français : rocher

Mot présent en toponymie du Couserans. Du préroman ker (rocher).
quer, qui apparait en toponymie du Couserans (parfois écrit "ker" et aussi "quair" ou "cair" !) est manifestement la forme masculine de quera ; comment l’écrire en graphie alibertine, sachant qu’un r final n’est normalement pas prononcé, mais qu’il semble bien l’être, d’après les attestations toponymiques ?

Noms damb "quera, quer" :


 

- Tederic Merger

aubiga

français : friche

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« aubigo (Magn.) sf. – Friche. Syn. bousigue. »


 

- Tederic Merger

porcatèr

français : marchand de cochons, de porcs

Pron. "Pourcatè".


 

- Tederic Merger

que pòt anar

français : ça peut aller

Pron. "que pot anà"

Noms damb "que pòt anar" :


 

- VERDIER Gilles

reasserut, reassedut, reasserat

français : mal foutu (pour le bétail)

"Aquesta prauva vaca qu’ei reasseruda…"

En gascon du Rustan, un vieil adjectif qualifie le bétail souvent vieux dont la courbure du dos présente une concavité anormale : « qu’ei reasserut ».
Dans certaines familles, on dit aussi « ua vaca reasseduda ». Il s’agit d’un glissement r > d, ces deux sons étant très proches dans une zone à fort rhotacisme.
Dans le Palay, cet adjectif n’est connu que sous la forme « asserat/asserut » avec comme définition : ensellé, bête dont l’échine est creusée en forme de selle.
Le dictionnaire Per Noste donne en plus la forme : reasserat-ada = ensellé, proche de celle du Rustan.
L’équivalant français est bien l’adjectif (vieux et rare) : "ensellé" = Qui a le dos concave comme le siège d’une selle, en parlant d’un cheval.
Le catalan est très proche du français : "ensellat", du verbe ensellar = seller.
Etymologie.
La racine gasconne « la sèra » = la selle qui donne le verbe "serar" = seller et "asserar" = enseller.
La préfixation re- (et non arr-  ; cette forme est présente dans certains mots du Rustan : rasim, rebòhi…) indique ici par renforcement l’intensité de la déformation.
La terminaison en -ut dans le Rustan au lieu de -at (mentionnée dans le Palay) est étrange car le verbe est bien toujours serar et asserar. Il semble que pour les rustanais cette terminaison ne soit plus la marque du participe passé, mais plutôt le suffixe marquant la notion de « plein de… » comme dans pelut, brancut, ventut…


 
 

- Tederic Merger

aròu

français : rond, cercle...

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« aròu sm. – Rond, cercle, circonférence, ensemble de gens ou de bêtes en groupe, en cercle ; tas affectant plus ou moins la forme d’un cercle, d’un rond à la base ; halo, auréole, limbe. »


 

- Tederic Merger

dequé

français : avoir, bien, aisance, fortune

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« avoir, bien, aisance, fortune »
de que = de quoi ; avoir de quoi...

Noms damb "dequé" :


 

- Tederic Merger

destanader, destanadèra

français : action de dépouiller le maïs, lieu où on le dépouille

Palay :
« destanadé,-re s. – Action de dépouiller le maïs, lieu où on le dépouille. » desperoquèra, despeloquèra = action de séparer l'épi de maïs de ses feuilles, lors de soirées conviviales

Souvenirs : lou destanadé ou le dépouillage du maïs


 

- Tederic Merger

quintan, quindan

français : pli de terrain, creux, ravin

Lespy :
Multidiccionari francés-occitan

« QUINTAA (Montaut), Quindaa fém. pli de terrain, creux, ravin : Une petite quindaa qui es debat lo camii. ARCH. Un petit creux qui est en contre-bas du chemin. »


 

- Tederic Merger

truvèrs, travèrs

français : escabeau, travers, trépied

Pron. "trubès"
Per Noste :
Multidiccionari francés-occitan

« truvèrs m. escabeau, travers. »

Noms damb "truvèrs, travèrs" :


 

- Tederic Merger

gelisa

français : genêt des teinturiers

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« gelisè sm. – Genétière ; n. de p.
gelise sf. – Genêt des teinturiers ; nom de rivière. »


 

- Tederic Merger

variconha, varicava, varicomba...

français : ravin

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« baricabe, baricoumbe, baricougne, baricàudo (G.), baticoumbe sf. – Ravin, fondrière, précipice. Qu’ey tout coumbes e baricoumbes, ce n’est que combes et ravins. »


 

- Tederic Merger

bossau

français : contenu d’une bourse

Tresor dóu Felibrige :
Multidiccionari francés-occitan

« BOUSSAU (a.), s. Contenu d’une bourse, une bourse pleine ; magot, pécule,v.bougnoun,maguet, pateto.
Uno boursado d’escut, un boussau d’escut, une bourse d’écus. R. bourso. »
bossic, borsic = goussetbosset = bourse, gousset


 

- Tederic Merger

caudèir

français : chaudron, grande chaleur

Pron. "caoudeÿ".
Nord-gascon, comme la terminaison -èir le suggère.

Noms damb "caudèir" :


 

- Tederic Merger

espiugar

français : glaner

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« espigà, espiugà (Os.) v. – Glaner. Lou qui n’a pas dou soû au cam dous auts qu’espigue, celui qui ne possède rien glane dans le champ d’autrui (Yan Palay). »

Noms damb "espiugar" :


 

- Tederic Merger

horcèth

français : quenouille à laine, qui fabrique des quenouilles...


Multidiccionari francés-occitan

Palay :
« hourcét,-e, hourcejàyrẹ,-e s. – Qui fabrique des quenouilles. N. de p. Palay
hourcét,-cère s. – Quenouille à laine ; V. hilouse. »
Lespy :
« HOURCÈRE (Ossau, Aspe) quenouille pour filer la laine »


 
 

- Tederic Merger

trucaduir

français : battoir

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« trucadé,-re s. – Battoir ; en Mt battant de la baratte, battant »
trucadé correspond à trucader en graphie alibertine ; trucaduir (pron. truquedeuÿ vers le pays negue) est une variante.


 

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