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La "boulette" de Jean Lassalle

vendredi 19 mai 2017, par Vincent P.

Nous sommes tous faillibles et il nous arrive de proférer des choses qui vont au-delà de notre pensée. C’est sans nul doute le cas avec cette bourde de Jean Lassalle, le candidat malheureux à l’élection présidentielle, à l’accent pyrénéen si typé, qui a marqué les médias hexagonaux (moqueries en tout genre, évidemment).

Reste que faire le raccourci entre le geste, certes militant, de mettre ses enfants en ikastola, et la prise des armes, manière ETA, est vexatoire, diffamant, et évidemment stupide.

C’est là la preuve que Jean Lassalle, avec la sympathie que l’on peut avoir pour sa personne, n’est pas structuré suffisamment d’un point de vue de la pensée politique, et que sa défense des cultures régionales - qui est indéniable dans la vidéo à la 23ème minute - manque toutefois de cohérence globale : avec Jean Lassalle, c’est toujours la République qui doit, telle une bonne fée, se pencher sur le devenir de nos territoires.

Moins que la gaffe et l’affirmation un peu grossière, c’est cela que je retiens, cette obsession archaïque pour la République, ses services publics miraculeux, la figure de l’autorité parisienne. Les nouvelles générations locales doivent, à mon sens, s’organiser : le tissu associatif, l’initiative privée, sont autant légitimes à investir le champ culturel local que l’État, déconcentré ou décentralisé.

Pour le reste, cela n’arrangera pas les relations entre Basques et Béarnais, après il y a quelques années les propos du député David Habib : je crois que nous pouvons dire que Gasconha.com est très partisan de la pratique de la langue basque partout où elle est légitime, et nous bénéficierons tous d’un Pays Basque fort et affirmé.


Voir en ligne : Après une "boulette" sur les ikastolas, Jean Lassalle "demande pardon aux Basques"



Grans de sau

  • Enfin, moi, en ce qui me concerne, si par exemple, je parle de la 2nde guerre mondiale et de la shoah et même si j’en parle beaucoup et que j’ai beaucoup bu, je n’irai pas dire, par exemple, que les camps de concentration n’ont pas existé... Pour dire des conneries plus grosses que soi comme J Lassalle les a dites, il faut tout simplement les penser...

    Il le pense donc il le dit.

  • Faute reconnue clairement et sans ambiguité devrait être pardonnée bien qu’elle laissera des traces côté basque.
    Dans sa profession de foi de candidat JL était très clair dans sa défense des langues régionales (et il était bien le seul).Pour le reste oui,sans doute ,il est victime d’une culture politique et historique hyper-républicaine .
    Maintenant que l ’hypothèque présidentielle est levée de son côté,il faudra suivre avec attention ses initiatives ;elles peuvent pencher dans le sens d’une affirmation gasconne plus poussée à l’avenir,comme le laisserait espérer sn intervention sur oc-télé depuis l’hôtel du département de Tarbes .Mais rien n’est moins sûr,naturellement.

  • Je crois que nous savons tous excuser quand la faute est reconnue, et en tout état de cause, nous ne sommes pas les personnes offensées, aussi nous n’avons aucun pardon à signifier. D’ailleurs, pour être rigoureux, ce n’est pas le "peuple basque" qui a été offensé, comme l’exprime Jean Lassalle, mais très précisément les parents d’élèves en ikastola.

    C’est une distinction importante : il me semble net que Jean Lassalle, à titre personnel, n’a rien contre la langue basque, qui est celle de beaucoup de ses électeurs dans sa circonscription basco-béarnaise. En revanche, il porte clairement, et son emportement le prouve, un jugement très négatif sur le système des écoles privées bilingues.

    La seule question est alors la suivante : pourquoi cette crainte ? Est-ce un rejet instinctif très français de toute émergence communautaire sur un territoire donné ? Est-ce là la peur d’un départementaliste de voir son département perdre en unité par l’affirmation d’un fait basque puissant, qui échapperait aux institutions de la République ? Est-ce une méfiance idéologique à l’endroit de l’enseignement privé ? Est-ce la conviction que le fait basque passe après la lutte pour l’égalité des territoires qu’il a chevillée au corps ? Est-ce un substrat anti-basquiste, parfois propre aux Béarnais, assez primaire, qui ressurgirait ?

    Je vois, dans tous les cas, un exemple de plus de l’incapacité chronique des élus, côté béarnais, à comprendre ce qui se passe chez les Basques, notamment depuis la création de l’intercommunalité unique. Oui, une contre-société basque est en voie de se constituer, balbutiante, mais qui dispose dorénavant d’outils administratifs forts. Plutôt que de chercher à mettre en place, côté béarnais, le pendant d’un tel outil, l’on va continuer dans les clichés sur les voisins, tout en se divisant entre une myriade d’intercos, qui obéissent souvent à des schémas de politique française de constitution de fiefs.

    Il y a des débats à avoir avec les représentants des collectivités basques, notamment sur le sort de Bayonne, coupé de son hinterland gascon, mais aller propager des clichés un peu nuls sur l’enseignement bilingue, ce n’est vraiment pas à la hauteur du débat. Dommage.

  • " SEIGNEUR , PARDONNEZ LUI , CAR IL N ’ A PAS TOURNE SA LANGUE NEUF FOIS DANS SA BOUCHE AVANT DE S ’ EXPRIMER
    AMIS BASQUES , PARDONNEZ LUI EGALEMENT CAR NOTRE AMI JEAN LASSALLE EST UN PUR , ET J ’ AI BEAUCOUP D ’ ADMIRATION POUR LUI ...

  • Je suis quand même assez surpris... Comme je l’ai dit ironiquement plus haut, il dit, en gros qu’on apprend à manier les armes dans les ikastolas en faisant directement un lien avec le terrorisme armé, et on dit "mais qui n’a jamais dit de bêtise ?"...

    Quand ces choses-là, vous ne les avez pas en tête, ça ne peut pas sortir !

    Lui a dit que les ikastolas avaient un lien avec ETA parce qu’il le croit. Donc il le dit. Et après il ment quand il prétexte avoir dit une bêtise. Point... Et c’est pas brillant surtout quand on sait que c’est quelqu’un qui briguait la présidence française il y a encore quelques jours...

  • Amis du soir, bonsoir,

    Sur le regard que l’on porte sur les ikastolas, la circonspection que le militantisme linguistique basque peut inspirer, je voudrais distinguer deux axes : les écoles privées et le nationalisme politique.

    1) Les créations d’écoles privées ikastolas, diwan, calandretas... ont soulevé quelques débats. Je mets de côté les écoles de ce type crées en zone urbaine, je connais mal. Un bon nombre toutefois de ces écoles est apparu en zone rurale, dans des villages (cela mérite d’être souligné au passage, ces écoles quoi que l’on en pense par ailleurs, sont l’une des rares créations en zone rurale de ces dernières décennies !). Cela a pu aiguiser le problème du maintien de l’école communale publique, créant une concurrence, un éparpillement d’effectifs déjà souvent "justes"...
    D’aucuns dont j’ai été ont aussi pu s’émouvoir de la fin d’une d’une certaine unité de parcours des générations de natifs d’un village ou d’un canton...
    La question du contenu linguistique de ces formations en regard des parlers vernaculaires est suffisamment débattue en boucle partout, je ne m’attarde pas dessus mais dois rappeler qu’elle a pu émouvoir également.

    2) Le nationalisme politique basque fut dur dans sa grande époque, qui fut aussi celle de l’apparition de nombreuses ikastolas. La violence fut toujours minoritaire, mais c’est mentir que de raconter qu’elle ne fut pas. Il me semble aussi naïf et trompeur de dire qu’il y eut connivence totale avec le militantisme linguistique que de dire qu’il y eut indépendance totale des deux phénomènes. Il y eut des liens. La difficulté est de les qualifier avec justesse. Le genre de sujet dont on devrait pouvoir parler en prenant son temps pour déminer les amalgames et dépasser les passions patiemment sans éluder la question... Et pour lequel une connaissance détaillée, une sagesse sont requises si l’on veut produire un discours fertile. Je n’en suis pas capable au-delà des quelques lignes que je viens de taper.




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